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mardi 15 janvier 2019

Le Garde Républicain - Annuel Spécial Noël 2018

De retour aux affaires après un long hiatus, dû - entre autres - à un travail de plus en plus prenant et de moins en moins intéressant, je vous propose, pour bien commencer cette année 2019, ma petite chronique du désormais traditionnel numéro de noël du Garde Républicain. 
D'autant plus que ce numéro spécial abrite dans ses pages une invitée de marque : Barbarella, célèbre héroïne née sous les crayons du maître Jean-Claude Forest en 1962. 
Inutile donc de dire que j'étais plus qu'impatient de me plonger dans la lecture de cette aventure plus qu'alléchante.

Niklaus Von Claus alias le Père Noël, est le propriétaire de la planète Noël. Bien que celle-ci soit située en dehors de la zone d'influence de la ZICT - et donc un refuge pour tous les êtres de sac et de cordes de la galaxie, Von Claus y fait régner l'ordre, grâce à ses robots. Aussi, quand on découvre le cadavre du président de la banque de Rigel, le Père Noël demande à Barberella d'enquêter. Celle-ci accepte même si elle ne se sent pas qualifiée pour le poste. Afin de découvrir le criminel qui menace son empire, Von Claus ne voit d'autre solution que de lui adjoindre - en le ressuscitant via une holocarte - le légendaire Garde Républicain. Le couple de superhéros va partir sans attendre à la pêche aux informations afin de démasquer le meurtrier...

Le scénario, croisement improbable entre Agatha Christie et Edmond Hamilton, signé Jean-Marc Lofficier, est vraiment passionnant et prenant. Les pages se tournent à toute vitesse, tant on a envie de savoir qui a fait le coup. La galerie de personnages secondaires - les suspects - est joussivement foutraque, puisqu'on y retrouve Terminator, Mary Poppins ou encore une femme fatale - et ceci sans parler de la présence auprès du Garde (à moins que ce ne soit plutôt l'inverse) de la légendaire Barbarella.
Le plaisir qu'a pris Jean-Marc Lofficier pour l'écriture de cette histoire se ressent lors de la lecture et est vraiment communicative. Le postulat de départ - la planète et le Père Noël pas vraiment recommandable - permet toutes les folies et l'auteur ne s'en prive absolument pas, pour notre plus grand plaisir !
Pour vous dire à quel point, j'ai pris mon pied, j'ai eu l'impression de retrouver l'ambiance d'une des aventures de Magnus Ridolph, personnage de Jack Vance - dont je ne me rappelle malheureusement plus le titre. C'est vous dire si j'ai aimé !

Pour ce qui est des dessins, José Luis Ruiz Pérez fait le travail, mais n'arrive pas à insuffler - à mon goût - le petit plus qui aurait vraiment pu faire la différence. Je pense que cela est principalement dû aux cadrages choisi par l'artiste. En effet, celui a privilégié les plans resserrés sur les visages des protagonistes au détriment de cases un peu plus grandes où nous aurions pu profiter des décors et corps en entier des personnages.
Quoi qu'il en soit, si l'histoire se dévore aussi rapidement, c'est aussi grâce à l'efficacité du travail de l'artiste.
Après, je comprends ce choix, car nous avons ici affaire à une enquête qui est plus dans la veine d'Hercule Poirot que dans celle des Experts et les pensées et la psychologie primant sur l'action. Mais cela est néanmoins un peu dommage, car l'on sent que Ruiz Pérez en a sous la godasse.

Encore une fois, avec un concept totalement différent - et cette fois-ci décalé - Jean-Marc Lofficier et José Luis Ruiz Pérez nous démontrent avec talent que le concept du Garde Républicain, en plus de pouvoir être transposé et transposable à toutes les époques de l'histoire de France, l'est également pour tous les genres. Cette aventure est vraiment une réussite et vient se classer directement dans mon top 3 des numéros du Garde Républicain. Vivement Noël prochain !

Note : 17/20

Vous pouvez vous procurer ce numéro - ainsi que tous les autres opus des séries "régulière" et "spéciale" du Garde Républicain sur le site de l'excellente maison d'édition Rivière Blanche

Enfin, pour que cela soit plus pratique, j'ai référencé toutes mes chroniques du Garde Républicain sur cette page. N'hésitez pas à y jeter un coup d’œil. 

mardi 19 juin 2018

The White Ghost de Xavier Duvet

Issu d'une campagne de crowdfunding dont j'avais parlé ici, "The White Ghost" est le premier opus d'une série de comics créée par Xavier Duvet, un auteur plutôt spécialisé dans le dessin érotique (voire plus) et surtout doté d'un magnifique coup de crayon.
Les visuels présentés sur Ulule m'ont tout de suite convaincu de participer à cette aventure, et inutile de vous dire que je ne le regrette absolument pas !

Deux brutes s'amusent à tabasser un homme. En surplomb, Kein, un "régulateur" observe la scène avant de se décider à intervenir. Mettant facilement ko les deux teigneux, il retourne à son quartier général pour y retrouver son ami A-lan, qui a été en contact avec lui pendant toute la bagarre. Ensemble, ils s'interrogent à propos d'une fille que Kein a sauvé peu de temps auparavant et qui depuis habite avec eux. Celle-ci semble en effet posséder des pouvoirs étranges, qui pourraient faire d'elle une mutante, population qui,  jusqu'à présent ne semblaient être qu'un mythe. Plus étrange, depuis que celle-ci est avec eux, Kein et A-lan n'ont pas reçu de nouvelles de la "Source", qui assigne les missions aux régulateurs. Ils comprennent que quelque chose cloche quand des soldats - les "piggies" - prennent d'assaut leur bâtiment. Ils n'ont d'autre alternative que de fuir et de se diriger vers la "Source" pour en savoir plus...

Nous avons clairement ici affaire à une série qui s'annonce très prometteuse. L'univers est bien pensé et travaillé, et présente beaucoup de points énigmatiques. Les termes utilisés pour désigner les différentes catégories des personnages ("piggies", "crédit nég", "néo") bien qu'assez transparents, peuvent paraître un peu nébuleux mais juste assez pour nous donner envie d'en savoir plus sur cette société dystopique.
L'auteur sait parfaitement distiller des débuts de réponses, des petits éléments et ce genre de choses qui attisent notre curiosité et nous fait tourner les pages pour espérer en apprendre plus. 
Ce comics de 24 pages ne connaît aucun temps mort. Tout va très vite, et quand cela n'est pas le cas, Xavier Duvet nous distille des informations sur l'univers de ce "White Ghost". Tout ceci fait que l'on lit ce comics à toute vitesse, entraîné que nous sommes par le rythme haletant de l'intrigue et lorsque le couperet du "à suivre" arrive en bas de la dernière page, on se demande quand va sortir le deuxième numéro de cette série, car cette mise en bouche donne envie d'y revenir. Surtout avec le cliffhanger de folie sur lequel nous laisse l'auteur !

Les dessins de Xavier Duvet en noir et blanc sont réellement magnifiques et plein de vie. Les scènes d'action sont parfaitement représentées, que ce soit au niveau du mouvement, des poses ou même du découpage des planches. Les décors bien que très succincts dans toute la partie urbaine, sont d'une efficacité folle et nous mettent dans l'ambiance de  cette histoire futuristico- néo noir-dystopique dans la pure veine des films de ce genre des années 80/90 : Blade runner, Robocop et Futur immédiat (Los Angeles 1991) entre autres.
Le travail du noir et blanc est de toute beauté et l'on se rend compte que Xavier Duvet touche réellement sa bille en ce qui concerne le corps humain avec des ombres à la fois subtiles et redoutablement efficaces. Les clairs obscurs présents tout au long du récit sont également magnifiquement traités et donnent une lisibilité incroyable à l'ensemble du récit. Ce traitement m'a un peu fait penser à celui (tout aussi beau et efficace) de Stéphane de Caneva sur sa série 100 milliards d'immortels.
Le découpage des planches est recherché sans être complexe et permet d'insuffler un vrai dynamisme à la lecture - et donc d'accompagner en parfaite harmonie ce récit qui va à cent à l'heure.

En conclusion, on peut dire que ce premier numéro se révèle être très alléchant et laisse augurer beaucoup de bonnes choses pour la suite des événements. L'intrigue semble solide, l'univers fouillé, et les personnages (même si on n'apprend pas grand chose sur eux) assez bien définis. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour nous proposer une histoire avec une vraie ambiance qui tient la route. J'espère donc que ces promesses plus qu'entraperçues ici seront confirmées avec le deuxième numéro, qui, je l'espère, ne tardera pas trop à sortir, pour que ce coup d'essai (et de maître) ne se transforme pas en one-shot malgré lui.

Note : 15/20


The White Ghost de Xavier Duvet
Auto édition / 2018
ISBN : -
24 p. / 8€

Pour ceux qui souhaiteraient acquérir ce comics, il est toujours possible de le commander directement auprès de l'auteur, via son site internet. Vous vous doutez bien qu'après ce que je viens de vous en dire, je ne saurais trop vous conseiller de le faire séance tenante.


mardi 17 avril 2018

La Révolte des Côg'r de Boris Hunter

Cela faisait un petit moment maintenant que je n'avais pas chroniqué de livre, autres que bande-dessinée. Cela ne veut pas dire que je n'ai rien lu entre temps, ni même que je n'ai rien lu d'intéressant, bien au contraire. Mais vu que j'ai surtout lu - ou relu - des classiques de la SF comme le cycle de Fondation d'Isaac Asimov ou une brouette de romans de Philip K. Dick, je n'avais pas spécialement envie de partager avec vous mon ressenti sur ces œuvres (voire chefs d’œuvres pour certains) dont on peut trouver des avis / chroniques / critiques à n'importe quel coin de blog. Ce qui n'est pas du tout le cas de "La Révolte des Côg'r", un très sympathique roman de science-fiction, signé Boris Hunter et édité par Rivière Blanche dont je vais vous parler de ce pas.

Sur une planète où l'humanité semble en être restée au stade quasi préhistorique, vivant uniquement de chasse, de cueillette et d'un peu d’agriculture, Erwa est le meilleur des chasseurs de son peuple, les "Côg'r". Il est le meilleur car son "Côg" - son don de prescience - est beaucoup plus développé que celui de ses contemporains. Celui-ci lui permet donc d'anticiper les mouvements de ses proies avec une efficacité redoutable. Mais son "Côg" semble aussi lui indiquer quand le moment est venu de prendre une décision capitale, et le cas échéant, quel choix sera le bon. C'est pour cela qu'il a toujours refusé de partir pour le "Voyage", honneur réservé aux meilleurs éléments de la communauté, sentant imperceptiblement que quelque chose se trame derrière celui-ci. Un jour, il découvre une étrange chose tombée du ciel, qui abrite des humains - comme lui - mais à la peau noire. Il s'agit d'un père et de sa fille qui ont fui leur planète pour venir dévoiler l'horrible vérité qui se cache derrière le "Voyage". Ces révélations vont déclencher la révolte "Côg'r", menés par Erwa...

Autant le dire tout de suite, j'ai vraiment passé un très bon moment à la lecture de ce roman. Boris Hunter a su créer un monde original et convainquant. 
Après un début mélangeant "La guerre du feu" (pour le côté préhistorique) et "Dune" (pour le côté prescient d'Erwa), où l'on suit le quotidien de chasseur d'Erwa et de sa tribu, l'histoire bascule quasiment dans le space opera après l'arrivée sur la planète des Côg'r d'Æwen et de son père. Ces deux ambiances se complètent parfaitement et permettent de briser la monotonie qui aurait pu s'installer si le récit s'était uniquement déroulé sur la planète des Côg'r. Le côté primitif de la première partie est complètement contrebalancé par la seconde et ses combats spatiaux (très bien retranscrits) qui flirtent avec "La guerre des étoiles". Il y a en a donc pour tous les goûts ici.

L'écriture de Boris Hunter est vraiment très agréable et efficace. Ici, pas de verbiage, on va directement à l'essentiel, ce qui n'est pas pour me déplaire. Le style de l'auteur est avant tout au service de l'histoire, s'adaptant aux deux ambiances sans aucun problème. Nous sommes réellement transportés, dans un premier temps, dans la savane préhistorique, puis dans un second temps dans l'espace et ses combats "intergalactiques". 

Comme indiqué plus haut, j'ai trouvé qu'il y avait un peu de Dune de Frank Herbert dans cette "Révolte des Côg'r". Au-delà du don de prescience évoqué plus haut, on retrouve également quelques réminiscences de chef d’œuvre, comme les Côg'r qui se révèlent de terribles combattants, tout comme les Fremens, ou encore - ATTENTION SPOILER - dans l'utilisation des cerveaux de Côg'r par Apogen qui évoque très fortement celui des navigateurs de la Guilde. Mais cela est fait avec beaucoup de talent par Boris Hunter, qui réussit à complètement nous immerger dans son récit.

À la lecture de "La Révolte des Côg'r", j'ai retrouvé le plaisir que j'éprouvais il y a quelques années (en fait beaucoup plus que quelques) quand je me plongeais dans les romans Fleuve Noir que je dégotais en occasion et pour lesquels, très souvent, on ne pouvait se fier qu'à la couverture et au titre pour faire son choix (la quatrième de couverture abritant une publicité pour une agence de voyage ou un cigarettier). 
Ici, j'y ai retrouvé - outre une très belle couverture signée Vincent Laik, qui fait penser à AT-43, le défunt jeu de Rackham, mais qui n'a rien à voir avec l'histoire - une atmosphère très similaire à nombre de ces récits, à savoir, une écriture efficace et très agréable, une histoire qui s'appuie plus sur les personnages et le monde créé que sur des concepts scientifiquement inattaquables (ce n'est pas grave, je ne suis absolument pas fan de hard-science), un manichéisme basique - mais complètement assumé (les vrais méchants sont abjects alors que les gentils héros sont plus que sympathiques), de l'optimisme en barre et de l'amour à profusion. Bref, que de bons ingrédients pour faire un très bon livre populaire qui se lit d'une traite !

Note : 15/20


La Révolte des Côg'r de Boris Hunter
Rivière Blanche / Collection Blanche / 2016
ISBN : 978-1-61227-479-9
304 p. / 20€

mardi 6 février 2018

Chronoctis Express - Tome 1 de Aerinn

Il y a de cela un an et demi, je participais à une campagne de financement participatif pour un manga made in France. Celle-ci fût couronnée de succès avec 166% de la somme demandée finalement récoltée. Cette bande dessinée, c'est "Chronoctis Express", œuvre d'une talentueuse artiste, Aerinn. Pourquoi vous en parler seulement aujourd'hui alors que je l'avais bien reçu dans les temps (prenez-en de la graine Graffcomics !) ? Tout simplement parce que le tome 2 est actuellement en cours de financement sur Ulule.
J'espère qu'à la fin de ma chronique, cela vous donnera envie d'y aller de votre petit écot pour que l'aventure se poursuive de façon luxueuse (et - oui - je veux le pin's tourte aux pommes débloqué si le projet atteint 300%).

Dans un monde futuriste, les morts ont désormais la possibilité de faire leurs adieux à leurs proches avant d'embarquer dans le Chronoctis Express, le train de la mort qui les emmènent vers l'au-delà. En effet, une fois la personne trépassée, celle-ci reçoit la visite d'un Nexros, c'est à dire un agent de Haïdora, la Déesse de la mort, qui lui remet son billet de train. Le défunt a donc le temps de dire au revoir à ses proches, sur le quai de la gare. Alex, est un jeune étudiant un peu peureux et qui sert de souffre-douleur à la brute de son école. Les seuls moments agréables pour lui sont ceux qu'il passe avec Anaël, une jeune femme un peu mystérieuse. La vie d'Alex va basculer le jour où Anaël est assassinée. Il décide alors de tout mettre en œuvre pour la sauver de ce funeste destin, même affronter sa peur des Nexros, du Chronoctis Express et de la mort...

Comme beaucoup de monde, je suis attentivement ce qui est proposé sur les plateformes de financement participatifs, au niveau de la bande dessinée. Chronoctis Express a retenu mon attention alors que bizarrement, je ne suis - à la base - pas très friand de ce genre de dessins, le trait d'Aerinn tendant clairement vers le shojo, mais dégagé de tous les défauts que je reproche à ce style. Il est vraiment maîtrisé et très agréable à l’œil. Les personnages sont très réussis, et tout de suite reconnaissables.  L'auteur évite également pas mal de petits artifices pour se concentrer sur l'essentiel et ne pas tomber dans la caricature. Il en résulte donc un trait très esthétique et pas du tout maniéré.
J'ai beaucoup aimé les décors - très détaillés - et surtout le design du Chronoctis Express, qui est à la fois beau, inquiétant et attirant.
La mise en page des planches est également très travaillée rend la lecture de ce volume vraiment plaisante.

Mais c'est l'histoire qui m'a réellement interpellé, ainsi, justement que l'atmosphère particulière qui résulte de ce mélange entre ce style shojo que l'on associe facilement aux histoires d'amour et ce récit qui parait finalement un peu plus sombre que ce que voulait bien en dire la présentation.
La lecture des deux premiers chapitres a fini de me  convaincre de la qualité de ce premier tome de "Chronoctis Express". Je ne suis effectivement pas aller plus loin, car je voulais avoir le plaisir de découvrir la suite de l'histoire une fois que j'aurais reçu l'ouvrage - chose que je n'ai pas regretté.
Le récit est très prenant et nous voulons absolument connaître la suite des aventures d'Alex qui n'est pas un surhomme, mais semble doté d'un petit quelque chose en plus. D'autant plus que l'auteur à l'intelligence - et la malice - de nous raconter les événements du point de vue du jeune homme. Cela permet de garder une grande part de mystère sur le monde de "Chronoctis Express", de se perdre en suppositions sur celui-ci et sur le récit mais surtout d'attendre avec impatience la suite de cette série - normalement prévue en 6 tomes - d'autant plus que ce premier tome ce termine sur un vrai cliffhanger de folie.

Ce tome est complété par un petit cahier dans lequel Aerinn nous présente la genèse de la série, des petits gags et surtout les différentes étapes de création des planches - ce qui est toujours très intéressant.
Comme vous l'aurez compris, je suis vraiment tombé sous le charme de cette histoire et de ce monde original. Je suis très impatient de lire la suite sur papier (pour les plus impatients et les plus curieux, les deux tomes sont disponibles en lecture sur le site de l'auteur). À noter également que le manga est édité par Kotoji Éditions et est donc commandable / trouvable chez tous les libraires.

Note : 16/20


Chronoctis Express - Tome 1 de Aerinn
Kotoji Éditions / 2017
ISBN : 979-1092066647
256 p. / 8,50€

mardi 14 novembre 2017

Chroniques de l'ère Xenozoïque - Intégrale de Mark Schultz

J'ai découvert Mark Schultz en lisant Conan le Cimmérien de Robert E. Howard, magnifiquement publié Bragelonne. Dans cette édition, chaque histoire contient des illustrations qui m'ont tout simplement coupées le souffle.
Une fois celui-ci revenu, je me suis intéressé de plus près à l'auteur de ces prodiges dessinés, et il s'agissait de Mark Schultz.
J'ai donc essayé de dégoter d'autres ouvrages de cet artiste et je me suis rendu compte qu'il était du genre à prendre son temps et à ne pas publier à tour de bras. Parmi ces rares œuvres, figuraient ces "Chroniques de l'ère Xenozoïque", dont le scénario m'a tout de suite emballé, moi le fan de "post-apo", comme on dit dans le jargon.

J'ai commencé à lire ces "Chroniques de l'ère Xenozoïque" puis chose incroyable pour moi, qui d'habitude "avale" littéralement les bouquins, je me suis plu à prendre mon temps. Tellement que j'ai mis plus d'un an et demi à le lire, par petits morceaux, pour faire durer le plaisir et pouvoir le savourer comme un bon petit digestif (ou autre chose d'agréable pour les abstinents) et surtout, afin de pouvoir admirer le trait et l'encrage de Mark Schultz ainsi que l'étendue de son talent. Et puis une fois arrivé à la dernière page, je l'ai relu dans la foulée, avec ma vitesse de croisière cette fois-ci, en me laissant porter par ces courtes histoires, pleines de vie et de trouvailles. Je vais donc essayer de vous faire partager mon enthousiasme pour cette œuvre tout en ne dévoilant que le strict minimum afin de vous laissez le plaisir de la découvrir par vous-même.

Suite à cataclysme écologique, les humains ont été contraints de se réfugier dans des abris souterrains. Cinq cents ans plus tard, leurs descendants ont redécouvert un monde à l'écosystème complètement changé, où les dinosaures et autres mammouths rôdent. Les humains quant à eux, se sont regroupés en tribus n'ayant que très peu de contacts entre elles. Jack Tenrec, mécanicien héritier des techniciens d'antan et entretenant une relation particulière avec la nature, vit à l'écart de sa tribu, tout en étant très estimé par les gouverneurs de celle-ci. Sa vie et ses convictions vont être mises à mal avec l'arrivée de Hannah Dundee, diplomate d'une autre tribu. Ensemble, ils vont vivre des aventures incroyables...

Le scénario de cette série est clairement un hommage aux "pulps" des années 40, avec énormément de rebondissements et d'action et une galerie de personnages hauts en couleurs (mention spéciale pour les méchants, qui sont vraiment méchants et laids de surcroît !). Ces chroniques fleurent bon également les années 80, qui ont été la grande époque pour le genre "post apocalyptique" au cinéma (dans le sillage de Mad Max), et dont le thème se retrouve ici.
Le découpage en courts récits fait que les intrigues principales sont conclues - souvent par une chute - en un seul épisode. Par contre, des intrigues secondaires dont l'auteur sème des petits indices ici et là, se mettent en place tout au long du récit et trouvent - ou pas - leur réponses bien des histoires plus tard.
Quand on sait que ces chroniques ont débuté en 1986, on se rend compte que Mark Schultz, avec son personnage écolo de Jack Tenrec et l'avertissement du cataclysme écologique, était un petit peu en avance sur son temps - et que surtout - malheureusement, rien n'a changé au niveau mondial depuis plus de 30 ans.

Comme indiqué plus haut, ce qui m'a réellement frappé à la lecture de cet imposante intégrale, c'est la beauté et la précision du trait de Mark Schultz. La réalisation de ces chroniques s'est étalée sur une demi douzaine d'années (entre 1986 et 1993) et il est intéressant de voir ici l'évolution graphique de l'artiste.
Les premières histoires (en gros jusqu'à "Adopté") sont d'un style assez différent des suivantes. Les décors et les animaux sont très réalistes, mais les visages des protagonistes, même la sublime Hannah Dundee, sont légèrement caricaturaux, un peu dans l'esprit du grand Jack Davis. Ceux-ci deviennent ensuite complètement réalistes - impression renforcée également par le travail d'encrage et de lavis qui se met en place au même moment, pour se rapprocher du travail des monstres sacrés du neuvième art que sont Burne Hogarth (Tarzan) ou encore Hal Foster (Prince Vaillant), ce qui n'est pas rien.
Mais surtout, il est bon de signaler que Mark Schultz a su digérer toutes ses influences pour développer son propre style qui n'a actuellement que peu - ou plutôt pas - d'équivalent.

En conclusion, je peux dire que j'ai réellement pris une grosse claque à la lecture de ces "Chroniques de l'ère Xenozoïque". J'ai rarement lu une bande dessinée où le concept, le scénario et le dessin étaient d'aussi bonne qualité. Pour moi, il n'y a rien à redire, car même ce qui pourrait être des défauts pour certaines personnes (le côté pulp et très premier degré des histoires) sont pour moi des qualités qui font de cette série une œuvre totalement à part et totalement culte. La seule chose que je pourrais reprocher à ces chroniques, c'est le fait qu'elles se terminent sur un cliffhanger de fou dont on ne connaîtra malheureusement jamais le dénouement...

Note : 19/20


Chroniques de l'ère Xenozoïque - Intégrale de Mark Schultz
Akileos / 2013
ISBN : 978-2355741401
354 p. / 30€

mardi 26 septembre 2017

100 milliards d'immortels - Tomes 3 & 4 de Stéphane de Caneva & alii

Il y a presque un an de cela, je partageais avec vous tout le bien que je pensais de la série de Stéphane de Caneva issue d'un financement participatif : "100 milliards d'immortels". J'en avais donc chroniqué les deux premiers opus (article que vous pouvez consulter ici), mais je n'avais, bizarrement, pas encore parlé ici des deux derniers tomes de ce qui devait être une série, et qui sont finalement devenus ceux d'un arc narratif. Car, en effet, au moment où j'écris ces lignes, il est toujours possible d'apporter sa pierre à l'édifice d'un autre album prenant place dans l'univers de "100 milliards d'immortels". Ce que je vous conseille vivement de faire. Vous ne serez pas déçu !

À la fin du deuxième tome, nous avions laissé Holt Latham en fâcheuse posture, mais toujours en possession de l’œuf d'aura que son inquiétante cliente lui avait demandé de retrouver. En effet, celui-ci contient l'âme de son mari, un explorateur / aventurier mort dans des circonstances très étranges et  en emportant avec lui un très lourd secret.
Bien décidé à savoir ce que contient réellement l’œuf d'aura, Holt décide de se rendre chez son ancienne fiancée Altéa, qui a le pouvoir de lire les pensées des âmes. Elle va lui révéler que l'esprit contenu dans le réceptacle est bien celui du défunt mari de sa cliente, Lithia, mais que celle-ci n'est pas celle qu'elle semble être. Comprenant qu'il avait fait une erreur, son mari s'est sacrifié afin que Lithia n'accède pas au terrible pouvoir de la mystérieuse "Omnis Obscura"...

Cette conclusion des aventures de Holt Latham et de l'"Omnis Obscura" est orchestrée de main de maître par le très talentueux Stéphane de Caneva. Des informations évoquées plus avant dans l'histoire prennent ici toute leur importance et nous amènent à relire avec attention les deux tomes précédents afin de ne rien manquer du scénario. Celui-ci, bien qu'inscrit totalement dans la continuité du début, prend ici un tournant un peu plus sombre encore et vient flirter avec le mysticisme à la Lovecraft, par l’intermédiaire de l'"Omnis Obscura" qui n'est pas sans rappeler le "Necronomicon". 
On délaisse donc ici beaucoup le côté polar du début pour réellement basculer dans le fantastique noir la science-fiction ne servant que de toile de fond. Ce glissement est fait avec tellement de justesse que cela relance complètement l'intrigue et l'intérêt de la chose, pour notre plus grand bonheur.

Les dessins de Stéphane de Caneva sont toujours aussi agréables à l’œil et servent à merveille ce scénario beaucoup plus noir qu'il ne l'était déjà dans la première partie de l'histoire. Les cases sont toujours aussi travaillées. Qu'il s'agisse des décors détaillés ou des personnages qui possèdent un vrai charisme et une vraie personnalité, il n'y a aucune faute de goût. Mention spéciale aux doubles "splash page", celle montrant l'"Omnis Obscura" qui permet de briser le quatrième mur ou encore celle représentant la vue d'ensemble de la ville, qui est de toute beauté.
On sent que l'auteur est très à l'aise avec le noir et blanc, qui est ici utilisé avec intelligence et permet de donner une vraie atmosphère au récit. 
La mise en page est également très étudiée et le découpage nerveux des planches colle parfaitement à l'ambiance. Les cases de toutes tailles et de toutes formes permettent à l’œil de suivre le rythme soutenu du récit sans aucun problème de lisibilité - bien au contraire. Tout cela est fluide et très efficace. Du très grand art.

Tout cela est complété par une nouvelle signée Annabelle Léna dans le tome 3, qui continue d'approfondir l'univers très riche de "100 milliards d'immortels" et qui est la suite directe de la courte histoire qui était parue dans le tome 2. 

En refermant le quatrième et dernier numéro, on prend réellement conscience d'avoir entre les mains une œuvre originale mêlant un grand nombre de genres différents pour finalement aboutir à quelque chose de totalement inédit et - le plus important - de très prenant. L'alchimie parfaite entre les dessins, le scénario et l'univers original fait que l'on veut en savoir plus. Chose qui sera donc bientôt le cas, pour notre plus grand bonheur.

Note : 16/20


N'hésitez donc pas à aller faire un tour sur la page Ulule du projet, il y a une contrepartie à 35€ qui permet à celles et ceux qui n'avaient pu participer au financement des quatre premiers tomes d'acquérir - en plus de "Radio Zéro", le nouvel album - l'intégrale d'"Omnis Obscura" (en version album également). 

mardi 5 septembre 2017

Antepsy de Pierre Jarriges

Dans ma pile de bandes dessinées que je voulais absolument lire cet été, il y avait "Antepsy" de Pierre Jarriges. Ce très bel album tout en noir et blanc est issu d'une campagne Ulule d'il y a quelques mois. Le pitch et le trait de l'auteur m'ont tout de suite accroché et j'ai donc naturellement voulu en savoir plus en participant au financement. Une fois l'album entre les mains, j'ai vraiment été agréablement surpris par la qualité de l'objet. Cela n’augurait donc que du bon !

Dans un futur proche, Narmol Stone est un chômeur un tantinet dépressif. Il trouve finalement un emploi de bureau dans une étrange administration. En effet, non seulement les locaux tombent en ruine, mais son travail consiste à rentrer des dossiers imaginaires sur un ordinateur éteint, en compagnie d'un collègue trop enthousiaste pour être honnête. Il également hanté par son psy qui semble le poursuivre pour lui prodiguer des conseils ou remèdes.
Un jour après avoir perdu connaissance, il se réveille dans ce qui semble être un copie à tendance dystopique de son monde, lui-même ayant changé en mal. Ne sachant s'il s'agit de la réalité ou d'un cauchemar, il décide de faire part de ses doutes à son ami Dany Midget. Celui-ci lui propose d'essayer sa nouvelle machine à introspection neurotonique, histoire de se remettre les idées en place. Bizarrement, son psy semble vivre les mêmes péripéties...

Il est assez difficile de résumer l'histoire d'"Antepsy", tant celle-ci, de par sa structure, son découpage et son thème est complexe. On peut soit suivre le fil de l'histoire de Narmol (anagramme de normal) Stone, soit se dire, que finalement, tout cela se passe dans la tête du psy, qui met un peu trop de cœur à l'ouvrage pour aider ses patients. Plus le temps passe, et plus je me dis que cette hypothèse est celle que je préfère. À moins que finalement - comme semble le suggérer la couverture - que Narmol et le psy ne forment qu'un ?

Pour appréhender complètement le récit et les événements, j'ai été amené à relire certains passages plusieurs fois ou à revenir en arrière, et bizarrement, cela n'a fait que renforcer ma conviction d'avoir entre les mains une œuvre à part, comme je les aime. Le traitement qui oscille continuellement entre rêve et réalité -  m'a un peu fait penser à ce qu'avait brillamment fait Daniel Clowes dans "Comme un gant de velours pris dans la fonte", voire Charles Burns avec sa trilogie "Toxic" - est des plus réussi et permet surtout beaucoup d'interprétations.
Les différentes ambiances : absurde, noire ou onirique, forment un tout très cohérent. Elles permettent une grande diversité de tons et donnent surtout envie de tourner la page pour connaître la suite des (més)aventures de Narmol.

Bien entendu, à la lecture d'"Antepsy" on ne peut s'empêcher de penser aux récits de Philip K. Dick - "Total Recall" en tête, "Le Maître du Haut Château", "Ubik" ou encore "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?". J'ai ressenti cette "Philip K. Dick's touch" comme un hommage, surtout avec la machine de Dany Midget. Mais en aucun cas cela signifie que l'histoire de Pierre Jarriges n'est pas originale, bien au contraire. Avec Dick, on sait que la réalité perçue n'est pas la réalité. Ici, on ne sait rien. Rêve ? Réalité ? Les deux ? Voire aucun des deux ? À chacun de se faire une opinion, l'auteur disséminant des indices tout au long du récit.

Les dessins, en plus d'être très agréables à regarder et très vivants sont bien mis en valeur par le noir et blanc. Le trait de Pierre Jarriges se rapproche indéniablement du franco-belge (tendance ligne claire) mais avec un zeste d'underground. Ce mélange donne un trait que j'ai beaucoup apprécié.
La mise en page est également très bien pensée et joue parfaitement avec le gaufrier classique en le détournant et en le déformant pour souligner le côté psychotique de l'histoire.

En conclusion, je dois dire que j'ai réellement passé un très bon moment à la lecture d'Antepsy. Il s'agit pour moi d'une découverte - d'un artiste et d'une œuvre très originale - très prometteuse. Je regrette de ne pas avoir été suffisamment en fonds au moment de la campagne de financement, car je ne me serai alors pas privé pour prendre le pack regroupant "Antepsy" et "Multivers", le premier ouvrage de l'auteur. Quoiqu'il en soit, je vais désormais suivre avec beaucoup d'attention la production de Pierre Jarriges et j'espère  avoir pu partager avec vous mon enthousiasme pour "Antepsy" !

Note : 17/20


Antepsy de Pierre Jarriges
2017 / Autoédition
ISBN : -
92 p. / 15€


Il est possible de commander Antepsy - ce que je vous recommande vivement - directement auprès de l'auteur, en lui envoyant un mail. Par ailleurs, n'hésitez pas à aller faire un tour sur son blog qui vaut également le détour.

mardi 29 août 2017

La Saga des Étoiles d'Edmond Hamilton

J'ai profité des vacances pour m'attaquer à ma pile de livres en retard. "La Saga des Étoiles" d'Edmond Hamilton était justement celui du dessus. Pour la petite histoire, Edmond Hamilton n'est autre que le père du Captain Futur, plus connu sous nos contrées (surtout par les enfants des années 70/80) sous le nom de Capitaine Flam - et accessoirement l'un des pères fondateurs du Space Opera. Cette "Saga des Étoiles" regroupe deux romans qui se font suite : "Les Rois des étoiles" qui date de 1947 et sa suite, vingt ans après "Le Retour aux étoiles" de 1967 donc. 

Les rois des étoiles : John Gordon est un modeste comptable de New York qui mène une vie monotone. Depuis quelques temps, la nuit, il entend une voix dans sa tête. Il s'agit de Zarth Arn, l'un des fils de l'Empereur du centre de la Galaxie qui vit plus de 200 000 ans dans le futur. Celui-ci étudie le passé et propose à John Gordon d'échanger leurs esprits. Ainsi Gordon se retrouverait-il dans le corps de Arn et inversement, tout cela pour quelques semaines, le temps que le prince mène à bien son projet. Croyant devenir fou, mais bien décidé à vivre une aventure incroyable si cela se révélait être vrai, Gordon accepte et il se retrouve bientôt 200 siècles dans le futur, dans le corps de Zarth Arn. Mais à peine arrivé, les sbires du terrible Shorr Kan, le Maître de la ligue prennent d'assaut le laboratoire où se trouve Gordon, détruisant la machine et tuant l'adjoint de Zarth Arn, la seule personne pouvant réinverser les esprits. Sauvé in extremis par une brigade impériale, Gordon va se retrouver au cœur d'un gigantesque complot ourdi par Shorr Kan afin de s'emparer de l'Empire. En effet, la famille impériale possède le secret du "disrupteur", une arme surpuissante capable d'anéantir des pans d'univers. En s'emparant de celui qu'il pense être Zarth Arn, Shorr Kan espère mettre la main sur celle-ci. Malheureusement pour lui, Gordon va vite se prendre au jeu et se révéler être un terrible adversaire, surtout après avoir rencontré la superbe princesse de Fomalhaut, Lianna...

Le retour aux Étoiles : Après avoir sauvé l'univers, John Gordon a réussi à regagner son corps et son temps, Zarth Arn effectuant le chemin inverse. Malheureusement, Gordon a du mal à oublier - on le comprend - son séjour dans le futur et surtout la jolie princesse Lianna. Il commence même à douter de la véracité de son séjour dans l'espace, au point de consulter un psy. Deux années de grisaille monotone s'écoulent quand une nuit, Zarth Arn se manifeste de nouveau pour proposer à Gordon, non pas d'échanger leurs esprits mais bien de transporter John Gordon dans le futur. Trop heureux de pouvoir retrouver sa princesse, Gordon n'hésite pas une seule seconde. Malheureusement pour lui, Lianna semble avoir un peu de mal à s'habituer à lui et à sa véritable apparence. Mais le pire reste à venir, car il va devoir protéger sa princesse contre les agissements de son cousin qui souhaite s'emparer du trône de Fomalhaut. Aidé de Lianna, de Zarth Arn, de Korkhann, un conseiller de Lianna capable de lire dans l'esprit des gens et de Shorr Kan, qui se révélera être un allié de circonstance très précieux, Gordon va se retrouver au cœur d'une guerre gigantesque avec les terribles H'harn, des êtres télépathes venus d'une autre galaxie...

J'ai toujours beaucoup aimé la science-fiction à l'ancienne et je dois dire que sur ce coup-là, je n'ai pas été déçu, bien au contraire. Une fois que l'on a bien compris que l'auteur cherchait avant tout à nous divertir et non pas à faire de la hard-science, on se laisse agréablement porter par l'histoire et les innombrables péripéties dont va être victime - ou acteur - John Gordon.
Le côté pulp, un peu kitsch de l'histoire donne une vraie saveur au récit et permet surtout de très bien s'imaginer les événements, les personnages et autres vaisseaux qui parcourent la galaxie, car il y a un lien de parenté indéniable avec toute la science-fiction que nous avons pu voir à la télé - ou au cinéma - Star Wars, Flash Gordon, et donc Capitaine Flam. Nous sommes ici en terrain de connaissance, du fait des clichés (qui n'en étaient pas à l'époque mais le sont devenus) dont le récit regorge. Quoiqu'il en soit, cela passe vraiment bien.

L'histoire - très classique donc - du sauvetage de la galaxie par un homme providentiel que rien ne prédestinait à ça, est néanmoins très prenante. Ceci grâce au fil conducteur du "disrupteur", dont Gordon ignore tout, que ce soit le concept, la forme ou son fonctionnement. Cette utilisation est repoussée plusieurs fois, mais sera finalement utilisée par un Gordon plein de doute.

La relation naissante entre Gordon et la princesse Lianna est également assez intéressante dans la mesure où celle-ci tombe amoureuse d'une personne aux deux personnes (rien à voir avec l'histoire de Jean-Christian Ranu - quoique ?), alors qu'il s'agissait au départ d'une union strictement politique. Celle-ci est donc troublée par le comportement de Zarth Arn / Gordon, ce qui met en péril plus d'une fois la véritable identité de celui-ci. Gordon est donc obligé de faire très attention afin ne pas être découvert. Cela est également le cas avec le reste de la famille royale, mais comme Gordon est un romantique, cela est plus risqué avec Lianna.

Enfin, le fait que le récit ne connaisse aucun temps mort, est particulièrement appréciable. J'avais un petit peu peur, après un début sur les chapeaux de roues que l'histoire se tasse un petit peu et verse dans un complot d'alcôve. Il n'en est rien. Du début à la fin, tout s'enchaîne très vite avec juste des petites pauses pour permettre au lecteur de reprendre son souffle. 

L'autre gros atout de cette saga, est le personnage de Shorr Kan, ambivalent, machiavélique, manipulateur, mais possédant malgré tout un grand sens de l'honneur. Je ne suis pas un spécialiste, mais je pense que ce genre de personnage ne devait pas être courant dans la science-fiction à cette époque, qui privilégiait avant tout le héros propre sur lui qui affrontait le vil méchant. Shorr Kan apparaît finalement plus être un antihéros plutôt qu'un grand méchant. J'ai beaucoup aimé son rôle dans "Le Retour aux étoiles". Il s'agit pour moi de l'une des raisons de lire ces histoires.

Le petit bémol que j'apporterai à tout le bien que je pense de cette "Saga des Étoiles", se trouve au niveau des mondes et peuples décrits. Dans le premier roman, l'auteur ne s'embête même pas avec ça, puisque mis à part la couleur de peau, la taille et les habits, toutes les personnes que rencontrent Gordon sont humaines. Dans le second - on rappelle que vingt ans se sont écoulés entre les deux - de nombreuses œuvres de science-fiction mettant en scène des peuples extra-terrestres ont vu le jour et ont donc changer la donne. L'auteur s'essaie un peu à la chose mais sans grande conviction. Korkhann - le poulet télépathe qui m'a tout de suite fait penser au poulet avocat de Futurama - est ce qui se rapproche le plus d'un essai de créer un personnage différent, mais mis à part son allure, il est complètement "humain" dans son mode de pensée et ses actions. Les autres extra-terrestres que nous croiserons dans "Le Retour aux étoiles" sont  malheureusement du même acabit, ce qui est dommage, car quelques spécificités bien choisies auraient réellement pu faire la différence.
En ce qui concerne les sociétés et les civilisations, on reste également soit dans le flou, soit dans le basique. Rien de très poussé ici également au niveau politique ou économique. 
On sent donc bien que Hamilton avait surtout en tête de raconter une histoire pleine d'action et d'événements rocambolesques. S'il a choisi le cadre de l'espace et du futur - et donc de la science-fiction - il aurait aussi bien pu écrire cette histoire sur le mode western ou cape et épée, les péripéties de John Gordon étant réellement le fil conducteur du récit, plus que le cadre géopolitique de l'Empire du centre de la Galaxie.
On surmontera également - sans problème pour ma part - quelques incohérences ici et là dans le récit.

J'ai réellement passé un bon moment en compagnie de John Gordon, de Lianna, Shorr Kan et consorts. Comme souligné plusieurs fois dans les lignes précédentes, l'action est ultra présente et ne laisse que peu de place à l'introspection et autres réflexions philosophiques. Mais je dois avouer que ce n'était pas ce que je recherchais ici (pour ça, il y a Dune). Edmond Hamilton avait un réel don de conteur et c'est bien ce qui transparaît ici dans ces deux romans qui se complètent parfaitement.
Je recommande donc ce livre aux curieux, aux "archéologues" de la SF (pour le côté pulp) et aux amoureux des aventures sans prise de tête etpleines de rebondissements. Quant à moi, je me laisserai sans doute tenter par les rééditions des aventures du Capitaine Futur, chez Le Belial, pour avoir le plaisir de retrouver la plume d'Hamilton.

Note 14/20


La Saga des Étoiles de Edmond Hamilton
J'ai Lu / 2003
ISBN : 978-2-290-33238-2
605 p. / 8,50€

mercredi 7 juin 2017

Chroniques cruelles d'hier et de demain de Boris Darnaudet

Après l'enthousiasmant "Quaillou" de Sylvain Lamur qui - scoop ! - connaîtra une suite en 2018, je me suis plongé dans ces "Chroniques cruelles d'hier et de demain" de Boris Darnaudet - un auteur que je ne connaissais pas non plus et qui nous a malheureusement quitté en 2015. Cet ouvrage reprend l'intégralité de la prose publiée par l'auteur, dont le roman "Projet Obis", précédemment publié chez Rivière Blanche et épuisé depuis quelques temps. 
J'ai franchement passé un très bon moment à dévorer ce recueil (qui se compose de trois romans, d'une novella et de nouvelles réunis par le père de Boris, François Darnaudet) abordant différents genres des littératures de l'imaginaire tout en étant très homogène en terme de qualité. J'ai apprécié de goûter à la fois au fantastique, à la science-fiction voire à l'heroic-fantasy en un seul volume !

Dans "Chroniques de Don Emilio - La colère des Dieux Aztèques", nous suivons les aventures de Don Emilio, un hidalgo désargenté, qui suite à un étrange cambriolage, se voit contraint de s'embarquer pour le Nouveau Monde, dans le sillage des conquistadors. Là, dans cette Amérique à feu et à sang, il va être le témoin d'événements singuliers. Il rencontrera des êtres fantastiques et sera amené lui-même à les combattre car il a un don inné pour la magie...

Ces chroniques de Don Emilio sont une excellent entrée en matière. L'écriture y est tonique, sans fioriture - mais pas simpliste - et très agréable. Le découpage en très courts chapitres - il s'agit à la base de nouvelles regroupées pour en faire un roman - permet là aussi d'aller à l'essentiel. 
Bien que nous ayons affaire à un petit noble espagnol confronté à la fin de l'Amérique précolombienne, on sent clairement qu'il y a derrière tout cela un hommage à Rob E. Howard et son Cimmérien. Rien que le premier chapitre rappelle grandement la nouvelle "La tour de l’éléphant", puis les différentes aventures que vit Emilio sont dans la même veine que celles du plus célèbre des barbares. Mais - et cela est très important - nous avons ici un très bon roman d'aventures mâtiné d'heroic-fantasy (à moins qu'il existe un terme précis pour ce genre d'ambiance "conquistador fantasy") et on se laisse prendre au jeu sans aucun problème. 
Le récit est bien construit, l'atmosphère parfaitement rendue et les créatures imaginées par l'auteur sont réellement charismatiques voire iconique (en premier lieu les terribles Tzitzimime, qui bien que n'étant objectivement qu'une énième déclinaison du zombie n'en sont pas moins originaux). De plus, Boris Darnaudet sait si habilement jouer avec les faits et personnages historiques que cela donne une œuvre  tout à fait originale.

Projet Obis est un roman post-apocalyptique. Sur une Terre dévastée par un ultime conflit, un homme se réveille et découvre qu'il ne sait rien - même pas son nom. Adoptant celui de Caution (comme écrit au-dessus de son sarcophage), il part explorer ce monde dont il ignore tout. Il découvre néanmoins assez vite qu'il est doté de capacités de combat qui vont bien au-delà de la moyenne. Il apprend également que ce qui reste de l'humanité est dirigée par une élite vicieuse : l'Ultime Alliance, qu'il va être amené à combattre...

Bien qu'abordant un genre assez classique de la science-fiction, ce court roman est malgré tout un "page turner" comme disent nos amis d'outre-atlantique. En découvrant le monde en même temps que le protagoniste de l'histoire, on veut savoir où tout cela va le (nous) mener. Les influences de Philip K. Dick sont ici assez évidentes à la fois dans l'atmosphère ("La vérité avant-dernière") et dans l'intrigue qui se complexifie au fur et à mesure que le dénouement approche. Quoiqu'il en soit, Boris Darnaudet s'en sort également haut la main et nous livre une histoire très plaisante aux réminiscences de films de série B des années 80 (et c'est loin d'être un défaut pour moi !), qui en utilisant des références familières du genre post-apo réussit néanmoins à être innovante. Les scènes de combats  - très bien écrite - sont le petit plus.

Dans "Le Cycle du Cube", Boris Darnaudet nous entraîne dans différentes époques (la préhistoire, l'époque sumérienne, les Croisades) à la suite d'un mystérieux cube renfermant une force obscure qui corrompt tous ceux qui s'en approche...

Ce cycle, qui se compose de nouvelles est malheureusement resté inachevé, ce qui est très dommage car la trame et l'idée de départ étaient très bonnes et prometteuses. Quoiqu'il en soit, en ce qui concerne ce qui a été effectivement écrit, est très plaisant. Les personnages sont intéressants, complexes et variés. Le fait que l'histoire se déroule sur plusieurs époques couplé au format court des nouvelles permet là aussi d'avoir un style tonique, varié et incisif. Tout va très vite et l'action est très présente. De plus, l'atmosphère assez noire de l'ensemble est très bien rendue, quelque soit la période.

Nindô est le dernier roman sur lequel travaillait l'auteur. Il s'agit d'un roman de fantasy médiévale se déroulant au Japon.
Ushida, un laissé pour compte sans aucun talent se retrouve en possession d'une épée douée d'une vie propre et qui surtout, permet à son possesseur de détenir des talents incroyables de combattant. Il va se retrouver malgré lui au milieu d'une lutte en plusieurs clans rivaux, clans ayant des facultés magiques...

Là encore, cette œuvre inachevée commençait incroyablement bien. L'intrigue de départ, les personnages, l'atmosphère, tout est d'excellente facture. On sent vraiment que Boris avait une attirance particulière pour les arts martiaux, les samouraï et toute la culture nippone. Les phrases sont admirablement bien construites et permette réellement de retranscrire cette atmosphère d'estampe japonaise. On aurait aimé pouvoir suivre Ushida et son épée Murusame jusqu'au bout de leur périple...

Pour ce qui est des nouvelles, j'en ai trouvé quelques unes un peu en dessous du reste de l'ouvrage, mais certaines sont vraiment marquantes et interpellantes, comme par exemple "Le sas" et surtout "La nuit du Bayou".
"Le Sas" raconte l'histoire d'un employé en charge du sas qui permet l'accès à une cabine un peu spéciale puisqu'elle permet de régler les problèmes de surpopulation...
Ce récit très court est vraiment percutant. Le monde futur décrit par l'auteur fait froid dans le dos et la déshumanisation est réellement bien retranscrite.
Dans "La nuit du Bayou", on suit les aventures de trois compagnons hauts en couleurs qui vont tout mettre en œuvre pour retrouver une jeune fille disparue. La traque du coupable les mènera jusque dans le bayou de la Nouvelle-Orléans, où ils vont rencontrer des êtres très singuliers...
Ce texte un peu plus récréatif que les autres (à part sans doute "Le Père Léon"), dans la mesure où l'auteur se permet de convoquer des pastiches des héros des "Mystères de l'Ouest" et de mettre sur pied une équipe de stéréotypes du far west totalement improbable. Comme il est judicieusement dans le texte introductif de cette nouvelle, on sent malgré tout l'influence de Mark Sumner ("La Tour du Diable" et "Le train du Diable" que je vous recommande), mais il y a pire comme référence ! Quoiqu'il en soit, cette histoire n'en est pas moins prenante et opère comme une bouffée d'air frais dans ce recueil parfois très sombre.

Il en ressort de cette lecture que Boris Darnaudet était un très bon conteur qui savait créer des atmosphère et des univers qui, même s'ils n'étaient pas inédits, n'en étaient pas moins originaux, car il savait y mettre sa patte. Les chroniques de Don Emilio et Nindô font parties des meilleures récits d'aventures fantastiques que j'ai lu jusqu'ici - grâce notamment au soin apporté par l'auteur pour créer un univers historiquement cohérent mais qui bascule petit à petit dans le fantastique débridé. J'aime beaucoup la manière dont il procède pour faire pénétrer l'extraordinaire dans l'ordinaire et le faire paraître parfaitement logique. Il faut également souligner les scènes d'action qui sont très bien retranscrites et qui donnent un vrai souffle à tous ces récits.

J'ai beaucoup apprécié également les explications proposées avant chaque récit, qui permettent de resituer ceux-ci dans leur contexte, et dans la vie de l'auteur. Cela donne à voir le processus de création et la construction d'un auteur et de son œuvre.

Décidément, Rivière Blanche est vraiment une maison d'édition à suivre, tant elle propose des pépites. Même s'il est vrai que le décès de Boris Darnaudet donne à  ces chroniques une saveur douce-amère, puisque l'on sait que cet auteur de talent, qui savait raconter les histoires et mettre en place des atmosphères, ne publiera plus jamais. Savoir que nous tenons entre les mains l'intégralité de son œuvre - en plus de la qualité intrinsèque de l'ouvrage - rend ce livre encore plus touchant, comme un ultime - et magnifique - hommage à Boris Darnaudet.

Note : 17/20

Chroniques cruelles d'hier et de demain de Boris Darnaudet
Rivière Blanche / 2016
ISBN : 978-1-61227-520-8
312 p. / 18€

Pour acheter ce livre, allez faire un tour sur le site de Rivière Blanche

vendredi 12 mai 2017

Quaillou de Sylvain Lamur

Aujourd'hui, pas de bande dessinée, mais un (très) bon petit roman de science-fiction signé Sylvain Lamur, un auteur que je ne connaissais pas avant, mais que je vais désormais suivre avec attention. Ce qui m'a tout de suite attiré dans ce roman, c'est son titre, à la fois énigmatique et très parlant. Ensuite, le résumé et surtout le nom du protagoniste principal ont fait le reste... Pour mon plus grand plaisir !

Alors qu'ils sont en route pour une galaxie lointaine afin d'y négocier un contrat commercial, Quentin Quonnard (avec un Q !) et son associé Weddie percutent de plein fouet un astéroïde. Miraculeusement, Quentin s'en sort indemne - ce qui n'est pas le cas de Weddie. Pensant tout d'abord qu'il est lui aussi passé de l'autre côté - vu les étranges phénomènes qui se produisent - il se rend finalement à l'évidence que, aussi bizarre que cela puisse paraître, l'astéroïde, qu'il a rebaptisé Quaillou (avec un Q !), semble à l'écoute de ses désirs, et surtout, qu'il les réalisent ! N"importe qui s'en serait contenté. Mais pas Quentin Quonnard qui décide de quitter son Quaillou et de retourner à son ancienne vie. Malheureusement pour lui et ses proches, le terrible Helb-Feldt n'a pas apprécié d'être planté par Quentin et son associé. Il va tout mettre en œuvre pour faire de la vie de Quentin un cauchemar. Peut-être aurait-il mieux fait de rester son sur Quaillou...

Comme vous l'avez sans doute compris, j'ai réellement passé un très bon moment en lisant ce roman. L'idée de départ est excellente, les personnages principaux sont excellents : Quentin, le queutard inconditionnel, héros malgré lui, et Helb-Feldt le magistral connard (avec un C) capitaliste fou dangereux et véreux (n'en jeter plus !). Les seconds rôles valent également le détour avec une galerie bariolée d'extraterrestres de toutes les couleurs et de toutes les formes. De plus, l'univers imaginé par Sylvain Lamur qui semble d'un côté très classique, mais de l'autre foisonnant de bonnes idées (le Sage du Fin fond de l'Espace est tout simplement fantastique).
Enfin, le déroulement du récit en trois phases est vraiment très efficace. Les situations s'enchaînent parfaitement et sans temps morts. Dans un premier temps, Quentin découvre son Quaillou, en profite, mais s'ennuie très vite. Deuxième temps, Quentin veut retrouver sa vie d'avant et s'enfuit donc du Quaillou, malheureusement pour lui, sa vie bascule complètement à cause d'Helb-Feldt. Enfin, dernier temps, Quentin retrouve son Quaillou et décide de régler ses différents problèmes. 
Les différentes atmosphères du roman sont aussi très réussies. Entre l'onirisme presque pastoral du début et l'ambiance très "dickienne" à partir du moment où la machination imaginée par Helb-Feldt se met en branle et se referme sur Quentin, tout est bien rendu et fonctionne parfaitement grâce au talent de l'auteur. 

Le style de Sylvain Lamur est fluide, imagé et percutant. Il n'y a pas de chichis, on va a l'essentiel et c'est ce qui est bon. Le découpage du récit en chapitres très courts concourt également à cette sensation que l'action ne s'arrête jamais, qu'il se passe toujours quelque chose, et surtout, que l'on veuille connaître la suite des aventures échevelées de ce pauvre (quoique) Quentin Quonnard.
On retrouve vraiment l'esprit des romans de science-fiction de la défunte collection Anticipation de chez Fleuve Noir (voir ici et ), mais avec en plus une qualité d'écriture et de structure de récit un poil plus poussées que dans les deux exemples cités précédemment. 
Ce qui fait également le plus du style de Sylvain Lamur, c'est l'humour qui est omniprésent tout le long du récit. Le protagoniste a toujours un certain recul sur ce qui lui arrive et sur lui-même, ce qui crée un décalage très amusant à certains moments.

En conclusion, je peux dire que j'ai vraiment apprécié ce moment passé avec Quentin et son Quaillou. Ce livre est très divertissant - mais pas creux - et surtout extrêmement bien écrit et original. Je le recommande sans hésitation à ceux et celles qui aiment la science-fiction rafraîchissante et imaginative, sans prise de tête. Quant à moi, quand Sylvain Lamur sortira son prochain ouvrage, je me jetterai dessus les yeux fermés.

Note : 16/20

Rivière Blanche / Collection Blanche / 2151 / 2017
ISBN : 978-1-61227-623-6
256 p. / 20€

Je voudrais quand même juste mettre un petit bémol en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage lui-même. En effet, l'exemplaire que j'ai lu était bourré de problème de typographie (des lettres, voire des mots se chevauchaient et la justification était bancale à certains endroits) et de fautes de frappes (ou autres problèmes de relecture comme des noms orthographiés de manière différentes à quelques pages d'intervalle). Je me permets d'indiquer ceci dans ma chronique, car cela m'a énormément étonné de la part de Rivière Blanche, qui d'habitude fourni un travail irréprochable. J'espère sincèrement avoir été malchanceux et être tombé sur l'exemplaire défectueux, car ce genre de soucis pourrait refroidir les lecteurs découvrant ce merveilleux éditeur avec ce (très bon) titre, et pourraient passer à côté de véritable pépites.
Quoiqu'il en soit, je vous encourage vivement à aller faire un tour sur le site de Rivière Blanche / Hexagon Comics et à vous faire plaisir, car il y a vraiment du très bon !

lundi 20 mars 2017

Présences d'esprits 87

Juste un petit post pour vous signaler que dans le dernier numéro de  la très bonne revue "Présences d'esprits", il y a un petit entretien de Mathias Fourrier alias Jim Dandy, l'auteur de Capitaine LSD, Tsara Bomba et L'écume des ours, tous chroniqués ici.
Vous retrouverez également au sommaire de ce numéro un dossier très bien ficelé sur Edgar Rice Burroughs - le père de Tarzan et John Carter, entre autres - ainsi qu'une retranscription de la table ronde des Rencontres de l'imaginaire de Sèvres 2015 sur le thème du steampunk, très intéressante.
Tout cela pour seulement 5€ en version papier (+fdp) ou 2€ en pdf.


mercredi 26 octobre 2016

100 milliards d'immortels - Tomes 1 & 2 de Stéphane de Caneva & alii

Aujourd'hui je vais vous parler de 100 milliards d'immortels de Stéphane de Caneva. Cette petite série de comics français a pu voir le jour grâce à une campagne de financement participatif sur le site Ulule. Le projet m'a beaucoup plu et j'y ai donc naturellement contribué (sans compter que 2 comics pour 10€ c'est cadeau). J'ai reçu ma contrepartie fin septembre et vu que j'avais plusieurs choses sur le feu, je n'ai pas pu y consacrer ma chronique plus tôt. Je répare donc cet impair.

Dans un futur proche, tous les morts de l'humanité se sont réveillés et la mort elle-même n'existe plus. Depuis, la société est divisée en trois catégories : les concrets (les vivants), les semi-concrets (des morts assez récents renforcés par des prothèses cybernétiques) et les abstraits (les morts les plus anciens qui ne possèdent plus aucune enveloppe charnelle et qui ont donc leur "aura" enchâssée dans des sortes de robots). 
Holt Latham est un privé un peu minable à qui une sublime mais non moins intrigante cliente va confier une mission assez particulière : récupérer l'aura de feu son mari, chose qu'elle n'est pas parvenue à faire malgré son argent. Bien qu'ayant la prémonition que cette affaire sent mauvais, Holt accepte. Mais à peine a t-il mis le pied dehors que les embûches vont se succéder...

J'adore les polars et les détectives un peu désabusé et à la ramasse et j'adore la science-fiction. Je ne pouvais donc qu'adhérer à l'univers et à l'histoire proposés par Stéphane de Caneva. 

La première référence à laquelle j'ai pensé en lisant le "pitch" sur Ulule (tous les morts qui reviennent à la vie et cohabitent ensemble) était "Le fleuve de l'éternité" de Philip José Farmer et vu que j'avais beaucoup aimé cette saga, j'ai foncé les yeux fermés (en plus 100 milliards d'immortels était recommandé par Laurent Lefeuvre - qui signe une quat' de couv' au passage - donc pas d'hésitation). Finalement - et tant mieux - cela n'a rien à voir. On se retrouve face à un récit maîtrisé de bout en bout (que ce soit graphiquement ou au niveau du scénario) et très original, le tout agrémenter de grosses doses de polar : une vrai réussite.

Les dessins de Stéphane de Caneva sont vraiment très agréables à regarder : ils sont dynamiques et clairs. Les cases fourmillent de détails et pourtant ne sont pas surchargées. La mise en page des planches est également très plaisante et colle bien au déroulement de l'action. Enfin l'utilisation du noir et blanc est vraiment superbe et donne une vraie profondeur au dessin.

Le scénario est également très prenant et efficace. Au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture, l'auteur diffuse des petits détails, des petites informations qui étoffent le récit. On sent que l'auteur a bien réfléchi à l'univers de 100 milliards d'immortels et qu'il en a encore sous la semelle pour la suite de l'enquête de Holt. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour nous

Ce que j'ai beaucoup apprécié également, c'est le fait que l'auteur ait fait appel à d'autres artistes pour des histoires complémentaires, que ce soit sous forme de bande dessinée ou de nouvelle. Cela apporte beaucoup à l'univers et permet d'approfondir, d'enrichir et d'éclaircir certains points de l'histoire de base, le tout en restant dans la même atmosphère (les fausses pubs / annonces sont aussi formidables). 

En tout cas, pour moi, le pari est réussi et j'attends avec impatience la suite (et le dénouement) des aventures d'Holt Latham et de la mystérieuse femme de porcelaine !

Note : 15/20


À noter qu'au moment où je boucle ma chronique, la campagne Ulule pour la suite de l'aventure 100 milliards d'immortels (à savoir les tomes 3 & 4) vient d'être lancée. Vous pouvez vous y rendre en cliquant ici !

jeudi 11 août 2016

The Astrodome - Tome 1 de Jean-Marc Arden

Après les deux premiers tomes(1, 2) de "The Formidables", je vais vous parler aujourd'hui du troisième album à sortir chez Oniric Comics. Il s'agit du premier tome de "The Astrodome", signé Arden - un auteur que je ne connaissais pas avant la lecture de cet ouvrage.

Après qu'une météorite se soit écrasée sur la Terre, provoquant un énorme cataclysme, les humains se sont retranchés sous un dôme géant, laissant le monde à la disposition des humanimaux, des espèce animales ayant beaucoup évoluées.
Ceux-ci, regroupés en communautés pacifiques, suivant leurs races ont bâti une nouvelle civilisation.
Mais l'humain n'a pas dit son dernier mot et pourrait bien bouleverser ce nouvel ordre établi, avec perte et fracas...

Bien entendu, le monde décrit par Arden m'a tout de suite fait penser à Kamandi, dont j'avais parlé ici et , pour ce qui est du monde dirigé par des animaux ayant évolués jusqu'au stade de l'humanité. Mais, l'univers de cet Astrodome est beaucoup plus riche et complexe que cela, puisque si les animaux et les humains avaient échangé leurs rôles dans Kamandi, il n'en est rien ici. Les humains sont toujours plus avancés technologiquement que les animaux, qui vivent plus ou moins de façon médiévale pour les plus évolués. 
Il y a également le fait que Arden introduise dans cet univers post-apocalyptique, des ingrédients de fantasy, d'autres liés aux superhéros ou encore à la science-fiction. On sent que l'auteur a vraiment voulu se faire plaisir et ne pas s'imposer de barrière en terme d'imagination pour ne pas être catalogué dans telle ou telle catégorie. L'ensemble est donc tout à fait singulier, mais ô combien intéressant.

Au niveau du scénario, on sent que ce premier tome sert vraiment à la mise en place de l'univers, en présentant le monde, les différents protagonistes et le contexte. Un univers qui s'avère très riche et varié et qui attise la curiosité.

Pour ce qui est du dessin, celui-ci est vraiment très agréable à regarder, à mi chemin entre le franco belge et le comics américain. Les décors des parties humaines sont réalisés à l'aide d'un logiciel de création graphique, et mis à part le fait qu'ils s'intègrent très bien à l'ensemble, permettent également de montrer le contraste saisissant entre les deux populations de la Terre : les humanimaux, qui vivent avec la nature (et dont les décors sont réalisés "à la main" par l'auteur, tout en courbe) et les humains dans leur univers technologiques. Une très bonne idée.

Donc encore une fois, je suis très agréablement surpris par cette production Oniric, qui l'air de rien, a produit en l'espace de 2 ans trois très bons albums, ce qui n'est pas rien pour une si petite structure.
Inutile de préciser que j'attends la suite de cet Astrodome avec impatience !

Note : 14/20


The Astrodome - Tome 1 de Jean-Marc Arden
Oniric Comics / 2016
ISBN : 978-2359600445
70 p. / 13€

jeudi 7 avril 2016

Le Rayon "U" de Edgar P. Jacobs

Aujourd'hui je vais vous parler du "Rayon "U" de Edgar P. Jacobs". Ce genre de lecture change un peu des habituelles bande dessinées indépendantes, comics, manga ou petits formats dont il est souvent question ici, et ce n'est pas plus mal...

"Le Rayon "U"" est un récit à part dans la bibliographie de Edgar P. Jacobs, car il s'agit d'une part de sa première œuvre publiée sous son nom en  1943 - pour la petite histoire, durant la seconde guerre mondiale, le baryton Jacobs ne trouvant pas de contrat de chanteur, se fait engager comme retoucheur par l'hebdomadaire "Bravo", où il s'occupe de la série Flash Gordon. Seulement voilà, au bout d'un petit moment, le stock de planches originales en provenance des USA se tari et Edgar P. Jacobs prend le relais en dessinant (et scénarisant) quelques planches, jusqu'à ce que la série soit interdite par l'occupant. En remplacement, "Bravo" propose à Jacobs de créer une histoire originale, rappelant le style de Flash Gordon. Ainsi est né "Le Rayon "U"" ! - et surtout, car c'est la seule bande dessinée de Jacobs à ne pas faire partie de la série "Blake et Mortimer" (même si elle fait plus que la préfigurer).

Deux nations, la Norlandie et l'Austradie, sont en guerre depuis des générations et aucune d'entre elles ne semble pouvoir prendre l'ascendant sur sa rivale. Le professeur Marduk, un savant Norlandien a mis au point une invention qui pourrait faire basculer la victoire dans son camp : le rayon "U". Il ne lui manque que, pour le faire fonctionner, un minerai nommé uradium. Accompagné  - entre autres - du Major Walton, du Sergent Mac Duff et du Capitaine Dagon, ils partent donc pour les mystérieuses Îles Noires où se trouve un énorme gisement. Malheureusement pour eux, l'Austradie suit leurs moindres faits et gestes par l'intermédiaire du traître Dagon, qui bien que  très rapidement découvert, parvient à s'échapper et à abandonner la petite troupe dans un environnement plus qu'hostile, où l'on croise des animaux géants, des dinosaures, des hommes singes et autres peuplades pseudo précolombiennes...

À la lecture de ce "Rayon "U"", on sent tout de suite que celui-ci date un peu. Que ce soit au niveau des dessins - qui bien que de très bonnes factures dans le style vintage m'ont un peu fait penser par moment à "Je détruirai toutes les planètes civilisées" de Fletcher Hanks - qu'au niveau du scénario qui n'est qu'en fait une succession de phases d'actions, reliées entre elles par un très mince fil narratif. Du "Rayon "U"" du titre, il n'est question qu'au début, et surtout, on ne saura jamais à quoi celui-ci ressemble, à quoi il sert, et surtout s'il sera réellement opérationnel après l'épopée de nos héros ! Un mcguffin en sorte...

Les rebondissements à la wanegaine sont légion (mon préféré étant quand même celui qui permet au traître de fuir), mais cela fait partie du jeu, puisque l'histoire était publiée dans un hebdomadaire et était donc à suivre. Et même s'ils font parfois un peu gros, cela n'enlève rien au plaisir de la lecture.

Pour autant, cela ne veut pas dire que tout est daté, dépassé et bon à jeter, bien au contraire. Pour ceux qui aiment les aventures du capitaine et du professeur, ils retrouveront ici tous les ingrédients de leurs exploits, voire même quelques visages familiers, et ne seront donc pas dépaysés. Bien sûr, vu qu'il s'agit de la première œuvre, on a plus affaire à un brouillon ou une esquisse, beaucoup moins abouti visuellement et scénaristiquement que ses cadets, mais qui porte en lui les graines du futur chef d'œuvre de Jacobs.

N'étant pas un inconditionnel de "Blake et Mortimer", mais appréciant quand même certaines de leurs aventures ("Le piège diabolique", entre autres, est tout simplement génial), je n'ai été que peu surpris lors de la découverte de ce titre, car comme je le disais plus haut, même s'ils sont plus grossiers et moins travaillés tous les ingrédients sont bien présents : de l'aventure, des rebondissements, de la traîtrise, des savants etc...
J'ai passé un agréable moment en compagnie de Marduk et de ses compagnons, même si, il faut bien l'avouer, le temps a fait son œuvre et a un rendu un peu désuet cette bande dessinée.

À noter qu'on peut, vu l'histoire de sa conception,  un peu considérer ce récit comme le chaînon manquant entre "Flash Gordon" et "Blake et Mortimer", ce qui est donc une curiosité en soit !


Note : 11/20 (objectivement)
        15/20 (en le replaçant dans l'époque et surtout en le regardant comme un prémisse de Blake et Mortimer)

Le Rayon "U" de Edgar P. Jacobs
Blake et Mortimer / 2013
ISBN : 978-2870971857
48 p. / épuisé

mardi 23 février 2016

Hier est né demain de Jan de Fast

Après "Untel, sa vie, son œuvre" de G. Morris, je vais vous parler d'un livre trouvé et sauvé de la poubelle en même temps. Toujours dans la collection Anticipation de chez Fleuve noir, voici donc venir "Hier est né demain" de Jan de Fast. Comme pour "Untel", c'est le titre qui m'a convaincu de lui laisser une chance, car là aussi très énigmatique. 

Arvid a été élevé dans un village de bergers, à la frontière d'un grand désert. Depuis tout petit, il est plus fort, plus grand, plus intelligent que les autres enfants de son âge, mais il n'en tire aucune fierté ni sentiment de supériorité. Il sait aussi inconsciemment qu'il n'est pas né ici et qu'il va devoir traverser le désert pour aller à la rencontre de ses origines. Par delà la souffrance, la mort et le temps...

Ce livre, même s'il n'est pas un chef d'œuvre, se lit très bien et on se laisse porter par le flot de l'histoire sans problème. 
La première partie, racontant la vie d'Arvid, puis son périple à travers le désert est même très intéressante et prenante. Même si l'on sent tout de suite que l'on a affaire à un surhomme, et que donc il ne lui arrivera rien de mal, on prend plaisir à suivre ses pérégrinations à travers les lieux et le temps. Les peuples décrits par Jan de Fast sont crédibles et plutôt bien campés (on aurait même aimé que les descriptions soient un peu plus poussées, ou longues par moment, même si cela n'était bien sûr pas compatible avec les contraintes de la collection "Anticipation"). 
Là où ça se gâte, à mon avis, c'est quand Arvid prend conscience qu'il est l'égal d'un Dieu et que tout lui est possible. On prend alors du "supranormal" plein la tronche, puisque l'auteur nous en sert toutes les 5 pages (j’exagère un peu) et passe donc du sous-entendu de la première partie à l'ostentatoire, ce qui n'était pas - à mon avis - la meilleure des choses à faire pour que l'on continue à s'intéresser à Arvid. Reste les voyages entre les différentes époques et leurs conséquences sur l'entourage du protagoniste qui sont une très bonne idée bien exploitée.

Même si l'on sait depuis le début du livre qu'il s'en tirera sans une égratignure et qu'il distribuera du plaisir à toutes ses conquêtes féminines, la phase d'apprentissage était plus captivante que la suite. Encore une fois, pour moi, les interrogations étaient plus intéressantes que la réponse. Dommage, car dans l'ensemble le livre se laisse lire avec plaisir et est vraiment distrayant.

En ce qui concerne l'écriture de Jan de Fast, je l'ai trouvé très agréable et fluide. Le monde et les peuples qu'il décrit sont attrayant et je pense que si j'arrive à mettre la main sur un volume de la série du Docteur Alan (série phare de de Fast qui raconte les aventures d'un agent gouvernemental voyageant aux quatre coins de l'univers à la rencontre de peuples moins évolués), je n'hésiterai pas à un seul instant.


Note : 13/20


Hier est né demain de Jan de Fast
Fleuve Noir / Anticipation
ISBN : 2265005959
224 p. / Plus commercialisé

mardi 19 janvier 2016

Untel, sa vie, son oeuvre de G. Morris

Aujourd'hui, je ne vais pas parler d'un classique, ni d'un roman récent, et encore moins d'un livre connu. Je vais vous parler de "Untel, sa vie, son oeuvre" de G. Morris. J'ai trouvé ce livre alors que je un placard chez mes parents. Le titre m'a tout de suite accroché, très énigmatique. Et ce n'est pas avec la quatrième de couverture que j'ai pu en apprendre plus sur l'histoire, jugez plutôt : 
"Une vieille chanson de Charles Aznavour trottait dans sa tête avec la faute de français dont l'agrémentait une de ses jolies interprètes d'origine étrangère :
"Un clair matin, je sais que je m'éveillerai différemment que tous les autres jours... " 
Il était éveillé différemment. Il avait l'impression d'être différent. Mais était-ce lui qui avait changé, au cours de la nuit ? Ou bien le monde qui se transformait, à son contact ? Subtilement. Monstrueusement !"
J'allais donc devoir me faire ma propre opinion !

Tout d'abord, un petit résumé : Éric Boissol, employé d'une maison d'édition et séducteur impénitent (un gros queutard, quoi) se réveille un matin avec une étrange sensation. Étrange sensation qui va se confirmer dès qu'il fermera la porte de son appartement pour se rendre à son travail. Travail qu'il n'atteindra jamais (genre le raccourci de David Vincent), puisque tout le monde (ou presque) va essayer de le tuer. S'ensuivra alors une fuite en avant pour échapper à la mort, lors de laquelle il découvrira qu'une race de parasites, "les Plasmoïdes" est en train de coloniser la Terre...


J'ai trouvé ce livre dans l'ensemble pas trop mal, même si je trouve que la première partie, où Éric Boissol se rend compte qu'il y a quelque chose qui ne va pas et essaye d'en comprendre les causes est beaucoup plus intéressante et prenante que la seconde où ayant les réponses à ses questions, il va tenter de combattre les Plasmoïdes.
Dans la première partie, où tous les gens que croise Éric vont essayer de le trucider au bout d'un moment, la sensation d'acharnement est vraiment bien rendu. On croit que cela s'est calmé (comme le passage avec le clochard), mais cela n'est qu'une pause dans la montée crescendo de la violence dont il est victime - mais aussi acteur. Il comprend très vite que personne ne le croit, qu'il ne peut se fier à personne et que la situation peut dégénérer à n'importe quel moment.
La seconde partie est moins pêchue. Éric Boissol a trouvé des "alliés" dans sa lutte contre les aliens et a donc cesser de fuir, pour passer en mode riposte. C'est dans cette partie que l'on apprend la vérité sur le comportement homicide de la population, et sur l'existence des Plasmoïdes. Malheureusement, comme dit un peu plus haut, cette partie n'est - à mon avis - pas à la hauteur de la première, les réponses apportées étant moins intéressantes que les questions posées. Sans parler de la fin qui, d'après moi aurait pu être différente, et plus percutante si le narrateur final avait "récupéré" le parasite de Boissol...

Ce livre est le premier de la "Trilogie des Plasmoïdes", qui se compose également de "Les Plasmoïdes au pouvoir" et "Fallait-il tuer Dieu ?". Si j'ai la chance de trouver ces bouquins sur une brocante je les achèterai par curiosité. Par contre, je ne vais pas écumer le web pour les dénicher, ce premier volume m'ayant laissé une bonne impression, mais sans plus.

Note : 12/20


Untel, sa vie, son oeuvre de G. Morris
Fleuve Noir / Anticipation n°988 / 1980
ISBN : 2-265-01278-5
224 p. / Plus édité

"Untel, sa vie, son oeuvre" de G. Morris n'est plus édité, mais facilement trouvable pour quelques euros sur le web.


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