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mardi 19 juin 2018

The White Ghost de Xavier Duvet

Issu d'une campagne de crowdfunding dont j'avais parlé ici, "The White Ghost" est le premier opus d'une série de comics créée par Xavier Duvet, un auteur plutôt spécialisé dans le dessin érotique (voire plus) et surtout doté d'un magnifique coup de crayon.
Les visuels présentés sur Ulule m'ont tout de suite convaincu de participer à cette aventure, et inutile de vous dire que je ne le regrette absolument pas !

Deux brutes s'amusent à tabasser un homme. En surplomb, Kein, un "régulateur" observe la scène avant de se décider à intervenir. Mettant facilement ko les deux teigneux, il retourne à son quartier général pour y retrouver son ami A-lan, qui a été en contact avec lui pendant toute la bagarre. Ensemble, ils s'interrogent à propos d'une fille que Kein a sauvé peu de temps auparavant et qui depuis habite avec eux. Celle-ci semble en effet posséder des pouvoirs étranges, qui pourraient faire d'elle une mutante, population qui,  jusqu'à présent ne semblaient être qu'un mythe. Plus étrange, depuis que celle-ci est avec eux, Kein et A-lan n'ont pas reçu de nouvelles de la "Source", qui assigne les missions aux régulateurs. Ils comprennent que quelque chose cloche quand des soldats - les "piggies" - prennent d'assaut leur bâtiment. Ils n'ont d'autre alternative que de fuir et de se diriger vers la "Source" pour en savoir plus...

Nous avons clairement ici affaire à une série qui s'annonce très prometteuse. L'univers est bien pensé et travaillé, et présente beaucoup de points énigmatiques. Les termes utilisés pour désigner les différentes catégories des personnages ("piggies", "crédit nég", "néo") bien qu'assez transparents, peuvent paraître un peu nébuleux mais juste assez pour nous donner envie d'en savoir plus sur cette société dystopique.
L'auteur sait parfaitement distiller des débuts de réponses, des petits éléments et ce genre de choses qui attisent notre curiosité et nous fait tourner les pages pour espérer en apprendre plus. 
Ce comics de 24 pages ne connaît aucun temps mort. Tout va très vite, et quand cela n'est pas le cas, Xavier Duvet nous distille des informations sur l'univers de ce "White Ghost". Tout ceci fait que l'on lit ce comics à toute vitesse, entraîné que nous sommes par le rythme haletant de l'intrigue et lorsque le couperet du "à suivre" arrive en bas de la dernière page, on se demande quand va sortir le deuxième numéro de cette série, car cette mise en bouche donne envie d'y revenir. Surtout avec le cliffhanger de folie sur lequel nous laisse l'auteur !

Les dessins de Xavier Duvet en noir et blanc sont réellement magnifiques et plein de vie. Les scènes d'action sont parfaitement représentées, que ce soit au niveau du mouvement, des poses ou même du découpage des planches. Les décors bien que très succincts dans toute la partie urbaine, sont d'une efficacité folle et nous mettent dans l'ambiance de  cette histoire futuristico- néo noir-dystopique dans la pure veine des films de ce genre des années 80/90 : Blade runner, Robocop et Futur immédiat (Los Angeles 1991) entre autres.
Le travail du noir et blanc est de toute beauté et l'on se rend compte que Xavier Duvet touche réellement sa bille en ce qui concerne le corps humain avec des ombres à la fois subtiles et redoutablement efficaces. Les clairs obscurs présents tout au long du récit sont également magnifiquement traités et donnent une lisibilité incroyable à l'ensemble du récit. Ce traitement m'a un peu fait penser à celui (tout aussi beau et efficace) de Stéphane de Caneva sur sa série 100 milliards d'immortels.
Le découpage des planches est recherché sans être complexe et permet d'insuffler un vrai dynamisme à la lecture - et donc d'accompagner en parfaite harmonie ce récit qui va à cent à l'heure.

En conclusion, on peut dire que ce premier numéro se révèle être très alléchant et laisse augurer beaucoup de bonnes choses pour la suite des événements. L'intrigue semble solide, l'univers fouillé, et les personnages (même si on n'apprend pas grand chose sur eux) assez bien définis. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour nous proposer une histoire avec une vraie ambiance qui tient la route. J'espère donc que ces promesses plus qu'entraperçues ici seront confirmées avec le deuxième numéro, qui, je l'espère, ne tardera pas trop à sortir, pour que ce coup d'essai (et de maître) ne se transforme pas en one-shot malgré lui.

Note : 15/20


The White Ghost de Xavier Duvet
Auto édition / 2018
ISBN : -
24 p. / 8€

Pour ceux qui souhaiteraient acquérir ce comics, il est toujours possible de le commander directement auprès de l'auteur, via son site internet. Vous vous doutez bien qu'après ce que je viens de vous en dire, je ne saurais trop vous conseiller de le faire séance tenante.


mardi 19 décembre 2017

Le Garde Républicain 2054 - Tome 2 : Au nom de la République de Jean-Yves Mitton

Pour ma dernière chronique de cette année 2017, j'ai choisi de vous parler une fois de plus du Garde Républicain, mais pas n'importe lequel, non. Mais de celui qui est l'œuvre du maître Jean-Yves Mitton. Un peu plus d'un an et demi après un premier tome très enthousiasmant, voici enfin le second et dernier tome de cette histoire hors-série (et hors-norme) du Garde Républicain. 

2054. Alors que le Bakchishtan vient de remporter la finale de la coupe du monde de football aux dépends de la France, Motaasseeb, chef de La Spirale, une milice terroriste qui a renversé le gouvernement, apparaît sur les écrans géants du stade. Il exige du Président de la France et de l'Émir du Bakchishtan qu'ils lui remettent à la fois la force nucléaire de la France et les puits de pétrole bakchistanais. Si cela n'était pas fait dans l'heure à venir, le stade et tous ses spectateurs seraient réduits en cendres par une bombe atomique.
En parallèle, Bricolo, Doc "Troufignac" et Gavroche engagent une course contre la montre pour se rendre au Stade de France et déjouer les plans des terroristes. Tandis que, le Garde Républicain pénètre dans le quartier général de La Spirale, bien décidé à en finir avec Motaasseeb, responsable - croit-il - de la disparition de son ancienne fiancée. Il découvre alors que celle-ci est sous l'emprise du chef de La Spirale et manque lui-même d'y succomber. Heureusement, l'intervention de Marianne le fait revenir à lui et à sa mission : éradiquer La Spirale et sauver la France...

Comme pour le premier tome de cette version 2054 du Garde Républicain, j'ai passé un très agréablement moment de lecture. Pour être franc, j'avais un peu l'impression d'être en train de lire une adaptation dessinée d'un film d'action américain des années 80 (les meilleurs à mon goût). Comme une version francisée de Robocop mâtinée d'Archer Blanc. Un cocktail détonnant, mais ô combien efficace !

Comme de coutume avec Jean-Yves Mitton, cette histoire est d'abord un vrai plaisir pour les yeux tant le trait y est clair, maîtrisé et dynamique. Comme dans le tome précédent, le cadrage et le découpage des planches très soignés y sont pour beaucoup pour dans cette réussite. Les planches sont belles, énergiques et variée dans leurs compositions, tout en restant d'une lisibilité incroyable.
Les personnages sont magnifiquement représentés et tout de suite identifiables. Les décors ne sont pas en reste non plus, et le mélange Paris actuel / Paris futuriste fonctionne à merveille.
À noter également le travail de colorisation de Reed Man qui apporte vraiment une dimension supplémentaire aux dessins du maître.

Pour ce qui est de l'histoire en elle-même, elle est dans la continuité du premier tome : à savoir un futur dystopique qui nous renvoie étrangement à des préoccupations bien actuelles. Elle est à la fois complètement dans l'esprit du Garde Républicain, tout en portant indéniablement la patte de Jean-Yves Mitton (notamment grâce à sa science des dialogues). 
L'alternance entre les trois principaux fils de l'histoire (le stade piégé, la course contre la montre de Bricolo, Doc "Troufignac" et Gavroche, et le combat du Garde Républicain et Marianne) nous tient en haleine jusqu'au dénouement final et ne nous réserve que très peu de temps morts.

Ce second tome conclut donc en beauté ce run hors-série du Garde, qui, de par son format d'une part et son auteur d'autre part, fera date dans l'histoire de ce personnage.

Note : 15/20


Vous pouvez vous procurer ce tome (13€ + fdp), ainsi que le premier en utilisant le bon de commande ci-dessous, ou en passant par la page facebook du Garde. Pour les numéros de la série régulière, je vous invite à consulter le site de Rivière Blanche.


Et comme toujours, vous pouvez retrouver toutes mes chroniques des publications du Garde Républicain sur cette page

mardi 7 juin 2016

Le Garde Républicain 2054 - Tome 1 : La renaissance d'un héros de Jean-Yves Mitton

Voici un petit moment que ce numéro spécial (de part son format et son auteur) du Garde Républicain attendait désespérément dans ma bibliothèque que je m’intéressasse à lui. L'envie était là, mais vu qu'il s'agissait d'un premier tome, j'avais peur de me lancer et d'avoir à attendre longtemps que la suite arrivât (on va arrêter avec l'imparfait du subjonctif que je ne suis même pas sûr d'utiliser à bon escient). 
C'est donc avec beaucoup d'envie et de curiosité que j'ai lu ce Garde Républicain signé par le grand Jean-Yves Mitton, auteur prolifique de comics (Mikros, Epsilon etc.) et autres bandes dessinées de grande qualité. Et vous savez, quoi, j'attends maintenant la suite avec impatience (d'autant plus que l'histoire à des ressemblances assez troublantes avec l'actualité de ce mois de juin 2016) !

En 2054, le monde est au bord de l’effondrement et en proie aux extrémistes de tout bord. La France, bien entendu, n'échappe pas à la règle et doit faire face à la montée en puissance du groupe terroriste La Spirale. En parallèle, la coupe du monde de football est organisée sur notre territoire, mais quelques jours avant le début de la compétition, le Président de la République échappe de peu à une tentative d'assassinat perpétrée par La Spirale. L'édile est sauvé par l'intervention de Greg Régnier, alias le Garde Républicain, qui y laisse la vie.
S'en suit alors une course contre la montre pour "Doc" Troufignac, instigateur du projet GR et pour Bricolo, le fidèle assistant / inventeur / logisticien du GR, afin de faire revenir celui-ci à la vie. En effet, le pays a plus que jamais besoin de lui, puisque la finale perdue de la coupe du monde a mis le feu aux poudres et plongé la France dans la Chaos, conjoncture dont a su tirer partie La Spirale pour faire un coup d'état et renverser le gouvernement. 
Le GR va se réveiller, et aider de Marianne et de Gavroche, aller botter les fesses des méchants, mais peut-être pas pour raisons patriotiques comme l'espérait le "Doc" Troufignac...

J'ai donc passer un très agréable moment en compagnie de Garde Républicain futuriste et - j'espère - dystopique. Le dessin de Jean-Yves Mitton est toujours aussi précis et clair et m'a parfois rappelé celui d'une de mes lectures de jeunesse : L'Archer Blanc (qui d'ailleurs est réédité en fascicules par Original Watts - tout comme Epsilon - et dont je parlerai très prochainement), surtout pour ce qui est du costume des hommes de main de La Spirale. C'est un vrai plaisir de lire et de regarder du Mitton.
Le cadrage de l'auteur fait lui aussi merveille et permet de vraiment dynamiser le récit, en collant parfaitement à l'action. 

Le récit jouant sur les allez-retours entre souvenirs et présent, et mettant en parallèle la salle de réanimation où gît le GR entre la vie et la mort et le stade où s'agite et s'excite une foule qui n'attend qu'une excuse pour laisser éclater sa colère et sa haine (contre l'autre, contre le gouvernement, contre la société, contre l'injustice, contre n'importe quoi) trop longtemps contenue et savamment entretenue et attisée par La Spirale est bien ficelé et tient vraiment la route. 
Le passé du GR, alors qu'il était encore Grégoire Régnier (ex prof de judo, ex troufion dans l'armée, j'en passe et des meilleurs) montré via des flashbacks est une très bonne idée qui fonctionne à merveille et permet de s'immerger  totalement dans l'histoire (ce qui, fait, de manière linéaire, n'aurait sans pas aussi bien marché).

Ce numéro du GR est donc une totale réussite, même si pour chipoter, je dirai qu'il y a une petite incohérence au niveau de la durée et du déroulement de la coupe du monde qui doit commencer, selon le Président, une semaine après le 14 juillet, et qui, une semaine après (lorsque Doc et Bricolo essaient de réanimer le GR) se termine par la finale, le même jour. Ce qui voudrait dire que la grande messe de la coupe du monde, qui semble toujours autant attirer les gens en 2054 ne durerait qu'une journée ? Cela me paraît un peu étrange, mais comme je l'ai dit, c'est vraiment pour chipoter et trouver un défaut à ce très bon numéro du Garde Républicain.


Note : 15/20

Si vous voulez lire mes autres chroniques sur le GR, je vous invite à cliquer sur les liens en dessous :

Vous pouvez vous procurer ce numéro (13€ + fdp), ainsi que tous les autres en utilisant le bon de commande ci-dessous, ou en passant par la page facebook du Garde


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