Affichage des articles dont le libellé est Comics. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Comics. Afficher tous les articles

vendredi 19 avril 2019

Quelques crowdfunding intéressants (8)

Même si je n'ai quasiment plus de temps à consacrer au Bazar pour l'instant, je n'en reste pas moins attentif à ce qui se passe autour de moi, surtout sur les plateformes de financement participatifs. 
Et étant donné que ce mois d'avril nous propose deux projets qui sont absolument "must-have" (comme on dit en bon français) pour les amateurs de BD, je ne pouvais que sortir de mon silence pour vous en parler.
Mais jugez plutôt.
On commence donc avec les Éditions Neofelis - dont vous savez tout le bien que je pense de leur travail - qui nous proposent sur Ulule de participer au financement du deuxième tome de l'anthologie d'histoires courtes de l'immense Steve Ditko, et qui fait suite à "Histoires improbables", l'un des mes coups de cœur de 2017. Autant dire que c'est du lourd !

Les contreparties vont de 5€ pour un ex-libris à 127€ pour un pack comprenant les deux tomes de l'anthologie, un livre exclusif à la campagne, des ex-libris et un tote bag. Personnellement, j'ai opté pour le livre simple à 35€, mon banquier ayant refusé de me faire crédit pour le pack à 72€ comprenant le livre + le livre exclusif à la campagne. Et je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr de le regretter toute ma vie...

La campagne se terminera le 19 mai, pour une livraison en février de l'année prochaine. Au moment où j'écris ces lignes, le projet est financé depuis belle lurette, donc n'hésitez pas à y participer pour que l'objet soit encore plus beau et rende hommage au talent de Ditko ! (Et connaissant la production de Neofelis, cela sera le cas !)



Second projet indispensable de ce mois-ci, toujours chez Ulule : le retour de Fox-Boy, rien que ça ! Mes habitués (je suis sûr qu'il y en a au moins un) savent tout le respect et l'admiration que je porte à l'œuvre de Laurent Lefeuvre (et à l'homme aussi), découvert il y a quelques années avec le fascicule Paotr Louarn, qui n'était autre que la première incarnation du garçon-renard. 

Les contreparties vont de 22€ pour l'édition classique à 1900€ pour un pack spécial comité d'entreprise. Je me suis personnellement laissé tenté par la magnifique "green edition" et son wrap-around de toute beauté  à 32€, mais si j'avais gagné à l'euromillion la semaine dernière, je me serais jeté sur le tirage de tête qui est tout simplement à couper le souffle. 

La campagne prendra fin le 29 mai 2019 et est d'ors et déjà financée (pour l'anecdote, cela a été bouclé en 1 heure). Mais plus nous serons nombreux à participer, plus le livre sera beau et gros et accompagné de goodies exclusifs, donc pas d'hésitation, on fonce !

Donc seulement deux projets cette fois-ci, mais mâtin, quels projets ! (seul les plus anciens pourront comprendre cette phrase et la référence).
Bon weekend à vous !

dimanche 24 mars 2019

Quelques crowdfunding intéressants (7)

Je vais essayer de renouer avec ce rendez-vous plus ou moins régulier du dimanche matin, où je partage avec vous des projets divers et variés qui n'attendent que nous pour pouvoir exister. 
Je rappelle bien sûr que je ne touche absolument rien dessus, il s'agit - comme tout ce qui se trouve dans Le Bazar - d'une volonté de sortir des sentiers battus des grosses machines (édition, jeux de rôle  / plateau etc.) en vous présentant des choses qui restent confidentielles, malgré leur intérêt certain.

On commence avec la troisième livrée de "Heroes of the Golden Age" sur Kickstarter, avec toujours une superbe couverture signée Chris Malgrain (mais d'autres versions alternatives par d'autres grands artistes sont également disponibles). J'avais parlé du premier opus de ce projet - qui s'intitulait à l'époque Heroes of the Public Domain - ici. Il s'agit donc d'un guide qui référence et qui présente les superhéros qui ont vu le jour entre les années 30 et les années 50 et qui faute d'adhésion du public, ont disparu des radars de l'édition pour finalement tomber dans le domaine public. L'intérêt de la chose étant de (re)découvrir des superhéros injustement méconnus. En plus, vu que c'est illustré par Chris Malgrain, ça ne peut être que beau. Il vous en coûtera de 8 CA$ (soit environ 5€) pour la version PDF à 400 CA$ pour le guide + la couverture originale de la version de Steven Butler. Pour la version simple de la chose, comptez 15 CA$ + 20 CA$ de fdp soit, environ 23€. 
À noter, bien entendu, tout cela est anglais.


Toujours chez Kickstarter et donc toujours en anglais, je suis tombé sous le charme de ce "Monster Atlas - Volume 2 : British Isles & Nordic Countries". Comme son titre l'indique, il s'agit d'un guide de référencement des monstres et autres créatures fantastiques dont le berceau est - pour faire court - l'Europe du Nord. Étant passionné depuis toujours par ces sympathiques créatures, je trouve ce projet vraiment très intéressant, bien illustré et bien documenté, tout en étant très concis (et donc pas trop difficile à comprendre pour ceux qui sont fâchés avec la langue de Gareth Bale - on a les références que l'ont peut). Il vous en coûtera de 5 CA$ (environ 3€) pour un merci à 300 CA$ (environ 198€) pour les guides 1 et 2 + des pages originales du guide. Pour le guide simple, il y a deux options : le pdf à 15 CA$ (soit environ 10€) ou le guide papier à 30 CA$ + 25 CA$ de fdp (soit environ 36€).
Il existe également une offre pour les deux guides en version papier à 70 CA$ (soit environ 46€), mais les fdp assassins de plus de 26€ rendent la chose beaucoup trop chère pour nos autres pauvres habitants du Vieux Continent...


Et pour finir ce septième numéro, on retourne sur nos bonnes vieilles latitudes et sur Ulule, avec  le numéro 2 de "L'Intrépide", superhéros imaginé par Marcus lorsqu'il était enfant. L'animateur avait réussi à finalement terminer son histoire débutée en 1977 et qui s'était arrêtée sur un cliffhanger de folie (sans doute le plus long et le plus insoutenable de la bande dessinée) en 2014. Il décide de remettre le couvert cette année et je pense que l'on peut lui faire confiance. 
Il vous en coûtera de 5€ pour un merci et une participation à un tirage au sort à 3000 € pour apparaître dans l'album et dans l'émission de Marcus - ce qui me paraît un peu abusé quand même. Pour ma part, je me contenterai sûrement de l'album pour 25€.


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Je vous souhaite une bonne fin de weekend.

mardi 15 janvier 2019

Le Garde Républicain - Annuel Spécial Noël 2018

De retour aux affaires après un long hiatus, dû - entre autres - à un travail de plus en plus prenant et de moins en moins intéressant, je vous propose, pour bien commencer cette année 2019, ma petite chronique du désormais traditionnel numéro de noël du Garde Républicain. 
D'autant plus que ce numéro spécial abrite dans ses pages une invitée de marque : Barbarella, célèbre héroïne née sous les crayons du maître Jean-Claude Forest en 1962. 
Inutile donc de dire que j'étais plus qu'impatient de me plonger dans la lecture de cette aventure plus qu'alléchante.

Niklaus Von Claus alias le Père Noël, est le propriétaire de la planète Noël. Bien que celle-ci soit située en dehors de la zone d'influence de la ZICT - et donc un refuge pour tous les êtres de sac et de cordes de la galaxie, Von Claus y fait régner l'ordre, grâce à ses robots. Aussi, quand on découvre le cadavre du président de la banque de Rigel, le Père Noël demande à Barberella d'enquêter. Celle-ci accepte même si elle ne se sent pas qualifiée pour le poste. Afin de découvrir le criminel qui menace son empire, Von Claus ne voit d'autre solution que de lui adjoindre - en le ressuscitant via une holocarte - le légendaire Garde Républicain. Le couple de superhéros va partir sans attendre à la pêche aux informations afin de démasquer le meurtrier...

Le scénario, croisement improbable entre Agatha Christie et Edmond Hamilton, signé Jean-Marc Lofficier, est vraiment passionnant et prenant. Les pages se tournent à toute vitesse, tant on a envie de savoir qui a fait le coup. La galerie de personnages secondaires - les suspects - est joussivement foutraque, puisqu'on y retrouve Terminator, Mary Poppins ou encore une femme fatale - et ceci sans parler de la présence auprès du Garde (à moins que ce ne soit plutôt l'inverse) de la légendaire Barbarella.
Le plaisir qu'a pris Jean-Marc Lofficier pour l'écriture de cette histoire se ressent lors de la lecture et est vraiment communicative. Le postulat de départ - la planète et le Père Noël pas vraiment recommandable - permet toutes les folies et l'auteur ne s'en prive absolument pas, pour notre plus grand plaisir !
Pour vous dire à quel point, j'ai pris mon pied, j'ai eu l'impression de retrouver l'ambiance d'une des aventures de Magnus Ridolph, personnage de Jack Vance - dont je ne me rappelle malheureusement plus le titre. C'est vous dire si j'ai aimé !

Pour ce qui est des dessins, José Luis Ruiz Pérez fait le travail, mais n'arrive pas à insuffler - à mon goût - le petit plus qui aurait vraiment pu faire la différence. Je pense que cela est principalement dû aux cadrages choisi par l'artiste. En effet, celui a privilégié les plans resserrés sur les visages des protagonistes au détriment de cases un peu plus grandes où nous aurions pu profiter des décors et corps en entier des personnages.
Quoi qu'il en soit, si l'histoire se dévore aussi rapidement, c'est aussi grâce à l'efficacité du travail de l'artiste.
Après, je comprends ce choix, car nous avons ici affaire à une enquête qui est plus dans la veine d'Hercule Poirot que dans celle des Experts et les pensées et la psychologie primant sur l'action. Mais cela est néanmoins un peu dommage, car l'on sent que Ruiz Pérez en a sous la godasse.

Encore une fois, avec un concept totalement différent - et cette fois-ci décalé - Jean-Marc Lofficier et José Luis Ruiz Pérez nous démontrent avec talent que le concept du Garde Républicain, en plus de pouvoir être transposé et transposable à toutes les époques de l'histoire de France, l'est également pour tous les genres. Cette aventure est vraiment une réussite et vient se classer directement dans mon top 3 des numéros du Garde Républicain. Vivement Noël prochain !

Note : 17/20

Vous pouvez vous procurer ce numéro - ainsi que tous les autres opus des séries "régulière" et "spéciale" du Garde Républicain sur le site de l'excellente maison d'édition Rivière Blanche

Enfin, pour que cela soit plus pratique, j'ai référencé toutes mes chroniques du Garde Républicain sur cette page. N'hésitez pas à y jeter un coup d’œil. 

mardi 27 novembre 2018

Les Losers de Jack Kirby

J'ai eu ce très bel ouvrage pour noël dernier et depuis, il reposait dans ma bibliothèque bien au chaud entre l'intégrale d'O.M.A.C et l'anthologie dédiée au grand Jack. Pourquoi ? Tout simplement parce que même si j'aime beaucoup le travail de Jack Kirby, les récits de guerre n'ont jamais été ma tasse de thé. Je l'ai donc pris et reposé deux ou trois fois cette année avant de finalement me lancer dans sa lecture...

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le pilote Johnny Cloud, les soldats Gunner et Clay et le capitaine de la Navy William Storm forment un groupe d'élite envoyé en première ligne partout dans le monde par le haut commandement, dès que l'on besoin de quelqu'un pour une mission de la dernière chance. Ils se retrouvent donc toujours malgré eux au mauvais endroit au mauvais moment, pourtant, grâce à leurs talents et leur expérience, ils s'en sortent toujours. Leurs missions quasi suicidaires, les mèneront en France, en Birmanie, en Amérique du Sud, en Russie ou  encore dans les îles du Pacifique où ils joueront de mauvais tours aux forces de l'Axe et à leurs alliés...

Cet album contient l'intégralité des épisodes de la série réalisés par Jack Kirby. Pour la petite histoire, "Les Losers" existaient bien avant leur reprise par Kirby, et continueront bon-an mal-an également après. Kirby n'avait pas l'habitude, ni de réel plaisir à travailler sur des personnages qu'il n'avait pas créé (ou aider à créer) et ce recueil est donc très intéressant sur ce point. En effet, car même s'il s'agit de récits de guerre et donc, de personnages dont il n'est pas le papa, le maître va réussir à y mettre sa patte et insuffler un petit vent de folie dans ce qui aurait pu (et dû) être sombre à souhait. On retrouve donc des thèmes qui lui sont chers, comme la mythologie, la science-fiction, le surnaturel... 
Les histoires sont dans l'ensemble très bien construites et se lisent d'une traite, grâce à la diversité des thèmes et des lieux qui y sont abordés. En nous emmenant aux quatre coins du globe (ce qui est déjà un exploit sémantiquement parlant), Jack Kirby nous rappelle que cette Seconde Guerre Mondiale - qu'il a vécu sur le terrain - se déroulait partout et impliquait tout le monde. Et bizarrement, même si certains des récits semblent un peu tirés par les cheveux, il y a toujours une trace de vérité. En plus, on se laisse facilement prendre au jeu et mener jusqu'à la conclusion avec un vrai plaisir grâce à l'art de la narration du maître.

Le seul reproche que je pourrais faire ici, concerne bizarrement les personnages principaux qui sont - à mon avis - pas assez caricaturaux pour posséder de vraies personnalités. Tout le long des récits, on se rend compte que ces "Losers" sont assez interchangeables, que ce soit au niveau du caractère et même des dessins. D'ailleurs, si le capitaine n'avait pas un bandeau sur l'œil (Nick Fury si tu nous lit...), quasiment rien ne les distinguerait les uns des autres physiquement. C'est d'autant plus surprenant que les personnages secondaires (Panama Fattie, l'athlète Jones, Ivan, ou encore Rodney Rumpkin) sont plutôt charismatiques et / ou bien campés. Après, ne connaissant pas la série originelle, je ne peux me prononcer sur ce qui est du ressort de Jack Kirby ou pas... Mais quoiqu'il en soit, je trouve cela assez inhabituel pour le signaler.

Au niveau du dessin, on est dans du Kirby pur jus. On y retrouve les krakles, le travail sur les visages et les mains habituel (qui me faisait peur quand j'étais petit), les ombres un peu étranges sur les armes, les poses à la fois pleine de dynamisme et anatomiquement parlant complètement fausses, toutes ces choses qui font que l'œuvre de Jack Kirby est immédiatement reconnaissable, que l'on adore ou que l'on déteste.
Dans l'ensemble - mis à part quelques cases un peu moches à mon goût - on a affaire ici à du grand Jack, en pleine possession de ses moyens et pas loin du firmament de sa carrière. L'énergie qui se dégage des planches est presque palpable par moment, la bestialité de l'être humain également. Donc, tout ce que l'on aime chez lui et qui marque à vie (qui ne se souvient pas de sa première rencontre avec la Chose ou Hulk signé Kirby ?).
Le seul point noir ici, est pour moi le très mauvais encrage de D. Bruce Berry, qui apparaît très basique et bourrin (le manque de précision sur les visages des personnages est vraiment criant) - surtout par rapport à celui toute en finesse et en détails de Mike Royer. Après, tout n'est pas à jeter du travail de Berry, mais je trouve qu'il ne rend pas justice au travail du maître.
En vérité, j'ai relu deux fois de suite ce recueil, car j'ai mis du temps à me mettre dans l'ambiance. Et lors de la seconde je me suis aperçu que les épisodes qui se lisaient d'une traite étaient ceux encrés par Royer... 

Je tiens également à signaler le superbe travail d'Urban Comics, qui décidément savent mettre en valeur leurs albums. La couverture, le papier et l'impression sont vraiment de très bonnes qualités et le lecteur / bibliophile que je suis en a vraiment pour son argent, ce qui est - je trouve - de plus en plus rare de nos jours.

En conclusion, même s'il ne s'agit pas pour moi de la meilleure série de Kirby, "Les Losers" n'en restent pas moins une très bonne série. Il s'agit d'une découverte (même si l'une des histoires figurait en fin de volume de l'anthologie) et d'une très bonne surprise. Je pensais vraiment que j'allais un peu m'ennuyer par moment, mais cela n'a jamais été le cas. Le talent de Jack Kirby pour raconter des histoires et leur insuffler ce petit plus qui transforme une histoire passable en bonne histoire et une bonne histoire en très bonne histoire est bel et bien là et nous oblige à tourner les pages pour connaître la suite des événements. Finalement, le seul gros bémol de cet album reste l'encrage de certains épisodes qui plombe - à mon goût - la lecture en n'étant pas assez détaillé. En tout cas, cela m'a donné envie de me (re)plonger dans les autres œuvres de Monsieur Kirby !

Note : 15/20


Les Losers de Jack Kirby
Urban Comics / DC Archives / 2017
ISBN : 9791026811725
272 p. / 22,50€

jeudi 25 octobre 2018

Le Garde Républicain 10

Quand ce n'est pas le travail, c'est un weekend prolongé qui m'empêche de livrer ma petite chronique en temps et en heure (mais en même temps, je ne vais pas me plaindre d'avoir pu profiter des derniers moments de beau temps). Quoiqu'il en soit, voici venu l'heure de vous parler du dernier numéro en date du Garde Républicain !
Comme de coutume, nous avons le droit ici à deux récits.

La première histoire de ce numéro s'intitule "Mobilis in Mobile" et se passe à Paris en 1972. Dans un bar, un colosse à la mine patibulaire est en train de boire sa bière, quand Pierre Finet - l'ancien Garde Républicain - l'interpelle. Il sait qui il est et qui sont toutes les personnes présentes dans le troquet. C4, le colosse, n'aimant pas qu'on l'interrompe s'énerve et se jette sur lui. Malgré ses pouvoirs (il peut faire fondre ce qu'il veut avec ses mains - même des êtres humains), il est rapidement maîtrisé par l'ancien Garde. Celui-ci lui propose à lui et aux autres (tous des criminels de guerre) de le rejoindre dans une nouvelle organisation nommée N.E.M.O. Il leur promet de les rendre riches ainsi que de leur permettre de se venger de la République et surtout de son héraut - le Garde Républicain ! 

Malgré sa brièveté (à peine 12 pages), cette histoire, signée Terry Stillborn, est une mise en bouche plus qu'appétissante d'une période du Garde Républicain qui sera - à mon avis - très intéressante. D'une part à cause du contexte historico-politique de l'époque choisie et d'autre part car notre héros va devoir faire face à une équipe de super vilains bien déterminés à lui faire la peau. Le fait que ceux-ci soient chapeautés par un ancien Garde est aussi une super idée. J'attends vraiment avec impatience la suite de cette histoire...
Pour ce qui est du scénario, comme indiqué juste au-dessus, il s'agit d'une introduction / présentation d'un groupe de méchants amenés à jouer un rôle un peu plus tard, dans d'autres histoires. Cela n'en est pas moins fait avec talent et - preuve de sa qualité - on aurait réellement envie de lire la suite immédiatement.
Les dessins de Julien Hugonnard-Bert sont vraiment magnifiques et collent parfaitement à l'ambiance du récit. Les personnages sont charismatiques et reconnaissables du premier coup d’œil. Les rares scènes d'action (ce qui est normal dans ce genre de récit) sont parfaitement maîtrisées, à la fois grâce aux positions anatomiquement réalistes et surtout grâce au découpage et à la mise en page très dynamique. On en redemande !
À noter également le caméo de Terry Stillborn en patron de bar, tel un Hitchcock (ou plutôt un Stan Lee).

Le second récit qui a pour titre "Eine Nazi-Europa !" est une uchronie se passant en 2031. L'Europe est sous domination des Nazis (I hate these guys !) qui, après avoir vaincu l'Angleterre grâce à leurs puissants exosquelettes, font régner la terreur. La résistance dans les divers pays d'Europe semble avoir été complètement annihilée. Pourtant, à Paris, l'une des capitales de l'U.E.N. (Union Européenne Nazie), elle essaie de se remobiliser et de lutter contre l'occupant. Lors d'une descente, les troupes Nazies sont confrontées à celui que tous croyaient mort depuis longtemps : Le Garde Républicain, le champion de la Résistance !

Ce second récit est beaucoup plus ambitieux que le premier, que ce soit en termes de pages ou d'univers, puisque nous avons droit ici à une uchronie - certes pas très originale, mais qui reste néanmoins particulièrement efficace, surtout pour nous français.
Le scénario, œuvre de El Dudo, est parfaitement maîtrisé et il s'en dégage un souffle épique. Le fait de ne pas savoir si le Garde Républicain existe toujours est une super idée, qui permet de faire ressentir à la fois le désespoir de la situation et l'espérance qu'il n'en soit finalement rien. Ceci couplé à celui d'en avoir finalement deux pour le prix d'un à la fin fait de cette histoire une des meilleures du Garde que j'ai lu jusqu'ici (la meilleure étant pour moi celle sur la Guerre d'Algérie du numéro 8).
Il faut avouer que la réussite de ce récit doit également beaucoup au magnifique travail de Fred Vervisch. En effet, bien qu'au premier regard son style ne soit pas vraiment ma tasse de thé, une fois pris par le fil de l'histoire, on se rend compte que son trait - et ses couleurs - apportent cette atmosphère de fin du monde qui colle parfaitement au scénario. Son dessin est très dynamique et permet de vraiment apprécier tous les moments forts de l'histoire.

Comme c'est le cas désormais, nous avons également droit à deux pages de croquis et de recherches sur le Garde, et surtout des strips humoristiques mettant en scène le plus français des super héros français. L'une des histoires est signée par Delzant et l'autre par le désormais habituel et habitué Amouricq. Les histoires sont plutôt sympas et permettent de terminer ce numéro en douceur.

En conclusion, j'ai encore une fois passé un super moment à la lecture de ce (déjà !) dixième numéro du Garde Républicain. Les récits présentés ici sont diamétralement opposés, aussi en terme de scénario que de traitement graphique et c'est justement ce qui rend ce numéro intéressant et confirme encore une fois que le concept de ce super héros peut-être mis à toutes les sauces et s'en sortir sans problème, grâce au talent de Terry Stillborn et de tous ses collaborateurs (pour rester dans l'ambiance du second récit ;)). Bref, encore une réussite et j'attends avec impatience la suite !

Note : 17/20


Vous pouvez vous procurer ce numéro - ainsi que tous les autres opus de la série "régulière" du Garde Républicain sur le site de l'excellente maison d'édition Rivière Blanche À noter que chaque numéro du Garde dispose de 2 couvertures différentes (A et B). 

Pour que cela soit plus pratique, j'ai référencé toutes mes chroniques du Garde Républicain sur cette page. N'hésitez pas à y jeter un coup d’œil. 

mercredi 26 septembre 2018

Black Hammer - Tome 2 de Jeff Lemire, Dean Ormston et Dave Stewart

Après un premier tome plus qu'enthousiasmant, je ne me suis pourtant pas jeté tout de suite sur ce nouvel opus qui venait de sortir - alors que j'étais très impatient de le lire. Pourquoi ? Tout simplement parce que j'appréhendais que la suite ne soit pas à la hauteur de ce qu'avait laissé entrevoir le début de cette aventure. J'ai donc attendu un petit peu, histoire de ne pas être trop déçu, si cela s'avérait être le cas. Verdict final ? Un peu plus bas...

Les anciens superhéros de Spiral City sont toujours coincés dans leur nouveau monde qui devient de plus en plus étriqué pour eux. En effet, mis à part Abe, qui semble plutôt se plaire dans cette vie monotone, les autres, Gail et Barbelien en tête, ne se sentent vraiment pas à leur place ici. Leurs vies d'avant leur manquent terriblement et cela ne va pas en s'arrangeant. Lorsque Lucy, la fille de Black Hammer débarque dans leur ferme, tous espèrent que cela signifie qu'une porte de sortie existe. Pourtant, Lucy n'a aucun souvenir de comment elle est arrivée ici. Décidée coûte que coûte à comprendre le pourquoi du comment, elle va mener son enquête et découvrir des choses vraiment étranges sur la petite ville et ses environs. Pendant ce temps, chaque personnage va vivre des événements plus ou moins contrariants...

Autant le dire tout de suite, ce deuxième tome est une vraie réussite. Là où pour le premier il m'avait  fallu une deuxième lecture pour apprécier l'originalité de l'œuvre, il n'en a rien été ici. En effet, si le premier opus était là pour présenter l'univers, les personnages ainsi que le contexte et possédait donc un rythme un peu lent, ce deuxième tome nous plonge directement et profondément dans l'intrigue à proprement parlé et approfondi le background des personnages.
Ici, il n'y a aucun temps morts. Avec une intrigue principale qui nous tient en haleine du début à la fin, agrémentée d'histoires secondaires qui donnent de l'épaisseur aux protagonistes, Jeff Lemire réussit haut la main son pari. Les flash backs participent quant à eux grandement à mettre en place une ambiance et nous permettent de ressentir ce que tous les anciens superhéros de Spiral City - excepté Abe - sont en droit de ressentir. L'ombre de Black Hammer est également très présente tout au long de cet album, ce qui rajoute - vu son horrible fin - une touche de mélancolie collant parfaitement à l'état d'esprit des personnages.

Les dessins de Dean Ormston sont toujours aussi bons et son style participe grandement à la réussite du titre. Il arrive à parfaitement retransmettre l'atmosphère des différents moments de l'histoire, que ce soit lors des flash backs de superhéros ou de science-fiction - avec une mention spéciale pour celui retraçant la rencontre entre le Capitaine Weird et Talky Walky - ou en ce qui concerne l'histoire principale, à l'ambiance très terre à terre et qui devient de plus en plus poisseuse au fur et à mesure du temps (bien aidé il est vrai par le formidable travail de Dave Stewart aux couleurs).
On sent qu'une réelle alchimie s'est développée entre les deux artistes et l'on comprend mieux pourquoi malgré les problèmes de santé de Dean Ormston, Jeff Lemire a insisté pour continuer l'aventure avec lui. 
Comme dans le premier tome, on s'amuse également à reconnaître les différents sources d'inspiration des auteurs pour tel ou tel personnage (le costume de Abe dans le chapitre 10 et l'oie de la Golden Family m'ont bien fait sourire). D'ailleurs, les bonus de fin d'ouvrage, présentant les différentes couvertures originales des comics Black Hammer sont - à ce titre - excellents. 

En conclusion, ce tome est une vraie réussite, aussi bien au niveau du scénario que du dessin. Tout y est parfaitement calibré. Seul l'avenir nous dira si l'univers créé par Jeff Lemire deviendra un classique ou pas, mais en tout cas, au moment où j'écris ces lignes, il s'agit pour moi d'une des plus grosses claques en matière de comics - voire même de bande dessinée en général - depuis très longtemps. J'espère que le troisième tome viendra confirmer ce sentiment que j'ai de lire une œuvre qui fera date dans ce médium. 

Note : 17,5/20


Black Hammer - Tome 2 de Jeff Lemire, Dean Ormston et Dave Stewart
Urban Comics / Urban Indies / 2018
ISBN : 979-1026812067
190 p. / 17,50€

mercredi 19 septembre 2018

Hoplitéa - Tome 1 de Laurent Arthaud et Marti

Cela faisait un petit moment que cet album se reposait sur une des étagères du Bazar. À chaque fois que j'avais voulu attaquer la lecture, je m'étais dit, attend un peu, il y aura bientôt une suite et comme je n'aime pas vraiment attendre les suites et que je préfère tout lire d'une traite, j'ai attendu. Quand la campagne de financement participatif pour le deuxième volume d'Hoplitéa est arrivée à son terme, je me suis dit qu'il était temps pour moi de me jeter sur le premier ! Et je n'ai pas regretté mon attente, car une fois le volume refermé, je n'avais qu'une envie, lire la suite (qui arrive bientôt heureusement) !

Un champ de bataille de la Grèce Antique. Sophia, une fantastique guerrière spartiate fait face à une incroyable menace - composée de monstres en tous genres - tout en essayant de protéger un enfant, qui semble être la cible de cette attaque...
Europolis, de nos jours. Sophia est une femme comblée, aussi bien dans sa vie professionnelle que personnelle, puisqu'elle est mariée à Stéphane, un homme charmant et la mère d'une adorable petite fille. Descendante des Dieux grecs, elle a, pour cela, dû renoncer à son immortalité. Mais le sang divin qui coule dans ses veines lui confère des super pouvoirs, qu'elle met au service de l'humanité au sein de la Justice Force, un groupe de super héros.
Un jour, elle est contactée par un inconnu qui semble tout connaître de sa vie aussi bien personnelle que super héroïque et qui souhaite la rencontrer. Voulant savoir ce qu'il en retourne, elle se rend au rendez-vous et fait la connaissance d'Achiclès. Celui-ci prétend être le descendant des Dieux grecs et avoir besoin du concours de Sophia (ou plutôt de la fille de celle-ci) pour les faire revenir sur Terre. Bien entendu, Sophia refuse, sans se douter que cette décision va avoir des conséquences dramatiques pour elle et tout son entourage...

J'ai beaucoup apprécié cet album, qui - bien qu'étant une histoire de super héros - n'en est pas moins original. Pourtant, me direz-vous, des super héros issus de la mythologie grecque (ou approchante) se retrouve à la fois chez Marvel avec Hercule ou chez DC avec Wonder Woman. Mais même si c'est ce dernier personnage qui nous vient à l'esprit lorsque débute le récit, on se rend vite compte que Laurent Arthaud à sa propre patte pour raconter sa vision des super héros. Un "je ne sais quoi" qui donne à ce récit une saveur particulière et surtout particulièrement agréable.
Le scénario est vraiment captivant, et une fois que l'on a commencé à lire cette histoire, on ne peut s'arrêter avant la fin tant on veut savoir le dénouement de celle-ci. Le fait que chaque chapitre s'ouvre sur une scène du passé (qui finalement éclairera le présent) est une très bonne idée qui amène du rythme, du suspense, des questions et finalement des réponses au récit principal.
Enfin, comme toute bonne tragédie grecque qui se respecte, il y a des morts en veux-tu en voilà et bien malin qui saura où et quand l'hécatombe s'arrêtera. Cette tension sert clairement au rythme et au dynamisme qui se dégage du récit de Laurent Arthaud. 
Le cinquième chapitre est un "spécial origines" qui se termine là où le récit principal débute. Loin d'être un bouche trou, celui-ci est très intéressant, avec une narration beaucoup plus posée que les autres et qui nous montre donc les origines mythologiques de Sophia / Hoplitéa, permettant de rajouter de l'épaisseur et un gros background au personnage principal.

En ce qui concerne les dessins, Marti - déjà croisé sur l'excellent Centaur Chronicles - réalise un très bon travail. Mis à part le premier chapitre où l'on sent que l'artiste se cherchait encore un peu, aussi bien au niveau du dessin à proprement parlé que de la mise en couleur, le reste du volume répond largement à nos attentes. Les personnages sont reconnaissables du premier coup d’œil, les scènes de combat ou d'action sont parfaitement rendues et la mise en page assure une fluidité parfaite de la lecture.
Les personnage sont un parfait mélange de différences influences aussi bien comics que manga, qui donne un style à la fois recherché, sans prétention et dynamique, très agréable à l’œil.
Marti est aussi à l'aise avec les scènes "grecques" qu'avec les scènes contemporaine / futuriste et bien que ces deux atmosphères soient très différentes, les transitions se font naturellement. Nous n'avons pas l'impression de lire deux histoires différentes, mais une seule se déroulant à deux époques ou lieux différents.
Donc, malgré la petite faiblesse graphique du début, (j'ai pourtant apprécié que cet épisode ne soit pas redessiné afin de coller plus parfaitement au reste, puisque cela permet d'apprécier le chemin - et le travail - qu'ont accompli les deux auteurs depuis le début de cette série), qui est finalement sans conséquence, Marti nous livre un travail soigné et vraiment réussi, du même niveau que son travail sur Centaur Chronicles.

En conclusion, je dois dire que j'ai vraiment pris du plaisir à lire cet album. Comme indiqué plus haut, j'ai vraiment été pris par l'histoire et me suis retrouvé à tourner les pages les unes après les autres pour connaitre la suite des aventures de Sophia / Hoplitéa.
Nortstar Comics fait décidément du très bon travail (Le Privé - dont je ferai une chronique bientôt est du même niveau) et parvient à prouver qu'il est possible de faire du comics made in France sans paraphraser les américains et surtout sans avoir à rougir vis à vis d'eux. Il me tarde maintenant de lire le volume 2 qui devrait voir le jour avant la fin de l'année !

Note : 15/20


Hoplitéa - Tome 1 de Laurent Arthaud et Marti
Northstar Comics / 2016
ISBN : 978-2-9556898-0-6
152 p. / 15€

mercredi 18 juillet 2018

Le Garde Républicain - Annuel Spécial Noël 2017

Après le Mexique et New York, Le Garde Républicain regagne ses pénates pour ce dernier numéro en date des annuels spécial noël qui lui sont consacrés (j'ai donc finalement réussi à résorber mon retard concernant ceux-ci et ça, c'est une bonne nouvelle). Il sera donc confronté ici au plan diabolique ourdi par deux supervilains bien décidés à mettre Paris à feu et à sang, pour des raisons qui leur sont propres. L'annuel de 2014 fleurait bon la SF, celui de 2015 était comics à 100% et celui-ci nous flirte - pour notre plus grand bonheur - avec l'horreur et le fantastique. Bref, cela donne envie de se plonger dans sa lecture sans plus attendre !

Tandis qu'ils sont en train de préparer Noël dans leur repaire secret, Bricolo, Le Garde Républicain et Marianne sont dérangés par une alarme : quelqu'un vient de commettre un vol dans le "Cabinet noir", la salle secrète où la République conserve tous les artefacts et autres objets magiques en sa possession. Lorsqu'ils arrivent sur place, Le Garde et Marianne sont confrontés au "Bourreau de Béthune", un supervilain descendant des rois de France et - à ce titre - voulant rétablir la monarchie dans le pays. Alors qu'ils étaient en train de prendre le dessus, le Bourreau utilise  "Le Doigt de Quasimodo" - une pierre magique changeant temporairement en statue ceux qui sont frappés par son rayon - pour les neutraliser. Puis, s'emparant de "L'Orbe des Templiers", il regagne les catacombes pour rejoindre son allié de circonstance : Baphomet, une créature ayant les mêmes origines que Wampus, qui pendant ce temps, a réveiller tous les corps des catacombes pour déverser sur la capitale des milliers de zombies habillés en père noël, afin d'y faire régner terreur et chaos. Dans cette périlleuse mission, Le Garde Républicain pourra compter sur le soutien de la vampire Bouche Rouge, ainsi que sur Le Comte de Saint-Germain...

J'ai encore une fois passé un très bon moment avec cet annuel du Garde. Le récit est très bien construit et très dense, tout en se lisant très bien. En effet, même si beaucoup de personnages de l'univers Hexagon Comics sont à l'œuvre ici, ceux-ci sont bien présentés, ce qui permet au novice que je suis de ne pas avoir l'impression de prendre le train en route et surtout de rendre la lecture de cette histoire trépidante, très fluide.
Comme toujours avec le travail de Jean-Marc Lofficier sur Le Garde Républicain, on se demande comment il réussit à faire tenir tout ceci (action débridée, personnages multiples, petites histoires parallèles) en si peu de pages et surtout en réalisant un récit captivant qui tient la route. Appelons ça le talent, sans doute.
Enfin, j'ai beaucoup apprécié le second degré présent dans cette histoire avec Baphomet qui choisit des costumes de père noël pour attifer ses zombies. Cela m'a un peu fait penser à la nouvelle de Boris Darnaudet "Le Père Léon" où le narrateur et ses amis sont attaqués - et massacrés - par un père noël tout droit sorti d'un film d'horreur de série Z. 

Les dessins signés Manuel Martin Peniche sont très agréables dans l'ensemble, voire vraiment magnifiques sur certaines cases. J'ai trouvé la mise en page également particulièrement bien réussie. Celle-ci est très dynamique et correspond donc parfaitement au ton du récit. Les quelques planches structurées en gaufrier correspondent soit aux très rares moments de calme, soit aux moments où les informations essentielles sont échangées entre les protagonistes. Tout cela est parfaitement pensé, tout en étant très efficace pour ce qui est de la fluidité de lecture des planches.
Les scènes d'action sont parfaitement représentées, que ce soit dans les mouvements des corps, les proportions ou les angles de vues, tout est parfaitement maîtrisé et très léché.
Enfin, le noir et blanc est particulièrement beau et colle parfaitement à la fois à l'ambiance de l'histoire et à la saison où elle se déroule (les parisiens comprendront). Bref, la découverte de cet artiste est vraiment une très bonne surprise pour moi. Je savais déjà d'expérience que Jean-Marc Lofficier sait s'entourer d'artistes talentueux, mais je dois dire que j'ai cette fois-ci été vraiment scotché par le trait de Manuel Martin Peniche. Je vais désormais me mettre en veille active sur cet auteur.

À noter également la très intéressante introduction de Jean-Marc Lofficier, qui permet d'éclaircir certains points (origines, liens) des nombreux personnages qui apparaissent dans l'histoire et qui permet vraiment d'apprécier ensuite le récit sans avoir à se demander qui est qui. Ça donne surtout envie de lire les autres aventures des personnages, mais cela est un autre sujet...

En conclusion, j'ai encore une fois passé un très bon moment durant la lecture de cet annuel spécial noël du Garde. Jean-Marc Lofficier et les différents dessinateurs réussissent à chaque livraison à nous offrir une ambiance différente pour les récits. Comme indiqué en introduction, nous avons eu droit au Mexique du XVIème siècle puis au New York du XXIème, avant Paris cette fois-ci, avec à chaque fois un traitement très différent, mais ô combien intéressant. Cela permet une fois de plus de mettre en avant la force du personnage / concept du Garde Républicain, qui se renouvelle et se réinvente à (quasiment) chacune de ses apparitions. Et ceci pour notre plus grand plaisir ! Vivement la suite.

Note : 17/20


Vous pouvez vous procurez tous les numéros de la série régulière et des annuels du Garde Républicain sur le site de Rivière Blanche. Vous y trouverez également toutes les intégrales Hexagon Comics dont celles du groupe Hexagon, de Gun Gallon et autres Gladiateur de Bronze. N'hésitez pas à aller y faire un tour, cela vaut de détour !
Et comme toujours, vous pouvez retrouver toutes mes chroniques des publications du Garde Républicain sur cette page.  

mardi 19 juin 2018

The White Ghost de Xavier Duvet

Issu d'une campagne de crowdfunding dont j'avais parlé ici, "The White Ghost" est le premier opus d'une série de comics créée par Xavier Duvet, un auteur plutôt spécialisé dans le dessin érotique (voire plus) et surtout doté d'un magnifique coup de crayon.
Les visuels présentés sur Ulule m'ont tout de suite convaincu de participer à cette aventure, et inutile de vous dire que je ne le regrette absolument pas !

Deux brutes s'amusent à tabasser un homme. En surplomb, Kein, un "régulateur" observe la scène avant de se décider à intervenir. Mettant facilement ko les deux teigneux, il retourne à son quartier général pour y retrouver son ami A-lan, qui a été en contact avec lui pendant toute la bagarre. Ensemble, ils s'interrogent à propos d'une fille que Kein a sauvé peu de temps auparavant et qui depuis habite avec eux. Celle-ci semble en effet posséder des pouvoirs étranges, qui pourraient faire d'elle une mutante, population qui,  jusqu'à présent ne semblaient être qu'un mythe. Plus étrange, depuis que celle-ci est avec eux, Kein et A-lan n'ont pas reçu de nouvelles de la "Source", qui assigne les missions aux régulateurs. Ils comprennent que quelque chose cloche quand des soldats - les "piggies" - prennent d'assaut leur bâtiment. Ils n'ont d'autre alternative que de fuir et de se diriger vers la "Source" pour en savoir plus...

Nous avons clairement ici affaire à une série qui s'annonce très prometteuse. L'univers est bien pensé et travaillé, et présente beaucoup de points énigmatiques. Les termes utilisés pour désigner les différentes catégories des personnages ("piggies", "crédit nég", "néo") bien qu'assez transparents, peuvent paraître un peu nébuleux mais juste assez pour nous donner envie d'en savoir plus sur cette société dystopique.
L'auteur sait parfaitement distiller des débuts de réponses, des petits éléments et ce genre de choses qui attisent notre curiosité et nous fait tourner les pages pour espérer en apprendre plus. 
Ce comics de 24 pages ne connaît aucun temps mort. Tout va très vite, et quand cela n'est pas le cas, Xavier Duvet nous distille des informations sur l'univers de ce "White Ghost". Tout ceci fait que l'on lit ce comics à toute vitesse, entraîné que nous sommes par le rythme haletant de l'intrigue et lorsque le couperet du "à suivre" arrive en bas de la dernière page, on se demande quand va sortir le deuxième numéro de cette série, car cette mise en bouche donne envie d'y revenir. Surtout avec le cliffhanger de folie sur lequel nous laisse l'auteur !

Les dessins de Xavier Duvet en noir et blanc sont réellement magnifiques et plein de vie. Les scènes d'action sont parfaitement représentées, que ce soit au niveau du mouvement, des poses ou même du découpage des planches. Les décors bien que très succincts dans toute la partie urbaine, sont d'une efficacité folle et nous mettent dans l'ambiance de  cette histoire futuristico- néo noir-dystopique dans la pure veine des films de ce genre des années 80/90 : Blade runner, Robocop et Futur immédiat (Los Angeles 1991) entre autres.
Le travail du noir et blanc est de toute beauté et l'on se rend compte que Xavier Duvet touche réellement sa bille en ce qui concerne le corps humain avec des ombres à la fois subtiles et redoutablement efficaces. Les clairs obscurs présents tout au long du récit sont également magnifiquement traités et donnent une lisibilité incroyable à l'ensemble du récit. Ce traitement m'a un peu fait penser à celui (tout aussi beau et efficace) de Stéphane de Caneva sur sa série 100 milliards d'immortels.
Le découpage des planches est recherché sans être complexe et permet d'insuffler un vrai dynamisme à la lecture - et donc d'accompagner en parfaite harmonie ce récit qui va à cent à l'heure.

En conclusion, on peut dire que ce premier numéro se révèle être très alléchant et laisse augurer beaucoup de bonnes choses pour la suite des événements. L'intrigue semble solide, l'univers fouillé, et les personnages (même si on n'apprend pas grand chose sur eux) assez bien définis. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour nous proposer une histoire avec une vraie ambiance qui tient la route. J'espère donc que ces promesses plus qu'entraperçues ici seront confirmées avec le deuxième numéro, qui, je l'espère, ne tardera pas trop à sortir, pour que ce coup d'essai (et de maître) ne se transforme pas en one-shot malgré lui.

Note : 15/20


The White Ghost de Xavier Duvet
Auto édition / 2018
ISBN : -
24 p. / 8€

Pour ceux qui souhaiteraient acquérir ce comics, il est toujours possible de le commander directement auprès de l'auteur, via son site internet. Vous vous doutez bien qu'après ce que je viens de vous en dire, je ne saurais trop vous conseiller de le faire séance tenante.


mardi 15 mai 2018

Exposition "The Art of the Brick : DC Super Heroes" à l'Espace Chapiteau

J'ai profité d'un des jours fériés de la semaine dernière pour aller voir l'exposition "The Art of the Brick : DC Super Heroes" qui se tient jusqu'au 19 août au Parc de la Villette et plus précisément à l'Espace Chapiteau
L'exposition présente donc des sculptures en Lego, qui sont l'œuvre de Nathan Sawaya, sur le thème des l'univers des Super Héros DC. Les œuvres sont vraiment impressionnantes et les petits cartels qui les accompagnent indiquent le nombre (hallucinant) de briques qu'il a fallu à l'artiste pour les réaliser. 
J'ai vraiment passé un très bon moment, même si je trouve que les prix pratiqués (surtout pour les enfants qui sont quand même le cœur de cible de l'exposition) sont à mon goût un petit peu trop élevés. 
Je vous invite à venir regarder mes photos (ratées pour la plupart à cause de l'affluence, de la lumière plus que tamisée et de mon manque total de talent) sur facebook ou flickr.


mardi 1 mai 2018

Le Garde Républicain - Annuel Spécial Noël 2016

Je continue à rattraper mon retard en matière d'annuels du Garde Républicain. Avec ce numéro spécial Noël daté de 2016, je ne suis plus qu'à une encablure (l'annuel de 2017) de mon objectif, à savoir être à jour avec les numéros spéciaux du Garde, pour pouvoir ensuite chroniquer au plus près de leurs sorties les prochains annuels, mais aussi les numéros de la série régulière.
Ce numéro met donc en scène le groupe de super héros Hexagon qui comprend Jeff Sullivan, le Pilote Noire, Lys Noir, Gun Gallon Mozam et Max Tornado et qui affrontera cette fois-ci sa Némésis (individuelle et collective), le consortium de super vilains Heptagon, dirigé par le sinistre Zombie Master.

Alors que leur quartier général vient d'être en partie détruit, suite à un affrontement dantesque contre la Reine des Amazones, le groupe Hexagon reçoit la visite d'un agent de la société d'assurance, en charge d'établir un dossier pour un éventuel remboursement. Même si cela s'avère compliqué, les membres d'Hexagon coopèrent de bon cœur avec l'assureur, au point de lui remettre tous les plans du bâtiment. Bien entendu, ce que ne savent pas les super héros, c'est que cet assureur un peu falot n'est autre Korrigan, l'un des  membres du groupe Heptagon qui a juré la perte (voire la mort) d'Hexagon. Avec cet avantage évident, Heptagon lance l'assaut, se rend vite maître des lieux et capture Hexagon. Mais c'est sans compter sur Maxime Saint-Clair alias le Garde Républicain, qui, en vacances à New York, apprend la nouvelle et décide d'aller montrer aux super méchants de quel bois se chauffe le plus français des super héros français !

Encore une fois, j'ai passé un très bon moment en lisant cet annuel. Même si le concept de départ est assez classique (comme expliqué par Jean-Marc Lofficier dans la préface, il y a de grosses ressemblances entre Heptagon et des groupes de super vilains de chez Marvel ou DC), le fait de faire intervenir un assureur qui se révèle être un ennemi d'Hexagon est super idée. Cela permet dans un premier temps de présenter l'univers, les différents personnages et les événements récents que les lecteurs n'ont peut-être suivis (ce qui est mon cas). Cela permet également d'ancrer ces super héros dans une réalité assez proche de la nôtre et de répondre à une question que beaucoup d'amateurs se posent : qui payent les dégâts engendrés par les combats entre super héros.
Dans ce genre de publication, il est indispensable pour le lecteur occasionnel ou nouveau de savoir qui sont les différents personnages et d'où ils viennent. En général, cela implique de longs flash back qui cassent le rythme du récit. Ici, au contraire, j'ai trouvé la présentation des membres d'Heptagon bien amenée. Le format court de cet annuel - qui pourrait être un handicap pour ce genre d'histoire impliquant beaucoup de personnages différents avec un vécu important - s'avère être en fin de compte un avantage, car il s'agit pour les auteurs d'aller à l'essentiel et ne pas plomber le dynamisme de la narration, ce qu'ils réussissent de main de maître, puisque tout en sachant ou l'on va, on veut en savoir plus sur ces super vilains !
Pour ce qui est du récit en lui-même, même s'il s'agit bien entendu d'une histoire assez classique d'affrontement entre deux groupes de personnages dotés de super pouvoirs, cela ne veut pas dire qu'elle est dénuée d'intérêt, bien au contraire ! Les rancunes (voire la haine) des uns envers les autres, les relations entre les différents membres des confréries etc... Tout cela est parfaitement rendu par Jean-Marc Lofficier, qui a en plus l'intelligence de ne faire intervenir que le Garde Républicain qu'en deuxième partie du récit. Cela permet donc de bien faire connaissance avec Hexagon et Heptagon et  ainsi que la tension soit à son comble lors de l'intervention du Garde. D'ailleurs, celui-ci joue ici quasiment le rôle du deus ex machina, qui va venir régler la situation a priori inextricable dans laquelle se trouve les pauvres membres d'Hexagon. 

J'ai trouvé que les dessins d'Eduardo Garcia - en particulier les personnages - étaient vraiment très réussis. La mise en page dynamique et les cadrages recherchés rendent la lecture de cet annuel très agréable. Lors de ma première rencontre avec le travail d'Eduardo Garcia, j'avais émis quelques réserves à cause notamment d'un côté un peu cartoonesque de ces dessins. Soit mon regard et mes goûts ont changés, soit le trait de l'artiste s'est affirmé, mais dans tous les cas, je n'ai pas retrouvé cela ici. Au contraire, j'ai vraiment trouvé son travail de très grande qualité.

En conclusion, on peut dire que cet annuel fait quasiment un sans faute. En fait, le seul vrai point négatif de ce numéro c'est que l'on veut connaître les aventures et les histoires de protagonistes. Et donc pour cela, acquérir les volumes Hexagon Classics ou Strangers correspondants, ce dont mon banquier essaie de me dissuader depuis quelques temps déjà ! Plaisanterie mise à part, j'ai trouvé cette histoire vraiment bien ficelée, pleine d'action et non dénuée d'humour. Que demander de plus ? Le volume suivant peut-être ?

Note : 16/20


Vous pouvez vous procurez tous les numéros de la série régulière et des annuels du Garde Républicain sur le site de Rivière Blanche. Vous y trouverez également toutes les intégrales Hexagon Comics dont celles du groupe Hexagon, de Gun Gallon et autres Gladiateur de Bronze. N'hésitez pas à aller y faire un tour, cela vaut de détour !
Et comme toujours, vous pouvez retrouver toutes mes chroniques des publications du Garde Républicain sur cette page.  

dimanche 15 avril 2018

Quelques crowdfunding intéressants (3)

Déjà la troisième édition de ce rendez-vous que je voulais irrégulier et qui finalement est en train de devenir plus ou moins mensuel. La faute aux projets intéressants qui déboulent quasiment sans discontinuer sur les différentes plateformes de financement participatif depuis le début de l'année, au grand dam de mon compte bancaire...

Une fois n'est pas coutume, je vais vous présenter aujourd'hui un projet qui concerne autre chose que la bande dessinée ou la littérature fantastique : la réédition en Blu-ray, par Bach Films, d'"Elvira Maîtresse des ténèbres". Pour les plus jeunes d'entre vous, ce film culte des années 80, mélange avec beaucoup de bonheur l'horreur et la comédie. J'ai vu ce film il y a très longtemps lors de sa diffusion sur Canal + et j'en garde un très bon souvenir. Accessoirement, la charmante Elvira et ses larges capacités pulmonaires ont été une machine à fantasmes pour les adolescents (voire pré adolescents) des années 80, dont votre serviteur fait partie (ce qui explique sans doute le très bon souvenir évoqué dans de la phrase précédente).
Le projet est à soutenir sur kisskissbankbank jusqu'au 22 avril 2018. Les contributions allant de 25€ pour le Blu-ray du film jusqu'à 120€ pour une version du Blu-ray enchâssé dans un buste d'Elvira (celui qui dit "pléonasme" est prié de sortir).


Second projet de ce post, "The White Ghost" un comics français signé Xavier Duvet. À en croire la présentation, il s'agirait d'un mélange de post-apo et de super héros, ce qui me fait deux raisons de plus de participer au crowdfunding (la première étant que je trouve les dessins plus qu'intéressants).
Le projet est à soutenir sur Ulule jusqu'au 5 mai 2018. Les contributions allant de 2€ pour un remerciement à 1500€ pour le comics avec l'original de la couverture. Sinon, pour obtenir la bande dessinée, comptez 10€ (frais de port inclus), ce qui est plus qu'honnête au vu de la qualité graphique de la chose.


Le projet suivant, nous amène chez Indiegogo, et donc sur un projet en anglais. Mais même si comme moi vous ne maîtrisez qu'un peu la langue de Wayne Rooney (on a les références que l'on peut), je pense qu'il serait dommage de passer à côté ce "Heroes of the public domain guide #1". D'abord parce qu'il est Chris Malgrain inside (contient du Chris Malgrain en VF) et que vous savez tout le bien que je pense de l'homme et de l'artiste, et ensuite car ce guide s'annonce très intéressant pour les curieux / amoureux / archéologues du comics et de la bande dessinée en général. En effet, il s'agit ni plus ni moins que d'un répertoire de tous les personnages de comics tombés dans le domaine public (comme son titre l'indique) et que n'importe qui peut donc utiliser. Les contrepartie vont du simple remerciement à 3 $CAD (soit environ 1,90€) à des originaux à 120 $CAD (soit environ 77€), sachant que cette dernière contrepartie est bien évidemment limitée. Pour obtenir le guide papier (+ la version pdf), il vous en coûtera seulement 10 $CAD + 10 de fdp (soit environ 12,80€). La campagne se terminera le 10 mai 2018.


Enfin, et surtout, retour sur Ulule, pour soutenir le projet d'un autre grand monsieur et artiste, Laurent Lefeuvre, le papa - entre autres - de Fox-Boy. Il nous propose via la structure d'édition Komics Initiative, déjà responsable de "Kirby & Me" et de "Young Romance", un artbook qui s'annonce de toute beauté. Les contreparties pour ce projet "Atelier / Workshop" vont de 10€ pour un poster ou un exemplaire du reportage BD sur les migrants réalisé par Laurent Lefeuvre, à 1000€ pour une planche originale de Fox-Boy + un exemplaire de l'artbook avec couverture peinte (!) par l'auteur. Inutile de vous dire que si je gagne à l'euromillion, cela sera à moi. Malheureusement, comme je n'ai pas de chance au jeu, je vais me rabattre sur un simple exemplaire du bouquin à 30€ . La campagne prendra fin le 12 mai 2018.



Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, et c'est déjà pas si mal !

mardi 20 mars 2018

Black Hammer - Tome 1 de Jeff Lemire, Dean Ormston et Dave Stewart

Aujourd'hui, je vais vous parler du premier tome de Black Hammer, dont la couverture - qui fleure bon les pulps et autres comics vintage - m'a tapé dans l’œil et qu'en conséquence, je me suis fait offrir à noël. N'étant pas un expert des comics actuels (ni même expert en rien d'ailleurs), je ne connaissais absolument pas les auteurs - mis à part Dave Stewart pour son travail sur Hellboy - il s'agissait donc d'une totale découverte, que je n'ai pas regretté. 
Pour être franc, je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire. Au vu de la couverture, je pensais avoir affaire à un bon gros hommage aux comics d'antan, bourré d'action. Je n'ai pas l'habitude de lire les critiques ou les avis avant de choisir mes livres, et je suis bien content de m'en être tenu à ma ligne de conduite pour Black Hammer, car je ne suis pas sûr que de dans ce cas, je me le serais procuré. Quelle erreur c’eut été !

Après avoir sauvé Spiral City de la destruction, Barbalien, l'extraterrestre, le Colonel Weird, Dragonfly, la sorcière, Golden Gail, le robot Walky et Abraham Slam, se retrouvent mystérieusement projetés dans ce qui semble être un autre univers, ressemblant à l'Amérique profonde. Désormais, loin de Spiral City et de leurs anciennes vies, ils ne sont plus qu'aux yeux de la population qui les entoure, qu'une famille dysfonctionnelle. Aucun d'entre eux - si ce n'est Abraham - ne semble se faire à l'idée de rester coincé ici. Pour les autres, au contraire, cela est très difficile, car dans en plus d'avoir perdu leur vie d'avant, ils se sentent épiés en permanence par les villageois du coin qui sentent bien que cette famille n'est pas comme les autres...

Le scénario de Jeff Lemire est vraiment une réussite qui comporte plusieurs niveaux de lectures et surtout beaucoup de clins d’œil aux pulps et aux comics classiques, tels que Captain Marvel (Shazaam), Captain America, Adam Strange voire le Captain Marvel de Marvel et sa Zone négative, ou encore Eerie / Creepy. Vous l'avez compris, la liste est non exhaustive...
J'ai beaucoup aimé l'histoire qui est très prenante et le fait que celle-ci, bien que formant un tout, soit découpée par chapitres se focalisant à chaque fois sur un héros différent. Cela permet de nous présenter à la fois sa vie présente, à laquelle en général, il a du mal à se faire, à sa vie passée, sous forme de flash-back, expliquant ses origines. Même si le concept n'a rien d'original, j'ai trouvé qu'ici, cela était fait avec beaucoup de justesse. On ressent d'autant mieux la confrontation entre cet avant et cet après qui cristallise bien des rancœurs dans cette "famille".
Le rythme est assez lent et les batailles homériques des super héros ne sont racontées qu'en filigrane. On a plus l'impression de lire des chroniques d'une famille dysfonctionnelle dont certains membres sont dotés de pouvoirs spéciaux, qu'un véritable comics à proprement parlé. Mais justement, c'est cela qui est intéressant ici. Cette atmosphère lourde et pesante, faite de non-dits et d'interrogations. Cet univers dont ils sont prisonniers et qu'ils n'acceptent pas. Leur condition de super héros qui finalement ne leur sert plus à rien non plus et qui se révèle être plus un fardeau qu'autre chose. À ce propos, le personnage de Golden Gail, la quinquagénaire coincée dans un corps d'enfant est très touchant. Bref, alors que cela aurait pu se révéler un peu casse gueule, Jeff Lemire livre au contraire une histoire parfaitement maîtrisée, prenante et assez émouvante.

Le travail de Dean Ormston sur ce titre est également de très haut niveau. À la vue des premières pages, j'ai tout d'abord pensé que l'artiste n'avait pas réellement digérer les influences de Mike Mignola et de son Hellboy, mais finalement, cela ne reste qu'une première impression. On se rend vite compte que le dessinateur a son propre style, très intéressant, qui plus est. On sent que Ormston s'est beaucoup amusé à illustrer cette histoire très particulière. Son trait colle parfaitement à cette ambiance à la fois pesante et intemporelle, fantastique et très terre à terre. Bref, un grand écart continuel, qu'il a illustré magnifiquement. Du très grand art !

À la fin de la lecture de ce tome, je me suis dit que c'était vraiment pas mal, même si j'avais un peu l'impression que Jeff Lemire avait voulu faire son Watchmen à lui. Puis, quelques jours plus tard, j'ai relu le bouzin, et je me suis rendu compte que ce Black Hammer n'était en fait, pas que ça et que ce qui avait orienté mon esprit vers le constat d'une resucée de Watchmen n'était en fait qu'une association d'idées. L'auteur propose une revisite d'archétypes de héros de comics, mais cela n'a finalement que très peu de chose à voir avec le travail d'Alan Moore, si ce n'est dans le fait que comme son aîné, il insuffle des angoisses et des problèmes très humains à des superhéros qui y sont d'habitude étrangers. Mis à part ça, le traitement des personnages, le récit, et l'univers sont très différents. Et le fait d'avoir lu et apprécié "Watchmen" ne fait que renforcer cette idée que "Black Hammer" est une oeuvre de très haute volée !

En conclusion, j'ai réellement pris un énorme plaisir avec ce premier tome qui présente les personnages et pose pleins de questions. J'attends donc la suite avec impatience. Ça tombe bien, le tome 2 sort justement le mois prochain !

Note : 16,5/20


Black Hammer - Tome 1 de Jeff Lemire, Dean Ormston et Dave Stewart
Urban Comics / Urban Indies / 2017
ISBN : 979-1026811886
200 p. / 17,50€

mardi 27 février 2018

Le Garde Républicain - Annuel Spécial Noël 2015

Je continue d'essayer de rattraper mon retard en ce qui concerne les numéros du Garde Républicain. Étant quasiment à jour avec la série régulière, je m'attaque à ma pile d'annuels et comme vous pouvez le constater, j'en ai un paquet à chroniquer vu que celui dont je vais vous parler aujourd'hui est celui de 2015 !

Paris, le 31 décembre 2015. Alors que le Garde Républicain est en patrouille dans la capitale, son attention est attirée par un homme s'enfuyant en criant. Se rendant dans le magasin d'où semble être sorti l'homme, le Garde se retrouve nez à nez avec le Lys Rouge, la Némésis de la première incarnation du Garde ! Se ruant néanmoins au combat, il est mis ko par Mister B, un savant fou très dangereux. Celui-ci a d'ailleurs mis au point une machine à voyager dans le temps, ce qui explique la présence du Lys Rouge à notre époque. Avant d'être arrêté par la Brigade Temporelle - qui veille sur le continuum espace-temps - Mister B a malheureusement eut le temps d'envoyer le Garde Républicain loin de Paris et de l'année 2015. Se réveillant au Mexique en 1561, il va jouer un rôle décisif dans une guerre anachronique que se livre des conquistadors alliés à des indiens commandés par Dragut et Bouche Rouge et une horde de Mongols aux ordres du terrible Bal-Sagur !

C'est à un véritable récit épique que nous convie ici Jean-Marc Lofficier. L'histoire démarre sur les chapeaux de roues avec la confrontation irréelle entre le Garde contemporain et le Lys Rouge qui n'a plus donné signe de vie depuis plus de deux cents ans. S'ensuit un long passage où on ne sait pas ce qu'il est arrivé au superhéros français alors que nous suivons cette étrange guerre entre des conquistadors et des mongols, puis des explications de la Brigade Temporelle sur le pourquoi du comment de cette étrange situation. Cette longue parenthèse peut faire paraître le récit un petit peu décousu, mais il n'en est absolument rien. Lorsque tous les fils sont réunis pour le dénouement final, on ne peut que constater que l'auteur nous a emmener où il voulait - et ceci pour notre plus grand plaisir (et le sien aussi je pense). 
Je trouve qu'avec ce récit, Jean-Marc Lofficier a réellement réussi son pari de mêler les personnages du catalogue Hexagon Comics, comme la Brigade Temporelle, Dragut, Bouche Rouge etc. à l'univers du Garde Républicain. J'ai toujours trouvé cette démarche - à savoir vouloir fédérer au sein d'un univers cohérent tous les personnages de l'ex catalogue Lug - très intéressante. Même si malheureusement, je n'ai toujours été très convaincu par l'approche qui en été faite, par exemple avec Wampus. Mais, ici, cela marche parfaitement bien. Tellement bien d'ailleurs, que j'ai bien envie de me procurer les intégrales de la Brigade (j'ai toujours beaucoup aimé le thème des voyages dans le temps).

Les dessins d'Alfredo Macall sont de très bonne facture et collent parfaitement à l'ambiance mise en place par Jean-Marc Lofficier. Les scènes de combat sont dynamiques, les personnages très réussis, ainsi que les décors. Je trouve également le design de Gog et Magog, les deux robots géants de Bal-Sagur magnifiques. La mise en page des planches est également très dynamique et très inventive par moment, comme sur la double page mettant en scène le combat final entre le Garde contre Magog d'un côté et Dragut contre Gog de l'autre. Ce découpage donne vraiment l'impression d'être au coeur de l'action. 
J'ai également beaucoup apprécié le fait que le récit soit en noir et blanc. Cela permet de vraiment admirer la qualité du travail réalisé par Alfredo Macall sur cette histoire. Une vraie réussite.

J'ai donc passé un très bon moment en compagnie du Garde Républicain et des héros Hexagon Comics ici convoqués. Ce numéro est l'un des meilleurs que j'ai lu jusqu'à présent, grâce au souffle épique qu'à su insufflé Jean-Marc Lofficier à son récit, au thème (le voyage dans le temps, les anachronismes), au cadre (le Mexique du XVIème siècle) et également grâce aux magnifiques dessins d'Alfredo Macall. J'ai désormais hâte de lire l'annuel de 2016. 

Note : 17/20


Vous pouvez vous procurez tous les numéros de la série régulière et des annuels du Garde Républicain sur le site de Rivière Blanche. Vous y trouverez également toutes les intégrales Hexagon Comics dont celles de la Brigade Temporelle et de Dragut. N'hésitez pas à aller y faire un tour, cela vaut de détour !
Et comme toujours, vous pouvez retrouver toutes mes chroniques des publications du Garde Républicain sur cette page.  

mardi 19 décembre 2017

Le Garde Républicain 2054 - Tome 2 : Au nom de la République de Jean-Yves Mitton

Pour ma dernière chronique de cette année 2017, j'ai choisi de vous parler une fois de plus du Garde Républicain, mais pas n'importe lequel, non. Mais de celui qui est l'œuvre du maître Jean-Yves Mitton. Un peu plus d'un an et demi après un premier tome très enthousiasmant, voici enfin le second et dernier tome de cette histoire hors-série (et hors-norme) du Garde Républicain. 

2054. Alors que le Bakchishtan vient de remporter la finale de la coupe du monde de football aux dépends de la France, Motaasseeb, chef de La Spirale, une milice terroriste qui a renversé le gouvernement, apparaît sur les écrans géants du stade. Il exige du Président de la France et de l'Émir du Bakchishtan qu'ils lui remettent à la fois la force nucléaire de la France et les puits de pétrole bakchistanais. Si cela n'était pas fait dans l'heure à venir, le stade et tous ses spectateurs seraient réduits en cendres par une bombe atomique.
En parallèle, Bricolo, Doc "Troufignac" et Gavroche engagent une course contre la montre pour se rendre au Stade de France et déjouer les plans des terroristes. Tandis que, le Garde Républicain pénètre dans le quartier général de La Spirale, bien décidé à en finir avec Motaasseeb, responsable - croit-il - de la disparition de son ancienne fiancée. Il découvre alors que celle-ci est sous l'emprise du chef de La Spirale et manque lui-même d'y succomber. Heureusement, l'intervention de Marianne le fait revenir à lui et à sa mission : éradiquer La Spirale et sauver la France...

Comme pour le premier tome de cette version 2054 du Garde Républicain, j'ai passé un très agréablement moment de lecture. Pour être franc, j'avais un peu l'impression d'être en train de lire une adaptation dessinée d'un film d'action américain des années 80 (les meilleurs à mon goût). Comme une version francisée de Robocop mâtinée d'Archer Blanc. Un cocktail détonnant, mais ô combien efficace !

Comme de coutume avec Jean-Yves Mitton, cette histoire est d'abord un vrai plaisir pour les yeux tant le trait y est clair, maîtrisé et dynamique. Comme dans le tome précédent, le cadrage et le découpage des planches très soignés y sont pour beaucoup pour dans cette réussite. Les planches sont belles, énergiques et variée dans leurs compositions, tout en restant d'une lisibilité incroyable.
Les personnages sont magnifiquement représentés et tout de suite identifiables. Les décors ne sont pas en reste non plus, et le mélange Paris actuel / Paris futuriste fonctionne à merveille.
À noter également le travail de colorisation de Reed Man qui apporte vraiment une dimension supplémentaire aux dessins du maître.

Pour ce qui est de l'histoire en elle-même, elle est dans la continuité du premier tome : à savoir un futur dystopique qui nous renvoie étrangement à des préoccupations bien actuelles. Elle est à la fois complètement dans l'esprit du Garde Républicain, tout en portant indéniablement la patte de Jean-Yves Mitton (notamment grâce à sa science des dialogues). 
L'alternance entre les trois principaux fils de l'histoire (le stade piégé, la course contre la montre de Bricolo, Doc "Troufignac" et Gavroche, et le combat du Garde Républicain et Marianne) nous tient en haleine jusqu'au dénouement final et ne nous réserve que très peu de temps morts.

Ce second tome conclut donc en beauté ce run hors-série du Garde, qui, de par son format d'une part et son auteur d'autre part, fera date dans l'histoire de ce personnage.

Note : 15/20


Vous pouvez vous procurer ce tome (13€ + fdp), ainsi que le premier en utilisant le bon de commande ci-dessous, ou en passant par la page facebook du Garde. Pour les numéros de la série régulière, je vous invite à consulter le site de Rivière Blanche.


Et comme toujours, vous pouvez retrouver toutes mes chroniques des publications du Garde Républicain sur cette page

mardi 12 décembre 2017

The Formidables vs The Mighty Titan de Chris Malgrain, Joe Martino & alii

Après deux premiers tomes très enthousiasmants (dont vous pouvez lire les chroniques ici et ) et en attendant un hypothétique troisième (un gros problème de l'auteur / éditeur Chris Malgrain avec son distributeur ayant repoussé l'album aux calendes grecques), The Formidables, l'équipe de super héros créée par Chris Malgrain revient dans ce très alléchant cross-over en compagnie du Mighty Titan, œuvre de Joe Martino et publié chez Red Anvil Comics. Et je crois que je viens d'écrire la phrase d'introduction la plus longue du monde.

Alors que la nuit vient de tomber sur Herald City, un étrange homme volant apparaît dans le ciel de la ville. Tout de suite interpellé par le Steel Patriot qui le somme de le suivre pour s'enregistrer auprès des autorités compétentes comme l'exige la loi, celui-ci décline son identité : il est The Mighty Titan, le super héros de Chicago, arrivé ici en suivant une étrange sonde. Après un combat épique, les deux hommes conviennent d'un trêve. Le Steel Patriot lui apprend alors où et quand il se trouve. The Mighty Titan est terrifié à l'idée de se rester coincé en 1959. Comment va-t-il faire alors qu'il n'existe aucun traitement pour son cancer ? Et que va devenir sa famille ? Pendant ce temps, Frank Foster, le leader des Formidables, observe la scène depuis son laboratoire secret, d'où il a envoyé la sonde suivie par The Mighty Titan...

Alors que je m'attendais à lire un épisode qui se situerait chronologiquement entre les tomes 2 et 3 des Formidables, j'ai été très surpris de découvrir que ce tome spécial était un peu l'équivalent des Strange Spécial Origines de mon enfance (vous savez ceux avec la tête débonnaire et barbue de Stan Lee qui flottait au-dessus de sa machine à écrire et de ses mains glabres - un peu dans le style du générique de fin des séries signées Stephen J. Cannell). Car oui, on assiste ici ni plus ni moins qu'à la naissance - et donc aux origines - du groupe de super héros imaginé par Chris Malgrain. Celles-ci sont - comme d'ailleurs tout le monde des Formidables - de gros clins d’œil à l'univers de Marvel. On sent vraiment que Chris Malgrain a voulu se faire plaisir en convoquant son panthéon personnel de super héros et lui apportant sa touche et sa sensibilité pour en faire quelque chose de nouveau. Et ça fonctionne, car cela nous fait également plaisir, à nous lecteurs qui nous amusons à retrouver et reconnaître - en plus des qualités intrinsèques de cette œuvre - les personnages ayant servi de modèles à l'artiste.

Le combat entre le Steel Patriot et le Mighty Titan est là pour apporter le côté action / baston indispensable à tout bon comics qui se respecte et permet de contrebalancer le flash-back beaucoup plus calme que nous présente Frank Foster. Cela permet d'équilibrer parfaitement la narration et l'on se retrouve donc avec une histoire courte - mais efficace - et surtout très bien rythmée.

Malheureusement, j'ai trouvé la présence du Mighty Titan est assez peu importante. J'aurais réellement voulu en savoir un peu plus sur ce personnage. Pour cela, je vais devoir aller me fournir chez Red Anvil Comics (ils sont malins ;)).

En ce qui concerne les dessins, ceux-ci sont magnifiquement efficaces ou efficacement magnifiques. On est en terrain familier avec le trait de Chris Malgrain qui est toujours aussi net et qui réalise la plus grosse partie des planches. Les autres dessinateurs sont vraiment à la hauteur et leurs styles s'harmonisent parfaitement avec celui du maître de cérémonie, ce qui fait que nous ne nous apercevons presque pas qu'il y a plusieurs artistes. Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas leur propre style, au contraire, cela signifie juste qu'il n'y a aucune baisse de qualité, et ça il faut vraiment le souligner.

En conclusion, malgré ce format très court, l'album - et l'histoire - font plus que remplir le contrat. De l'action, des interrogations et surtout la vérité sur les origines des Formidables font de ce tome un indispensable pour les aficionados des Formidables et de Chris Malgrain. Vivement la suite !

Note : 14/20


The Formidables vs The Mighty Titan de Chris Malgrain, Joe Martino et alii
FG Prod / 2017
ISBN :
40 p. / 13.90€ (+5€ de fdp)

Vous pouvez commander l'album, ainsi que le premier tome de Centaur Chronicles sur le site de FG Prod dédié à ces dernières. N'hésitez pas !
Web Statistics