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dimanche 9 septembre 2018

Quelques crowdfunding intéressants (6)

Après un long hiatus dû - entre autres - aux vacances, voici revenu le temps de vous parler des financements participatifs qui m'ont tapé dans l’œil dans un premier temps, puis au portefeuille dans un second. Et autant vous dire qu'avec la rentrée, la liste est longue. Jugez plutôt.

On commence  - une fois n'est pas coutume - avec la campagne "Amazing Heroes 1/18 scale" sur Kickstarter concernant des figurines de superhéros plus ou moins récents en version 1/18e. Ayant sur mes étagères un très beau Amazing Man qui s'ennuie tout seul, je vais sans aucun doute lui procurer un compagnon de jeu. J'hésite pour l'instant entre "The Beetle" et "Madman". Mais en vrai, j'attends surtout que le palier débloquant "Daredevil", voire celui de "Black Terror" soient atteints. Les contreparties vont de $1 (environ 0,86€) pour un simple remerciement à $600 (environ 520€) pour toutes les figurines + une boîte secrète. Comptez $20 (environ 17,30€) pour une figurine. La campagne prendra fin le 23 septembre.




Nous continuons avec de la bande dessinée, cette fois-ci sur Ulule, avec "Les nouvelles aventures de Fantax". Juste histoire de vous prouver que ce projet est indispensable, voici la liste des artistes impliqués : outre Laurent Lefeuvre (dont vous savez tout le bien que je pense) qui signe une magnifique couverture, vous retrouverez Jim Dandy (idem que pour Laurent Lefeuvre), Jean Depelley, Terry Stillborn, Monsieur Jean-Yves Mitton, Monsieur François Corteggiani, Reedman, Jean-Marie Arnon, Chris Henin, Jean-Michel Arroyo et Paskal Millet ! Les contreparties vont de 5€ pour un simple remerciement à 1000€ pour un pack comprenant entre autre un tirage de tête de l'album et une planche originale de Jean-Michel Arroyo. Comptez 30€ pour l'album.
La date butoir pour participer est fixée au 23 octobre.


On continue chez Ulule avec "Namta", un comics dark fantasy autour de la mandragore. Ce projet est porté par Komics Iniative à qui l'ont doit en outre l'art book de Laurent Lefeuvre (encore lui ?), "Kirby and me" et "Young romance". Autant dire que l'on peut foncer les yeux fermés. Cette série est l'œuvre d'Aurélien Ducoudray et A. Dan. Les contreparties vont de 5€ pour un fond d'écran à 500€ pour la couverture originale. Pour le comics simple, comptez 12€ (17€ pour la version avec la couverture de Laurent Lefeuvre). À noter que si le palier des 20000€ est atteint, nous aurons droit au deuxième tome gratuitement ! Vous avez jusqu'au 16 octobre pour participer.



Toujours chez Ulule, Stéphane de Caneva, le talentueux auteur - entre autres - de "100 milliards d'immortels", propose un artbook intitulé "Io" pour célébrer les 10 ans de sa première parution professionnelle. Vous savez également tout le bien que je pense de cet artiste, je vous conseille donc de vous précipiter pour acquérir ce qui sera sans aucun doute un très bel objet. Les contreparties vont de 7€ pour la version pdf de l'artbook à 250€ pour un pack comprenant entre autres choses une version imprimée de l'artbook et une planche originale de "Metropolis", l'une des séries sur laquelle a travaillé l'auteur. Comptez 20€ pour un exemplaire imprimé de l'artbook.
Vous avez jusqu'au 29 septembre pour participer.


On continue chez Ulule, avec "L'empire de l'imaginaire", la biographie de Gary Gygax, le cocréateur de "Dungeons & Dragons". Les contreparties vont de 25€ pour le livre en version couverture souple, à 108€ pour un pack de 6 livres réservé aux libraires. À noter que les frais de port ne sont pas pris en compte dans le prix, ce qui est dommage.
Vous avez jusqu'au 20 septembre pour y aller de votre écot.


Et toujours chez Ulule, François Tonic a besoin de nous pour voir naître son livre "Une histoire de l'informatique : les ordinateurs de 1973 à 2007". Le livre s'annonce particulièrement passionnant et je ne saurais trop vous conseiller de participer à cette campagne. Les contreparties vont de 15€ pour une exemplaire du livre à 999€ pour un pack de 150 livres réservé aux libraires. 
Vous avez jusqu'au 26 octobre pour faire partie de l'aventure.


Enfin, Northstar Comics propose de participer au financement du deuxième album de la série Hoplitéa (je chroniquerai le premier très prochainement). Les contreparties vont de 5€ pour de simples remerciements à 90€ pour un pack comprenant entre autres un album dédicacé, une commission en A3 et des prints. Pour l'album, comptez 15€, ce qui est vraiment donné. Il vous reste jusqu'au 14 septembre pour en profiter.


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui et c'est déjà pas mal. Grâce à moi votre banquier va vous adorer (les agios tout ça), mais pas autant que les artistes que vous allez aider. Bon dimanche !

mercredi 7 juin 2017

Chroniques cruelles d'hier et de demain de Boris Darnaudet

Après l'enthousiasmant "Quaillou" de Sylvain Lamur qui - scoop ! - connaîtra une suite en 2018, je me suis plongé dans ces "Chroniques cruelles d'hier et de demain" de Boris Darnaudet - un auteur que je ne connaissais pas non plus et qui nous a malheureusement quitté en 2015. Cet ouvrage reprend l'intégralité de la prose publiée par l'auteur, dont le roman "Projet Obis", précédemment publié chez Rivière Blanche et épuisé depuis quelques temps. 
J'ai franchement passé un très bon moment à dévorer ce recueil (qui se compose de trois romans, d'une novella et de nouvelles réunis par le père de Boris, François Darnaudet) abordant différents genres des littératures de l'imaginaire tout en étant très homogène en terme de qualité. J'ai apprécié de goûter à la fois au fantastique, à la science-fiction voire à l'heroic-fantasy en un seul volume !

Dans "Chroniques de Don Emilio - La colère des Dieux Aztèques", nous suivons les aventures de Don Emilio, un hidalgo désargenté, qui suite à un étrange cambriolage, se voit contraint de s'embarquer pour le Nouveau Monde, dans le sillage des conquistadors. Là, dans cette Amérique à feu et à sang, il va être le témoin d'événements singuliers. Il rencontrera des êtres fantastiques et sera amené lui-même à les combattre car il a un don inné pour la magie...

Ces chroniques de Don Emilio sont une excellent entrée en matière. L'écriture y est tonique, sans fioriture - mais pas simpliste - et très agréable. Le découpage en très courts chapitres - il s'agit à la base de nouvelles regroupées pour en faire un roman - permet là aussi d'aller à l'essentiel. 
Bien que nous ayons affaire à un petit noble espagnol confronté à la fin de l'Amérique précolombienne, on sent clairement qu'il y a derrière tout cela un hommage à Rob E. Howard et son Cimmérien. Rien que le premier chapitre rappelle grandement la nouvelle "La tour de l’éléphant", puis les différentes aventures que vit Emilio sont dans la même veine que celles du plus célèbre des barbares. Mais - et cela est très important - nous avons ici un très bon roman d'aventures mâtiné d'heroic-fantasy (à moins qu'il existe un terme précis pour ce genre d'ambiance "conquistador fantasy") et on se laisse prendre au jeu sans aucun problème. 
Le récit est bien construit, l'atmosphère parfaitement rendue et les créatures imaginées par l'auteur sont réellement charismatiques voire iconique (en premier lieu les terribles Tzitzimime, qui bien que n'étant objectivement qu'une énième déclinaison du zombie n'en sont pas moins originaux). De plus, Boris Darnaudet sait si habilement jouer avec les faits et personnages historiques que cela donne une œuvre  tout à fait originale.

Projet Obis est un roman post-apocalyptique. Sur une Terre dévastée par un ultime conflit, un homme se réveille et découvre qu'il ne sait rien - même pas son nom. Adoptant celui de Caution (comme écrit au-dessus de son sarcophage), il part explorer ce monde dont il ignore tout. Il découvre néanmoins assez vite qu'il est doté de capacités de combat qui vont bien au-delà de la moyenne. Il apprend également que ce qui reste de l'humanité est dirigée par une élite vicieuse : l'Ultime Alliance, qu'il va être amené à combattre...

Bien qu'abordant un genre assez classique de la science-fiction, ce court roman est malgré tout un "page turner" comme disent nos amis d'outre-atlantique. En découvrant le monde en même temps que le protagoniste de l'histoire, on veut savoir où tout cela va le (nous) mener. Les influences de Philip K. Dick sont ici assez évidentes à la fois dans l'atmosphère ("La vérité avant-dernière") et dans l'intrigue qui se complexifie au fur et à mesure que le dénouement approche. Quoiqu'il en soit, Boris Darnaudet s'en sort également haut la main et nous livre une histoire très plaisante aux réminiscences de films de série B des années 80 (et c'est loin d'être un défaut pour moi !), qui en utilisant des références familières du genre post-apo réussit néanmoins à être innovante. Les scènes de combats  - très bien écrite - sont le petit plus.

Dans "Le Cycle du Cube", Boris Darnaudet nous entraîne dans différentes époques (la préhistoire, l'époque sumérienne, les Croisades) à la suite d'un mystérieux cube renfermant une force obscure qui corrompt tous ceux qui s'en approche...

Ce cycle, qui se compose de nouvelles est malheureusement resté inachevé, ce qui est très dommage car la trame et l'idée de départ étaient très bonnes et prometteuses. Quoiqu'il en soit, en ce qui concerne ce qui a été effectivement écrit, est très plaisant. Les personnages sont intéressants, complexes et variés. Le fait que l'histoire se déroule sur plusieurs époques couplé au format court des nouvelles permet là aussi d'avoir un style tonique, varié et incisif. Tout va très vite et l'action est très présente. De plus, l'atmosphère assez noire de l'ensemble est très bien rendue, quelque soit la période.

Nindô est le dernier roman sur lequel travaillait l'auteur. Il s'agit d'un roman de fantasy médiévale se déroulant au Japon.
Ushida, un laissé pour compte sans aucun talent se retrouve en possession d'une épée douée d'une vie propre et qui surtout, permet à son possesseur de détenir des talents incroyables de combattant. Il va se retrouver malgré lui au milieu d'une lutte en plusieurs clans rivaux, clans ayant des facultés magiques...

Là encore, cette œuvre inachevée commençait incroyablement bien. L'intrigue de départ, les personnages, l'atmosphère, tout est d'excellente facture. On sent vraiment que Boris avait une attirance particulière pour les arts martiaux, les samouraï et toute la culture nippone. Les phrases sont admirablement bien construites et permette réellement de retranscrire cette atmosphère d'estampe japonaise. On aurait aimé pouvoir suivre Ushida et son épée Murusame jusqu'au bout de leur périple...

Pour ce qui est des nouvelles, j'en ai trouvé quelques unes un peu en dessous du reste de l'ouvrage, mais certaines sont vraiment marquantes et interpellantes, comme par exemple "Le sas" et surtout "La nuit du Bayou".
"Le Sas" raconte l'histoire d'un employé en charge du sas qui permet l'accès à une cabine un peu spéciale puisqu'elle permet de régler les problèmes de surpopulation...
Ce récit très court est vraiment percutant. Le monde futur décrit par l'auteur fait froid dans le dos et la déshumanisation est réellement bien retranscrite.
Dans "La nuit du Bayou", on suit les aventures de trois compagnons hauts en couleurs qui vont tout mettre en œuvre pour retrouver une jeune fille disparue. La traque du coupable les mènera jusque dans le bayou de la Nouvelle-Orléans, où ils vont rencontrer des êtres très singuliers...
Ce texte un peu plus récréatif que les autres (à part sans doute "Le Père Léon"), dans la mesure où l'auteur se permet de convoquer des pastiches des héros des "Mystères de l'Ouest" et de mettre sur pied une équipe de stéréotypes du far west totalement improbable. Comme il est judicieusement dans le texte introductif de cette nouvelle, on sent malgré tout l'influence de Mark Sumner ("La Tour du Diable" et "Le train du Diable" que je vous recommande), mais il y a pire comme référence ! Quoiqu'il en soit, cette histoire n'en est pas moins prenante et opère comme une bouffée d'air frais dans ce recueil parfois très sombre.

Il en ressort de cette lecture que Boris Darnaudet était un très bon conteur qui savait créer des atmosphère et des univers qui, même s'ils n'étaient pas inédits, n'en étaient pas moins originaux, car il savait y mettre sa patte. Les chroniques de Don Emilio et Nindô font parties des meilleures récits d'aventures fantastiques que j'ai lu jusqu'ici - grâce notamment au soin apporté par l'auteur pour créer un univers historiquement cohérent mais qui bascule petit à petit dans le fantastique débridé. J'aime beaucoup la manière dont il procède pour faire pénétrer l'extraordinaire dans l'ordinaire et le faire paraître parfaitement logique. Il faut également souligner les scènes d'action qui sont très bien retranscrites et qui donnent un vrai souffle à tous ces récits.

J'ai beaucoup apprécié également les explications proposées avant chaque récit, qui permettent de resituer ceux-ci dans leur contexte, et dans la vie de l'auteur. Cela donne à voir le processus de création et la construction d'un auteur et de son œuvre.

Décidément, Rivière Blanche est vraiment une maison d'édition à suivre, tant elle propose des pépites. Même s'il est vrai que le décès de Boris Darnaudet donne à  ces chroniques une saveur douce-amère, puisque l'on sait que cet auteur de talent, qui savait raconter les histoires et mettre en place des atmosphères, ne publiera plus jamais. Savoir que nous tenons entre les mains l'intégralité de son œuvre - en plus de la qualité intrinsèque de l'ouvrage - rend ce livre encore plus touchant, comme un ultime - et magnifique - hommage à Boris Darnaudet.

Note : 17/20

Chroniques cruelles d'hier et de demain de Boris Darnaudet
Rivière Blanche / 2016
ISBN : 978-1-61227-520-8
312 p. / 18€

Pour acheter ce livre, allez faire un tour sur le site de Rivière Blanche

mardi 31 mars 2015

Crom le Barbare de Gardner F. Fox et John Giunta

Continuant ma découverte de l’œuvre de Gardner F. Fox, je suis tombé sur ce numéro de la revue de Golden Legends, mettant en vedette l'une des création de l'auteur : Crom le Barbare. Comme expliqué dans l'éditorial, il s'agit bien sûr d'une copie du héros Cimmérien : le fameux Conan. En plus de partager avec celui-ci son monde Hyperboréen, Crom possède également le nom de la divinité principale de Conan. Comme lui, il n'est rien et va devenir roi. Comme lui, il aime bien les femmes et la castagne. La seule différence entre les deux, étant leur couleur de cheveux.
Ce numéro de Golden Legends reprend l'intégrale des trois histoires du Barbare blond, parues en 1950 / 1951.

Dans la première, "Crom The Barbarian", Crom et son peuple des Aesirs, sont attaqués par des hommes bêtes. Voulant sauver Lalla, sa sœur, qui est sur le point d'être enlevée, Crom est assommé et dérive en compagnie de sa sœur dans une barque pendant plusieurs jours. Ils accostent finalement une terre inconnue où Dwelf, un très vieux sorcier lui révèle qu'il l'attendait, pour l'aider à obtenir la jeunesse éternelle. Pour ce faire, il ordonne à Crom d'aller chercher la fontaine de jouvence qui se trouve à Ophir, dans le château de la terrible reine Tanit. Si celui-ci ne s’exécute pas, Dwelf menace de tuer Lalla. Après avoir vaincu tous les dangers (dont un serpent géant) ainsi que Tanit, Crom deviendra roi d'Ophir et se vengera en même temps de Dwelf.
Dans la deuxième, "The Spider God Of Akka", qui se déroule quelques temps après la première, Crom, en compagnie de Lalla et de Tanit, vogue vers Ophir, afin de monter sur le trône. Malheureusement pour lui, son embarcation est déroutée et échoue sur une île peuplée d'hommes-singes. Ceux-ci les attaquent et capturent les deux femmes. Crom est jeté dans le repaire d'une araignée géante. Pendant ce temps, le roi des hommes-singes envoie des émissaires à Ophir pour réclamer rançon. L'usurpateur Bokris répond que le roi peut faire ce qu'il veut de la reine Tanit. Crom réussira à s'échapper, à sauver les deux femmes puis à se rendre à Ophir pour châtier Bokris.
Dans la troisième et dernière aventure, "The Giant from Beyond", Crom, qui est désormais Roi consort d'Ophir, s'ennuie ferme. Un jour un homme blessé et épuisé arrive au palais pour avertir la reine Tanit qu'un géant fait régner la terreur dans une partie de son royaume. L'occasion est trop belle  pour Crom, qui n’hésite pas une seule seconde et décide d'aller rétablir l'ordre à l'aide de son épée.

Les dessins de John Giunta sont agréables à regarder et fleurent bon les années 50. Dans l'ensemble, cela est de bonne facture, sans non plus être transcendant. A noter quand même des problèmes de proportions dans la dernière histoire, où le géant est tantôt haut comme une montagne, tantôt à peine plus grand qu'un homme ! Malgré cela, le trait est plutôt efficace.
Les scénarios des histoires sont quant à eux bien dans l'esprit des aventures de barbares, avec des femmes en détresse, des monstres à combattre, des sorciers pernicieux et des reines un peu masochistes (bim, un coup sur la gueule et elles t'épousent), mais comme pour le dessin, même si cela n'est pas très original, ça à au moins le mérite d'être efficace et de se lire avec plaisir. Gardner F. Fox confirme tout le bien que je pense de lui. 
Il sait raconter des histoires, même s'il vaut mieux ne pas être regardant quant aux situations un peu à la ouineugaine. Malgré cela, Crom le Barbare a un certain charme très années 50 qui fait que l'on pardonne assez facilement et l'on regrette presque qu'il n'y ait pas eu plus d'aventures du barbare blond.


Note : 12/20

Vous pouvez encore vous procurer cette revue sur le site de Decitre, pour la somme de 8,20€ (+fdp)

mercredi 13 août 2014

Jeu de nains de Terry Pratchett

Après Timbré, lu au mois de juin, je viens de finir le volume suivant des Annales du Disque-Monde, à savoir Jeu de nains.
Après avoir découvert plein de nouveaux personnages dans Timbré, ne retrouvons ici de vieilles connaissances, à savoir, la fine équipe du Guet des Orfèvres, menée par Sam Vimaire. Celui-ci se retrouve cette fois-ci confronté à la haine entre trolls et nains, grandissante au fur et à mesure que se rapproche la date anniversaire de la bataille de la Vallée de Koom.

En effet, il y a quelques millénaires de cela, les trolls ont tendu une embuscade aux nains (à moins que ce ne soit l'inverse), dans cette vallée et depuis les deux peuples se vouent une haine indescriptible. L'approche de la commémoration dans les deux communautés, fait augmenter les tensions à Ankh-Morpork. Le guet a donc fort à faire pour que la situation ne dégénère pas totalement, quand le corps sans vie d'un des chefs de la communauté naine est retrouvé sans vie, avec à ses côtés une massue de Troll. Pour que la paix triomphe dans la ville, Vimaire et ses hommes (et troll, et vampire, et loup-garou, et on ne sait trop quoi) vont devoir eux-même aller chercher des réponses dans la mystérieuse vallée de Koom et être rentrés à 18h00 pile, pour que Vimaire puisse lire Où est ma vache ? à son petit Sam.

Timbré m'avait laissé un goût bizarre, comme si l'histoire s'était perdue en cours de route, ce qui était bien dommage, vu que celle-ci était bien sympathique et que plein de nouveaux personnages y faisaient leur apparition. Cette fois-ci, Terry Pratchett réussi à mener tout ça à bien, toutes les pièces de puzzle qu'il dissémine tout au long du roman, trouvant leur place à la fin de celui-ci.

Bien qu'abordant des thèmes assez graves comme l'espécisme (le racisme du Disque-Monde), il réussit néanmoins à nous faire sourire et surtout à nous amener à tourner la page pour connaître la suite de l'histoire.
L'affrontement entre nains et trolls qui prend sa source il y a siècles dans une vallée lointaine et qui par ricochets arrive (presque) à enflammer Ankh-Morpork renvoie à quelque chose qui est toujours d'actualité (surtout ces jours-ci).
Terry Pratchett parodie aussi le Da Vinci Code, mais cela, à mon avis, n'apporte rien à l'histoire. Il aurait pu y aller un peu plus franco - ou alors ne pas l'utiliser du tout. On a l'impression qu'il a juste voulu "surfer" sur le raz de marée qui avait lieu au moment où il écrivait son livre. Voilà pour le petit point négatif.

Encore une fois avec Les Annales du Disque-Monde, j'ai passé un agréable moment mais, il faut avouer que mon enthousiasme de retrouver le Guet des Orfèvres s'est un peu émoussé au long de la lecture. Peut-être que les personnages ont déjà trop servi et n'ont plus rien à dire. Peut-être qu'au bout de trente et un volumes, l'auteur a perdu de sa fraîcheur. Peut-être que je n'aurai pas dû en lire deux à la suite et laisser un peu décanter pour l'apprécier comme il l'aurait fallu.
En tout cas, Jeu de nains, même s'il n'est pas un des chefs d’œuvre de la série, n'en reste pas moins un très bon épisode (j'ai l'impression d'avoir déjà dit ça du précédent). Et cela ne m'empêchera pas, malgré tout, de lire le suivant.

Note : 13/20

Pocket / Pocket Science-Fiction / 2014
ISBN : 978-2266246903
472 p. / 8,40€

vendredi 13 juin 2014

Timbré de Terry Pratchett

Déjà le trentième volume (même s'il y en a "seulement" 29 sortis en poche) de la saga du Disque-Monde de Terry Pratchett. Après avoir touché un peu à tout - le cinéma, la musique, les arts martiaux etc. - l'auteur s'attaque aujourd'hui à... la poste.

Moite von Lipwig est un escroc qui adore son "métier". Malheureusement pour lui, il se fait jour attraper et pendre. Mais pas tout à fait... Le seigneur Vétérini, le patricien de la ville lui laisse le choix entre reprendre la poste d'Ankh-Morpork ou s'en aller par une porte. Ne sachant trop pourquoi lui-même, Moite choisi la poste. 
Cette vénérable institution n'est plus active depuis des années. Le bâtiment tombe en ruine, il n'y a plus qu'une équipe très réduite, sans compter les milliers de lettres qui se sont accumulées au cours des années et qui n'attendent (au sens propre du terme) qu'une chose : être distribuées et surtout lues ! 
Grâce à Moite et à ses méthodes un peu spéciales, la poste va renaitre de ses cendres et même marcher sur les plates bandes de la très puissante compagnie des sémaphores.

Comme toujours avec Terry Pratchett et ses annales du Disque-Monde, le livre se lit vraiment bien et donne envie de tourner la page pour connaitre la suite.  Les personnages sont bien campés et le fait de retrouver des "visages" bien connus de livre en livre permet de donner de la matière à cet univers. Pratchett en profite ici pour approfondir certaines facettes de celui-ci, comme par exemple, les tours clic-clac, ou encore les golems. Il introduit aussi certains personnages que j'espère retrouver dans d'autres livres (j'aime beaucoup les annales du Disque-Monde mais je ne les achète qu'en poche - les livres de l'Atalante sont magnifiques mais malheureusement trop chers pour moi - et je n'informe pas vraiment des intrigues des livres avant de les lire afin de ne pas me gâcher mon plaisir).

Par contre, je dirai que pour une fois, j'ai eu un peu de mal pour savoir où l'auteur voulait réellement en venir, comme si les différentes pièces du puzzle avaient du mal à s'imbriquer entre elles.
Malgré cela, le livre se lit vraiment bien et déborde d'idées géniales, ce qui fait que le plaisir l'emporte. Même si, à mon avis, ce livre n'est pas le meilleur de la saga, il n'en reste pas moins un très bon épisode.

Note : 13/20

Timbré de Terry Pratchett
Pocket / Pocket Science-Fiction / 2013
ISBN : 978-2266236744
508 p. / 8,40€

mercredi 23 avril 2014

Kothar et les démons de Gardner F. Fox

Troisième et dernier opus des aventures de Kothar le barbare (enfin sous nos latitudes, puisque la série originale en comporte cinq. A noter qu'un quatrième livre était prévu - Kothar et les nécromants et que celui-ci n'a jamais vu le jour, suite à l'arrêt de la collection).
Comme pour Kothar le barbare et Kothar l'aventurier, j'avais déjà lu celui-ci, il y a quelque temps. Mais, contrairement aux deux autres, je ne me souvenais pas du tout de l'histoire. Ce fût donc une totale redécouverte. A noter, qu'il s'agit cette fois-ci d'un roman, et non d'un recueil de nouvelles comme les deux précédents livres de la série.

Mindos Omthol, un sorcier très âgé, sent son heure approchée et passe un pacte avec le démon Abathon pour pouvoir retrouver et conserver sa jeunesse. 
Kothar, de son côté, est en route pour Kor, afin de s'y engager comme mercenaire, dans les armées de la reine-démon Candara.
Celle-ci doit son incroyable longévité à Xixthur, un "dieu" que Tor Domnus, seigneur d'Urgal lui a dérobé. Candara décide d'engager Kothar, afin que celui-ci aille récupérer Xixthur, en échange du trône de Kor.
S'en suivront mille et une péripétie, face auxquelles, cette fois-ci, Kothar ne s'en sortira pas toujours intacte.

Encore une fois, j'ai passé un agréable moment de lecture avec ce grand barbare blond. Même si l'intrigue peut paraître un peu confuse (il arrive un moment où on ne sait plus vraiment pourquoi et pour qui Kothar doit faire ceci ou cela), l'action est omniprésente et permet de passer outre les rebondissements et autres retournements de situation un peu téléphonés.
Je trouve vraiment dommage que la collection du Masque Fantastique se soit interrompue avant la publication des deux autres volumes de la série. En effet, je trouve que l'univers et les aventures qui y sont contées sont de très bonne facture, et même si aux premiers abords, Kothar semble être un clone blondinet de Conan, l'action continue et les situations nous font vite oublier ce sentiment. On se retrouve donc avec une très bonne série d'Heroic-Fantasy, (qui n'évite ni les poncifs du genre, ni les dénouements de situation à la "Rambo, le dessin animé"*) avec un héros, qui sans être du charisme du Cimmérien, est quand même assez attachant.
Le plus incroyable, c'est que jusqu'à présent, le cycle de Kothar n'a pas connu d'autre édition (mais que fait Bragelonne ?).

Note : 14/20

Kothar et les démons de Gardner F. Fox
Le Masque Fantastique / 1976
ISBN : 2702405835
192 p.

* C'est à dire à la wanegaine

mercredi 2 avril 2014

Kothar l'aventurier de Gardner F. Fox

Deuxième livre relatant les aventures du Cumbérien Kothar et de son épée magique Frostfire. 
Celui-ci est composé de deux longues nouvelles : "L'Hélice de Nirvalla" et "Une nuée de démons".

Dans "L'Hélice de Nirvalla", Kothar est engagé par un marchand pour voler un joyaux magique (la fameuse hélice), qui permet d'accéder à un monde parallèle, contenu dans ledit bijou détenue par l'empereur Kyros. Dans ce monde parallèle, Kothar aidé par une magicienne affrontera plusieurs dangers et de retour sur sa terre, livrera l'Hélice à un démon particulièrement remonté.

Dans la seconde histoire, "Une nuée de démons", Kothar affronte une secte démoniaque qui a capturé la fille de son receleur. Il parvient à la sauver, mais malheureusement, celle-ci est possédé par un démon invoquée par Lori la Rouge. En échange de sa libération, celle-ci promet de rendre son âme à la jeune fille. Kothar accepte. A la suite de cela, Kothar et Lori font route avec une caravane de marchands. En effet, la sorcière a besoin de se rendre dans un autre pays pour pouvoir invoquer un démon et ainsi récupérer ses pouvoirs magiques. Malheureusement, la caravane est attaquée par une horde de brigands (je vous laisse le plaisir de découvrir leur nom, assez drôle) et Lori faite prisonnière. Avec l'aide d'un dieu oublié, Kothar réussi à la sauver et à terrasser ses adversaires, mais ses péripéties ne sont pas terminées pour autant...

Encore une fois, il s'agit d'une lecture très agréable et pas prise de tête. J'ai toujours autant de plaisir à suivre les tribulations du géant nordique dans ce monde de magie et de violence. Il y a bien sûr toujours des passages un peu too much, mais cela participe au charme des histoires. 
Je trouve l'idée que Kothar ne puisse être riche tant qu'il possédera son épée magique, tout simplement géniale, idem pour sa relation d'amour / haine avec Lori la Rouge.
Les personnages manquent peut-être un peu de profondeur, mais on sait à quoi s'attendre aussi avec ce genre de livre qui mise tout sur l'aventure et l'action plus que sur l'introspection. Le principal étant que ça marche, et avec moi, c'est le cas !

Note : 14/20

Kothar l'aventurier de Gardner F. Fox
Le Masque Fantastique / 1976
ISBN : 2702405444
252 p.

mercredi 19 mars 2014

Kothar le barbare de Gardner F. Fox

 
Il y a quelque temps de cela, sur le blog Imagefig d'Olivier Vermaut, j'avais été intrigué par la vue de la couverture de ce livre et surtout par son résumé. Cela semblait être plus ou moins un clone de Conan, mâtiné d'exploration de donjons et de combats contre des sorciers et ce n'était pas pour me déplaire. J'ai donc fait l'acquisition des trois livres de la série (Kothar le barbare, Kothar l'aventurier et Kothar et les démons). Cela a été l'occasion pour moi de découvrir une collection que je ne connaissais pas du tout : Le Masque Fantastique (qui n'a pas duré très longtemps, l'éditeur préférant se concentrer sur ses romans policiers), qui possède une identité visuelle assez forte. En tout cas, les couverture me parlent et attirent mon oeil, même si, en ce qui concerne Kothar, elles ne sont pas trop en rapport avec l'histoire.

Cela m'a aussi permis de découvrir un auteur, qui est surtout connu pour son travail au DC Comics. Cela se ressent dans son écriture, car il y a très peu (ou pas) de temps morts et des retournements de situation ou des dénouement un peu à la wanegaine (comme dans les comics). Mais cela reste plutôt sympathique et agréable à lire. Et c'est pour ça que j'ai eu envie de relire les aventures du barbare blond.

Ce premier tome de Kothat se compose de trois histoires. Dans la première, "L'épée du Sorcier", Kothar, après avoir combattu sur un champs de bataille, se retrouve le seul survivant de son camp. Il fuit à travers les bois pour essayer d'échapper à ses poursuivants et trouve refuge dans une crypte. Il y rencontre un sorcier mort depuis cinquante mille ans, qui lui donne une épée magique qui lui assurera la victoire dans n'importe quel combat : Frostfire. Par contre, celle-ci s'accompagne d'une malédiction, qui veut que quiconque possède cette épée, ne pourra rien posséder d'autre. Le sorcier lui confie également une mission : trouver un manteau magique et le rendre à son propriétaire, un puisssant mage, afin que celui-ci retrouve ses pouvoirs, donne la victoire finale au camp de Kothar et puisse vaincre Lori la Rouge, la terrible sorcière.

Dans la deuxième, "Le trésor dans le labyrinthe", Kothar est engagé par un riche marchand pour ramener un gigantesque trésor caché au milieu d'un labyrinthe magique. Kothar va y affronter toutes sortes d'ennemis et de dangers. 

Enfin, dans la troisième, "La femme du bois ensorcelé", Kothar rencontre une jeune femme dans une forêt. Elle lui explique qu'elle était auparavant le seigneur des terres alentours, mais qu'elle en a été chassé par un puissant sorcier qui lui a jeté un sort qui la retient prisonnière dans ce bois. Kothar décide de l'aider (car elle est jolie et semble "open" et qu'elle lui promet une jolie récompense). Il se rend donc dans le village voisin dont les habitants sont terrorisés par le sorcier, qui chaque nuit ou presque, grâce à ses pouvoirs, fait disparaitre un villageois. Kothar réussis à vaincre le sorcier et par retrouver la jeune femme du bois. Mais celle-ci s'averera être autre chose qu'une frêle demoiselle. Ce n'est pas grave, car Kothar n'est pas qu'un barbare sans cervelle !

Kothar le barbare est un livre comme je les aime : pas prise de tête. On presque l'impression d'être un train de jouer à un jeu de rôle en lisant ses aventures. Les trois histoires proposées dans ce livre sont assez différentes les unes des autres, même si le déroulement est assez similaire. Cela ne gâche en rien le plaisir de lecture.
A noter qu'à un moment donné, Kothar est qualifié de Cimmérien au lieu de Cumberien (erreur du traducteur ou de l'auteur ?), ce qui est assez drôle.

Note : 14/20

Kothar le barbare de Gardner F. Fox
Le Masque Fantastique / 1976
ISBN : 2702405126
246p.



samedi 4 mai 2013

Un chapeau de ciel de Terry Pratchett

Nous retrouvons Thiphaine Patraque et ses amis les Nac Mac Feegles, qui après avoir vaincu la Reine des Fées dans le livre "Les Ch'tis Hommes Libres", sont retournés à leur vie de tous les jours : fabriquer du fromage pour Tiphaine, et se foutre sur la gueule pour les Nac Mac Feegles.
Deux ans ont passé depuis son retour du Pays des Fées, et Tiphaine qui a maintenant 11 ans, quitte son pays natal pour devenir une sorcière et apprendre le métier (à savoir s'occuper des vieux, des femmes enceintes et des morts pour pas un rond) auprès de Melle Niveau. Malheureusement pour elle, un rucheur est à sa poursuite et désire avidement prendre possession d'elle. Heureusement pour elle, les Nac Mac Feegles (et leur chef Rob Deschamps) et surtout Mémé Ciredutemps seront là pour veiller sur elle et la sortir de ce mauvais pas où elle frôlera - littéralement - La Mort !

Fidèle lecteur des Annales du Disque-Monde depuis un certain temps, je suis toujours ravi de la sortie d'un nouvel opus cette série (je parle bien sûr de la version poche). J'achète donc les yeux fermés et je suis en général plutôt satisfait des œuvres de Mister Pratchett. Un Chapeau de Ciel ne déroge pas à la règle. J'ai encore passé un agréable moment en compagnie de Tiphaine, des Pictsies et de Mémé Ciredutemps. Il y a toujours beaucoup d'humour et le travail de traduction est vraiment très bon. Mais là, en plus, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de poésie, ce qui rend la lecture encore plus agréable.
Je pense que ce livre peut très bien servir de point d'entrée à l'univers du Disque-Monde, car nul besoin de connaître toutes les aventures précédentes pour l'apprécier.


Un chapeau de ciel de Terry Pratchett
Pocket / 2012
ISBN : 978-2266233019
352 p. / 7,60€

lundi 18 février 2013

Les 30 ans des Annales du Disque Monde

Pour célébrer les 30 ans de la série et la sortie de "Timbré", les éditions Pocket ont lancé un site internet à la la gloire du Disque-Monde.
L'idée est plutôt sympa, et ça fait plaisir de voir ce genre d'action en faveur de la littérature de l'imaginaire. Ça nous change de Lévy/Musso. Par contre, si vous êtes des fidèles de la série, ce site ne vous apportera absolument rien.
Allez quand même y faire un petit tour, histoire de.


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