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mercredi 3 avril 2019

Cap'tain Swing 300

Lors de ma dernière chronique sur Swing, en décembre de l'année dernière, j'évoquais le fait que mes post mensuels sur cette revue se ressemblaient tous et à vrai dire, n'apportaient pas grand chose au schmilblick. Bien entendu, ces petites critiques me permettait de partager avec vous mes bons moments passés auprès des rebelles américains et de leur charismatique chef à toque de blaireau : l'immortel Cap'tain Swing, mais j'avais atteint un point où je tournais un peu un rond en ce qui concernait mes arguments. J'avais donc décidé à l'époque de cesser de commettre mes post mensuels sur le sujet, en attendant soit le dernier numéro de la revue (que j'espérais le plus lointain possible), soit l'histoire du mariage de Swing (une sorte de boutade car inédit en France). 
Quatre mois plus tard, force est de constater que le moment fatidique est finalement arrivé et qu'en plus il fait d'une pierre deux coups en nous proposant à al fois le dernier numéro de cette seconde série de Cap'tain Swing ainsi que l'épisode inédit que tous les fans attendaient : celui du mariage de Swing et Betty ! Bref, une fin en apothéose !

Tandis qu'il se trouve à Fort Ontario, le Cap'tain Swing voit arriver un groupe de soldats américains bien mal en point. En effet, ils ont été attaqués dans la passe de Wapiti par les Anglais tandis qu'ils escortaient un convoi de ravitaillement pour l'Ontario. Il apprend également que la vallée du Shaskewan est le théâtre d'importants mouvements de troupes de tuniques rouges. L'état major américain décide alors de frapper un grand coup en prenant aux anglais le fort qui protège la passe de Wapiti. Ainsi, les américains pourraient mettre fin aux combats dans la région. Bien entendu, Swing, Hibou Lugubre, Mister Bluff et les Loups de l'Ontario se portent volontaires pour cette mission.
Ayant finalement réussis sans verser trop de sang des deux côtés, Swing et ses hommes prennent ensuite le large pour rallier la région de Yorktown où semble converger toutes les troupes anglaises. Sentant qu'il faut jouer contre la montre, Swing et les Loups de l'Ontario, épaulés par les milices américaines et l'armée française part à l'assaut de la ville. Bien que le pressentant, ils ne savent pas encore que cette victoire va mettre fin à la Guerre d'Indépendance des États-Unis...

Encore une fois, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Swing, Hibou Lugubre, Mister Bluff et d'El Guincho, qui pointe ici le bout de son crochet. L'histoire, même si elle n'est pas aussi trépidante que les précédentes et très prenante. On sent que les auteurs ont voulu ici prendre leur temps pour ne pas expédier des événements qui d'habitude, ne sont pas vraiment développés. Cela a pour conséquence de ralentir un peu le rythme, mais rien de bien méchant.
L'histoire est riche en événements et en rebondissements avec deux parties distinctes que sont l'attaque du fort de Wapiti et la bataille de Yorktown. Ces deux "chapitres" sont tellement denses qu'ils auraient très bien pu être deux épisodes séparés, même si je dois avouer que les "conclusions" de ces deux parties sont un peu bouclées à la vite, Swing et une poignée d'hommes mettant fin à la guerre à eux seuls et en deux temps trois mouvements...
J'ai en tout cas beaucoup aimé le passage avec Hibou Lugubre et sa "squaw" qui sert de petit intermède comique bien réussi et permet de faire baisser un peu la tension dans cette histoire de double bataille.
Enfin, la présence de Blek le Roc, de Roddy et du Professeur Occultis au mariage de Swing et de Betty est une jolie surprise et une belle manière de conclure cette saga (même s'ils débarquent un peu comme des cheveux sur la soupe, il faut être franc) !
Mais dans l'ensemble, même si le scénario est un peu plus faible que d'habitude, tout cela tient quand même bien la route.

Le seul bémol à mon enthousiasme, concerne la police d'écriture utilisée (du Comic Sans MS en capitales à vue de nez) qui est assez désagréable à lire quand il y a beaucoup de texte dans les bulles. À part ça, j'ai trouvé la traduction plutôt correcte (même si je ne connais pas l'original) et bien dans l'esprit de la série.

À numéro exceptionnel, contenu exceptionnel, car contrairement aux mois précédents, point n'est présent notre cher thane saxon Ivanhoé, qui est remplacé par un mini dossier consacré au héros du jour, notre bon vieux Swing. Celui-ci est l'œuvre de Dominik Vallet et est donc à la fois concis, complet et très bien rédigé, comme cela est toujours le cas avec cet auteur.

En trois' de couv', on retrouve Jestopsen dans une histoire en une planche, signé Dominik Vallet et Jo Hell, qui rend hommage également à Swing. Celle-ci est plutôt sympa et permet de quitter l'aventure Cap'tain Swing sur une bonne note.

En conclusion, au-delà du caractère exceptionnelle de la chose que ce soit en ce qui concerne le dernier numéro de la série - peu de revues mensuelles de bande dessinée peuvent se targuer d'avoir duré 300 numéros et 25 ans (puisque publiée depuis 1994) ! - ou bien l'histoire inédite que l'on attendait tous avec impatience depuis des décennies, je dois dire que j'ai été très agréablement surpris par ce récit justement. Le ton un peu plus sérieux de celui-ci, qui fait intervenir des personnages et des événements historiques et bien entendu le fait d'assister à la dernière histoire tout court de Cap'tain Swing, Hibou Lugubre, Mister Bluff, Pouik, Betty, El Guincho et tous leurs amis fait un petit pincement au cœur. Mais pour une fois, je trouve que le final est à la hauteur de la série et de la revue ! Bon vent Swing !

Enfin, bon vent, bon vent, pas tout à fait. Car, au moment où cette deuxième série de Swing tire sa révérence, Super Swing (2ème du nom) pousse son premier cri et déboule sur les rayonnages des maisons de la presse et autres relais H avec une jolie couverture hachurée (qui de mémoire a déjà servi pour une compil de Swing), une cocarde jaune vif qui annonce que c'est nouveau (ou pas) et un Cap'tain qui n'a pas l'air commode (en plus de s'être fait lifté). 
La chose n'est pas inintéressante en soi, mais ça sent le vieux, voire très vieux. En plus, nous n'avons droit qu'à une moitié d'histoire de Swing, à suivre le mois prochain. J'ai vraiment l'impression de retrouver les petits formats de ma jeunesse avec de l'éditorial bien daté (Un article sur le pain ?), des jeux et une seconde série, Captain Vir de Bor qui fait... vieillotte, il n'y a pas d'autres mots, malheureusement. Il y a également tout un dossier sur les sorties bd du mois, dont je ne comprend pas la présence ici (tant qu'à faire, autant mettre une moitié d'épisode d'une autre série). Le seul dossier qui m'a paru intéressant est celui sur les... petits formats, signé Dominik Vallet !
Je ne sais pas à l'heure actuelle si je vais suivre cette publication, car si mon côté amoureux des petits formats me dit de le faire (c'est quand même le dernier survivant de ces grands anciens de la bande dessinée), mon bon sens me dit que l'histoire aurait dû s'achever en fanfare avec ce numéro 300, et mon porte monnaie me dit que 4,95€ pour 64 pages, même au format "Nova", c'est un petit peu cher... À vous de vous faire une idée du bouzin !

mardi 4 décembre 2018

Cap'tain Swing 296

Et voilà, le temps file et nous sommes déjà en décembre. Qui dit début de mois dit chronique du Swing mensuel - même si celle-ci sera la dernière des régulières - petit rituel initié il y a de cela deux ans.
À l'époque j'avais un petit peu peur que le titre ne passe pas l'hiver, mais maintenant que celui-ci semble aller bien mieux (puisqu'il se permet même le luxe de sortir de plus en plus en avance), cette chronique n'a plus de raison d'être, d'autant plus que je commençais un peu à tourner en rond quand il s'agissait de donner mon avis.
Donc, sauf exception - du type "Le mariage de Swing", sait-on jamais ? - nous ne retrouverons donc que pour le dernier numéro de cette troisième série de notre bon vieux capitaine à toque de blaireau, dans, j'espère très longtemps (si tant est que le Bazar soit encore actif à ce moment-là) !

L'épisode du mois s'intitule "Magie noire". Une nuit, le Captain Swing fait un horrible cauchemar, dans lequel un bourreau est sur le point de l’exécuter. Il se réveille juste après que celui-ci ait enlevé sa cagoule pour lui dévoiler un épouvantable faciès et lui ait tiré dessus. Peu de temps après, El Guincho arrive à Fort Ontario à bord de son navire. Il apprend à Swing que lui aussi a fait le même rêve, mais que pire, sans l'intervention de ses hommes, il aurait pu en mourir. En effet, alors qu'il était en train de vivre ce cauchemar, il s'est levé de son lit et s'est retrouvé dans une ruelle où l'attendait le fameux bourreau, avec un pistolet à la main. Captain Swing finit par comprendre que tout cela a un rapport avec la destruction d'un navire anglais il y a quelques années. Il se met donc en route pour avertir ses compagnons d'armes de l'époque qu'une étrange malédiction semble s'abattre sur eux. Malheureusement, il est déjà trop tard...

Cet épisode, clairement placé sous le signe du fantastique, est une vraie réussite. En effet, même si l'on sait qu'il ne va rien arriver de bien méchant à ce bon vieux Swing, on est pris par le rythme haletant de l'intrigue et cette course contre la montre de nos trois compères, qui semblent lutter contre un ennemi à la fois omniscient et insaisissable.
Celui-ci d'ailleurs, à la fois charismatique et mystérieux agit comme un véritable moteur dans notre envie de tourner les pages pour connaître le fin mot de l'histoire.
Même si cette histoire de vengeance n'est pas des plus originale, le traitement surnaturel de cette idée par les auteurs (une sorte de malédiction de Toutankhamon à la sauce nouveau monde), fait que l'on passe un formidable moment.
En plus, tant qu'à être dans le fantastique, autant y être jusqu'au cou, puisque la "petite histoire parallèle" habituelle nous montre un Hibou Lugubre qui semble avoir enfin pris le dessus sur Pouik, le chien de Mister Bluff, grâce à une petite statuette du canidé en terre, des aiguilles et la puissante magie ancestrale de son trisaïeul le sorcier. Cette petite touche comique, très "slapstick" dans l'esprit est un parfait pendant du ton un peu plus grave de l'intrigue principale. 

Pour ce qui est des dessins, le sempiternel "efficace" que j'utilise tous les mois - ou presque - est encore de mise ici. Tout est fait pour être terriblement lisible et servir l'histoire. Pas de détails inutiles ou esthétisants, pas de cadrage recherché non plus, mais des personnages avec de vraies tronches et fortes personnalités (on a presque l'impression de sentir l'odeur du Guincho dans sa cabine). Ce qui fait que ces histoires - qui ne sont pourtant pas toutes jeunes - n'ont pris aucune ride (à part quelques expressions employées par les personnages), ce qui n'est malheureusement pas le cas de beaucoup de séries de petits formats...
Bref, encore une vraie réussite !

L'aventure d'Ivanhoé de ce mois de décembre a pour titre "Le trésor d'Ely". L'abbaye saxonne d'Ely est connue pour renfermer en son sein, un fabuleux trésor. Le Roi Jean Sans Terre, toujours à la recherche de nouveaux fonds pour sa guerre contre les rebelles saxons, décide de s'en emparer, afin de faire d'une pierre deux coups. Il mandate pour ce faire Roger Mortimer, qui va massacrer tous les moines d'Ely sans qu'aucun de ceux-ci ne parle, ou qu'il ait pu mettre la main sur l'or. Furieux, il va alors terroriser la population saxonne alentour afin de se faire révéler l'emplacement de la cache. Ivanhoé, avertit des exactions de Mortimer et des normands par le jeune Roon, va se mettre en route avec Robin Hood afin d'aller récupérer l'or et surtout donner une bonne leçon à ses ennemis...

Moi qui reproche souvent la complexité des intrigues dans cette série, j'avoue avoir été un peu désarçonné tant celle de ce mois-ci est simple. En effet, ici, il n'y a aucune histoire parallèle pour parasiter la principale : les méchants normands veulent prendre l'argent des gentils saxons. Pour cela, ils vont être méchants (encore plus que d'habitude) et les gentils saxons (le gentil Ivanhoé en tête) vont leur mettre une fessée pour les punir. 
Je caricature bien entendu, mais pour une fois, cette histoire est - attention, je vais oser utiliser mon adjectif passe partout pour Ivanhoé, en plus de Swing -  efficace ! On va directement à l'essentiel et ça fait du bien ! Peut-être parce qu'il est un peu moins présent dans ce récit, Ivanhoé y apparaît un peu moins "être supérieur" que d'habitude et cela aussi fait du bien. Il est bien entendu toujours aussi noble dans son esprit et ses actes, mais il n'hésite pas utiliser la ruse ou les coups bas quand cela s'avère nécessaire.

Pour les dessins, je vais utiliser des hashtags au lieu de répéter ce que je dis à chaque fois - ou presque : #unpeuguindés #unpeusurannés mais #beauxvisages #magnifiquementrétro.

Après des débuts difficiles à mon goût avec des histoires soit mal calibrées, soit bancales, Ivanhoé a trouvé depuis quelques mois sa vitesse de croisière et nous livre des aventures qui - sans être inoubliables - sont vraiment très agréables à lire. Et après tout, n'est-ce pas tout ce que l'on demande à nos chers petits formats ?

Comme toujours, les deux séries sont entrecoupées par un petit peu de rédactionnel. Nous avons le droit ce mois-ci à la quatrième partie du dossier consacré aux Algonquins. Même traitement que les mois précédents.

Enfin, ce mois-ci, en trois' de couv' Mon Journal nous offre deux strips de Tom Kuss par Dominik Vallet et Jo Hell. Ceux-ci sont bien sympa (les strips ET les auteurs) et permettent de terminer cette très bonne dernière fournée de 2018 dans la bonne humeur.

En conclusion, encore une fois, j'ai passé un très bon moment avec ces deux séries, même si j'ai un gros faible pour Swing, qui est vraiment une très très bonne série, très constante et qui arrive à se renouveler à chaque histoire. Ivanhoé est désormais bien lancé et ne souffre plus du problème de rythme que j'évoquais il y a encore quelques mois. Bref, j'aime cette revue et tant que celle-ci continuera à sortir, je serai au rendez-vous, même si je ne partagerai plus celui-ci avec vous. À un des quatre ! 


mardi 6 novembre 2018

Cap'tain Swing 295

Aujourd'hui, comme de coutume - mais plus pour très longtemps, j'y reviendrai en fin de post - je vous livre ma chronique sur le nouveau numéro de Cap'tain Swing, dernier représentant (si l'on excepte Akim, ce que je fais sciemment) des petits formats.

L'aventure de ce mois de novembre s'intitule "Le traître". Cap'tain Swing doit rencontrer le Docteur Strong à Bennington. Tandis qu'il attend au lieu de rendez-vous, il se dispute avec un homme maltraitant Pouik. Malheureusement pour lui, l'homme en question est un puissant armateur acquis à la cause des rebelles. Strong essaye tant bien que mal d'apaiser la situation, mais l'armateur, Van Doren, est du genre rancunier et part fâché. Swing n'est pas très heureux d'avoir à travailler avec lui, d'autant plus qu'il semble y avoir un traître dans l'affaire (rapport à de précédentes cargaisons qui sont tombées aux mains des anglais) et que Van Doren pourrait très bien être celui-ci. Malgré tout, sur les conseils de Strong, il va mettre ses soupçons de côté et tout mettre en œuvre pour les armes arrivent cette fois-ci à bon port...

Encore une fois, nous avons affaire à une très bonne histoire, pleine de rebondissements et d'action. En plus, une fois n'est pas coutume, le judas (hum, ce n'est pas très politiquement correct ça, synonymo, tu n'as pas autre chose à me proposer ? mouchard ? ok, va pour mouchard) le mouchard, donc,  n'est pas celui que nous soupçonnons tous (Cap'tain Swing y compris) dès le début. Van Doren est donc l'exception qui confirme la règle dans cette série, à savoir que tout individu à sale gueule est forcément le traître (oui, j'ai changé dans la phrase précédente pour ne pas faire de répétition).
À part cela, tout est comme d'habitude, rondement mené. L'intrigue est simple, mais pas simpliste et même s'il y a moins d'aventures parallèles que d'habitude, les soixante-quatre pages du récit sont bien remplies et utilisées.
Les dessins font également très bien le boulot et sont toujours aussi efficaces, que ce soit dans les scènes d'actions et de bagarre ou dans celles qui sont plus posées. Les décors remplissent pleinement leurs fonctions et habillent les cases avec beaucoup d'habilité. Comme à chaque fois, serait-on tenté de dire.
Cette alchimie entre le scénario (toujours touffu mais pas complexe) et les dessins (qui sans être magnifiques, sont terriblement efficaces) font de cette série - à mon avis - l'une des meilleures bande dessinée de petit format et explique pourquoi celle-ci arrive encore à trouver son public.

L'épisode du mois d'Ivanhoé a pour titre "Les rebelles du roi". Tandis qu'Ivanhoé et ses compagnons célèbrent Pâques, ils apprennent que deux de leurs ennemis, Tyrell, le bailli de Leicester et Guy de Guisborne, le shérif de Nottingham ont fait alliance pour se débarrasser une fois pour toutes des rebelles saxons. Pour conclure ce rapprochement, Tyrell offre en épousailles sa nièce qu'il retient prisonnière et qui est également la propriétaire légale de sa fortune. Tandis qu'il revient à Sherwood, Gurth est attaqué par des normands et laissé pour mort, non sans les avoir mis en déroute. Il est secouru par une jeune femme en fuite qui s'avère être Ann-May, la nièce de Tyrell. Celle-ci a pris sur elle de venir prévenir les saxons de l'attaque imminente de la forêt de Sherwood par les normands. Ainsi informés, Ivanhoé et ses compagnons vont pouvoir recevoir comme il se doit les hommes de Gisborne et Tyrell...

Je pense que cette série a définitivement trouvé sa vitesse de croisière (à moins que nous nous soyons apprivoisés ?) et cet épisode en est une belle illustration. En effet, avec un scénario très simple (deux ennemis qui s'allient pour éliminer le héros, on a déjà vu / lu ça des milliers de fois) et sans artifices "fantastiques" comme cela était le cas le mois dernier, les auteurs arrivent à nous livrer un récit qui à défaut d'être original, n'en est pas moins captivant et arrive à nous faire tourner les pages (et écrire des phrases très longues) pour en connaître la suite et le dénouement (cette fois-ci cette phrase est terminée).
Les dessins sont, quant à eux, toujours aussi beaux et vintages. Comme dit déjà à plusieurs reprises, on a vraiment l'impression de lire une adaptation des films de cape et d'épée des années 50 avec un Errol Flynn ou Robert Taylor (mais ici plus dans le rôle de Gisborne que dans celui d'Ivanhoé). Bref, c'est historiquement faux et ça sent bon les décors de carton-pâte, mais une fois qu'on est pris dedans, ça marche !

Comme d'habitude, la revue est complétée par un peu de rédactionnel copier / coller de Wikipédia, à propos des Algonquins (la troisième partie du dossier pour ceux que ça intéresse). Pas lu bien évidemment.

Enfin, en troisième de couverture, nous avons droit à un strip de Blurp ! L'homme de Cro-Nembour par Dominik Vallet et Jo Hell. Ainsi qu'un autre de Fishman par Dominik Vallet et Romain Gondy. Les deux sont très sympathiques, surtout celui de Blurp !

En conclusion, encore une très bonne livrée du dernier des Mohicans des petits formats, avec deux séries qui se complètent parfaitement et nous font passer du bon temps. Vu que la revue ne semble plus vraiment prête à disparaître (tant mieux pour nous), cette chronique est l’antépénultième qui lui sera consacrée et celle du mois prochain la dernière des systématiques / régulière. On se retrouvera ensuite pour le dernier numéro à proprement parlé, d'ici quelques années. Rendez-vous le mois prochain donc !

mardi 9 octobre 2018

Cap'tain Swing 294

Avec quelque peu de retard, voici ma traditionnelle chronique du dernier numéro paru de Cap'tain Swing. Je me suis lancé dans cet exercice croyant que ce pauvre capitaine à toque de blaireau  était moribond, mais force est de constater que quasiment deux ans plus tard, le bougre est toujours aussi vaillant - et ce pour notre plus grand plaisir !

L'aventure de ce mois d'octobre s'intitule "Fils à papa". Tandis que Mister Bluff et Hibou Lugubre se font plumer au bonneteau par une jeune homme roux, Cap'tain Swing rencontre secrètement le docteur Strong qui lui apprend qu'une troupe de français est en route pour aider les insurgés américains dans leur lutte contre les anglais. L'officier responsable de ce détachement - le colonel Du Plessis - a par ailleurs demandé à Swing de bien vouloir s'occuper de son fils et "d'en faire un homme". Lorsque de retour au Fort Ontario, il voit un jeune homme flirter avec Betty, il l'assomme d'un coup de poing, ne sachant pas que l'opportun n'est autre que le fils de Du Plessis. Décidant malgré tout d'honorer sa promesse, Swing le prend sous son aile et l'emmène aux abords du Fort où ils tombent bientôt dans une embuscade tendue par les habits rouges. Le capitaine commence à avoir de sérieux doutes sur le jeune homme - doutes confirmés lorsque Du Plessis débarque et apprend à Swing qu'il ne s'agit pas de son fils, puisque celui-ci est roux au contraire de l'homme présent dans le fort. Sentant que celui-ci n'est vraiment pas clair, Swing décide de lui jouer un tour afin de le démasquer. Pendant ce temps, Mister Bluff et Hibou Lugubre tentent de retrouver le joueur de bonneteau qui n'est autre que le fils Du Plessis...

Comme de coutume avec Cap'tain Swing, l'intrigue est très riche et regorge d'événements, ce qui fait qu'il est très difficile de résumer l'histoire, tant elle est foisonnante. Mais, comme d'habitude également, le scénario ne s'égare jamais et retombe toujours sur ses pattes. J'ai bien apprécié ici le personnage du traître anglais, bien mesquin et prêt à tout. J'aurais bien voulu qu'il ne meure pas à la fin pour qu'on puisse le revoir à un moment ou à un autre. Malheureusement, Cap'tain Swing était une série constituée d'épisodes indépendants, cela n'est donc pas le genre de la maison. Quoi qu'il en soit, j'aime quand les héros ont affaire à de vrais adversaires et non pas à de simples faire-valoir, ce qui est effectivement le cas ici.

Les dessins sont également toujours aussi efficaces et vivants. Les scènes d'action sont toujours aussi bien retranscrites, les moments humoristiques font sourire, et les personnages (même les secondaires et les figurants) ont du charisme. Les décors détaillés mais pas trop, remplissent parfaitement le contrat en habillant les cases mais en ne les surchargeant pas. Bref, du très bon travail !

L'épisode du mois d'Ivanhoé a pour titre "Le meneur de loups". Tandis qu'Ivanhoé, Gurth et Frère Tuck se trouvent à Copmanhurt, l'ermitage de ce dernier, un saxon du nom de Merch, vient y trouver refuge. Il est poursuivi pas les hommes de Mauclerk, un normand, qui veut le pendre. Merch apprend à ses nouveaux compagnons qu'il est montreur de loups et qu'il vient de revenir au pays après avoir été contraint à l'exil en France par les normands. L'ermitage est pris d'assaut par les hommes de main de Mauclerk et, après une résistance acharnée mais vaine, les saxons doivent se réfugier dans la forêt de Sherwood, où ils espèrent trouver de l'aide auprès de de Robin et de ses outlaws. Malheureusement, ceux-ci sont en campagne et la forêt n'est gardée que par le vieux Scratch. Les normands, après avoir hésité longuement, pénètrent dans la forêt, où ils ne rencontrent pas la résistance attendue et crainte. Supérieurs en nombre, ils finiront bien par l'emporter. Heureusement pour Ivanhoé et ses compagnons, les loups, appelés par Merch, viendront à leur secours...

Pour une fois, le scénario est très simple mais efficace. Cela permet à l'histoire et a son déroulé d'être parfaitement équilibrés. Ici, pas de conclusion en quatrième vitesse comme cela a pu être le cas par le passé. La mise en place, la tension qui monte, puis qui redescend et enfin l'épilogue, tout est parfaitement maîtrisé. Ajoutez à cela le petit côté fantastique avec Merch qui arrive à se faire comprendre des loups (qui seront eux-mêmes le deus ex machina du récit) et vous obtenez une histoire d'Ivanhoé sans prétention, mais ô combien agréable à lire.
Les dessins sont toujours aussi beaux et bien réalisés. Même s'ils accusent leur âge vénérable à certains moments, cela ne dérange en rien la lecture de ce film de cape et d'épée sur papier.

Comme tous les mois, nous retrouvons un peu d'éditorial entre les deux récits. Il s'agit de ce mois-ci de la deuxième partie du dossier sur les Algonquins. Toujours copier / coller de Wikipédia. Donc toujours pas lu.
Enfin, en trois' de couv' nous avons droit ce mois-ci à trois strips (1 de Blurp et 1 de Jestopsen signés Dominik Vallet et Jo-Hell, et 1 de Fishman, par Romain Gondy et Dominik Vallet), tous bien amusants. Malheureusement, Mon Journal arrive à nous ressortir le même strip de Jestopsen que le mois dernier. Ce n'est vraiment pas très sérieux...

En conclusion, j'ai encore une fois beaucoup apprécié le temps passé en compagnie des patriotes américains, mais également avec les saxons - ce qui est à souligner. Les deux aventures proposées dans ce numéro sont de très bonne facture bien que très différentes dans le ton, le graphisme ou le scénario, ce qui permet vraiment de ne pas s'ennuyer. Vivement le mois prochain !

mardi 4 septembre 2018

Cap'tain Swing 293

On commence ce mois de septembre comme on a fini celui d'août, par la traditionnelle chronique du dernier des mohicans des petits formats : Cap'tain Swing. Je suis donc cette fois-ci dans les temps et vous ne devriez donc plus entendre parler du capitaine à toque de blaireau avant un mois. 

L'épisode du mois a pour titre "La fosse de l'épouvante". Sir Humbert est un cruel gouverneur anglais. Son pêché mignon est de jeter les rebelles américains qu'il capture dans une fosse pleine de loups affamés. Brigham, l'un des Loups de l'Ontario de Cap'tain Swing a réussi à s'évader avant de subir ce sort atroce. Titubant dans les bois, il finit par rencontrer Swing et lui raconter son horrible histoire. Swing décide qu'il est temps de donner une bonne leçon à Sir Humbert. Se rendant seul dans le fort anglais, il échappe finalement de peu aux habits rouges. Le gouverneur met alors sa tête à prix, ce qui attire quelques personnages de sacs et de cordes, dont le dangereux Lucky Hand. Dans le même temps, Swing prépare un plan avec l'aide de Hibou Lugubre, Mister Bluff et tous les Loups de l'Ontario pour mettre un terme aux agissements de Sir Humbert. Dans leur combat, ils pourront compter sur Rafferty, une nouvelle recrue très appliquée et très qualifiée, au passé un peu trouble...

J'ai trouvé cette histoire très intéressante à plus d'un titre. Tout d'abord, j'ai trouvé que le déroulement de celle-ci changeait par rapport aux autres histoires de Swing que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui. En effet l’ellipse du début, avec l'évasion de Brigham est beaucoup plus importante que ce à quoi nous sommes habitués avec Swing. Je me suis même demandé si ce Brigham n'était pas de mèche avec les godons et que le scénariste passait sous silence cet épisode pour maintenir le suspense.
Je l'ai également trouvé différente car, jusqu'au dernier moment, on ne sait sur quel pied danser avec le personnage Rafferty. Ce suspense (et les doutes afférents à sa véritable identité)  jusqu'au dénouement de l'intrigue est particulièrement bien géré. Et la fin n'en est que plus surprenante.
Les personnages de Lucky Hand, de Sir Humbert et surtout de Rafferty amènent un vrai plus à l'histoire. Rafferty est plus qu'un second couteau et, comme dit plus haut, il est difficile de savoir qui il est réellement et ce qu'il veut. D'autant plus que, contrairement aux autres personnages "troubles", il n'a pas une sale gueule (indice pourtant très important dans Swing où sale gueule = méchant).
En parlant de "gueule", le dessinateur a encore une fois fait très fort avec les ganaches des méchants (l’acolyte de Lucky Hand avec les grandes dents est particulièrement gratiné). Ces personnages pas du tout lisses collent parfaitement à l'ambiance de l'époque et à l'atmosphère du récit établissant en plus un contraste saisissant avec le visage presque poupin de notre bon vieux capitaine.
Pour ce qui est du reste des dessins, nous avons - comme d'habitude - affaire à un travail efficace et vivant, même si beaucoup moins esthétisant que celui réalisé sur Ivanhoé (j'y reviendrai plus loin). En y regardant bien, il y a quelques cases qui sont un peu moins réussies que d'autres, mais la fluidité et l'intensité du récit sont telles que nous avons juste envie de tourner les pages pour connaître la suite des aventures des Loups de l'Ontario. Signe que cela n'est absolument pas gênant.

L'aventure d'Ivanhoé de ce numéro 293 s'intitule "Le miracle de Limerick". Le shérif de Nottingham, Guy de Guisborne est tombé en disgrâce auprès du roi Jean. Pour retourner dans les petits papiers du souverain, il va devoir intensifier la lutte contre les rebelles saxons. Pour cela, il proclame un édit qui interdit à tous les saxons de pêcher dans les eaux du territoire de Nottingham. Les normands menés par Mullbar en profitent donc pour tuer ou emprisonner les saxons qu'ils croisent, Ivanhoé, Robin et leurs outlaws arrivant malheureusement toujours après la bataille. Lorsque Frère Tuck est arrêté et torturé par Guisborne, Ivanhoé voit rouge et décide de mettre un terme définitif à l'affaire. Pour cela, il va mettre au point un stratagème : faire croire que des poissons de mer ont été pêchés dans un étang. Ceux-ci n'étant pas des poissons d'eau douce, ils ne tombent normalement pas sous le coup de l'édit. Grâce au vieux Scratch, un saxon à la langue bien pendue, le shérif et ses hommes vont être emmenés sur le bord de l'étang où s'est produit ce "miracle" et où Ivanhoé et ses compagnons leur ont tendu un piège...

Après la déconvenue du numéro précédent et ce changement graphique catastrophique, j'ai été soulagé de voir que tout était revenu à la normale avec cette histoire. Je me suis donc plongé avec beaucoup de plaisir dans ce nouvel affrontement entre Ivanhoé et le shérif de Nottingham.
Comme pour les précédents numéros (sauf celui du mois dernier donc), les dessins sont vraiment magnifiques, que ce soit les décors (assez discrets mais très efficaces), les chevaux (qui ressemble à des chevaux), et surtout les visages qui sont vraiment exceptionnels. Le trait est fin comme cela doit l'être sur cette série, et non pas gras (voire grossier) comme cela a été le cas le mois dernier. Ce côté très esthétisant et un peu rigide qui m'interpellait au début (car très daté) est finalement l'un des côtés de cette série que j'apprécie le plus...
J'ai été d'autant plus content que j'ai trouvé le scénario de cette aventure très dense et surtout très rythmé. Il se passe énormément de choses, mais la fin n'est pas bâclée comme cela a pu être le cas parfois. Il y a beaucoup de rebondissements (en tout cas plus qu'à l'accoutumé) et l'intervention de personnages secondaires tels que l'horrible Mullbar ou le rusé Scratch est un plus vraiment appréciable.
Bref, la série est revenue au niveau qu'elle n'aurait pas dû quitter et j'espère que le mauvais tour du mois dernier ne se reproduira plus !

Comme de coutume, l'imprimé contient 10% de rédactionnel, qui se présente sous la forme - ce mois-ci - de la seconde partie du dossier sur les Iroquois et de la première de celui sur les Algonquins. Étant donné qu'il s'agit de simples copier / coller du wikipédia, cela n'a malheureusement guère d'intérêt.

Enfin, en troisième de couverture, nous retrouvons nos traditionnels strips humoristiques, avec cette fois-ci Jestopsen et Tom Kuss de Dominik Vallet et Jo Hell. Sympathiques comme toujours, mais sans plus.

En conclusion, je peux dire que j'ai beaucoup apprécié ce numéro avec une histoire de Swing un peu atypique dans le déroulé et une aventure d'Ivanhoé qui est de nouveau au top, grâce au retour du dessinateur habituel. Donc comme d'habitude, un bon moment de lecture et de détente, fleurant bon la nostalgie d'une époque révolue où les petits formats abondaient sur les étals (ou étaux) bien achalandés des marchands de journaux... Vivement le mois prochain ! 

mardi 28 août 2018

Cap'tain Swing 292

De retour aux manettes après ce très long break, je vais bizarrement boucler ce mois d'août avec la chronique qui - en temps normal - aurait dû l'inaugurer. Je veux bien sûr parler de mon petit post traditionnel sur le dernier numéro paru de notre bon vieux Cap'tain Swing !

L'aventure de ce mois d'août s'intitule "Petits oiseaux et renards blancs", un titre ô combien énigmatique et qui donne forcément envie de la lire.
Tandis que Swing arrive à Oriskany, un village de trappeurs, il aperçoit son ami Rupert qui est au sol, sa fiancée éplorée à ses côtés. Reprenant conscience, il lui explique que des hommes l'ont assommé tandis qu'il était retourné auprès de son canoë pour chercher une fourrure de renard blanc afin de l'offrir à son amie. Swing est étonné que Rupert ait pu tuer un renard blanc en cette saison. Il apprend alors que cette fourrure a été mise dans le tas lors d'une étape. Et comme si un seul mystère ne suffisait pas, on a peint un oiseau sur l'embarcation de Rupert la même nuit. Flairant que quelque chose de pas très catholique se cache derrière tous ces mystères, Swing, Hibou Lugubre et Mister Bluff vont mener leur enquête. Leurs doutes deviennent des certitudes quelques jours plus tard, lorsque Agatha, la fiancée de Rupert est assassinée...

Comme tous les mois avec Swing, j'ai passé un agréable moment. Les dessins sont toujours d'aussi bonne facture et l'on sent que le dessinateur s'est fait plaisir avec des tronches pas possibles (l'horrible Balthazar et le duc en particulier sont vraiment gratinés). Les décors sont toujours aussi efficaces et renforcent parfaitement l'ambiance de l'histoire. Bref, du très bon travail.
L'histoire est comme de coutume menée tambour battant, tout en étant très dense en mêlant des intrigues parallèles qui finissent par rejoindre la trame principale. L'action y est omniprésente, ainsi qu'une petit dose d'humour bienvenue avec le personnage du baron (ou du duc, lui-même ne sachant plus trop).
Mais ce qui rend cette histoire très intéressante, c'est son côté assez sombre, où quasiment tous les personnages secondaires paraissent louches (même les amis des Loups de l'Ontario). De plus, une jeune femme innocente sur le point de se marier est assassinée, ce qui n'arrive pas tous les jours dans les aventures de Swing. Enfin, cette histoire - traitée comme un thriller - sort vraiment de l'ordinaire des autres aventures. Encore une fois, bien qu'il s'agisse de la même série, on n'a pas l'impression de redite ou de déjà-vu, tant le traitement est différent à chaque épisode, qu'il s'agisse du style de l'histoire ou du cadre. Cette série est vraiment très impressionnante.

L'épisode d'Ivanhoé de ce mois-ci a pour titre "La tribune de l'affront". Tandis qu'il se trouve à Sherwood avec tous ses compagnons, Ivanhoé apprend qu'un messager venant de Normandie se rend auprès du roi Jean. Flairant que cela concerne une affaire importante, il tend une embuscade pour récupérer la missive. Ivanhoé apprend alors que Allan Fergan, le bailli d'Avranches propose au roi de venir lui expliquer un plan qui permettrait à celui-ci de faire cesser la révolte saxonne, sans verser de sang. Comptant bien mettre la main sur ce Fergan, Ivanhoé et ses saxons organisent un guet-apens. Mais Fergan, rusé, a pris soin de se déguiser en serf pour ne pas attirer l'attention et réussit donc à s'échapper. Finalement parvenu auprès du roi, il lui révèle alors son plan : il propose au roi de se rendre sur l'île d'Avalon et de s'y faire remettre l'épée du roi Alfred. Ainsi, l'union des deux peuples saxon et normand se fera en un seul homme : le roi Jean. Dans le même temps, il propose une trêve et une amnistie aux saxons qui le souhaiteraient. Bien entendu, le roi ne va pas respecter la trêve et ira chercher par la force l'épée sacrée. Ivanhoé et ses compagnons ayant eu vent des plans royaux, décident de contre-attaquer afin de frapper un grand coup lors de la cérémonie sur l'île d'Avalon...

Comme vous le savez si vous me lisez, j'ai eu un petit blocage avec cette série pendant un bon moment. Pourtant, ces derniers mois, celui-ci avait disparu puisque les scénarios et les dessins avaient enfin trouvé leur vitesse de croisière et une harmonie qui rendait très agréable la lecture de cette bande dessinée. 
Malheureusement, cet épisode vient tout gâcher. La faute à un changement de dessinateur (ou d'encreur) qui rend laid et grossier une série qui justement attirait l’œil par la beauté (parfois un peu surannée il est vrai) de ses cases. Les personnages ont tous la gueule de travers, les positions ne sont absolument pas gracieuses (et encore moins juste anatomiquement parlant), sans parler des perspectives qui sont à deux doigts de donner la nausée. 
Malheureusement, ce qui aurait pu passer inaperçu dans une autre série, saute irrémédiablement aux yeux ici, tant le trait était fin et beau (même si pas très vivant par moment). On a juste l'impression qu'un apprenti débutant à essayer de dessiner dans le style de. Le rendu est malheureusement affreusement laid.
Ceci est d'autant plus dommage que l'histoire était pleine de rebondissements et d'action. Elle aurait vraiment méritée un meilleur traitement graphique. 

Comme traditionnellement, la revue est complétée par du rédactionnel, qui cette fois-ci s'intéresse aux Iroquois. Et une fois n'est pas coutume, j'en ai lu une partie. Malheureusement, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un copier / coller de Wikipedia...
Enfin, en troisième de couv', on retrouve les strips, avec ce mois-ci "L'avis des héros" de Dominik Vallet, ainsi que Tom Kuss de Jo Hell et Dominik Vallet. Ceux-ci sont sympa (surtout "L'avis des héros") mais ne cassent pas non plus trois pattes à un canard.

En conclusion, autant j'ai passé un très bon moment - comme à chaque fois - avec Swing, Hibou Lugubre et Mister Bluff, autant la lecture d'Ivanhoé s'est révélée pénible, la faute à ce changement de dessinateur. J'espère que cet épisode n'était qu'une exception et que je retrouverai le "vrai" Ivanhoé le mois prochain, sous peine que je ne prenne même plus le temps de la lire. Donc, vivement le prochain numéro, pour voir de quoi il en retourne !

mardi 3 juillet 2018

Cap'tain Swing 291


C'est déjà l'heure de notre rendez-vous mensuel que vous attendez tous avec impatience (hum hum). En tout cas moi, je dois avouer que je suis toujours très content de lire un nouveau numéro du dernier représentant de la lignée des petits formats : notre bon vieux Cap'tain Swing !

L'épisode de ce mois-ci a pour titre "Ni fleurs ni couronne". Alors que Betty et Cap'tain Swing se rendent en ville pour faire du shopping (surtout Betty), ils ont l'impression d'être suivi par un cavalier. Mais quand le couple arrive à destination, le suiveur continue sa route. Peu de temps après, Swing se fait tirer dessus et est laissé pour mort. Quelques semaine passent et, remis sur pied, Swing se rend dans une taverne pour boire un verre. Il y écoute un baladin entonner une ritournelle dont il a modifié les paroles de manière à ce que celles-ci indiquent un rendez-vous. Le lendemain, le corps d'un homme ressemblant étrangement au capitaine est exhibé par les tuniques rouges dans les rues du bourg. Celui-ci a été tué au lieu du rendez-vous de la chanson. Swing comprend que quelque chose de très louche se déroule là-bas et il décide d'y aller faire un tour. Il va mettre la main sur une bible, qui bien que paraissant très banale, semble attirer toutes les fripouilles du coin...

Après le coup du cercueil du numéro 260, il y a de cela plus de deux ans et demi, le pauvre Swing a cette fois-ci droit à la balle dans le buffet en guise de couverture. Qu'on ne vienne pas nous dire après ça que la vie de rebelle américain est une bonne planque... Enfin bref...
Comme à l'accoutumé, j'ai passé un très bon moment avec Swing et tous ses comparses. L'aventure était encore trépidante et pleine de rebondissements et d'action. Les scénarios de cette série sont vraiment formidablement bien ficelés, comportant des intrigues parallèles plus ou moins importantes et plus ou moins en rapport avec la trame principale, et arrivent toujours à maintenir le cap sans nous perdre. En plus, l'humour est toujours présent et utilisé à bon escient, ce qui n'est pas le cas de tous les petits formats.
Pour revenir à l'histoire qui nous concerne, j'ai trouvé que le scénario était vraiment très bon. En effet, même si l'on sait que notre rebelle à toque de blaireau ne peut pas mourir, on a quand même un doute quand, après une ellipse narrative, nous voyons un cortège macabre transportant son cadavre dans les rues de la ville. Bien entendu, le corps ne nous ait pas montré, contrairement à la couverture, mais ceci n'empêche pas cela.
Dans le même temps, le complot des "méchants" pour tirer parti de leur larcin est également très intéressant et permet d'introduire un autre type de personnage dans la galerie de la série : les sans foi ni loi, qui ne recherchent que le profit personnel. Le cheminement de Swing et de ses compagnons jusqu'au dénouement du mystère est bien décrit et on se laisse très facilement prendre à l'histoire.

Les dessins sont comme toujours efficaces, à défaut esthétiquement très poussés. Mais pour du petit format, cela reste quand même le haut du panier. Les "gueules" des personnages sont un vrai régal et permettent de créer une ambiance propre à cette série. Les décors sont parfaitement réalisés et contribuent tout autant à nous plonger dans l'atmosphère de l'Amérique des années 1770 (même si à mon avis, ils ne sont pas historiquement très justes).

L'aventure d'Ivanhoé s'intitule "La marque de Judas". Tandis qu'une réunion de tous les seigneurs saxons a lieu dans les environs de Chester, Ivanhoé manque à l'appel. Edwin, le thane de Chester en profite pour accuser ce dernier de trahison et de travailler secrètement pour le roi Jean. Il invite également tous les saxons à venir festoyer chez lui à Chester, pour discuter de l'avenir de la lutte. Finalement, Ivanhoé arrive et raconte ce qu'il a vu en chemin : il n'a pu arriver plus tôt à cause de mouvement de troupes normandes aux alentours de Chester. Il met également à jour la duplicité d'Edwin. Celui-ci, découvert, préfère fuir pour retrouver le roi Jean, dont il devient le conseiller dans son combat contre les saxons. Il met en place toute sortes de lois iniques et violentes, mettant même à mort Erick Grimshod, un vieux baron respecté de tous. Cette exécution est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour Ivanhoé, qui met alors au point un plan insensé afin de punir Edwin de sa trahison...

J'avais été un peu déçu le mois dernier par l'épisode d'Ivanhoé et je dois dire que j'attendais de voir si ce mois-ci la série allait redresser la barre ou non. Et la réponse est oui !
J'ai trouvé cette aventure vraiment très bien ficelée, avec un scénario très riche, prenant et plein de rebondissements. L'histoire est très rythmée et alterne parfaitement les moments de tension, de calme et d'action. Et surtout, il n'y a pas cette sensation de "bâclage" à la fin, éprouvée dans la quasi totalité des récits précédents, comme si le scénariste se rendait compte à deux pages de la fin qu'il lui restait encore à raconter vingt pages de son script initial. Ici, tout est parfaitement mené : les ellipses de temps sont parfaitement gérées, le déroulement de l'histoire maintient le même rythme du début à la fin, évitant donc les emballements de dernière minute, ou au contraire les moments un peu trop posés.

Pour ce qui est des dessins, ceux-ci sont comme d'habitude impeccables. Les décors sont beaux comme des films hollywoodiens des années 50 mais en plus sobres. Les personnages sont parfaitement réussis également, le dessinateur ayant évité cette fois-ci les poses un peu trop statiques ou figées dont il a l'habitude. Les plans serrés sur les visages sont comme toujours magnifiques et diablement efficaces.
Comme vous pouvez les constater, j'ai été vraiment emballé par cet épisode parfaitement équilibré, dont l'intrigue, bien que très dense, est réellement captivante et parfaitement servie par des dessins majestueux. Bien sûr, on sent que la série accuse son âge, mais cela ne se voit pas quand on a affaire à des récits de haute volée comme celui-ci !

Comme tous les mois, ce numéro contient ses 10% de rédactionnel, sous la forme de la suite (la quatrième partie) du dossier "L'histoire coloniale de l'Amérique du Nord".
Enfin, en trois' de couv', nous retrouvons avec plaisir Fishman, le superhéros auxerrois dans un strip qui m'a bien fait sourire, accompagné ce mois-ci de deux numéros de "L'avis des héros" de Dominik Vallet, d'un très bon tonneau également.

En conclusion, j'ai encore (et toujours pourrait-on dire) passé un très bon moment à la lecture de ce nouveau numéro de Cap'tain Swing. Les histoires des deux séries étaient très intéressantes et bien prenantes, et les gags de la fin très bons. Que dire de plus, si ce n'est "vivement le prochain numéro !" (que je ne chroniquerai qu'à mon retour de vacances, soit dit en passant).

mardi 5 juin 2018

Cap'tain Swing 290

Contrairement au mois dernier où j'avais chroniqué très tard le numéro de Cap'tains Swing, cette fois-ci, je m'y prends en temps et en heure, vu que le nouvel opus est sorti en fin de semaine dernière. Il s'agit donc du deux cent quatre-vingt-dixième numéro de la seconde série du capitaine à toque de blaireau, et normalement l'un des derniers avant un éventuel reboot de la publication.

L'épisode de ce mois de juin s'intitule "Le rire de Hibou". Alors qu'il est victime d'une embuscade dans un village de la part des anglais, Cap'tain Swing vole au secours du lieutenant Partridge, qui meurt quelques instants plus tard en lui révélant qu'il était à la poursuite d'un espion ayant volé des papiers ultra sensibles. Swing, Hibou Lugubre et Mister Bluff finissent par découvrir l'espion et récupérer les documents, cachés dans une pendule. Finalement, il s'avère que la taupe devait apporter les papiers à Albany. Swing, souhaitant découvrir qui sont les complices du traître, se met donc en route pour cette ville. Malheureusement, à peine descendu dans leur auberge, la pendule disparaît. Les trois compères vont devoir ratisser la ville pour retrouver la pendule et les voleurs...

Comme de coutume, cette aventure du Cap'tain Swing se lit d'une traite et avec beaucoup de plaisir. L'histoire est pleine de rebondissements, d'action et de suspense. Après plusieurs histoires se déroulant dans d'autres contextes que le traditionnel, cela fait du bien de revenir aux fondamentaux avec un bon récit d'espionnage sur fond de guerre contre les habits rouges. 
Le récit nous tient vraiment en haleine du début à la fin, puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'une grosse course poursuite en plusieurs étapes de 64 pages entre les patriotes américains et les espions à la solde des anglais. Cela fait que tout se déroule à cent à l'heure et qu'il n'y a pratiquement pas de pause tout au long du récit. Même les toutes dernières pages amènent leur lot de surprise. Encore une fois, il s'agit d'une très bonne histoire pour une très bonne série.

Les dessins sont comme à l'accoutumé très efficace et surtout très vivants à défaut d'être toujours parfaits. Les personnages ont de vraies gueules qui contrastent totalement avec le visage poupin du Cap'tain. Visage qui conserve d'ailleurs toute sa fraîcheur malgré un passage en règle de la part des "méchants". Les décors nous mettent parfaitement dans l'ambiance et habille les cases sans les surcharger ce qui contribue pleinement au plaisir de lecture qui ressort de la série.
Au fait, si vous voulez savoir pourquoi cette histoire s'intitule ainsi, il vous faudra la lire !

L'aventure d'Ivanhoé de ce mois-ci a pour titre "Sous l'armure d'Harold". Il s'agit de la suite directe de celle du mois dernier. On avait laissé Ivanhoé seul dans l'abbaye de Croyland, s’apprêtant à livrer combat aux troupes du redoutable et perfide Ives Taille-Bois. Pour ce faire, il a revêtu l'armure d'Harold, le dernier des rois saxons. Espérant toujours l'arrivée de renforts en provenance de Sherwood, Ivanhoé essaye de gagner du temps, avec l'aide de Vince, le sonneur de cloches de l'abbaye. Malheureusement pour lui, ses amis sont ralentis par des marécages et lorsqu'ils arrivent enfin sur place, ils s'aperçoivent qu'Ivanhoé est déjà en train de livrer bataille, seul contre des dizaines de soudards. Il finira d'ailleurs par tomber sous le nombre et sera fait prisonnier par les normands. Retenu dans une tour de Croyland, Ivanhoé voit le sort que lui réserve Taille-Bois : la mort ! Heureusement, Vince parvient à rejoindre les amis d'Ivanhoé et à les faire pénétrer dans l'abbaye au nez et à la barbe des normands. Un terrible combat pour libérer le thane saxon et l'abbaye s'ensuit...

Je dois dire que j'ai été un peu déçu par cet épisode. J'avais beaucoup apprécié la première partie qui présentait des adversaires qui semblaient être - pour une fois - de taille à tenir tête au héros saxon. Ils utilisaient des ruses très efficaces que même Ivanhoé avait du mal à déjouer. Il y avait donc de suspense et une tension vraiment palpable, d'autant plus que la fin nous donnait envie de connaître la suite. Et malheureusement, cette suite n'est pas à la hauteur. 
Pour être honnête, cette histoire se laisse lire avec plaisir et est efficace, mais elle manque cruellement d'originalité et de folie. Les adversaires n’échafaudent ici aucun plan, tellement sûrs de triompher du saxon. Il s'ensuit donc une histoire très banale où le héros se bat comme un beau diable contre des hordes d'ennemis, avant d'être fait prisonnier, de frôler la mort et d'être finalement libéré par ses amis qu'il a attendu en vain jusque-là. Rien de bien folichon finalement...
Pour ce qui est des dessins, ceux-ci sont toujours aussi beaux et toujours efficaces pour rendre l'ambiance cape et épée de carton-pâte. Les personnages et surtout leurs visages sont de toute beauté, et les décors magnifiquement représentés. Les scènes d'actions ne sont pas trop mal ficelées et je trouve que la mise en page a gagné en dynamisme, ce qui est un vrai plus.
Pour être franc, ma déception vient donc du fait que la première partie laissait augurer quelque chose de différent et que l'on se retrouve au final avec une histoire au déroulement des plus classiques. Dommage.

Comme tous les mois, un peu de rédactionnel vient se glisser entre les deux séries. Il s'agit ce mois-ci de la troisième partie de l'histoire coloniale de l'Amérique du Nord. Que je n'ai pas lu (mais faut-il vraiment le signaler ?)
On retrouve également en trois' de couv' les strips habituels. Mais ce mois-ci, c'est orgie, puisque nous avons droit aux trois séries de strips, à savoir : Blurp, l'homme de Cro-Nembourg, Jestopsen et Fishman. Les deux premiers étant l'œuvre de Jo-Hell et Dominik Vallet, et le super héros auxerrois, celle de Romain Gondy et Dominik Vallet. Cette livrée est de très bon niveau, car les trois gags sont vraiment amusants.

En conclusion, même si ma déception était grande à la lecture de la suite de l'histoire d'Ivanhoé, l'aventure de Cap'tain Swing est encore une fois de très haute volée et justifie à elle seule l'achat de ce numéro. Quoiqu'il en soit, je serai là le mois prochain et j'espère que le saxon redorera un peu son blason, car, mine de rien, je commence a vraiment apprécié cette série vintage.

mardi 22 mai 2018

Cap'tain Swing 289

L'heure du notre rendez-vous habituel du mois - à savoir ma chronique du dernier numéro paru de Cap'tain Swing - est finalement arrivée ! Il s'agit aujourd'hui du numéro 289, d'une revue qui, décidément, ne semble pas avoir dit son dernier mot, et cela pour mon plus grand plaisir !

L'épisode du mois de Cap'tain Swing, s'intitule "Le Tsar des Caraïbes". Cap'tain Swing, Hibou Lugubre et Mister Bluff sont en Haïti pour rencontrer Don Sebastian - un espagnol qui aide les rebelles américains en transportant des armes en provenance de France - pour le prévenir que les anglais sont après lui et son navire. Bizarrement, ils ne trouvent aucune trace de lui dans la ville qui sert généralement d'étape avant la traversée vers les États-Unis. Au détour d'une rue, une femme se présentant comme l'épouse de Don Sebastian leur apprend que le malheureux est retenu prisonnier au Tiburon, une cité pirate. Ne pouvant laisser leur ami aux mains de ces hors-la-loi, Swing et ses comparses embarquent pour Le Tiburon, où ils rencontrent le chef des pirates, le cruel "Tsar des Caraïbes", qui n'est autre qu'une vieille connaissance de Mister Bluff. Pour autant, celui-ci n'entend pas libérer Don Sebastian. Swing, Hibou Lugubre et Mister Bluff, aidés de l'épouse de Don Sebastian vont établir un plan pour sauver ce dernier...

Comme de coutume, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Cap'tain Swing, Hibou Lugubre et Mister Bluff. Le fait que l'histoire ne se déroule cette fois-ci pas dans une des treize colonies d'Amérique du Nord, mais dans les Caraïbes y est pour beaucoup, car cela permet de mettre en scène un cadre totalement différent de celui des histoires précédentes, plus axé sur les histoires de pirates. Cela permet aussi de faire intervenir des personnages hauts en couleurs comme le fameux "Tsar des Caraïbes", aussi cruel que ridicule.
J'ai également aussi beaucoup apprécié que le ressort comique sur le passé très mystérieux de Mister Bluff soit ici poussé à l'extrême et que le pauvre ne puisse faire un pas dans la ville portuaire sans être agressé par quelqu'un qu'il a connu - et la plupart du temps trompé - dans sa vie de pré rebelle américain.
Le personnage de "l'épouse de Don Sebastian" est également très intéressant, car même si le lecteur sent tout de suite qu'il y a anguille sous roche la concernant et qu'au fur et à mesure de l'histoire elle devienne de plus en plus suspecte à nos yeux, le fait que Swing ne semble à aucun moment partagé ce sentiment, induit un petit doute dans nos esprits. Finalement, la première impression sera la bonne, mais il faudra réellement attendre la toute fin de l'histoire pour en avoir le cœur net et surtout savoir pour qui elle "travaillait".
Les dessins sont comme toujours de très bonne facture et retranscrivent parfaitement l'ambiance caraïbo piratesque de l'intrigue. Les personnages ont toujours de vraies gueules, les décors sont très bien réalisés et présents juste ce qu'il faut. La mise en page et le cadrage sont très vivants et participent pleinement au dynamisme du récit, qui n'a pas pris une ride et se laisse lire avec un réel plaisir.
Comme d'habitude, l'histoire est donc de très haute volée, prenante, bourrée d'action et d'humour. Un parfait cocktail qui se renouvelle à chaque numéro finalement.

L'histoire du mois a pour titre "La bannière de Croyland". Tandis que Frère Tuck, porteur d'un message de l'abbé de Croyland pour Ivanhoé est en chemin pour retrouver ce dernier, il est attaqué par des normands dirigés par Thuraut. Ceux-ci après l'avoir bastonné, trouvent dans la soutane du moine le fameux message invitant Ivanhoé à se rendre à Croyland, haut lieu de la révolte saxonne. Thuraut flairant le bon coup, remet le message à sa place afin que celui-ci arrive à bon port et va en faire part à au terrible Ives Taille-Bois, commandant d'une troupe de routiers au service du Prince Jean. Il aura ainsi l'occasion de prendre Ivanhoé et les moines de Croyland en une seule fois et décapiter la rébellion saxonne. Heureusement pour les saxons, Ivanhoé va capturer un homme de Thuraut et être informé du plan machiavélique de ce dernier...

J'ai trouvé cette histoire particulièrement réussie et intéressante car elle nous présente un duo d'adversaires d'Ivanhoé à la fois intelligents, rusés et cruels. Pour une fois, le plan échafaudé par les normands pour mettre la main sur le thane n'est ni idiot ni voué à l'échec dès le début, bien au contraire. Cela permet un vrai suspense et une vraie tension - d'autant plus que l'épisode se termine sur cliffhanger de folie - alors qu'il est vrai que dans les épisodes précédents, on savait très bien comment Ivanhoé allait s'en sortir.

Les dessins sont vraiment magnifiques et sentent toujours aussi bon le vieux film de cape et d'épée. Le dessinateur prend parfois quelques libertés avec le gaufrier traditionnel (comme la planche 44 qui est de toute beauté)  et cela ne rend plus dynamique et moins plan plan le déroulé de l'histoire. Il s’autorise également plus de gros plan sur les visages, ce qui permet de casser un peu le côté aseptisé de la série, où tout semble trop net, au risque parfois de manquer de caractère ou de singularité.
Je prends réellement de plus en plus plaisir à lire cette série qui, même si elle accuse son âge au niveau des dialogues ou des dessins (certes de toute beauté), a pour moi trouvé son rythme de croisière il y a quelques numéros et ne cesse depuis de gagner en intérêt.

Comme à l'accoutumé un dossier rédactionnel se trouve entre les deux récits. Il s'agit de la deuxième partie de "L'histoire coloniale de l'Amérique du Nord".

Enfin, en troisième de couverture, nous retrouvons ce mois-ci une pleine planche de Fishman, le héros auxerrois, œuvre de Romain Gondy et Dominik Vallet, même si cette fois-ci il n'y a pas de crédits d'auteurs. L'histoire est sympathique mais sans plus.

En conclusion, j'ai une nouvelle fois passé un très bon moment de détente en lisant ce numéro de Cap'tain Swing. La série principale étant toujours de très bonne facture et celle d'Ivanhoé, bien que très différente scénaristiquement ou graphiquement parlant, monte en puissance et permet donc à la revue d'être finalement très homogène, et ce pour notre plus grand plaisir. Vivement le mois prochain !

mardi 10 avril 2018

Cap'tain Swing 288

Hosanna ! Voici venue l'heure de ma traditionnelle chronique mensuelle du dernier des Mohicans des petits formats, notre bien aimé Cap'tain Swing ! Celle-ci arrive un peu plus tard que d'habitude, la faute au calendrier qui a fait démarrer le mois un dimanche. Mais cela n'est pas très grave, puisque j'ai enfin pu mettre la main sur la publication en fin de semaine dernière. J'ai donc pu prendre mon temps ce weekend pour la lire et vous livrer aujourd'hui mes impressions dessus.

L'épisode de ce mois d'avril s'intitule "Trahison !". Alors que Cap'tain Swing, accompagné d'Hibou Lugubre, Mister Bluff et d'une poignée de Loups de l'Ontario, s'apprêtent à prendre d'assaut un fort anglais peu défendu, ils sont à deux doigts d'être pris entre deux feux. En effet, les anglais connaissant le plan des américains ont posté des troupes à un endroit stratégique pour les prendre en tenaille, ce qui serait arrivé sans Pouik, le chien de Mister Bluff, qui a flairé les tuniques rouges et ainsi pu donner l'alerte. Ce tel est pris qui croyait prendre raté n'en est pas moins grave pour les américains, car cela signifie qu'il y a un traître parmi eux. Swing décide d'aller rendre visite à leur informatrice, pour savoir à quel moment la "fuite d'information" a pu se produire...

J'ai particulièrement apprécié cette histoire, pour plusieurs raisons. La première étant tout simplement que pour une fois, on ne sait pas vraiment sur quel pied danser avec l'espionne, Miss Donahue. Tandis que d'habitude, on sait tout de suite à qui on a affaire et qui joue double-jeu (le faciès ingrat des personnages y étant pour beaucoup), cette fois-ci ce n'est pas le cas. Et surtout, on ne sait qu'à la toute fin pourquoi celle-ci a agit ainsi. Deuxièmement, j'ai trouvé les personnages secondaires, dont l'oncle Joe, beaucoup plus étoffé qu'à l'accoutumé. Celui-ci peut même être considéré comme le négatif (photographiquement parlant) de Miss Donahue, car s'il semble être patibulaire et pas très franc au premier abord, il se révélera tout autre ensuite. Enfin, l'histoire, comme d'habitude est vraiment bien ficelée, pleine de rebondissements, d'action et d'humour. Tout cela concoure à nous offrir un très bon épisode, qui pour moi, n'a pas pris une ride.
Les dessins sont toujours aussi efficaces et réussis, même si les visages sont parfois un peu bâclés et déformés, celui des femmes malheureusement plus que les autres. (À moins que les très fins et délicats se prêtent plus mal à l'à peu près que ceux des mâles). Quoiqu'il en soit, les dessins servent parfaitement l'histoire et sont très dynamiques. Que demander de plus pour une série comme celle-ci ?

L'épisode du mois a pour titre "Le mariage de Robin Hood". Tandis que tout monde s'affaire dans la Forêt de Sherwood afin que tout soit prêt pour le mariage de Robin Hood et Maid Mariane, les compagnons de Robin détroussent un normand qui s'en allait livrer du vin à Sir Guy de Gisborne, le shérif de Nottingham. Lorsque celui-ci apprend la nouvelle, il entre dans une rage folle et promet de se venger. Son âme damnée, Behemot, lui propose de convier toutes les fines lames normandes du royaume à Nottingham pour donner l'assaut à Sherwood, sous couvert d'une invitation à un tournoi. Dans le même temps, Gisborne décide de jouer un tour aux brigands en mettant un puissant somnifère dans une barrique de vin qu'il fera convoyer à travers la forêt, afin qu'elle tombe facilement entre leurs mains. Ce faisant, il espère que tous les compagnons de Robin, ainsi qu'Ivanhoé, tomberont dans le piège. Il n'aura alors plus qu'à les cueillir endormis et ainsi retrouver un peu crédit auprès du roi Jean...

J'ai trouvé cet épisode très intéressant, même si j'ai la sensation qu'ici la série est retombée dans un de ces principaux travers, à savoir le déséquilibre narratif. Alors que l'épisode s'intitule "Le mariage de Robin Hood", on n'assistera pas à celui-ci. Il ne sera évoqué que brièvement dans l'une des dernières cases de l'histoire. Pas que cela m'intéresse plus que ça de voir Robin et Mariane échanger leurs vœux, mais je trouve que nommer ainsi l'épisode est un peu dommage ("Le stratagème de Gisborne" ou "Le vin empoisonné" aurait mieux convenu). Mais j'ai l'impression que le scénariste, pris dans son élan, s'est souvenu au dernier moment du titre du récit et à pondu trois lignes dessus, qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe après coup.
C'est d'autant plus dommage que l'histoire est vraiment bien menée par ailleurs. Pour une fois, les ennemis d'Ivanhoé font un peu preuve de réflexion et mettent en place un stratagème qui a toutes les chances de réussir. D'autant plus dommage, encore, que l'histoire est pleine de rebondissements et d'humour qui passe plutôt bien pour une fois (le coup de la cloche de l'ermitage de Frère Tuck est plutôt réussi en tant que running gag). 
Quoiqu'il en soit, mis à part ce petit foirage au niveau du calibrage, on retrouve ici tout ce qui fait le charme d'Ivanhoé et son intérêt : le scénario est très prenant (à tel point que l'on en oublie presque que ce pauvre Robin doit se marier à un moment),  les dessins sont magnifiques (les arbres de Sherwood sont de toute beauté, les visages toujours aussi réussis), même les rares scènes d'action sont très vivantes. Bref, un très bon épisode, malgré le gros raté évoqué plus haut. Dommage, mais vivement le prochain épisode malgré tout !

Comme de coutume, un peu de rédactionnel complète ce numéro. Nous avons le droit ce mois-ci à la première partie d'un dossier intitulé "Histoire coloniale de l'Amérique du nord", que je n'ai  bien évidemment pas lu.
Enfin, nous retrouvons en trois' de couv', deux strips humoristiques. Il s'agit ce mois-ci de Tom Kuss de Jo Hell et Dominik Vallet, ainsi que de Fishman de Romain Gondy et Dominik Vallet. Les deux histoires se laissent lire, mais ne cassent pas trois pattes à un canard (surtout le strip de Fishman). Mais cela fait tellement plaisir de voir que ces séries sont au rendez-vous, que je ferme un peu les yeux sur la qualité.

En conclusion, j'ai encore passé un très bon moment avec ce nouveau numéro de Cap'tain Swing, les deux histoires étant de très bonnes qualités (scénario et dessins). Par ailleurs, le bulletin d'abonnement étant toujours présent dans les pages intérieures, j'ai bon espoir que le titre contenu bon an mal an sa parution. Seul l'avenir nous le dira. Je vous donne rendez-vous dans un mois pour la chronique du numéro 289 de ce bon vieux Cap'tain Swing !

mardi 13 mars 2018

Cap'tain Swing 287

Avec une petite semaine de retard, voici que débarque ma traditionnelle chronique du numéro mensuel de Cap'tain Swing. L'une des deux derniers petits formats encore existants, l'autre, Akim étant de retour dans les kiosques depuis quelques mois seulement. J'ai beaucoup aimé la couverture de ce numéro qui présent ce qui semble être le cadavre de ce pauvre Mister Bluff (avec Pouik qui hurle à la mort) et un Swing complètement désemparé !

L'épisode du mois s'intitule "Les quatre qui devaient mourir". Alors que le lieutenant Kerrington doit conduire sa troupe à Saratoga, son guide meurt d'une mauvaise chute de cheval. Ne connaissant pas la région,  il part demander de l'aide à  Fort Ontario. Le Cap'tain Swing se propose alors de lui servir de guide. Le lendemain, quand ils se rendent où la troupe devrait les attendre. Malheureusement, celle-ci a été anéantie par les anglais. Suivant les traces, ils  découvrent que deux patriotes Berner et Novak accompagnent les tuniques rouges en toute tranquillité. Parvenant finalement à mettre la main sur les deux traîtres, Cap'tain Swing, Mister Bluff et deux autres compagnons votent la peine capitale pour Berner et Novak. Quelques jours plus tard, le fils de Berner arrive à Fort Ontario où Swing lui apprend la mort de son père, mais pas dans quelles circonstances celle-ci a eu lieu. Peu de temps après, Mister Bluf se fait tirer dessus et est laissé pour mort avec un étrange mot accroché sur le corps : "Et d'un". Comprenant que lui et  deux autres juges de Berner et Novak sont en danger, Swing part pour les prévenir...

Ce mois-ci encore, la qualité du scénario de cette aventure de Swing est très bonne. L'histoire pleine de rebondissements, d'action et de quelques pointes d'humour est très prenante. Bizarrement, alors que celle-ci débute sur un ton grand-guignolesque avec le trio Mister Bluff, Hibou Lugubre et Pouik,  l'atmosphère y est un peu plus grave que d'habitude ensuite. Le fait que Swing fasse exécuter les traîtres et n'ose dire la vérité au fils de Berner y est pour beaucoup. 
J'ai beaucoup apprécié également le fait que jusqu'au bout de l'histoire nous ne sachions pas qui est le meurtrier qui a jurer de se venger des quatre juges. Cela permet d'entretenir le suspense et de tourner les pages encore plus vite que d'habitude.
Côté dessins, rien à redire également. La qualité est au rendez-vous, que ce soit dans les scènes d'actions ou drôles, dans les décors ou les personnages, tout est parfaitement exécuté. Mois après mois, je me rend compte que cette série est vraiment de très haut vol et n'a pas pris une ride.

L'histoire d'Ivanhoé de ce mois de mars a pour titre "Maid Mariane". Tandis qu'ils se rendent dans la Forêt de Sherwood, Ivanhoé et quelques compagnons aperçoivent un pauvre saxon poursuivit par des normands. Wamba, le fou, reconnait alors son oncle Pich Glumly. Finalement sauvé par Ivanhoé et ses amis, Pich leur apprend que le shérif de Lewes, le difforme Bancroft fait régner la terreur dans sa ville en exécutant à tour de bras les saxons qui osent le défier. Il leur explique également que la rébellion de Lewes est menée par une femme mystérieuse, qui se fait appeler "Maid Mariane". Celle-ci a d'ailleurs besoin d'Ivanhoé pour pouvoir mettre fin à la tyrannie de Bancroft. Ivanhoé accompagné de Robin - qui est très intéressé et intrigué par Mariane - ainsi que quelques compagnons vont se mettre en route pour Lewes, déguisés en poissonniers, afin de sonner la révolte...

Le scénario de cette histoire est comme toujours avec Ivanhoé très bon. Le fait d'introduire Lady Mariane et de faire évoluer la situation des personnages (Robin va se marier avec elle dans le prochain épisode) permet de retrouver l'ambiance des feuilletons et leur fameux "à suivre" qui nous pousse à vouloir connaître la suite des aventures des héros.
J'ai également beaucoup aimé le "méchant" de cette histoire, le tyrannique Bancroft qui est un très bon antagoniste à Ivanhoé, dans la mesure où il est tout le contraire du seigneur saxon. J'ai trouvé dommage qu'il meure car il aurait pu faire une terrible Némésis pour Ivanhoé.
Pour ce qui est des dessins, ceux-ci sont comme à chaque fois très beaux voire magnifiques par moment. Les chevaux, les personnages et les décors collent parfaitement au récit et renvoient sans hésitation aux films de capes et d'épée de la grande époque. Après, il faut aimer ces vieux films pour pouvoir trouver un certain charme à cette série...

Comme de coutume, entre les deux séries, nous avons droit à du rédactionnel en lien avec la guerre d'indépendance des États-Unis. Pour ce mois-ci, il s'agit de courts dossiers sur Charles Cornawallis, Charles O'Hara et Guy Carleton, que je n'ai - comme de coutume - pas lus.
Enfin, en troisième de couverture, nous retrouvons Tom Kuss de Jo Hell et Dominik Vallet, ainsi que Fishman de Romain Gondy et Dominik Vallet. Les deux strips sont plutôt sympas et ne semblent pas avoir été publiés avant.

Pour conclure, je dois dire encore une fois que cette petite dose de nostalgie / régression qu'est pour moi Cap'tain Swing m'a encore fait du bien. J'ai passé un très moment que ce soit avec l'histoire de Swing ou celle d'Ivanhoé. Les deux séries sont très différentes dans leurs traitements narratifs, scénaristiques et graphiques et se complètent donc parfaitement*. Vivement le mois prochain !


*Cela créer de la diversité dans cette revue, ce dont souffre Akim, qui ne propose malheureusement que des aventures du Seigneur de la jungle, qui sont pour moi un peu indigestes à la suite et qui explique pourquoi je ne chronique pas cette revue ici. Chose qui s'atténuerait à mon avis si les aventures d'Akim était couplée à une autre série... 

mardi 13 février 2018

Cap'tain Swing 286

Avec une grosse semaine de retard sur le planning habituel, pour cause de "je voulais coller à l'actualité" (d'ailleurs, pour information, le pin's "Tourte aux pommes" est débloqué), voici ma traditionnelle chronique mensuel de Cap'tain Swing. Le titre que certains - dont votre serviteur - pensaient qu'il était moribond avec seulement une poignée de numéros restants à sortir et qui semble finalement devoir être encore là un petit moment - à moins qu'une nouvelle série, qui serait alors la troisième, ne fasse repartir le titre au début - puisque le bulletin d'abonnement est toujours présent. Je me réjouis de penser que cela est preuve de bonne santé, plutôt que de malhonnêteté de la part de l'éditeur. Quoi qu'il en soit, je vais vous donner mon avis sur ce 286 ème opus de notre bon vieux Cap'tain Swing !

L'épisode de ce mois-ci a pour titre : "La mort dans l'ombre". L'État Major a confié à Cap'tain Swing une mission top secrète. Pour ce faire, accompagné de ses deux acolytes, il va devoir se rendre sur un secteur où les anglais sont bien implantés. Après avoir demandé à Hibou Lugubre et Mister Bluff de ratisser la région à la recherche de tuniques rouges, Swing se rend chez le professeur Fletcher, un savant patriote. S'arrêtant dans une auberge pour demander son chemin, il se voit répondre que la maison du professeur est un lieu a éviter à tout prix. Trouvant l'attitude de l'aubergiste très étrange, et devant surtout remplir sa mission, le Cap'tain Swing poursuit néanmoins sa route. Il est alors accueilli sèchement par la maisonnée, manquant d'être tué par balle. Finalement reconnu par le professeur Fletcher, il lui révèle qu'il est ici pour parler de son invention qui pourrait changer la face de la guerre. Fletcher lui apprend alors que peu de temps auparavant il a été victime d'une agression, ses assaillants voulant lui voler son secret. La nuit venue, Cap'tain Swing échappe de peu à une tentative d'empoisonnement. Le coup ne pouvant venir que de l'intérieur de la maison, ses soupçons se portent sur le neveu et la nièce de Fletcher. D'autant plus que durant la même nuit, Fletcher est assassiné...

J'ai encore une fois beaucoup apprécié cet épisode de Swing. Celui commence comme une grosse farce avec Hibou Lugubre qui vénère Pouik à cause d'un canular de Mister Bluff qui lui a fait croire que le chien était la réincarnation de son trisaïeul le sorcier. Le trio comique est ici a son apogée et permet de débuter l'histoire sur une note presque burlesque. Elle permet aussi à Swing de sourire et de son moquer, ce qui le rend moins monolithique et donc plus humain.
Pour ce qui est de l'intrigue générale, celle-ci est encore fois rondement menée, solidement construite et pleine de rebondissements (cf mon résumé qui est plus long qu'un jour sans pain*). De plus, alors que d'habitude on sait tout de suite qui est le traître (le gars avec une sale gueule), ici, le doute plane jusqu'à la fin et rend la mission de Swing d'autant plus périlleuse pour lui et intéressante pour nous.
Les dessins sont comme toujours de très bonne facture et servent à merveille le souffle épique de l'histoire. Le trait est ici plus conforme aux autres épisodes, le Cap'tain Swing retrouvant des traits plus masculins que lors du précédent épisode.

L'épisode d'Ivanhoé est intitulé : "Les compagnons aux chapeaux verts".
Ayant besoin d'un homme de confiance dans le comté du Sussex, Ivanhoé décide de rallier le vieux Mutch à la cause des saxons. L'homme est gaillard et son moulin surplombe la vallée ce qui en fait un endroit stratégique. N'écoutant pas les mises en garde de Wamba son fou qui connait bien Mutch, Ivanhoé se met en route. Malheureusement pour lui, Wamba avait raison et Mutch ne veut embrasser aucune cause : ni celle des saxons, ni celle des normands. Il veut juste être libre de faire ce qu'il aime, c'est à dire chasser dans la forêt. Ivanhoé lui apprend que le roi Jean veut interdire la chasse et qu'il sera donc considérer comme braconnier. Mutch n'y croit pas et repousse l'offre du saxon. Peu de temps après, Arthur Garland, le shérif de Lewes décide de faire appliquer la loi du roi et veut faire placarder l'édit dans Sherwood. Ivanhoé, Robin et quelques compagnons l'en empêchent et le font prisonnier. Relâché après avoir été gavé des fruits de la chasse interdite, avec la promesse de ne pas tenir compte de la loi, Garland décide de contre-attaquer. Pour cela, il va faire du vieux Mutch un exemple, en le pendant à son moulin. Ivanhoé ne va pas laisser ce crime impuni...

J'ai trouvé cet épisode très prenant, avec son scénario plein de rebondissements. Le fait de présenter des personnages de francs tireurs comme les deux Mutch est quelque chose de très intéressant, et permettant de relancer la machine de la série. En effet, jusqu'ici, nous n'avions affaire qu'à un monde assez manichéen avec d'un côté les méchants et perfides normands qui ont tous les pouvoirs et de l'autres, les fiers et droits saxons qui se battent pour leur liberté. La découverte de ses personnages permet de nuancer un peu les propos - même si, on se doute bien qu'ils finiront pas embrasser la cause d'Ivanhoé. Cette tentative d'amener une troisième voie est plus que bienvenue.
Comme toujours, les dessins sont toujours aussi beaux et précis. Ils permettent vraiment de se mettre dans l'ambiance du récit. Les poses des personnages sont toujours très recherchées et même si parfois elles peuvent être un peu raides dans les scènes d'action, l'ensemble est tellement de haute qualité que cela ne nuit pas au plaisir de la lecture. 

Comme toujours, entre les deux histoires, nous avons droit à du rédactionnel. Il s'agit ici de la cinquième et dernière partie de "La France dans l'indépendance des États-Unis". Comme d'habitude, je ne l'ai pas lu.

Enfin, en troisième de couverture, nous retrouvons cette fois-ci un inédit en une planche (à moins qu'il n'est été publié il y a très longtemps) de Jestopsen, signé Jo Hell et Dominik Vallet. Le titre calembour "Auxerre pille, hier" est très bon et l'histoire est du même tonneau (de chablis). 

En conclusion, encore une fois, j'ai passé un très moment de lecture avec ce numéro de Cap'tain Swing. Les deux séries proposées sont vraiment très bonnes et prenantes. Et même si elles diffèrent dans leurs écritures et leurs mises en scènes, elles se rejoignent néanmoins dans la qualité des scénarios et des dessins. Vivement le mois prochain !

*La personne qui a oublié cette expression dans mon esprit est priée de venir la récupérer au plus vite.

mardi 16 janvier 2018

Cap'tain Swing 285

Ma grosse crève n'est - presque - plus qu'un mauvais souvenir, il est donc temps pour moi de me remettre au travail et pour le Bazar de réellement débuter 2018. Pour ne pas changer les bonnes habitudes, nous débuterons donc avec ma petite chronique du nouveau numéro du dernier des Mohicans des petits formats : le plus que vénérable Cap'tain Swing !

L'épisode de ce mois-ci a pour titre "La canaille des canailles".
Après avoir tendu une embuscade aux tuniques rouges dans laquelle le gouverneur est accidentellement tué, Swing, Mister Bluff et Hibou Lugubre se retrouve en possession d'un magnifique carrosse et surtout d'un coffre plein d'or ayant appartenu au défunt. Swing ordonne à ses deux compagnons de ramener le trésor à Fort Ontario pour le mettre à l'abri, mais Mister Bluff décide avant ça de jouer un tour à un ancien flirt qui l'avait traité comme un moins que rien. Faisant croire à cette serveuse qu'il est désormais riche, il décide de s'arrêter quelques temps dans l'auberge. Malheureusement, lui et Hibou Lugubre sont attaqués par des brigands qui s'emparent du coffre. Lorsque Swing apprend la nouvelle, il entre dans une colère noire et ordonne à ses compagnons de retrouver l'or. Mais cela ne se révélera pas si simple que ça, car parmi les canailles, en figurait une plus filoute que les autres...

Comme d'habitude avec les aventures du capitaine à toque de blaireau, j'ai vraiment passé un très bon moment. Mon résumé - qui est déjà très long - ne parle que d'une infime partie des péripéties qui jalonnent le récit. Pour être franc, il n'y a quasiment pas de temps morts dans cette histoire qui est menée tambour battant, avec des intrigues parallèles qui finalement se rejoignent. Les rares temps calmes permettent de mettre en avant le côté comique du trio formé par Mister Bluff, Hibou Lugubre et Pouik qui fonctionne particulièrement bien dans cette histoire.
Les dessins sont de très bonne facture. J'ai l'impression que le dessinateur n'est pas le même que celui des aventures précédentes (mais avec EsseGesse, le studio à l'origine de la série, c'est un peu difficile de savoir), car j'ai trouvé les dessins beaucoup plus épurés et clair que d'ordinaire, ainsi que les visages (en particulier Swing et Hibou Lugubre) presque "féminin". J'ai aussi ressenti cette différence dans la mise en scène des cases. Alors que d'habitude on a surtout affaire à des plans américains, j'ai trouvé qu'il y avait dans cette histoire plus de plans larges que d'accoutumé, ce qui a tendance à un peu "tasser" le contenu de certaines cases. Mais rien de bien méchant tant cela est maîtrisé.
Cette histoire est donc pour moi une vraie réussite et vient se classer directement dans mon top 10 des aventures de Swing.

Comme il est de coutume désormais, Ivanhoé vient compléter ce numéro avec l'aventure intitulée "L'équipée de Nottingham".
Suite aux événements qui ont vu Ivanhoé se jouer de Carliff et de sa femme (cf numéro précédent), ceux-ci sont bien décidés à se venger une fois pour toute du rebelle saxon. Ils montent donc un stratagème pour le capturer mort ou vif. Pour cela, Carliff via son Hérault, provoque Ivanhoé en duel. Bien entendu, il est hors de question pour le bailli - bien conseillé par sa perfide femme - de se battre de façon honnête. Ils prévoient donc de mettre en planque des soudards qui interviendront pour s'occuper du saxon dès que celui-ci sera en vue du terrain où doit se dérouler la joute. Pendant ce temps, Ivanhoé qui n'est pas né de la dernière pluie, se doute bien que Carliff ne jouera pas la partie loyalement et décide donc de couvrir ses arrières en demandant à ses amis de se tenir prêt à intervenir au moindre coup fourré. Alors que Ivanhoé arrive pour relever le défi, les soldats de Carliff se jettent dans la mêlée et le saxon, bien que se défendant vaillamment, manque de plier sous le nombre. D'autant plus que ses amis tardent à arriver...

Cette histoire est la suite directe de celle du mois précédent et est donc très intéressante à ce titre, puisque le bailli Carliff est le premier réel ennemi récurrent d'Ivanhoé (si l'on excepte bien sûr le Roi Jean) et cela permet de donner un peu plus d'unité à la série, qui jusqu'à présent, ressemblait quand même plus à un assemblage d'aventures avec un fil conducteur très ténu qu'à une réelle série.
Les dessins sont toujours aussi beaux - je dirais même plus dans certaines cases (avec notamment les visages en gros plan) - et la mise en page plus dynamique qu' au début de la série grâce à l'abandon sur certaines planches du traditionnel gaufrier. Les décors et les personnages sont également très bien réussis et l'artiste semble ne plus avoir trop de problème à rendre dynamique son dessin, contrairement au début de la série, marquée par des poses très statiques.
J'ai donc pris énormément de plaisir à suivre cette nouvelle histoire d'Ivanhoé et de ses compagnons face aux vils normands.

Entre ces deux histoires, nous retrouvons la cinquième partie du dossier sur "La France dans l'indépendance des États-Unis" que je n'ai plus lu que les précédentes, et qui est - encore une fois - à suivre.

Enfin, en troisième de couverture, nous avons droit aux habituels strips : Tom Kuss par Jo Hell et Dominik Vallet et Fishman par Romain Gondy et Dominik Vallet. Petite déception ce mois-ci quant à Fishman qui n'est pas le meilleur gag que j'ai pu lire jusqu'à maintenant. Mais j'ai bon espoir que celui du mois prochain sera mieux. Pour ce qui est du Tom Kuss, on frise le foutage de gueule de la part de Mon Journal, puisqu'ils nous refont le coup du mois dernier et nous ressortent le gag du numéro 283  de novembre 2017 (qui lui-même était déjà paru dans le 256 d'août 2015 etc.). Je comprends que les gags ne soient pas inépuisables, ou qu'ils ne veuillent plus en acheter de nouveaux, mais pourquoi nous ressortir les mêmes strips à deux mois d'intervalle ?

Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment passé, un très bon moment avec cette petite publication qui réjouit chaque mois mon côté nostalgique. Vivement le mois prochain !
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