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vendredi 22 mars 2019

Allan Mac Bride - Tome 6 : Les ombres de Ta Keo de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas

De retour aux affaires après un (trop) long hiatus, pour cause  - comme d'habitude - de trop de travail qui fait chier et d'enfants qui grandissent trop vite, je vais vous parler aujourd'hui du sixième tome d'une série que j'affectionne particulièrement : Allan Mac Bride, œuvre de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas.
Après nous avoir fait voyager de l'Égypte aux îles du Pacifique, les deux artistes ont débuté un nouveau cycle dans le tome précédent, qui se conclu avec le présent album et qui se passe au Cambodge, plus précisément dans la région de Siem Reap, célèbre pour les magnifiques temples d'Angkor.

Allan Mac Bride se trouve toujours au Cambodge, sur le site d'Angkor où, bien qu'il ne soit plus mandaté par son ami Hervé, il poursuit sa quête concernant les étranges statues d'Apsaras. En effet, il reste persuadé que les mains des statues lui indiquent un endroit précis où il pourra, si ce n'est trouver, au moins en savoir plus sur la mythique épée des anciens rois du Cambodge : la légendaire Preah Khan.
Malheureusement pour lui, même si son intuition s'avère juste, il ignore qu'il est entouré de traîtres qui feront tout pour s'approprier avant lui les fruits de ses découvertes. D'autant plus que plusieurs factions de criminels tirent des ficelles dans l'ombre et n'hésitent pas à se débarrasser purement et simplement de ceux qui les entravent ou les ralentissent dans leur mission. Allan va donc devoir affronter d'énormes périls pour découvrir la vérité...

Encore une fois, Jean-Yves Brouard arrive à trouver le parfait équilibre dans cet album, entre les différents ingrédients de son intrigue, à savoir l'Histoire, la mythologie, le fantastique et l'action pure. Contrairement au tome précédent où l'auteur prenait le temps de nous présenter la légende de l'épée de Pisnokar, il n'y a ici aucune pause ou coupure dans le récit haletant de la quête d'Allan. Celui-ci est toujours en mouvement, quasiment obnubilé par la quête qui est la sienne et qui se transforme, à cause de l'arrivée de la saison des pluies, en course contre la montre. Cette sensation d'urgence est vraiment très bien retranscrite par l'auteur et son histoire sans temps mort.
Ensuite, si vous êtes comme moi, fan d'archéologie à la Indiana Jones, Jean-Yves Brouard nous gâte, avec une grosse partie de l'album qui se passe dans des souterrains antédiluviens situés en dessous des temples cambodgiens qui amènent, bien entendu, leur lot de pièges et aux mystères. Cette atmosphère confinée apporte un vrai plus à la sensation d'urgence de la mission d'Allan Mac Bride.
Enfin, le récit en général est absolument prenant car, en parallèle du côté purement action déjà évoqué, Jean-Yves Brouard a eu l'excellente idée d'y ajouter une énorme dose de suspense en mêlant à l'intrigue non pas une, mais deux factions très intéressées par les découvertes de Mac Bride. Cela met en place une sorte de ménage à trois où l'on sent que ce pauvre Allan va avoir du fil à retordre pour trouver ce qu'il cherche et surtout pour en sortir indemne.
Le seul bémol que je pourrais apporter à mon enthousiasme pour cette histoire, c'est *ATTENTION SPOILER* le revirement du tout au tout de Préah Suryah, le gourou de la secte. Je comprends pourquoi d'un point de vue scénaristique (s'il n'avait pas été totalement changé, il n'aurait pu collaborer avec Mac Bride pour sortir du souterrain et les aventures de l'aventurier se seraient arrêtées là, ce qui auraient été très dommage) et surtout cela permet de d'ajouter une nuance de gris en plus entre le blanc du gentil et brave Mac Bride et le noir de l'horrible Fergusson, mais ce changement est un peu trop brutal et total à mon goût. Mais comme cela n'altère en rien le plaisir de la lecture, on peut dire que c'est du pur chipotage de ma part ! *FIN DU SPOILER*

Pour ce qui est des dessins, Patrick A. Dumas nous régale encore une fois de son talent. Les décors sont à couper le souffle et nous permettent de nous immerger totalement dans l'atmosphère du récit. Tout y est méticuleux et peaufiné dans les moindres détails et ces magnifiques planches participent totalement à la réussite qu'est cet album (et cette série). 
Le découpage des planches bien qu'assez classique, est ici parfaitement pensé pour accompagner l'action à cent à l'heure du récit. On passe d'une case à l'autre très rapidement, sauf parfois, quand l'artiste se permet une courte pause pour une double page à couper le souffle, ou des cases un peu plus conséquentes, pour souligner l'importance de l'action. Un vrai régal pour les yeux !

À la fin de la lecture de ce tome, on se dit qu'un troisième volume n'aurait pas été de trop, tant on aurait voulu continuer à suivre Allan dans ces décors magnifiques (et surtout magnifiquement retranscrits par Patrick A. Dumas) que sont ces temples cambodgiens. Mais en y réfléchissant à tête reposée, on se rend compte qu'en faisant le choix d'un diptyque, les auteurs ont ainsi concentré l'histoire et l'action qui ne connait donc aucun temps mort et l'on se dit que c'est beaucoup mieux ainsi, puisque l'on tourne les pages à toute vitesse pour connaître les rebondissements qui attendent Allan Mac Bride. On est donc triste de quitter si rapidement notre ami archéologue, mais heureux d'en avoir pris plein les yeux dans ce cycle mené tambour battant.
Que dire de plus si ce n'est : vivement la suite des aventures !

Note 17/20


Allan Mac Bride - Tome 6 : Les ombres de Ta Keo de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas
JYB Aventures / 2019
ISBN : 9791090083202
48 p. / 12,80€

Les aventures d'Allan Mac Bride sont disponibles sur le site de Jean-Yves Brouard, JYB-Aventures. N'hésitez pas à aller y faire un tour et à découvrir les autres séries de ce talentueux auteur !

mardi 22 janvier 2019

Intégrale Félix - Tome 4 de Maurice Tillieux


Les Éditions de l'Élan continuent leur magnifique travail de mémoire en l'honneur de ce maître du neuvième art qu'était Maurice Tillieux, en nous offrant deux fois l'an, des pépites que sont ces intégrales de Félix.
Ce quatrième tome ne fait pas exception à la règle et la qualité est encore une fois au rendez-vous avec un volume de toute beauté qui regroupe six histoires du journaliste à houppette, béret et lunettes, toutes parues en 1951.
Contrairement au tome précédent qui avait vu nos trois amis voyager à l'autre bout du monde, nous avons ici affaire - mise à part une histoire "flashback" - à des contrées un poil moins exotiques (Angleterre, Écosse, Marseille et Neuilly), sans que pour autant l'intérêt de celles-ci ne diminuent (c'est même le contraire à mon humble avis).
C'est donc parti pour ma chronique de ce tome 4 de l'Intégrale de Félix par Maurice Tillieux !



Au sommaire de ce quatrième tome :
- Une tête doit tomber
- "Continentale"
- La Liste n°3
- Félix enseigne le judo
- Cette sacrée publicité !
- La momie mène la danse

Dans "Une tête doit tomber", Félix et ses comparses sont à Marseille, pour se reposer de leurs aventures en Corée. Tandis qu'il lit le journal, Félix tombe sur un article concernant l’exécution prochaine du brigadier Durand, coupable d'avoir empoisonné son supérieur. Sentant qu'il y a anguille sous roche, le journaliste va rencontrer l'accusé, puis ayant besoin d'un peu de temps pour prouver l'innocence de Durand, demander à Allume-Gaz et Cabarez de retarder de quelques jours l'exécution de l'accusé. Comment ? Tout simplement en volant la guillotine !

"Continentale" : Suite aux retentissement de l'affaire Durand, Félix et ses camarades sont assaillis de demandes d'interviews de la part de journalistes. Félix étant absent, Allume-Gaz décide de leur raconter l'une de leurs anciennes aventures vécue au Mexique où ils ont aidé leur ami Tony Berto à sauver sa petite compagnie aérienne sur laquelle lorgnait avidement la "Continentale". Cette dernière, dirigée par des hommes peu recommandables n'avait en effet reculé devant aucun moyen pour mettre la main sur l'entreprise de Berto, allant jusqu'au sabotage en plein vol d'un avion. Mais cela était sans compter sur la présence de Félix et d'Allume-Gaz dans le cockpit...

Dans "La Liste n°3", Félix, Allume-Gaz et Cabarez sont à Londres. Ils ont été envoyés par leur journal dans la capitale anglaise pour couvrir des fouilles archéologiques dans le Devonshire. Tandis qu'ils s'absentent de leur appartement, celui-ci est "visité" par deux malfrats qui le mettent sens dessus dessous. Ils sont dérangés dans leur besogne par le retour impromptu de Félix. Après s'être battu avec eux, Félix s'aperçoit qu'il ne manque rien dans ses affaires... Puis il reçoit un coup de téléphone de l'inspecteur Taurus qui lui apprend que l'on a trouvé un message sur cadavre, indiquant qu'une liste se trouvait dans les affaires de Félix. Le journaliste va alors se mettre en route pour retrouver la trace de ses agresseurs, sentant que les deux événements sont forcément liés...

"Félix enseigne le judo" : Tandis qu'ils se trouvent encore à Londres, les trois amis reçoivent la visite d'un homme qui souhaite que Félix lui apprenne quelques rudiments de judo. L'homme étant très (trop) insistant, le journaliste se fait plaisir de lui montrer et de pratiquer toutes sortes de prises sur lui, en faisant beaucoup de bruit. Une fois l'élève reparti, l'inspecteur Degelbee rend visite aux trois compagnons pour leur apprendre qu'un vol de bijoux a eu lieu dans l'hôtel. Plus précisément dans la chambre voisine de celle de Félix. Le journaliste sent que "son élève" n'était pas seulement ici pour prendre une leçon de judo...

Dans "Cette sacrée publicité !", Félix, Allume-Gaz et Cabarez se rendent en Écosse, à Balmoral pour se reposer. Pourtant, dès leur arrivée dans la ville, ils apprennent que Jim Cavendish, un célèbre coureur automobile a disparu, tandis qu'il doit disputer le Grand Prix d'Écosse dans une semaine ! Afin de le retrouver rapidement, une prime de 100000£ est même proposée. Bien entendu, une telle somme va attirer l'attention de deux petites frappes qui vont tout faire pour mettre des bâtons dans les roues de Félix et Allume-Gaz, qui sentent qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette disparition.

"La momie mène la danse" se passe en France et plus précisément à Neuilly, où depuis quelque temps, les chats disparaissent les uns après les autres. En tout, c'est plus de 200 chats qui se sont évaporés en moins de trois semaines. Sentant que cela cache une affaire sordide, Félix part enquêter sur place, secondé comme il se doit par Allume-Gaz et Cabarez. Très vite, ils vont se rendre compte que tout semble tourner autour d'un drôle de personnage : le docteur Boissy, condamné il y a quinze pour trafic de drogues et envoyé au bagne de Cayenne pour y purger sa peine...

Autant le dire tout de suite, ce tome - qui a une saveur particulière pour moi, car il regroupe les histoires par lesquelles j'ai découvert Félix - est une complète réussite. Même "Félix enseigne le judo" qui démarre comme une succession de gags "slapsticks", un peu dans l'esprit de "Les chasses de Cabarez" du tome précédent, se révèle être finalement une très bonne surprise avec ce vol mystérieux commis quasiment sous le nez de nos trois amis et bourré d'humour grâce aux jeux de mots pourris d'Allume-Gaz (qui préfigurent ceux de Libellule dans Gil Jourdan) et au pauvre Cabarez. 
La case qui débute "La liste numéro 3" où l'on voit Félix filer un uppercut à un gars trois fois plus gros que lui est l'image qui reste associé à ma découverte de la série. En effet, quand mon père m'avait ramené cette bande dessinée à la maison (avec également un Timour de Sirius, mais cela est une autre histoire), j'ai tout de suite su que j'allais aimer cette histoire. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un gringalet avec des lunettes filait une rouste à un grand costaud. Pour une fois, le mec à lunettes n'était pas (que) l'intello, mais se servait aussi de ses poings ! Mais ce qui m'a vraiment fait basculer dans la série, c'est le subtil mélange d'action et de suspense que l'on retrouve dans cette histoire. En très peu de cases, nous avons l'impression qu'il se passe tellement de choses qu'il parait impossible que cette histoire ne fasse que 12 pages. Et on comprend ensuite pourquoi Maurice Tillieux réutilisera ces histoires / idées pour des albums de 48 pages.
Cette histoire était pour moi, jusqu'ici la meilleure de toute celles que j'avais lu, mais ça c'était avant que je ne découvre l'histoire qui clôture magistralement ce quatrième tome : "La momie mène la danse". Tout dans cette histoire est une réussite. Maurice Tillieux arrive à créer une atmosphère très particulière qui ressemble un peu à celle de l'histoire "N'y touchez pas, il est maudit !" présente dans le tome 5 (ce qui est un peu normal vu qu'il s'agit chronologiquement du récit venant ensuite), à savoir quelque chose de très particulier, mélange de fantastique et réalisme très terre à terre. Le fait que cela se passe en banlieue parisienne rajoute aussi à cette réussite, car l'on se rend compte qu'en 1951, Neuilly était un tout peu différent de ce qu'il est désormais.

Pour ce qui est des autres histoires, elles sont toutes de très haute volée. Que ce soit "Une tête doit tomber" et son idée de départ totalement saugrenue de vouloir voler la guillotine pour repousser l’exécution d'un innocent, "Continentale", où le côté très hard boiled de Félix ressort lorsqu'il menace le vil Moreno de le pulvériser en l'attachant à la turbine de l'avion, ou encore "Cette sacrée publicité !" et son idée de génie - qui sera d'ailleurs "empruntée" par Greg quelques années plus tard. Ce tome 4 est à mon goût le plus homogène de tous ceux qui ont été publiés jusqu'à présent. C'est très simple, il n'y a rien à redire !

Pour ce qui est du dessin, on sent ici - comme pour le tome 3 - que Maurice Tillieux est en pleine possession de ses moyens et maîtrise parfaitement tous les ingrédients de ses histoires. Que ce soient les personnages, les décors (la banlieue de "La momie mène la danse" est criante de vérité et participe complètement à cette atmosphère poisseuse, digne de "Brouillard au Pont de Tolbiac" de Tardi - à moins que ce ne soit l'inverse, vu les décennies qui séparent les deux œuvres), les véhicules... Tout concours à la lisibilité de l'histoire et ne tend que vers un seul objectif : l'action !
La mise en page est elle aussi vraiment impeccable et parfaitement maîtrisée : les angles de vues sont très travaillés, l’enchaînement de divers formats de cases pour coller au rythme du récit et surtout les premières cases de chaque histoire qui donne le tempo du récit sont magnifiques.
Pour être un peu tatillon, je dirai que le seul bémol ici concerne le lettrage des phylactères. En effet, dans certaines bulles on a l'impression que l'auteur s'est laissé aller et n'a pu faire rentrer son texte qu'au chausse-pied ("défaut" que l'on retrouve aussi chez Jacobs et ses fameux récitatifs).

Encore une fois, les copieux dossiers présents en début de volume sont tout simplement indispensables. Nous retrouvons tout d'abord une présentation détaillée de chaque histoire, avec remise en contexte, sources d'influences et indication de réutilisation dans la suite de l'œuvre de l'auteur. Ensuite, nous avons droit à un dossier "Les voitures dans la série Félix", qui montre à quel point Maurice Tillieux était un amateur d'automobiles qui se documentait beaucoup pour pouvoir ensuite les reproduire le plus fidèlement possible dans ses histoires. Passionnant.

On peut dire que j'attendais avec impatience ce tome 4, puisqu'il contient les premières histoires de Félix que j'ai lu étant plus jeune, à savoir : "Une tête doit tomber", "Continentale" et "La Liste n°3". Quel bonheur de pouvoir les relire aujourd'hui "dans leur jus" avec la reproduction à l'identique des pages d'origines et complétées par les programmes non-stop ! Ces histoires me font toujours le même effet et sont pour moi la quintessence de cette série. Sans compter une histoire dont j'avais beaucoup entendu parler sans avoir réussi à mettre la main dessus : "La momie mène la danse", qui apparait finalement comme la meilleure des histoires de Félix que j'ai lu jusqu'à maintenant. Tout y est : de l'action, du suspense, de l'humour, une mise en page et un récit totalement maîtrisés. Bref, que du bon, voire du très bon pour ce quatrième tome de cette intégrale, qui grâce au travail méticuleux des Éditions de l'Élan restera dans les annales de la bande dessinée. Vivement la suite et donc le tome 8 !

Note : 18/20


Intégrale Félix - Tome 4 de Maurice Tillieux
Les Éditions de l'Élan / 2018
ISBN : 978-2960185959
135 p. / 29,95€

mardi 26 juin 2018

Allan Mac Bride - Tome 5 : La ronde des Apsaras de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas

Avec ce cinquième tome des aventures d'Allan Mac Bride, débute un nouveau cycle. En effet, après avoir résolu l'énigme des origines des Égyptiens, notre archéologue préféré - au même titre que le professeur Jones - se trouve désormais en Indochine, et plus précisément du côté d'Angkor, au Cambodge. Inutile de préciser que j'étais impatient de lire ce nouveau volume et ceci pour deux raisons : la première étant que c'est du Allan Mac Bride et que je sais donc que je vais passer un bon moment (cf toutes mes chroniques sur la série), la seconde étant que j'ai eu la chance de visiter Angkor et que ce lieu me rappelle de très bons souvenirs.

Allan Mac Bride se trouve désormais au Cambodge, où il rejoint son confrère et ami Hervé pour l'aider à faire des repérages sur le site d'Angkor, préalables aux fouilles et restaurations prévues après la saison des pluies. La première nuit sur le campement, alors qu'Allan est réveillé, il aperçoit des lumières en haut d'un des monuments d'Angkor. Sentant que quelque chose de louche s'y passe, il entreprend de se rendre sur place. Il est alors témoin d'une étrange cérémonie, se référant apparemment à la mythologie cambodgienne, et où il est question de Preah Khan, l'épée mythique des rois du Cambodge. Manquant d'être découvert, il trébuche et ne doit la vie sauve qu'à une statue d'apsara à la posture inhabituelle. Et jour après jour, péripétie après péripétie, Allan va découvrir un certain nombre de ces statues semblables, comme si elles voulaient lui livrer un message...

Comme indiqué en début de chronique, ce tome 5 marque le début d'un nouveau cycle pour Allan Mac Bride et l'on peut dire que cette mise en bouche donne plus qu'envie de connaître la suite de l'épopée. L'histoire est vraiment haletante, avec beaucoup d'action et de rebondissement, tout en  ménageant quelques poses, en nous présentant les différents récits mythologiques qui servent de déclencheur à la nouvelle quête de l'archéologue. 

Comme pour les précédents tomes de la série, Jean-Yves Brouard arrive à trouver le parfait dosage entre aventure débridée - digne d'un Tintin ou d'un Blake et Mortimer des débuts -, érudition - en nous faisant découvrir ces légendes quasi inconnues sous nos latitudes - et fantastique - avec beaucoup de mystères entourant la mythologie khmère et les statues apsaras. Cela nous donne un cocktail parfait qui nous fait lire l'histoire à toute vitesse, pris que nous sommes par le fil du récit.
L'histoire est comme toujours parfaitement construite. L'intrigue principale se met en place assez rapidement et les secondaires viennent s'ajouter au fur et à mesure pour donner encore plus d'ampleur au récit.
Le fait de faire revenir des antagonistes du premier cycle est également une très bonne idée, puisqu'un grand héros n'en est vraiment qu'un que lorsqu'il y a grand méchant en face de lui.

Patrick A. Dumas nous livre ici encore un travail de très grande qualité. Les décors sont comme toujours à couper le souffle (jeter un coup d’œil sur les détails des tours d'Angkor) et nous plongent réellement dans l'ambiance du récit.
Les personnages sont toujours aussi agréables à regarder leurs postures toujours aussi travaillées pour être physiquement réalistes. Sans être caricaturaux, ils ont de vraies personnalités et sont donc reconnaissables au premier coup d’œil. 
La mise en page est un gaufrier assez classique, mais cela ne dérange aucunement la lecture - bien au contraire - vu que nous sommes clairement dans une série franco-belge et héritière de la ligne claire. L'auteur se permet quelque fois quelques libertés en accordant des cases plus grandes à la représentation d'un des temples d'Angkor, comme pour mieux rendre hommage à la majesté des lieux. Tout ceci concourt réellement à nous immerger dans le récit et à se retrouver du point de vue d'Allan et de ses compagnons. 

En conclusion, je peux dire que j'ai réellement passé un très bon - mais trop court - moment en compagnie d'Allan Mac Bride, dans ce lieu mythique qu'est Angkor. Très bon car ce début d'aventure laisse entrevoir beaucoup de choses intéressantes pour la suite. Trop court, car comme indiqué plus haut, ce tome se dévore réellement d'une traite tant il est intéressant, instructif et trépidant. En deux mots comme en cent : parfaitement équilibré ! Je n'espère qu'une chose, que la suite ne se fera pas trop attendre. Et si cela était le cas, je me consolerai en relisant le premier cycle de notre ami Allan Mac Bride.

Note : 17/20


Allan Mac Bride - Tome 5 : La ronde des Apsaras de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas
JYB Aventures / 2017
ISBN : 9791090083165
48 p. / 12,80€

Les aventures d'Allan Mac Bride sont disponibles sur le site de Jean-Yves Brouard, JYB-Aventures. N'hésitez pas à aller y faire un tour et à découvrir les autres séries de ce talentueux auteur !

En bonus, des apsaras du site d'Angkor et une tête de Bouddha, comme sur la couverture de cette aventure.





mardi 27 mars 2018

Allan Mac Bride - Tome 4 : La cité des dragons de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas

Après trois premiers volumes très emballants (ici, ici et ), je vais vous parler aujourd'hui de ce quatrième tome des aventures d'Allan Mac Bride - l'archéologue britannique qui parcourt le monde à la recherche des civilisations disparues - qui vient conclure le premier cycle de la série. 

Après bien des péripéties, Allan Mac Bride parvient enfin au bout de sa quête. En effet, il débarque sur l'île mystérieuse qui semble être la terre d'origine des Égyptiens. Celle-ci est recouverte d'une végétation très dense et est habitée par d'énormes varans qui ne voient en Allan qu'un très beau repas. Accompagné de Mangiacopra - qui lui a finalement révélé sa véritable identité et le but de sa mission - l'archéologue part explorer la jungle. Il va y découvrir une immense cité perdue,  pleine de mystères et de choses incroyables et qui se révélera être la clé de l'énigme...

Cette histoire conclue en beauté ce cycle des origines des Égyptiens. Tout en restant bien dans l'esprit des aventures précédentes, mais en y ajoutant une dose de science-fiction qui s'intègre parfaitement, Jean-Yves Brouard réussit à nous offrir une conclusion à la fois haletante, étonnante et qui répond aux interrogations d'Allan Mac Bride - et des lecteurs. 

Comme pour les tomes précédents, le scénario de Jean-Yves Brouard est toujours aussi efficace, prenant et plein de rebondissements. Tout en continuant de s'appuyer sur des théories alternatives de l'Histoire, et leur petit côté fantastique qui font l'intérêt des aventures d'Allan Mac Bride, l'auteur se permet ici une intrusion dans la science-fiction, qui a défaut d'être totalement inédite, n'en est pas moins parfaitement maîtrisée. On sent que Jean-Yves Brouard a voulu rendre hommage appuyé à Hergé et Tintin en calquant une partie de son histoire sur celle de "Vol 714 pour Sydney". Mais cela est fait avec tant de talent que cela n'entrave en rien le plaisir de lire et de la découverte de l'histoire, au contraire.  

Les dessins de Patrick A. Dumas, sont encore plus beaux que ceux des tomes précédents. Les décors, que ce soit la jungle ou la cité perdue sont magnifiquement représentés et foisonnent de détails, les rendant très réalistes. Le travail sur les personnages est également de très bonne qualité. Les visages sont plus expressifs et leurs postures encore plus réalistes que dans les histoires d'avant. Grâce au talent de Patrick A. Dumas, ce final tient toutes ses promesses. Du très grand art !

En conclusion, je dois dire que lorsque j'ai acheté le premier tome des aventures d'Allan Mac Bride, je ne m'attendais vraiment pas être surpris - et pris - par l'histoire, le cadre ou les personnages. Et bien entendu, ce fût tout le contraire. 
Les quatre tomes, en plus de nous faire voyager aux quatre coins du globe, de nous apprendre des choses et de nous faire rêver, sont tout simplement passionnants. Comme dit à plusieurs reprises dans mes chroniques précédentes sur la série, j'ai réellement eu l'impression de retomber en enfance et de me replonger dans les lectures qui me faisaient m'évader de mon quotidien à cette époque-là. 
Ce mélange d'aventure, de mystère, de policier et de fantastique n'est forcément pas sans rappeler Tintin - le trait ligne claire de Patrick A. Dumas y contribue aussi - mais en aucun cas nous n'avons affaire un clone. Les influences sont bien digérées et Allan Mac Bride est une série originale et passionnante qui mérite vraiment que l'on s'y intéresse. 

Note : 17/20


Allan Mac Bride - Tome 4 : La cité des dragons de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas
JYB Aventures / 2013
ISBN : 979-10-90083-08-0
48 p. / 12,80€

Les aventures d'Allan Mac Bride sont disponibles sur le site de Jean-Yves Brouard, JYB-Aventures, n'hésitez pas à aller y faire un tour, pour découvrir les autres séries de ce talentueux scénariste.

mardi 20 février 2018

Allan Mac Bride - Tome 3 : L'oiseau des îles de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas

Je continue ma lecture de cette très bonne série qu'est Allan Mac Bride. Après des tomes 1 et 2 plus qu'enthousiasmants, je vais aujourd'hui vous parler du troisième volume de ce premier cycle qui en compte quatre. Après l'Égypte dans le tome 1 et les États-Unis dans le 2, Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas nous emmènent aujourd'hui faire un tour dans le Pacifique et ses nombreuses îles.

Après avoir échappé de peu à la noyade et à un requin affamé, Allan Mac Bride est repêché par deux polynésiens en pirogue qui le déposent finalement sur une île déserte en lui expliquant qu'un voilier viendra le secourir d'ici peu. Peu après, incrédule, l'archéologue voit effectivement la goélette "L'oiseau des îles" mouillée au large de l'île pour venir le récupérer. Puis, Allan Mac Bride est emmené à Nouméa où il retrouve ses affaires laissées sur le paquebot d'où on l'a poussé. Échappant de peu à une embuscade, il sait maintenant que des inconnus souhaitent se débarrasser de lui par tous les moyens. Pourtant, l'archéologue est toujours aussi déterminé à trouver la terre d'origine des premiers Égyptiens. Le capitaine de "L'oiseau des îles" accepte de le prendre à son bord pour l'aider à mener sa quête à bien. Louvoyant d'îles en îlots, ils rencontreront une étrange princesse aux traits égyptiens, seront faits prisonniers par des soldats japonais, délivreront une aviatrice américaine que tout le monde pensait disparue avant de finalement mettre le cap sur une île qui pourrait s'avérer être celle qu'Allan Mac Bride recherche tant...

Ce troisième tome est le digne successeur des deux précédents. Le souffle épique qui les animait y est toujours présent, si ce n'est plus. On y voyage beaucoup, les coups de théâtre son nombreux et plus le dénouement de cet arc narratif approche, plus l'on sent que les ennemis d'Allan Mac Bride resserrent leur étaux autour de lui.

Le scénario de Jean-Yves Brouard est toujours aussi enlevé, sérieux dans le traitement et plein de rebondissements. Même si la narration est dense lors de certains passages, cela ne ralentit en aucun cas la lecture. L'histoire étant tellement prenante que l'on brûle de connaître la suite des péripéties de l'archéologue. Le fait que chaque album se passe sur un continent différent ajoute également à cette réussite, puisqu'en plus de voyager et d'apprendre des choses sur ces contrées, le cadre change considérablement et avec lui les événements. Après les pyramides et leurs souterrains dans le tome 1 et les États-Unis et leurs étendus arides dans le deuxième, nous embarquons ici pour le Pacifique et ses myriades d'îles, un changement du tout au tout donc.
Jean-Yves Brouard arrive également à trouver le parfait équilibre entre le réalisme et le surnaturel, chose qu'il n'est jamais aisé de faire (le quatrième épisode des aventures d'Indiana Jones en est le malheureux exemple). Le contexte historique des années 30 est particulièrement intéressant et l'auteur en joue parfaitement en mettant en scène le début de la mainmise du Japon sur le Pacifique, ou encore avec le personnage d'Anna Packard qui est sans conteste un hommage à l'aviatrice Amélia Earhart, disparue en Océanie alors qu'elle tentait de faire le tour du monde. Cette approche historique rajoute une dimension supplémentaire au récit qui est à la fois divertissant du fait des péripéties qui arrivent au personnage principal, mais qui nous apprend également des petites choses, qui sont toujours bonnes à prendre.

Le dessin de Patrick A. Dumas est toujours aussi agréable à l’œil et clair. Comme lors de l'album précédent, on ressent ici beaucoup moins les influences des grands anciens de la ligne claire. Le dessinateur a réellement trouvé son style et ceci pour notre plus grand bonheur. Les paysages exotiques qui s'offrent à nous dans cet album m'ont un peu fait penser à ceux que l'on pouvait retrouver dans la série "Adler", du regretté René Sterne. Quoi de plus normal me direz-vous puisque ce dernier a également travailler sur un "Blake et Mortimer".
Les planches de Patrick A. Dumas complètent parfaitement le récit de Jean-Yves Brouard et m'ont replongé dans les lectures de mon enfance, quand je voyageais à l'autre bout du monde en ouvrant une bande dessinée.

En conclusion, j'ai donc encore passé un très agréable moment en compagnie d'Allan Mac Bride, en l'accompagnant à l'autre bout du monde. Le récit est soigné, intelligent et surtout divertissant. Les dessins sont superbes et invitent au voyage. Que demandez de plus de la part d'une bande dessinée ?
En tout cas, le prochain volume sera la conclusion de cette quête de la terre des origines des Égyptiens et se déroulera toujours dans le Pacifique, mais sur une île habitée par les dangereux varans de Komodo. Inutile de vous dire que je suis impatient de le lire !

Note : 17/20


Allan Mac Bride - Tome 3 : L'oiseau des îles de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas
JYB-Aventures / 2011
ISBN : 978-2952555975
48 p. / 12,80€

Les aventures d'Allan Mac Bride sont disponibles sur le site de Jean-Yves Brouard, JYB-Aventures, n'hésitez pas à aller y faire un tour, pour découvrir les autres séries de ce talentueux scénariste.

mardi 30 janvier 2018

Allan Mac Bride - Tome 2 : Les secrets de Walpi de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas

Cela fait longtemps que je dois vous parler de la suite des aventures de l'archéologue imaginé par le le scénariste Jean-Yves Brouard et le dessinateur Patrick A. Dumas, et édité par la structure créée par le premier nommé, JYB-Aventures. Après un premier tome qui m'avait réellement enthousiasmé, je vais partager avec vous mes impressions sur ce deuxième tome.

Après avoir laissé derrière lui l'Égypte, ses pyramides et ses mystères, Allan Mac Bride se retrouve aux États-Unis pour poursuivre sa quête sur les origines des égyptiens antiques. Pour ce faire, il a rendez-vous à Washington, au départements des cartes, pour étudier les différentes mappemondes du pacifique et ainsi situer avec précision cette mystérieuse terre des origines. Dans le train qui l'emmène vers la capitales fédérale, il lit un article concernant la mort du professeur Christchurch, qui avait ramené d'Inde des tablettes identiques à celles qu'Allan avait découvert en Égypte. Cela ne pouvant être une coïncidence, il décide de se retourner sur ses pas et de se rendre au domicile du défunt pour y voir pour clair. Retarder par le mauvais temps, il arrive trop tard pour rencontrer la secrétaire de Christchurch. Pourtant, il semble y avoir un visiteur dans la demeure, sans doute un cambrioleur. Pénétrant dans la maison, Mac Bride est assommé. Lorsqu'il revient à lui, la secrétaire de Christchurch est à son chevet, ainsi que la police. Mais son agresseur est déjà loin. Il apprend alors que feu professeur Christchurch était sur une piste incroyable pour traduire ces fameuses tablettes : la tribu amérindienne des Hopis. Il avait pris contact avec une étudiante métisse, Polingaysi pour se faire introduire auprès de ceux-ci. Mac Bride décide de reprendre le flambeau et de partir pour Albuquerque à la rencontre de Polingaysi et des Hopis...

Ce deuxième tome est dans la lignée du premier, à savoir que c'est un vrai récit d'aventure plein de rebondissements, d'action mais aussi de faits historiques et ethnographiques le tout mâtiné de fantastique et servit par un dessin efficace et élégant. Ce mélange fonctionne parfaitement et nous donne une histoire qui se lit agréablement et nous renvoie un peu à nos lectures de jeunesse que sont Tintin, Blake et Mortimer ainsi que certains récits de Jean-Michel Charlier. Bref, que du beau monde !

Le scénario de Jean-Yves Brouard est dense, plein de rebondissements et très fouillé. Malgré l'abondance d'informations et de péripéties, l'histoire reste très fluide et très agréable à lire. L'atmosphère fait clairement pensé à Indiana Jones et ceux qui me connaissent savent que cela n'est pas sans me déplaire - bien au contraire ! L'intelligence de Jean-Yves Brouard est de savoir doser avec beaucoup de justesse les faits historiques, les théories plus ou moins établies sur ces faits, le fantastique et surtout beaucoup d'action. Ce cocktail nous donne un récit qui s'apparente à une enquête policière et qui nous tient en haleine du début à la fin et qui nous donne envie de lire la suite - surtout avec le cliffhanger de folie qui conclut ce tome !

Les dessins sont à la hauteur du scénario et servent celui-ci à merveille. Le trait de Patrick A. Dumas est clairement dans la mouvance de la ligne claire et fait indéniablement penser à celui d'Edgar P. Jacobs et ses fameux Blake et Mortimer. Pourtant, j'ai trouvé que cette filiation était moins forte dans ce deuxième que dans le premier. Dans doute parce que l'univers des amérindiens n'y a pas été abordé, au contraire de l'Égypte. Les décors sont vraiment magnifiques, très travaillés et très réalistes. Les personnages sont également très intéressants, surtout dans leur gestuelle, très réalistes, tellement que l'on se demande parfois si l'artiste ne dessine pas à partir de photo. Quoiqu'il en soit, le résultat est vraiment très réussi et forme un tout très cohérent avec le scénario.

Comme pour le premier tome, nous avons donc affaire un album de conception très classique tant au niveau du dessin que du scénario, mais cela est fait avec professionnalisme et classe. Nous n'avons pas affaire à un vulgaire clone de reporter à houppette ou des aventures du docteur barbu et de son acolyte. Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas ont parfaitement su digérer leurs influences respectives pour nous livrer avec talent un héritier digne de ces grands anciens. 

En conclusion, si vous aimer l'aventure, l'Histoire et le fantastique. Si vous ne rater jamais une rediffusion de la quadrilogie du Dr Jones (même si le quatrième volet est plus que dispensable), je ne saurais que trop vous conseiller de vous pencher sur le cas d'Allan Mac Bride et de sa quête pour découvrir les origines des Égyptiens. Ce récit passionnant et parfaitement servi par d’élégants dessins ne pourra que vous combler !

Note : 16/20


Allan Mac Bride - Tome 2 : Les secrets de Walpi de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas
JYB-Aventures / 2007
ISBN : 978-2952555913
48 p. / 12,80€

Les aventures d'Allan Mac Bride sont disponibles sur le site de JYB-Aventures, n'hésitez pas à aller y faire un tour et ainsi découvrir les autres séries de ce talentueux scénariste.

mercredi 7 juin 2017

Chroniques cruelles d'hier et de demain de Boris Darnaudet

Après l'enthousiasmant "Quaillou" de Sylvain Lamur qui - scoop ! - connaîtra une suite en 2018, je me suis plongé dans ces "Chroniques cruelles d'hier et de demain" de Boris Darnaudet - un auteur que je ne connaissais pas non plus et qui nous a malheureusement quitté en 2015. Cet ouvrage reprend l'intégralité de la prose publiée par l'auteur, dont le roman "Projet Obis", précédemment publié chez Rivière Blanche et épuisé depuis quelques temps. 
J'ai franchement passé un très bon moment à dévorer ce recueil (qui se compose de trois romans, d'une novella et de nouvelles réunis par le père de Boris, François Darnaudet) abordant différents genres des littératures de l'imaginaire tout en étant très homogène en terme de qualité. J'ai apprécié de goûter à la fois au fantastique, à la science-fiction voire à l'heroic-fantasy en un seul volume !

Dans "Chroniques de Don Emilio - La colère des Dieux Aztèques", nous suivons les aventures de Don Emilio, un hidalgo désargenté, qui suite à un étrange cambriolage, se voit contraint de s'embarquer pour le Nouveau Monde, dans le sillage des conquistadors. Là, dans cette Amérique à feu et à sang, il va être le témoin d'événements singuliers. Il rencontrera des êtres fantastiques et sera amené lui-même à les combattre car il a un don inné pour la magie...

Ces chroniques de Don Emilio sont une excellent entrée en matière. L'écriture y est tonique, sans fioriture - mais pas simpliste - et très agréable. Le découpage en très courts chapitres - il s'agit à la base de nouvelles regroupées pour en faire un roman - permet là aussi d'aller à l'essentiel. 
Bien que nous ayons affaire à un petit noble espagnol confronté à la fin de l'Amérique précolombienne, on sent clairement qu'il y a derrière tout cela un hommage à Rob E. Howard et son Cimmérien. Rien que le premier chapitre rappelle grandement la nouvelle "La tour de l’éléphant", puis les différentes aventures que vit Emilio sont dans la même veine que celles du plus célèbre des barbares. Mais - et cela est très important - nous avons ici un très bon roman d'aventures mâtiné d'heroic-fantasy (à moins qu'il existe un terme précis pour ce genre d'ambiance "conquistador fantasy") et on se laisse prendre au jeu sans aucun problème. 
Le récit est bien construit, l'atmosphère parfaitement rendue et les créatures imaginées par l'auteur sont réellement charismatiques voire iconique (en premier lieu les terribles Tzitzimime, qui bien que n'étant objectivement qu'une énième déclinaison du zombie n'en sont pas moins originaux). De plus, Boris Darnaudet sait si habilement jouer avec les faits et personnages historiques que cela donne une œuvre  tout à fait originale.

Projet Obis est un roman post-apocalyptique. Sur une Terre dévastée par un ultime conflit, un homme se réveille et découvre qu'il ne sait rien - même pas son nom. Adoptant celui de Caution (comme écrit au-dessus de son sarcophage), il part explorer ce monde dont il ignore tout. Il découvre néanmoins assez vite qu'il est doté de capacités de combat qui vont bien au-delà de la moyenne. Il apprend également que ce qui reste de l'humanité est dirigée par une élite vicieuse : l'Ultime Alliance, qu'il va être amené à combattre...

Bien qu'abordant un genre assez classique de la science-fiction, ce court roman est malgré tout un "page turner" comme disent nos amis d'outre-atlantique. En découvrant le monde en même temps que le protagoniste de l'histoire, on veut savoir où tout cela va le (nous) mener. Les influences de Philip K. Dick sont ici assez évidentes à la fois dans l'atmosphère ("La vérité avant-dernière") et dans l'intrigue qui se complexifie au fur et à mesure que le dénouement approche. Quoiqu'il en soit, Boris Darnaudet s'en sort également haut la main et nous livre une histoire très plaisante aux réminiscences de films de série B des années 80 (et c'est loin d'être un défaut pour moi !), qui en utilisant des références familières du genre post-apo réussit néanmoins à être innovante. Les scènes de combats  - très bien écrite - sont le petit plus.

Dans "Le Cycle du Cube", Boris Darnaudet nous entraîne dans différentes époques (la préhistoire, l'époque sumérienne, les Croisades) à la suite d'un mystérieux cube renfermant une force obscure qui corrompt tous ceux qui s'en approche...

Ce cycle, qui se compose de nouvelles est malheureusement resté inachevé, ce qui est très dommage car la trame et l'idée de départ étaient très bonnes et prometteuses. Quoiqu'il en soit, en ce qui concerne ce qui a été effectivement écrit, est très plaisant. Les personnages sont intéressants, complexes et variés. Le fait que l'histoire se déroule sur plusieurs époques couplé au format court des nouvelles permet là aussi d'avoir un style tonique, varié et incisif. Tout va très vite et l'action est très présente. De plus, l'atmosphère assez noire de l'ensemble est très bien rendue, quelque soit la période.

Nindô est le dernier roman sur lequel travaillait l'auteur. Il s'agit d'un roman de fantasy médiévale se déroulant au Japon.
Ushida, un laissé pour compte sans aucun talent se retrouve en possession d'une épée douée d'une vie propre et qui surtout, permet à son possesseur de détenir des talents incroyables de combattant. Il va se retrouver malgré lui au milieu d'une lutte en plusieurs clans rivaux, clans ayant des facultés magiques...

Là encore, cette œuvre inachevée commençait incroyablement bien. L'intrigue de départ, les personnages, l'atmosphère, tout est d'excellente facture. On sent vraiment que Boris avait une attirance particulière pour les arts martiaux, les samouraï et toute la culture nippone. Les phrases sont admirablement bien construites et permette réellement de retranscrire cette atmosphère d'estampe japonaise. On aurait aimé pouvoir suivre Ushida et son épée Murusame jusqu'au bout de leur périple...

Pour ce qui est des nouvelles, j'en ai trouvé quelques unes un peu en dessous du reste de l'ouvrage, mais certaines sont vraiment marquantes et interpellantes, comme par exemple "Le sas" et surtout "La nuit du Bayou".
"Le Sas" raconte l'histoire d'un employé en charge du sas qui permet l'accès à une cabine un peu spéciale puisqu'elle permet de régler les problèmes de surpopulation...
Ce récit très court est vraiment percutant. Le monde futur décrit par l'auteur fait froid dans le dos et la déshumanisation est réellement bien retranscrite.
Dans "La nuit du Bayou", on suit les aventures de trois compagnons hauts en couleurs qui vont tout mettre en œuvre pour retrouver une jeune fille disparue. La traque du coupable les mènera jusque dans le bayou de la Nouvelle-Orléans, où ils vont rencontrer des êtres très singuliers...
Ce texte un peu plus récréatif que les autres (à part sans doute "Le Père Léon"), dans la mesure où l'auteur se permet de convoquer des pastiches des héros des "Mystères de l'Ouest" et de mettre sur pied une équipe de stéréotypes du far west totalement improbable. Comme il est judicieusement dans le texte introductif de cette nouvelle, on sent malgré tout l'influence de Mark Sumner ("La Tour du Diable" et "Le train du Diable" que je vous recommande), mais il y a pire comme référence ! Quoiqu'il en soit, cette histoire n'en est pas moins prenante et opère comme une bouffée d'air frais dans ce recueil parfois très sombre.

Il en ressort de cette lecture que Boris Darnaudet était un très bon conteur qui savait créer des atmosphère et des univers qui, même s'ils n'étaient pas inédits, n'en étaient pas moins originaux, car il savait y mettre sa patte. Les chroniques de Don Emilio et Nindô font parties des meilleures récits d'aventures fantastiques que j'ai lu jusqu'ici - grâce notamment au soin apporté par l'auteur pour créer un univers historiquement cohérent mais qui bascule petit à petit dans le fantastique débridé. J'aime beaucoup la manière dont il procède pour faire pénétrer l'extraordinaire dans l'ordinaire et le faire paraître parfaitement logique. Il faut également souligner les scènes d'action qui sont très bien retranscrites et qui donnent un vrai souffle à tous ces récits.

J'ai beaucoup apprécié également les explications proposées avant chaque récit, qui permettent de resituer ceux-ci dans leur contexte, et dans la vie de l'auteur. Cela donne à voir le processus de création et la construction d'un auteur et de son œuvre.

Décidément, Rivière Blanche est vraiment une maison d'édition à suivre, tant elle propose des pépites. Même s'il est vrai que le décès de Boris Darnaudet donne à  ces chroniques une saveur douce-amère, puisque l'on sait que cet auteur de talent, qui savait raconter les histoires et mettre en place des atmosphères, ne publiera plus jamais. Savoir que nous tenons entre les mains l'intégralité de son œuvre - en plus de la qualité intrinsèque de l'ouvrage - rend ce livre encore plus touchant, comme un ultime - et magnifique - hommage à Boris Darnaudet.

Note : 17/20

Chroniques cruelles d'hier et de demain de Boris Darnaudet
Rivière Blanche / 2016
ISBN : 978-1-61227-520-8
312 p. / 18€

Pour acheter ce livre, allez faire un tour sur le site de Rivière Blanche

jeudi 29 septembre 2016

Allan Mac Bride - Tome 1 : L'Odyssée de Bahmès de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas

Je continue ma découverte des petits éditeurs de bande dessinée français avec aujourd'hui, JYB-Aventures, maison créée par le scénariste Jean-Yves Brouard.

1935, en Égypte. Allan Mac Bride est un archéologue anglais à la recherche des tombes datant des premières dynasties des pharaons. Après avoir fait un cauchemar dans lequel il voyait un raz de marée géant, il est réveillé en urgence par son fidèle aide de camp qui lui apporte une très bonne nouvelle : la porte menant aux tombeaux vient d'être dégagée. Il découvre alors une salle immense où des hiéroglyphes racontent une histoire incroyable : Il y a de cela des siècles, le commandant de la flotte égyptienne Bahmès fût chargé par la reine Hatchepsout de découvrir la terre d'origine des Égyptiens, située au-delà des océans. Après de nombreuses péripéties, Allan Mac Bride part à la recherche de ce territoire situé de l'autre côté de la Terre.

À la lecture de premier tome des aventures d'Allan Mac Bride, on ne peut que penser à ses glorieux ancêtres de la ligne claire que sont Tintin et surtout Blake et Mortimer. Avouez qu'il y a quand même plus mauvaise lignée ! 
Du duo formé par le professeur barbu et le capitaine blond, Allan Mac Bride a hérité de ce qu'on pourrait appeler "fantastique crédible", dans la mesure où l'on est clairement dans l'imaginaire, mais qui s'appuie sur des faits historiques ou des théories réelles. Au petit reporter à houppette, l'archéologue a emprunté le goût de l'aventure et la soif de vérité. 
Ce cocktail fonctionne parfaitement, car même si l'ombre des Grands Anciens est présente, elle n’éclipse en aucun cas la personnalité de Mac Bride, ni l'atmosphère ou le récit qu'on su mettre en place les deux auteurs. 

Pour ce qui est du dessin, signé Patrick A. Dumas, on pense inévitablement à Blake et Mortimer, comme évoqué un peu plus haut, pour d'autres raisons. Le trait est clair et précis, les décors sont soignés et recherchés et d'une très grande justesse. Ce qui rend l'ensemble très agréable à l’œil. 

Le scénario de Jean-Yves Brouard est des plus intéressant, car tout en étant très réaliste, il laisse largement la place à l'imaginaire, à l'action et à l'aventure. D'ailleurs le récit pourrait se découper en deux parties : la première plus en réflexion / exploration à la Jacobs et la seconde, plus dans la veine d'Hergé avec une action déridée et des rebondissements à foison, le pauvre Allan Mac Bride tombant de Charybde en Scylla.

Nous avons donc affaire à un album de signature très classique (dessin ligne claire et aventure) mais exécuté de fort belle manière par Brouard et Dumas. On a vraiment envie de connaître la suite des exploits d'Allan, dans le deuxième tome qui s'intitule "Les secrets de Walpi" et dont je parlerai bientôt. 

Note : 15/20


Allan Mac Bride - Tome 1 : L'Odyssée de Bahmès de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas
JYB Aventures / 2004
ISBN : 2-9515843-6-9
44 p. / 12,80€

Les aventures d'Allan Mac Bride et les autres œuvres de Jean-Yves Brouard sont disponibles sur le site de JYB-Aventures. Allez y jeter un coup d’œil, ça vaut le coup !

jeudi 15 septembre 2016

Le Chat de Paparella et Frescura

Après une longue pause (mon dernier post remonte à plus d'un mois), je suis de retour aux affaires et je vais vous parler aujourd'hui du "Chat" de  Paparella et Frescura.
Je continue donc d'explorer le colossal catalogue de petits formats de feu les éditions Lug, via l'immense travail de Jean-Marc Lofficier et toute l'équipe de Rivière Blanche / Hexagon Comics.

Dans cet album, quatre séries ayant pour lien le noble art de la boxe : "Le Chat", "Le Chat : une nouvelle vie", qui suit les exploits du fils du précédent; "Frank Ale" un reporter et ex boxeur qui va devoir renfiler les gants pour mener à bien une enquête et enfin, "Ring Joe", fils d'un célèbre boxeur qui va devoir lutter contre divers gangsters afin de faire innocenter son père, emprisonné à tort.

Le Contreras, petit état d'Amérique latine, est une dictature, dirigée par le tyran Pedro Veneno. Luis Belmonte est un des piliers des révolutionnaires qui luttent contre ce pouvoir. Mais il est aussi le mystérieux boxeur, connu sous le nom du "Chat", qui est en passe de devenir champion du monde.
Nous suivons donc Luis Belmonte dans ses exploits, à la fois sur le ring et dans la jungle, au sein de la guérilla, et les difficultés qu'il rencontre à mener cette double vie - d'autant plus que le dictateur veut à la fois la peau du Chat et celle des révolutionnaires, sans se douter que le premier fait partie des seconds. Il devra donc faire face, sur le ring à des arbitres véreux  et des adversaires à la solde de Pedro Veneno, et  dans son quotidien se battre contre la milice et le cruel Colonel Ortiz.

Les histoires, signées Franco Frescura, le créateur de Wampus, tiennent bien la route et sont très efficaces dans ce style de série où l'on privilégie l'action à la cohérence. Les dessins de Raffaele Paparella, auteur entre autres de Lucifer, sont plutôt classiques, mais dégagent une belle énergie lors des scènes de combat. L'ensemble est donc de très bonne facture et se lit avec plaisir. 

Dans la deuxième série de l'album, "Le Chat : une nouvelle vie", nous suivons les exploits du fils de Luis Belmonte : Lucas. Comme son père, celui-ci pratique la boxe, mais version thaïe. Il va se retrouver à combattre - mais pas sur un ring - tout un cartel de narco trafiquants...
Le scénario de Franck Michel est bien abouti, tient bien la route et est très dynamique, mais je trouve qu'il manque ce petit "quelque chose" qui aurait pu en faire une vraie bonne série. Le trait de Romuald Gleyse est énergique et colle parfaitement au rythme soutenu de l'intrigue. Par contre j'ai trouvé que les personnages n'avaient pas assez de charisme, ce qui est bien dommage. Je suis donc assez partagé sur cette suite.

Dans la série suivante, "Frank Ale", un reporter basée en Asie du Sud-Est et ancien boxeur de haut niveau, se retrouve au centre de tout un tas d'énigmes et de problèmes, qu'il va devoir résoudre - en partie - sur un ring : la disparition du boxeur Tu-Duc qui a révélé une escroquerie et surtout la menace de la peste qui menace la ville.
La série est signée Paparella seul, est ma préférée du présent volume. Je trouve que le scénario est vraiment bien ficelé (si l'on excepte le passage du cadre de l'intrigue de Bangkok à Saïgon sans aucune explication - ce qui n'est en soit pas très grave, mais dont je voudrais bien connaître la raison) et est vraiment prenant. On veut savoir comment ce pauvre Frank va réussir à se sortir de cette situation plus que compliquée. Les dessins sont ici un peu plus raides et nerveux que ceux du Chat, mais cela n'est pas sans me déplaire. Les scènes de combat sur le ring sont aussi très bien rendues et il y a beaucoup d'action dans le reste du récit.

Enfin, dans la dernière série, "Ring Joe", nous suivons les exploits d'un jeune boxeur en devenir, mais qui suite à son refus de marcher dans une combine orchestrée par un caïd local, va devoir se battre sur et hors du ring contre les agissements de ce dernier et de sa bande, tout en essayant de prouver l'innocence de son père accusé à tort et emprisonné depuis des années...
Cette série, encore une fois œuvre de Paparella se laisse lire agréablement. Je pense que si je l'avais lu séparément, je l'aurais trouvé très bonne, mais ici, à la suite du "Chat" et de "Frank Ale", on a une petit impression de déjà vu (les combats truqués, la pègre etc.) ce qui est dommage, car le traitement assez classique (le héros, son side-kick et la jolie fille) fonctionne très bien. 

J'ai vraiment acheté cet album par curiosité, car je suis un vrai ignare en matière de boxe (tout ce que je connais de ce sport se résume à un visionnage de Rocky lors de son dernier passage sur la TNT et le combat express de René Jacquot en 1989). J'ai néanmoins trouvé ces séries vraiment divertissantes, car la boxe n'est en fait qu'une facette des séries qui se révèlent finalement être des histoires d'aventures et d'action dans lesquelles les "bagarres" sont monnaie courante. Et la boxe, sport de combat par excellence se révèle être le compagnon idéal pour ce genre de récit.
En conclusion, même si les intrigues sont un peu répétitives si on lit le volume d'une traite, les séries présentes sont de très bonnes factures et permettent de passer un très bon moment. Si on prend le soin de les lire séparément.

Note : 14/20


Le Chat de Paparella et Frescura
Hexagon Comics / 2012
ISBN : 978-1-61227-347-1
600 p. / 40€

"Le Chat" et les autres titres Hexagon Comics sont disponibles sur le site d'Hexagon Comics. Allez y faire un tour, il y a vraiment beaucoup de très bonnes choses, et en plus Jean-Marc Lofficier et Philippe Ward sont très sympas !

mercredi 27 juillet 2016

Intégrale Félix - Tome 6 de Maurice Tillieux

Après un cinquième tome plus qu'enthousiasmant, j'attendais avec impatience la suite des aventures de Félix, (superbement) publiées par les Éditions de l'Élan. Le sixième tome (mais le deuxième publié) est aujourd'hui disponible pour notre plus grand plaisir.

On retrouve également, en préambule aux histoires proprement dites, une longue et passionnante présentation de l'univers de Félix, du rapport du personnage et de l'auteur avec la "littérature de mauvais genre", qui ont fait que la censure a eu raison de l'aventure Héroic-Album et donc du personnage de Maurice Tillieux...

À noter que les histoires sont toutes précédées (et c'est ce qui fait l'intérêt de cette édition), par les programmes "non-stop", des petits strips qui s’intercalaient entre deux épisodes de Félix et qui annonçaient au fil des semaines, l'histoire à venir, une sorte de "teasing" avant l'heure.

Au menu de ce tome 6, qui reprend la suite des histoires parues en 1952, nous retrouvons donc :
- L'étrange Mister Queen
- Un squelette très riche
- Pop Corn et les diamants
- Un mystérieux colis
- Une combine au poil
- L'île au diable

Dans "L'étrange Mister Queen", est la conclusion du dyptique publié dans le tome 5 qui se passent aux USA. Félix et ses deux comparses, Cabarez et Allume-Gaz sont sollicités par la police pour mettre en terme définitif au trafic de drogue et appréhender le chef du réseau, le mystérieux Mister Queen.
Dans "Un squelette très riche", Allume-Gaz, pris de nostalgie, souhaite revoir sa maison natale, en proche banlieue parisienne. Arrivés sur place, les trois amis sont surpris par la pluie et doivent trouver refuge dans une maison en ruine où ils surprennent un cambrioleur...
Dans "Pop Corn et les diamants", Félix est engagé par un armateur américain pour enquêter sur un trafic de diamants qui se passent à bord de ses navires. Malheureusement pour lui, Félix est obligé de faire équipe avec le détective de la compagnie, le dénommé Pop-Corn, qui est son antithèse !
Dans "Un mystérieux colis", Félix reçoit un coup de téléphone d'un inconnu qui dit lui avoir envoyé un colis. Alors que celui-ci arrive, le postier se fait agresser par deux hommes qui lui dérobent le colis avant que Félix ait pu en prendre possession. Peu de temps après, Félix apprend que l'expéditeur du colis a été abattu...
Dans "Une combine au poil", le commissaire Maroy, un ami de Félix, a reçu une lettre étrange d'un homme déclarant qu'une "ombre" veut le tuer. Il demande à Félix, qui adore le mystère, d'enquêter de son côté pour voir ce qu'il en est réellement...
Enfin, dans "L'île au diable", les trois compagnons vont retourner en Amérique du Nord, mais cette fois-ci au Canada, pour enquêter sur une affaire de faux billets de banques...

Encore une fois, l'ensemble des histoires de ce tome se lisent très bien et démontrent le talent et l'habilité de Maurice Tillieux. J'ai particulièrement bien aimé "Un squelette très riche" pour son atmosphère et ses décors de banlieue un peu délabrée et en mutation. L'histoire est assez classique, mais vu que le scénario tient bien la route et qu'il y a de l'action, on se laisse vraiment embarqué.
Mais mon vrai coup de cœur pour ce tome, c'est "Une combine au poil", car d'une part il y a côté mystérieux qu'on retrouvait dans certaines histoires du tome 5, et d'autre part parce que le récit se déroule en partie dans les Catacombes de Paris. La case d'ouverture de l'histoire est d'ailleurs magnifique. Là encore, l'atmosphère est quasiment aussi importante que le récit lui-même.

Comme pour le tome précédent, les Éditions de l'Élan ont vraiment fait un superbe travail. L'objet en lui-même est magnifique et de bonne qualité et le contenu est à l'avenant. Même si comme je le disais plus haut, la dimension "mystère / étrange" qui était assez présente dans le tome  5 est ici quasiment absente, les histoires d'une facture plus classique (polar, hard-boiled, policier) sont tellement bien réalisées qu'elles se lisent avec beaucoup de plaisir. Vivement la suite !


Note : 15/20

Intégrale Félix Tome 6 de Maurice Tillieux
Éditions de l'Élan / 2016
ISBN : 978-2960185904
136 p. / 29€

Le prochain volume, le 7, devrait sortir à la fin de l'année, puis à raison de 2 tomes par an : 1, 2, 3, 4, 8, 9, 10 et 11.

mardi 3 mai 2016

Intégrale Félix - Tome 5 de Maurice Tillieux

J'ai découvert Félix il y a de cela quelques années maintenant quand mon père est revenu un jour les bras chargés de BD : quelques unes que j'ai oublié, un Jerry Spring, "Terre Sauvage" de la série Timour, et surtout "La liste n°3". Ce dernier m'a vraiment marqué, car j'avais entre les mains un mélange de tout ce que j'aimais à l'époque : le côté ligne clair de Tintin pour les décors, les personnages et l'ambiance en général, les visages "gros nez" de Gaston et Astérix, et le tout mâtiné d'action d'aventure un peu plus viril que ce que j'avais lu avant. Je m'étais donc plongé sans attendre dans la lecture dudit volume et je n'avais pas été déçu (par contre les dessins de "L'histoire de la médecine" en fin d'album me faisaient un peu flipper). Malheureusement, je n'avais pas pu à l'époque, trouver d'autres volumes et le temps ayant fait son affaire j'ai peu à peu oublié le petit héros à lunettes et béret...

Heureusement, aujourd'hui, les Éditions de l'Élan - maison d'édition belge qui s'est donnée pour mission de remettre sur le devant de la scène bédéphile le nom de Maurice Tillieux - s'est lancé dans la réédition intégrale des aventures de Félix, dans une version que l'on pourrait considérer comme des fac-similés des éditions originales, parues dans la revue Héroïc Album.

Nous retrouvons donc dans ce magnifique album les 6 histoires suivantes de Félix, Cabarez et Allume-gaz, ses fidèles compagnons, datant des années 1951-1952, (le tout précédé par une présentation de l'œuvre et de l'auteur) :
- N'y touchez pas, il est maudit !
- L'homme invisible
- Le tumulus
- Félix n'est pas rentré
- Cent dollars le rêve...
- On liquide !

À noter que les deux dernières histoires forment un arc qui se passe aux États-Unis, alors que toutes les autres sont indépendantes.

Dans "N'y touchez pas, il est maudit !", Félix se retrouve confronter à une affaire un peu spéciale, puisqu'un coffret semble doter de pouvoirs maléfiques et qu'il transforme quiconque l'ouvre en petit tas de cendres... Bien entendu Félix n'y croit pas une seule seconde.
Dans "L'homme invisible", un directeur soupçonne un de ses comptables d'avoir la possibilité de se rendre invisible et donc de disparaître (au sens propre) avec la recette qu'il convoie. Incrédule au premier abord, Félix accepte pourtant d'enquêter, la curiosité étant plus forte que tout.
Dans "Le tumulus", Félix est appelé pour enquêter sur un affaire assez exceptionnelle : l'employé d'un comte prétend que celui-ci a trouvé le moyen de fabriquer de l'or. À peine arrivé sur les lieux, le comte est abattu. Félix va devoir faire la lumière sur ce double mystère.
Dans "Félix n'est pas rentré", Félix est capturé par des malfrats. Allume-gaz et Cabarez font tout faire pour le retrouver et résoudre ensemble tout une affaire de chantage.
Enfin, dans "Cent dollars le rêve..." et "On liquide !", Félix et ses deux amis s'embarquent pour l'Amérique pour faire un reportage sur le trafic d'opium. Malheureusement pour eux, les truands ne vont pas rester les bras croisés et font tout faire pour se débarrasser d'eux...

Dans l'ensemble, ces histoires sont vraiment bien ficelées et tiennent vraiment la route (je dis dans l'ensemble, car pour moi, l'intrigue de "L'homme invisible" est un peu tiré par les cheveux - mais est heureusement sauvé par le rythme de l'histoire).
J'ai adoré "N'y touchez pas, il est maudit !" dont l'intrigue est vraiment bien menée et qui rien qu'avec sa page d'ouverture donne envie de lire l'histoire. On retrouve un peu une ambiance à la chevalier Dupin de Poe, qui me plaît beaucoup.
"Le tumulus" m'a beaucoup plu aussi pour son cadre (une vieille tour, un tumulus et un trésor) qui ferait presque penser à un récit d'aventure. Encore une fois, la page d'ouverture donne vraiment envie de lire l'histoire.
Enfin, dans le diptyque "Cent dollars le rêve..." et "On liquide !" j'ai retrouvé le vrai côté hard-boiled qui m'avait tant plu dans mes jeunes années. En plus, on voyage en Amérique où les malfaiteurs sont un peu plus brut de décoffrage qu'en France et ne reculent devant rien pour mener à bien leurs actions criminelles.

Les dessins - quant à eux - me plaisent toujours autant pour ce style qui fusionne à merveille les deux courants de la bande dessinée franco belge. Le trait est clair et précis, les véhicules sont représentés à merveille, et les personnages ont de vraies tronches et très bonnes attitudes.

Un Tintin sous testostérone qui flirte (mais sans y toucher) avec le surnaturel, deux comparses hauts en couleurs (dont un qui a des faux airs de Groucho Marx), des meurtres, des kidnappings, de la drogue, des filatures, le tout mené tambour battant. Bref, de l'action et de l'aventure de très bonne qualité. Vivement le tome 6 qui devrait normalement paraître le mois prochain. !


Note : 16/20


Intégrale Félix Tome 5 de Maurice Tillieux
Éditions de l'Élan / 2015
ISBN : 978-2960111378
136 p. / 29€

Pourquoi commencer par le numéro 5 et non par le numéro 1 comme cela aurait été logique ? Tout simplement parce que entre les différentes rééditions parues par le passé, il ne restait que quelques histoires "inédites", qui sont donc reprises ici.
Le prochain volume, le 6, devrait sortir au mois de juin, puis à raison de 2 tomes par an : 7, 1, 2, 3, 4, 8, 9, 10 et 11.


mardi 26 avril 2016

Afrikanders de Pavone & Grossi

Je continue mon exploration du catalogue Hexagon Comics (repreneur et continuateur du mythique éditeur LUG - version petits formats) avec aujourd'hui "Afrikanders".
Ce qui m'a attiré dans ce titre, c'est que la toile de fond historique exploitée ici est la période de la Guerre des Boers - tristement célèbre pour avoir vu naître les premiers camps de concentrations.
Cette période n'étant pas traitée dans la bande dessinée ( à ma connaissance), cela a forcément aiguisé ma curiosité et je me suis donc procuré le présent volume.

Piet Pamm, le chef des rebelles boers, et son ami Arnoldus luttent contre l'envahisseur anglais. Toujours partants pour l'aventure et le combat, ils n'hésitent pas s'attaquer à des ennemis plus nombreux qu'eux, ayant pour eux l'espoir de pouvoir vaincre. Après avoir vu leurs têtes mises à prix, ils n'ont d'autre choix que de s'embarquer pour le Canada, où dit-on, des rebelles irlandais seraient partants pour leur prêter main forte dans leur combat.

"Afrikanders" est complété par "Boxers", qui se situe au moment de la révolte des Boxers en Chine, une autre période très intéressante historiquement parlant, et un peu plus traitée dans la littérature et la bande dessinée.

Suite à de graves événements survenues en Chine, les gouvernements occidentaux se réunissent pour décider de la marche à suivre. Henri de Montel, des services secrets français est choisi pour aller enquêter sur le terrain, découvrir et abattre le chef des Boxers. Sa traque se révélera semée d'embûches...

"Afrikanders", si l'on excepte la toile de fond historique, se rapproche grandement de "Ben Leonard", de par le duo que Piet Pamm forme avec Arnoldus : le petit blond charismatique et le grand costaud barbu. Mais vu que cela fonctionne bien, il n'y a rien à redire. Le récit est assez prenant et à le mérite de nous faire voir du pays : entre la jungle et la savane Sud-Africaine et les étendues enneigées du Canada, on ne peut pas dire que cela soit monotone. Ajouter à cela des attaques de trains, des naufrages, des courses poursuites à cheval etc... et vous obtenez un cocktail parfait de récit d'aventures comme on les aime (ou plutôt comme on les aimait, ce qui n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui). Les épisodes étant assez courts (21 pages) par rapport au format habituels d'une quarantaine de pages, il n'y a aucun temps morts.
Les dessins de Ivo Pavone - que je ne connaissais pas avant -  sont de très très bonne facture et collent parfaitement à l'histoire - je vais d'ailleurs sans doute me procurer d'autres de ses œuvres d'ici peu : les personnages sont bien campés et reconnaissables, les attitudes et les positions sont bien reproduites et sont très fluides et enfin, les décors nous mettent parfaitement dans l'ambiance et sont vraiment variés. Du très bon travail.

"Boxer", se laisse lire également très agréablement, même si - il faut bien l'avouer - l'histoire a beaucoup plus mal vieillie qu'"Afrikanders". Les noms des chinois fleurent bon la période de Fu Manchu de Sax Rhomer, et certaines situations étant vraiment complètement incongrues (à mon avis, à l'époque, des asiatiques voyageant en groupe en Europe ne devaient pas passer inaperçus). Malgré cela (ou à cause de ça), on passe vraiment un bon moment en suivant les tribulations d'un français en Chine, pleines de rebondissements, de trahisons, de bagarres, de situations à la OSS 117 (version Hazanavicius - j'avoue ne pas avoir lu les livres), avec en arrière plan une Chine en carton pâte qui nous a tant fait rêver étant petits. Un très bon divertissement.
Les dessins de Danilo Grossi sont dans l'ensemble pas trop mauvais, même sur certaines cases, les proportions sont un peu biaisées. Le trait n'en est pas moins dynamique, fluide et clair, tout ce qu'il faut pour ce genre de récit.

J'ai vraiment été emballé par ces deux séries, qui sont deux très bonnes séries d'aventures et de voyages. Même si les contextes historiques sont rapidement mis de côté pour laisser place à une action débridée (sans aucun mauvais jeu de mots en ce qui concerne "Boxers"), ils ont au moins le mérite de s'intéresser à ces périodes de la fin du XIXe - début XXe siècle qui sont peu ou pas abordés dans la bande dessinée.
Une très bonne surprise.

Note : 15/20


Afrikanders de Pavone & Grossi
Hexagon Comics / 2012
ISBN : 978-1-61227-347-1
600 p. / 40€

"Afrikanders" et les autres titres Hexagon Comics sont disponibles sur le site d'Hexagon Comics. Allez y faire un tour, il y a vraiment beaucoup de très bonnes choses, et en plus Jean-Marc Lofficier et Philippe Ward sont très sympas !

mercredi 13 janvier 2016

Mister No : Le dard empoisonné de Alberto Ongaro et Franco Bignotti

J'ai acheté ce livre il y a quelques temps déjà, alors que je redécouvrais les petits formats de mon enfance. Mister No semblait - et semble toujours - avoir une cote de popularité assez importante auprès des lecteurs, et bizarrement, je n'en avais jamais entendu parlé. C'est donc par curiosité que je me suis procuré cet ouvrage. Et, je ne regrette absolument pas mon achat (comme quoi, des fois, la curiosité n'est pas un vilain défaut

Pour ceux qui, comme moi avant de lire cette bd, ne connaissent pas Mister No, voici un petit topo sur la série : Dans les années 50, Mister No est un pilote d'avion américain qui suite à la seconde guerre mondiale, est parti vivre au Brésil, à Manaus. Il loue ses talents de pilote à ceux qui en ont besoin (mais pas à n'importe qui non plus - les trafiquants en tous genres, passez votre chemin, Mister No ne mange pas de pain-là) et vit donc énormément d'aventures. Il aime les femmes, le whisky et la liberté, tout ça plus ou moins dans le désordre. 


Dans " Le dard empoisonné", Mister No, suite à une bagarre dans un bar, se voit engagé par un homme pour assurer sa protection. Malheureusement, avant que celui-ci ne lui en ait dit plus sur sa mission, il est tué par une fléchette empoisonnée. Dans un dernier souffle, l'homme murmure un mystérieux mot "curu". 
Accusé à tort du meurtre, Mister No arrive à s'échapper. Il apprend par la suite que ce décès n'est pas isolé et que d'anciens compagnons d'arme de l'homme ont eux aussi succombé dans les mêmes conditions. Il va donc enquêter pour savoir ce que ces hommes ont bien pu faire et surtout pourquoi quelqu'un semble vouloir les éliminer un par un, et ainsi prouver son innocence...

Ce qui m'a surpris (dans le bon sens du terme) quand j'ai reçu mon exemplaire, c'est la qualité de l'objet. On voit tout de suite que celui-ci ne désintégrera pas avant la fin de la première lecture, et qu'avec un peu de chance, mes petits enfants pourront en profiter. C'est du solide.
L'autre surprise, c'est bien entendu la qualité de l'histoire signée Alberto Ongaro et des dessins, œuvres de Franco Bignotti. Pas de temps morts, du suspense, une très bonne intrigue, des rebondissements, de l'aventure, du dépaysement, de l'action, bref un bon cocktail vitaminé qui fait du bien par où ça passe.
Les dessins servent à merveille l'histoire et sont - en plus - assez agréable à l’œil (petit bémol sur certaines scènes d'action - "de bagarre" - où les poses des protagonistes sont un peu étranges physiquement parlant, mais rien de bien méchant), et donnent envie de tourner la page pour connaître la suite de l'aventure. 

Pour ce qui est du moins bien, je dirais que sur certaines planches la qualité des scans n'est pas top, cela ne gêne en rien la lecture.  
Quoi qu'il en soit, pour une première édition, on a vraiment affaire à du très bon travail. Donc même si ma chronique / critique arrive un peu tard, et qu'il y a peu de chance de voir un jour apparaître sur le marché un n°2, je vous conseille vivement - si vous aimez l'aventure débridée mâtinée d'un brin d'exotisme - de vous procurer ce "Dard empoisonné", vous ne serez pas déçu.

En bonus, un lien vers une page très instructive de présentation du personnage.

Note : 15/20


Mister No : Le dard empoisonné de Alberto Ongaro et Franco Bignotti
Editions bd 13-18 / 2012
ISBN : 978-2954393001
288 p. / 15€

Pour commander ce très bon ouvrage, deux solutions s'offrent à vous, soit via ebay, soit en envoyant à chèque à l'éditeur (tous les détails ici)

lundi 13 mai 2013

La route de l'or de Scott O'dell

Surfant sur la sortie de la suite du dessin animé "Les Mystérieuses Cités d'Or" ainsi que sur celle de la version manga, Kazé en profite pour réédité le roman de Scott O'dell qui est à l'origine de la série. Celle-ci s'inspire en fait du thème général du livre (la recherche des Cités d'Or) et reprend les noms des principaux protagonistes. Mais sinon, cela s'arrête là.
Ici point de Tao ni de Mu, ou encore de Grand Condor volant ou de mystérieux Olmèques. Il s'agit d'un roman historique, et l'intrigue bien que romancée est réaliste. Esteban est un jeune cartographe qui rêve de dessiner une carte des territoires inexplorés où la main de l'homme n'a jamais mis le pied. Zia sert d'interprète et de guide au groupe de conquistadors mené par le très peu scrupuleux Mendoza qui compte bien découvrir l'or pour lui tout seul et ne pas en avertir Pizarro, le chef de l'expédition. Le petit groupe découvrira bien de l'or, mais pas dans de mystérieuses cités. Celle-ci se trouve au fond d'un lac sacré, qu'ils finiront par vider pour récupérer le précieux métal. Malheureusement pour eux, le retour vers la civilisation s'avérera très périlleux.
Le récit est fait à la première personne par Esteban qui se trouve en prison et qui raconte ses (més)aventures.

Alors même si l'histoire n'a rien à voir avec la série et qu'il n'y a aucun élément fantastique, ce livre se lit vraiment très bien. Le style est fluide, les personnages, même s'ils sont un peu plats pour certains sont intéressants. L'ambiance de "fièvre de l'or" est bien rendue dans les agissements sans vergogne de Mendoza, le changement de mentalité qui s'opère sur Esteban et les Indiens essayant de se débarrasser de ces "sauvages" qui accordent plus de valeur à un bout de métal qu'à la vie en les envoyant toujours plus loin, espérant qu'ils périssent en chemin.

Bref, un bon livre, vraiment agréable à lire !

La route de l'or de Scott O'dell
Kazé / 2013
ISBN : 978-2820306203
317 p. / 13,29€

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