vendredi 20 juillet 2018

Vacances ! (édition été 2018)

Pas de post dans les semaines à venir, je serai en vacances loin de ma connexion internet. On se retrouve après le 20 août. Bonnes vacances à ceux qui en ont et bon courage aux autres.


mercredi 18 juillet 2018

Le Garde Républicain - Annuel Spécial Noël 2017

Après le Mexique et New York, Le Garde Républicain regagne ses pénates pour ce dernier numéro en date des annuels spécial noël qui lui sont consacrés (j'ai donc finalement réussi à résorber mon retard concernant ceux-ci et ça, c'est une bonne nouvelle). Il sera donc confronté ici au plan diabolique ourdi par deux supervilains bien décidés à mettre Paris à feu et à sang, pour des raisons qui leur sont propres. L'annuel de 2014 fleurait bon la SF, celui de 2015 était comics à 100% et celui-ci nous flirte - pour notre plus grand bonheur - avec l'horreur et le fantastique. Bref, cela donne envie de se plonger dans sa lecture sans plus attendre !

Tandis qu'ils sont en train de préparer Noël dans leur repaire secret, Bricolo, Le Garde Républicain et Marianne sont dérangés par une alarme : quelqu'un vient de commettre un vol dans le "Cabinet noir", la salle secrète où la République conserve tous les artefacts et autres objets magiques en sa possession. Lorsqu'ils arrivent sur place, Le Garde et Marianne sont confrontés au "Bourreau de Béthune", un supervilain descendant des rois de France et - à ce titre - voulant rétablir la monarchie dans le pays. Alors qu'ils étaient en train de prendre le dessus, le Bourreau utilise  "Le Doigt de Quasimodo" - une pierre magique changeant temporairement en statue ceux qui sont frappés par son rayon - pour les neutraliser. Puis, s'emparant de "L'Orbe des Templiers", il regagne les catacombes pour rejoindre son allié de circonstance : Baphomet, une créature ayant les mêmes origines que Wampus, qui pendant ce temps, a réveiller tous les corps des catacombes pour déverser sur la capitale des milliers de zombies habillés en père noël, afin d'y faire régner terreur et chaos. Dans cette périlleuse mission, Le Garde Républicain pourra compter sur le soutien de la vampire Bouche Rouge, ainsi que sur Le Comte de Saint-Germain...

J'ai encore une fois passé un très bon moment avec cet annuel du Garde. Le récit est très bien construit et très dense, tout en se lisant très bien. En effet, même si beaucoup de personnages de l'univers Hexagon Comics sont à l'œuvre ici, ceux-ci sont bien présentés, ce qui permet au novice que je suis de ne pas avoir l'impression de prendre le train en route et surtout de rendre la lecture de cette histoire trépidante, très fluide.
Comme toujours avec le travail de Jean-Marc Lofficier sur Le Garde Républicain, on se demande comment il réussit à faire tenir tout ceci (action débridée, personnages multiples, petites histoires parallèles) en si peu de pages et surtout en réalisant un récit captivant qui tient la route. Appelons ça le talent, sans doute.
Enfin, j'ai beaucoup apprécié le second degré présent dans cette histoire avec Baphomet qui choisit des costumes de père noël pour attifer ses zombies. Cela m'a un peu fait penser à la nouvelle de Boris Darnaudet "Le Père Léon" où le narrateur et ses amis sont attaqués - et massacrés - par un père noël tout droit sorti d'un film d'horreur de série Z. 

Les dessins signés Manuel Martin Peniche sont très agréables dans l'ensemble, voire vraiment magnifiques sur certaines cases. J'ai trouvé la mise en page également particulièrement bien réussie. Celle-ci est très dynamique et correspond donc parfaitement au ton du récit. Les quelques planches structurées en gaufrier correspondent soit aux très rares moments de calme, soit aux moments où les informations essentielles sont échangées entre les protagonistes. Tout cela est parfaitement pensé, tout en étant très efficace pour ce qui est de la fluidité de lecture des planches.
Les scènes d'action sont parfaitement représentées, que ce soit dans les mouvements des corps, les proportions ou les angles de vues, tout est parfaitement maîtrisé et très léché.
Enfin, le noir et blanc est particulièrement beau et colle parfaitement à la fois à l'ambiance de l'histoire et à la saison où elle se déroule (les parisiens comprendront). Bref, la découverte de cet artiste est vraiment une très bonne surprise pour moi. Je savais déjà d'expérience que Jean-Marc Lofficier sait s'entourer d'artistes talentueux, mais je dois dire que j'ai cette fois-ci été vraiment scotché par le trait de Manuel Martin Peniche. Je vais désormais me mettre en veille active sur cet auteur.

À noter également la très intéressante introduction de Jean-Marc Lofficier, qui permet d'éclaircir certains points (origines, liens) des nombreux personnages qui apparaissent dans l'histoire et qui permet vraiment d'apprécier ensuite le récit sans avoir à se demander qui est qui. Ça donne surtout envie de lire les autres aventures des personnages, mais cela est un autre sujet...

En conclusion, j'ai encore une fois passé un très bon moment durant la lecture de cet annuel spécial noël du Garde. Jean-Marc Lofficier et les différents dessinateurs réussissent à chaque livraison à nous offrir une ambiance différente pour les récits. Comme indiqué en introduction, nous avons eu droit au Mexique du XVIème siècle puis au New York du XXIème, avant Paris cette fois-ci, avec à chaque fois un traitement très différent, mais ô combien intéressant. Cela permet une fois de plus de mettre en avant la force du personnage / concept du Garde Républicain, qui se renouvelle et se réinvente à (quasiment) chacune de ses apparitions. Et ceci pour notre plus grand plaisir ! Vivement la suite.

Note : 17/20


Vous pouvez vous procurez tous les numéros de la série régulière et des annuels du Garde Républicain sur le site de Rivière Blanche. Vous y trouverez également toutes les intégrales Hexagon Comics dont celles du groupe Hexagon, de Gun Gallon et autres Gladiateur de Bronze. N'hésitez pas à aller y faire un tour, cela vaut de détour !
Et comme toujours, vous pouvez retrouver toutes mes chroniques des publications du Garde Républicain sur cette page.  

mardi 10 juillet 2018

Intégrale Félix - Tome 3 de Maurice Tillieux


Les Éditions de l'Élan continuent - pour notre plus grand plaisir - à sortir au rythme de deux volumes par an, leur magnifique intégrale des aventures de Félix par Maurice Tillieux.
Aujourd'hui je vais donc vous parler du Tome 3, qui regroupe les histoires parues précédemment dans "Héroic-Albums"  en 1950. 
Dans le présent tome, nous retrouvons donc six histoires dont les trois premières forment un triptyque se déroulant dans le Grand Nord Canadien puis, après un cours passage aux États-Unis, direction l'Asie, qui pour mémoire était un endroit bien chaud en 1950, entre décolonisation et affrontement idéologique entre capitalisme et communisme !
D'ailleurs, c'est bien pour cela que Félix, Allume-Gaz et Cabarez s'y trouvent, en qualité de reporters de guerre afin de rendre compte des conflits se déroulant en Indochine et en Corée. 
Vaste programme donc pour nos trois héros, qui échapperont d'ailleurs de près à la mort dans la dernière histoire du volume.

Au sommaire de ce tome :
- Drôle d'engin
- Les chasses de Cabarez
- Le tueur fantôme
- Formule Z
- Parallèle 22
- Au pays du matin calme


Dans "Drôle d'engin", Félix, Allume-Gaz et Cabarez sont envoyés au Canada - et plus précisément au Labrador - par le journal "Le Collecteur", afin de réaliser un reportage sur la chasse aux animaux à fourrure. Alors qu'ils sont dans un bar, ils sont abordés par Felton, un ingénieur de génie, qui leur propose de leur prêter sa dernière invention, un engin capable d'avancer aussi bien sur terre, sur l'eau ou dans les airs. En échange, ils devront lui faire un peu de publicité dans leur papier. Félix accepte volontiers, d'autant plus que Felton leur conseille également de rencontrer un trappeur de sa connaissance, qui sera ravi de leur montrer toutes les ficelles du métier. Malheureusement, quand les trois compères arrivent enfin à la cabane du vieux Moose, ils découvrent que celui-ci a été assassiné...

"Les chasses de Cabarez" est la suite directe de l'histoire précédente. Les trois amis sont désormais en compagnie d'un autre vieux trappeur, toujours dans l'optique d'écrire un article sur la chasse dans le Grand Nord. Après s'être répartis les tâches, Félix, Allume-Gaz et le trappeur s'en vont poser des pièges, tandis que Cabarez est en charge de couper du bois et surtout d'approvisionner l'équipe en viande. Muni d'un fusil, il va se prendre pour un tireur d'élite, mais n'arrivera qu'à récolter des ennuis. Heureusement pour lui, ses amis ne sont jamais loin pour le sortir d'un mauvais pas.

"Le tueur fantôme" est la dernière histoire de ce triptyque du Grand Nord. Félix, Allume-Gaz et Cabarez sont désormais seuls dans la cabane de trappeur et attendent la fin du dégel pour retrouver la civilisation. Félix en profite pour écrire son article. L'irruption de quatre inconnus un peu louches dans la cabane va changer la donne. Finalement, ils se mettent d'accord pour repartir tous ensemble vers Fort Chino. Cependant, durant le trajet, les quatre inconnus vont être assassinés par un mystérieux "tueur fantôme"...

Dans "Formule Z", Félix et ses compagnons sont envoyés à Cleveland par "Le Collecteur" afin de réaliser un reportage sur l'industrie atomique. Pour ce faire, ils doivent se rendre dans l'usine de Richmond Hill qui produit des moteurs atomiques. Celle-ci est étroitement surveillée afin que les secrets ne soient pas divulgués. Pourtant, malgré ce dispositif incroyable, des formules secrètes ont réussies à fuiter. Félix va mener sa petite enquête afin de remonter la filière et découvrir qui est la taupe...

Dans "Parallèle 22", Félix, Allume-Gaz et Cabarez se trouvent en Indochine pour couvrir les "événements" qui s'y déroulent. En route vers Tong-Toï, les trois amis se retrouvent embourbés dans des marais. Partant à la recherche d'un aide plus qu'hypothétique vu l'endroit, ils tombent néanmoins sur une plantation. Ne voulant pas les aider dans un premier temps, le propriétaire des lieux finis par céder et acceptent de les héberger pour la nuit, à la condition qu'ils ne bougent pas. Félix trouvant l'endroit et les habitants assez louches, ne l'entend pas de cette oreille et part mener sa petite enquête. Il découvre alors que la plantation est un repère de trafiquants...

Enfin, "Au pays du matin calme" se déroule en Corée, durant la guerre du même nom. Les trois compagnons s'y trouvent pour faire un reportage sur le conflit. Parallèlement, trois dangereux criminels s'évadent d'un pénitencier coréen. Peu de temps après, les routes des deux groupes vont se croiser et les malfaiteurs dépouilleront les reporters de leurs papiers d'identités et de leurs habits. Félix va dès lors chercher à se venger des criminels. Et quand Félix n'est pas content, ça fait des étincelles !

Même si j'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver les trois compères dans ces nouvelles aventures, j'ai trouvé ce tome un peu en dessous de tous ceux publiés précédemment. Autant les trois dernières aventures sont au niveau de ce que j'attends de Félix, autant le triptyque qui ouvre cet album m'a un peu laissé sur ma faim.
Pour être tout à fait précis, seules les deux premières histoires m'ont parues un peu fades. Leurs scénarios ne présentent aucune particularité propre aux autres histoires de Félix. Pas de retournement de situation de dernière minute, pas de mystère et pas vraiment de rythme non plus. Le pompon revenant aux "Chasses de Cabarez" qui comme expliqué dans le formidable dossier d'introduction du volume (on en reparlera un peu plus bas) n'est qu'une succession de gags et de saynètes qui ont malheureusement à mon goût assez mal vieillis. Je pense également que l'environnement choisi pour ces histoires (le Grand Nord Canadien) y est pour beaucoup dans cette déception. On aurait pu s'attendre à avoir droit à des histoires de huis clos ou en rapport avec l'isolement dans lequel se trouvent Félix, Allume-Gaz et Cabarez et au lieu de cela on a le droit à une classique histoire de bandits et à des gags assez décousus. Dommage.
Heureusement, ce triptyque est sauvé - largement - par la dernière histoire qui, pour le coup reprend les ingrédients traditionnels de la série, avec un suspense et une tension digne des meilleurs polars. Le fait que les malfaiteurs soient abattus les uns après les autres, cette possible intervention indienne  dans la disparition d'un des protagonistes et le twist final font de ce récit l'un des meilleurs de Félix jusqu'à maintenant.

"Formule Z" est pour moi, l'autre grande réussite de ce tome. En partant d'une trame assez classique pour une histoire d'espionnage (un secret scientifique trop bien gardé qui inexplicablement tombe dans des mains peu recommandables), Maurice Tillieux réussit à construire un récit haletant, plein de rebondissements et avec une explication à la fois très plausible et un peu tirée par les cheveux comme je les aime. Ajoutez à cela une atmosphère très film noir et une conclusion vraiment "hard-boiled" et vous obtenez une aventure de Félix de tout premier ordre.

"Parallèle 22" et "Au pays du matin calme", même s'ils sont tous les deux des récits se passant dans des pays asiatiques en guerre sont assez différents l'un de l'autre, mais tout aussi intéressants et prenants.
Tandis que "Parallèle 22" - qui se passe Indochine - possède une intrigue presque policière, Félix flairant que les propriétaires de la plantation ont quelque chose de louche et cherchant à confirmer son intuition. "Au pays du matin calme" est une course poursuite contre la montre et contre la mort entre nos trois amis et les trois criminels évadés du pénitencier. Ces deux histoires ont en commun d'avoir un rythme très soutenu, une intrigue bien ficelée et pleine de rebondissements. Et surtout, à l'instar de "Formule Z", elles ont une conclusion très radicale ! Félix, Allume-Gaz et Cabarez ne s'embêtant pas à essayer de livrer les "méchants" à la justice. Ils sont la justice et ils sont expéditifs ! Cet aspect "hard-boiled" est vraiment pour moi ce qui fait le charme et surtout la différence d'une série comme Félix par rapport à Tintin par exemple qui propose le même genre de thématiques, mais avec des développements totalement différents (à cause de la censure, du public visé etc. j'en ai bien conscience).
Bref, ce côté action débridée jusqu'au boutiste totalement assumé est un vrai plaisir. Surtout couplé au talent de scénariste de Maurice Tillieux. Et on a du mal à se dire que ces histoires ont quasiment 70 ans et qu'elles sont contemporaines de classiques qui ne nous montraient absolument pas les mêmes choses !

Pour ce qui est du dessin, on sent ici qu'après quelques tâtonnements, Maurice Tillieux a trouvé son rythme de croisière. Félix, Allume-Gaz et Cabarez ne changent plus trop de tête, et comme leurs personnalités et leurs caractères sont désormais bien définis, nous sommes vraiment en terrain connu. Le trio fonctionne donc à merveille avec des répliques bien senties, des piques et vannes qui fusent entre eux et avec les autres personnages.
Nous retrouvons donc ici ce mélange des deux tendances du franco-belge avec des personnages plus "École de Marcinelle" et des décors plus réalistes et donc plus "École de Bruxelles". Ce mélange parfaitement maîtrisé participe complètement à cette atmosphère si particulière qui font de Félix une série totalement à part dans le monde de la bande dessinée.
À noter également les pages d'ouvertures des histoires qui sont de toutes beauté et donnent réellement envie de se plonger dans le récit pour le découvrir.

Comme pour les volumes précédemment publiés, ce tome 3 s'ouvre avec un magnifique dossier qui remet en contexte les histoires en les présentant une par une. Nous y découvrons donc les influences de Tillieux, le contexte historique, politique et artistique. Comme toujours cela est vraiment très bien fait et passionnant.
Nous avons aussi droit à un petit dossier sur "Tillieux et la BD réaliste" qui est du même tonneau que le précédent, et donc indispensable à lire.
Enfin, les "programmes non-stop" qui servent de lien entre les différentes aventures sont bien sûr présents et apportent encore une fois un vrai plus dans la compréhension de la série.

En conclusion, même si les deux premières histoires sont pour moi un peu plus faibles que les autres, nous avons encore une fois affaire à un volume très intéressant. Les autres histoires sont passionnantes et pleines d'action et d'humour, formant un cocktail propre à cette série. Les dessins sont désormais parfaitement maîtrisés dans la mesure où les héros ont acquis leurs physionomies caractéristiques distinctives et Maurice Tillieux se rappelle à notre souvenir qu'il a débuté dans la bande dessinée avec des séries réalistes pour nous livrer des décors et des engins d'une précision chirurgicale.
L'objet est quant à lui toujours aussi beau. Le papier, la couverture, la qualité de reproduction des planches d'origines... tout ceci est vraiment magnifique. La valeur ajoutée des dossiers qui ouvrent chaque volume est très importante car ceux-ci sont à la fois instructifs, précis et très agréables à lire. Un grand bravo donc aux Éditions de l'Élan pour ce magnifique travail où l'on sent vraiment la passion qui les anime et qu'elles partagent avec nous, pour notre plus grand plaisir.

Note : 16/20


Intégrale Félix - Tome 3 de Maurice Tillieux
Les Éditions de l'Élan / 2018
ISBN : 978-2960185942
143 p. / 29,95€

vendredi 6 juillet 2018

Proxy Frozen Horror HeroQuest

Le pack de quête du Barbare n'est pas sorti sous nos latitudes, mais grâce à la magie d'internet, n'importe quel amateur de notre bon vieux HeroQuest peut se procurer les livrets et autres cartes sans aucun souci. Par contre, pour ce qui est des figurines, cela est une autre paire de manches. C'est d'ailleurs à cause (ou grâce) à cela que j'ai commencé ma veille active sur le web afin de trouver les perles rares. Et encore une fois, c'est grâce à l'excellent pousseplomb que je pense avoir dégoter un très beau proxy du gros montre de "The Frozen Horror".
C'est donc Crocodile Games qui propose ce set comprenant un "Abominable Snowbeast" et son "summoner" pour $59,95 + fdp, soit un peu plus de 51€ + fdp. Cela fait cher, mais je trouve sculpture très réussie et sa stature imposante (peut-être même un peu trop pour le plateau de jeu) en fait vraiment "LE" monstre du jeu.


Bon weekend !

mardi 3 juillet 2018

Cap'tain Swing 291


C'est déjà l'heure de notre rendez-vous mensuel que vous attendez tous avec impatience (hum hum). En tout cas moi, je dois avouer que je suis toujours très content de lire un nouveau numéro du dernier représentant de la lignée des petits formats : notre bon vieux Cap'tain Swing !

L'épisode de ce mois-ci a pour titre "Ni fleurs ni couronne". Alors que Betty et Cap'tain Swing se rendent en ville pour faire du shopping (surtout Betty), ils ont l'impression d'être suivi par un cavalier. Mais quand le couple arrive à destination, le suiveur continue sa route. Peu de temps après, Swing se fait tirer dessus et est laissé pour mort. Quelques semaine passent et, remis sur pied, Swing se rend dans une taverne pour boire un verre. Il y écoute un baladin entonner une ritournelle dont il a modifié les paroles de manière à ce que celles-ci indiquent un rendez-vous. Le lendemain, le corps d'un homme ressemblant étrangement au capitaine est exhibé par les tuniques rouges dans les rues du bourg. Celui-ci a été tué au lieu du rendez-vous de la chanson. Swing comprend que quelque chose de très louche se déroule là-bas et il décide d'y aller faire un tour. Il va mettre la main sur une bible, qui bien que paraissant très banale, semble attirer toutes les fripouilles du coin...

Après le coup du cercueil du numéro 260, il y a de cela plus de deux ans et demi, le pauvre Swing a cette fois-ci droit à la balle dans le buffet en guise de couverture. Qu'on ne vienne pas nous dire après ça que la vie de rebelle américain est une bonne planque... Enfin bref...
Comme à l'accoutumé, j'ai passé un très bon moment avec Swing et tous ses comparses. L'aventure était encore trépidante et pleine de rebondissements et d'action. Les scénarios de cette série sont vraiment formidablement bien ficelés, comportant des intrigues parallèles plus ou moins importantes et plus ou moins en rapport avec la trame principale, et arrivent toujours à maintenir le cap sans nous perdre. En plus, l'humour est toujours présent et utilisé à bon escient, ce qui n'est pas le cas de tous les petits formats.
Pour revenir à l'histoire qui nous concerne, j'ai trouvé que le scénario était vraiment très bon. En effet, même si l'on sait que notre rebelle à toque de blaireau ne peut pas mourir, on a quand même un doute quand, après une ellipse narrative, nous voyons un cortège macabre transportant son cadavre dans les rues de la ville. Bien entendu, le corps ne nous ait pas montré, contrairement à la couverture, mais ceci n'empêche pas cela.
Dans le même temps, le complot des "méchants" pour tirer parti de leur larcin est également très intéressant et permet d'introduire un autre type de personnage dans la galerie de la série : les sans foi ni loi, qui ne recherchent que le profit personnel. Le cheminement de Swing et de ses compagnons jusqu'au dénouement du mystère est bien décrit et on se laisse très facilement prendre à l'histoire.

Les dessins sont comme toujours efficaces, à défaut esthétiquement très poussés. Mais pour du petit format, cela reste quand même le haut du panier. Les "gueules" des personnages sont un vrai régal et permettent de créer une ambiance propre à cette série. Les décors sont parfaitement réalisés et contribuent tout autant à nous plonger dans l'atmosphère de l'Amérique des années 1770 (même si à mon avis, ils ne sont pas historiquement très justes).

L'aventure d'Ivanhoé s'intitule "La marque de Judas". Tandis qu'une réunion de tous les seigneurs saxons a lieu dans les environs de Chester, Ivanhoé manque à l'appel. Edwin, le thane de Chester en profite pour accuser ce dernier de trahison et de travailler secrètement pour le roi Jean. Il invite également tous les saxons à venir festoyer chez lui à Chester, pour discuter de l'avenir de la lutte. Finalement, Ivanhoé arrive et raconte ce qu'il a vu en chemin : il n'a pu arriver plus tôt à cause de mouvement de troupes normandes aux alentours de Chester. Il met également à jour la duplicité d'Edwin. Celui-ci, découvert, préfère fuir pour retrouver le roi Jean, dont il devient le conseiller dans son combat contre les saxons. Il met en place toute sortes de lois iniques et violentes, mettant même à mort Erick Grimshod, un vieux baron respecté de tous. Cette exécution est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour Ivanhoé, qui met alors au point un plan insensé afin de punir Edwin de sa trahison...

J'avais été un peu déçu le mois dernier par l'épisode d'Ivanhoé et je dois dire que j'attendais de voir si ce mois-ci la série allait redresser la barre ou non. Et la réponse est oui !
J'ai trouvé cette aventure vraiment très bien ficelée, avec un scénario très riche, prenant et plein de rebondissements. L'histoire est très rythmée et alterne parfaitement les moments de tension, de calme et d'action. Et surtout, il n'y a pas cette sensation de "bâclage" à la fin, éprouvée dans la quasi totalité des récits précédents, comme si le scénariste se rendait compte à deux pages de la fin qu'il lui restait encore à raconter vingt pages de son script initial. Ici, tout est parfaitement mené : les ellipses de temps sont parfaitement gérées, le déroulement de l'histoire maintient le même rythme du début à la fin, évitant donc les emballements de dernière minute, ou au contraire les moments un peu trop posés.

Pour ce qui est des dessins, ceux-ci sont comme d'habitude impeccables. Les décors sont beaux comme des films hollywoodiens des années 50 mais en plus sobres. Les personnages sont parfaitement réussis également, le dessinateur ayant évité cette fois-ci les poses un peu trop statiques ou figées dont il a l'habitude. Les plans serrés sur les visages sont comme toujours magnifiques et diablement efficaces.
Comme vous pouvez les constater, j'ai été vraiment emballé par cet épisode parfaitement équilibré, dont l'intrigue, bien que très dense, est réellement captivante et parfaitement servie par des dessins majestueux. Bien sûr, on sent que la série accuse son âge, mais cela ne se voit pas quand on a affaire à des récits de haute volée comme celui-ci !

Comme tous les mois, ce numéro contient ses 10% de rédactionnel, sous la forme de la suite (la quatrième partie) du dossier "L'histoire coloniale de l'Amérique du Nord".
Enfin, en trois' de couv', nous retrouvons avec plaisir Fishman, le superhéros auxerrois dans un strip qui m'a bien fait sourire, accompagné ce mois-ci de deux numéros de "L'avis des héros" de Dominik Vallet, d'un très bon tonneau également.

En conclusion, j'ai encore (et toujours pourrait-on dire) passé un très bon moment à la lecture de ce nouveau numéro de Cap'tain Swing. Les histoires des deux séries étaient très intéressantes et bien prenantes, et les gags de la fin très bons. Que dire de plus, si ce n'est "vivement le prochain numéro !" (que je ne chroniquerai qu'à mon retour de vacances, soit dit en passant).
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