mardi 10 mars 2020

Sistema - Épisode 1 de Bart

Je suis de retour aux manettes après un hiatus de quasiment un an. Celui-ci aurait d'ailleurs pu durer plus longtemps, si un projet enthousiasmant, ne m'avait pas tiré de ma retraite anticipée. Et ce projet, n'est autre que "Sistema", la nouvelle œuvre de Bart.
Pour les plus anciens, vous savez déjà tout le bien que je pense de cet artiste et de ses bandes-dessinées. Pour les autres, je vous laisse découvrir mes chroniques de "Shooting on location" et de "Deusse la légende", pour vous faire une idée du style de Bart.

Pensée et réalisée sous forme de feuilleton (donc à suivre) et publiée en ligne, cette bande-dessinée nous invite à suivre l'histoire d'Aldo et Tino, deux cousins qui passent leurs nuits à "nettoyer" leur cité en cassant du dealer. S'ils peuvent par la même occasion se faire un peu de caillasse en les dépouillant de leur liquide ou de leur marchandise, inutile de dire qu'ils ne s'en privent pas. Au premier abord, leurs attentions semblent assez nobles, mais il faut toujours se méfier des apparences...

Ce premier épisode nous plonge immédiatement dans l'action et dans l'ambiance. Après quelques cases où l'on suit un consommateur de drogue à base de chanvre souhaitant échanger une breloque dégotée on ne sait où contre quelques grammes de la susdite substance hallucinogène, l'action démarre au quart de tour, avec une baston entre la bande d'Aldo et Tino et les dealers. On retrouve ensuite ces jeunes "vigilantes" (rapport aux vigilantes movies des 80's), dans le sous-sol d'un bar où ils fêtent avec leurs copains et petites amies, cette affaire rondement menée. C'est ici que la vraie partie feuilleton arrive, avec un des amis des deux cousins qui semble avoir des soupçons sur la probité d'Aldo et Tino. Bien qu'il soit vite mouché par  Aldo, on sent que ce fouille-merde ne va pas en rester là... Enfin, dans la dernière partie, on découvre la vérité concernant les deux cousins et on se dit que beaucoup de choses vont arriver pour eux et pour leur entourage, et à mon avis, pas que des bonnes !

Au niveau du dessin, on sent - et on voit - que l'ami Bart n'a pas ménagé sa peine et a bien bossé depuis "Deusse". Les mouvements des personnages - notamment lors de la baston - sont très fluides et nous donnent l'impression d'y assister aux premières loges. Cette ambiance combat de rue est vraiment bien rendue.
Les personnages principaux quant à eux, sont tout de suite reconnaissables et même s'il s'agit d'un premier épisode - et donc d'une introduction - on sent déjà se dégager des tensions, des non-dits et des petits secrets. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé le côté très "Double Dragon" des deux protagonistes et la scène de bagarre m'a ramené à l'époque où je torturais ma Game Boy (oui, je dis "ma") pour essayer de finir ce put* de quatrième niveau (ce que je n'ai d'ailleurs jamais réussi pour la petite histoire). 
Les cadrages et la mise en scène sont très cinématographiques et participent pleinement à cette atmosphère de feuilleton. L'ensemble, parfaitement lisible et fluide, est une vraie réussite.

En conclusion, je dois dire - et je pense que vous l'avez compris à la lecture de mon petit post - que j'ai été plus qu'enthousiasmé à la lecture de ce premier épisode. Tout y est réuni pour faire de ce Sistema une œuvre qui marquera son public : des personnages ambivalents, une ambiance 80's bien reproduite avec des petits détails (qui nous fait retomber à pieds joints, pour les quadras, dans nos vertes années) et surtout une intrigue qui se met en place tout doucement, mais sûrement. Bref, une vraie réussite ! 
Que dire de plus, si ce n'est vivement la suite qui, par le plus grand des hasards, sera mise en ligne le 22 mars, soit le jour de mon anniversaire (c'est ce qui s'appelle un très beau cadeau !)

D'ici là, rechaussez votre paire d'Adidas Ectasy, vos Stan Smith ou vos Converse All Star, posez vos écouteurs de walkman à mousse orange sur les oreilles, mettez à fond "I shot the devil" de S.T. et jetez-vous sur Sistema, disponible gratuitement à cette adresse : sistema.bartbd.art. Vous m'en direz des nouvelles !

Pour information, Sistema première saison comptera 9 épisodes qui sortiront tous les 15 jours. Le premier a été mis en ligne le 8 mars. Bart a déjà prévu de sortir une deuxième saison, tant l'histoire et le concept de Sistema sera dense et riche. Et ça c'est une très bonne nouvelle !

vendredi 19 avril 2019

Quelques crowdfunding intéressants (8)

Même si je n'ai quasiment plus de temps à consacrer au Bazar pour l'instant, je n'en reste pas moins attentif à ce qui se passe autour de moi, surtout sur les plateformes de financement participatifs. 
Et étant donné que ce mois d'avril nous propose deux projets qui sont absolument "must-have" (comme on dit en bon français) pour les amateurs de BD, je ne pouvais que sortir de mon silence pour vous en parler.
Mais jugez plutôt.
On commence donc avec les Éditions Neofelis - dont vous savez tout le bien que je pense de leur travail - qui nous proposent sur Ulule de participer au financement du deuxième tome de l'anthologie d'histoires courtes de l'immense Steve Ditko, et qui fait suite à "Histoires improbables", l'un des mes coups de cœur de 2017. Autant dire que c'est du lourd !

Les contreparties vont de 5€ pour un ex-libris à 127€ pour un pack comprenant les deux tomes de l'anthologie, un livre exclusif à la campagne, des ex-libris et un tote bag. Personnellement, j'ai opté pour le livre simple à 35€, mon banquier ayant refusé de me faire crédit pour le pack à 72€ comprenant le livre + le livre exclusif à la campagne. Et je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr de le regretter toute ma vie...

La campagne se terminera le 19 mai, pour une livraison en février de l'année prochaine. Au moment où j'écris ces lignes, le projet est financé depuis belle lurette, donc n'hésitez pas à y participer pour que l'objet soit encore plus beau et rende hommage au talent de Ditko ! (Et connaissant la production de Neofelis, cela sera le cas !)



Second projet indispensable de ce mois-ci, toujours chez Ulule : le retour de Fox-Boy, rien que ça ! Mes habitués (je suis sûr qu'il y en a au moins un) savent tout le respect et l'admiration que je porte à l'œuvre de Laurent Lefeuvre (et à l'homme aussi), découvert il y a quelques années avec le fascicule Paotr Louarn, qui n'était autre que la première incarnation du garçon-renard. 

Les contreparties vont de 22€ pour l'édition classique à 1900€ pour un pack spécial comité d'entreprise. Je me suis personnellement laissé tenté par la magnifique "green edition" et son wrap-around de toute beauté  à 32€, mais si j'avais gagné à l'euromillion la semaine dernière, je me serais jeté sur le tirage de tête qui est tout simplement à couper le souffle. 

La campagne prendra fin le 29 mai 2019 et est d'ors et déjà financée (pour l'anecdote, cela a été bouclé en 1 heure). Mais plus nous serons nombreux à participer, plus le livre sera beau et gros et accompagné de goodies exclusifs, donc pas d'hésitation, on fonce !

Donc seulement deux projets cette fois-ci, mais mâtin, quels projets ! (seul les plus anciens pourront comprendre cette phrase et la référence).
Bon weekend à vous !

mercredi 3 avril 2019

Cap'tain Swing 300

Lors de ma dernière chronique sur Swing, en décembre de l'année dernière, j'évoquais le fait que mes post mensuels sur cette revue se ressemblaient tous et à vrai dire, n'apportaient pas grand chose au schmilblick. Bien entendu, ces petites critiques me permettait de partager avec vous mes bons moments passés auprès des rebelles américains et de leur charismatique chef à toque de blaireau : l'immortel Cap'tain Swing, mais j'avais atteint un point où je tournais un peu un rond en ce qui concernait mes arguments. J'avais donc décidé à l'époque de cesser de commettre mes post mensuels sur le sujet, en attendant soit le dernier numéro de la revue (que j'espérais le plus lointain possible), soit l'histoire du mariage de Swing (une sorte de boutade car inédit en France). 
Quatre mois plus tard, force est de constater que le moment fatidique est finalement arrivé et qu'en plus il fait d'une pierre deux coups en nous proposant à al fois le dernier numéro de cette seconde série de Cap'tain Swing ainsi que l'épisode inédit que tous les fans attendaient : celui du mariage de Swing et Betty ! Bref, une fin en apothéose !

Tandis qu'il se trouve à Fort Ontario, le Cap'tain Swing voit arriver un groupe de soldats américains bien mal en point. En effet, ils ont été attaqués dans la passe de Wapiti par les Anglais tandis qu'ils escortaient un convoi de ravitaillement pour l'Ontario. Il apprend également que la vallée du Shaskewan est le théâtre d'importants mouvements de troupes de tuniques rouges. L'état major américain décide alors de frapper un grand coup en prenant aux anglais le fort qui protège la passe de Wapiti. Ainsi, les américains pourraient mettre fin aux combats dans la région. Bien entendu, Swing, Hibou Lugubre, Mister Bluff et les Loups de l'Ontario se portent volontaires pour cette mission.
Ayant finalement réussis sans verser trop de sang des deux côtés, Swing et ses hommes prennent ensuite le large pour rallier la région de Yorktown où semble converger toutes les troupes anglaises. Sentant qu'il faut jouer contre la montre, Swing et les Loups de l'Ontario, épaulés par les milices américaines et l'armée française part à l'assaut de la ville. Bien que le pressentant, ils ne savent pas encore que cette victoire va mettre fin à la Guerre d'Indépendance des États-Unis...

Encore une fois, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Swing, Hibou Lugubre, Mister Bluff et d'El Guincho, qui pointe ici le bout de son crochet. L'histoire, même si elle n'est pas aussi trépidante que les précédentes et très prenante. On sent que les auteurs ont voulu ici prendre leur temps pour ne pas expédier des événements qui d'habitude, ne sont pas vraiment développés. Cela a pour conséquence de ralentir un peu le rythme, mais rien de bien méchant.
L'histoire est riche en événements et en rebondissements avec deux parties distinctes que sont l'attaque du fort de Wapiti et la bataille de Yorktown. Ces deux "chapitres" sont tellement denses qu'ils auraient très bien pu être deux épisodes séparés, même si je dois avouer que les "conclusions" de ces deux parties sont un peu bouclées à la vite, Swing et une poignée d'hommes mettant fin à la guerre à eux seuls et en deux temps trois mouvements...
J'ai en tout cas beaucoup aimé le passage avec Hibou Lugubre et sa "squaw" qui sert de petit intermède comique bien réussi et permet de faire baisser un peu la tension dans cette histoire de double bataille.
Enfin, la présence de Blek le Roc, de Roddy et du Professeur Occultis au mariage de Swing et de Betty est une jolie surprise et une belle manière de conclure cette saga (même s'ils débarquent un peu comme des cheveux sur la soupe, il faut être franc) !
Mais dans l'ensemble, même si le scénario est un peu plus faible que d'habitude, tout cela tient quand même bien la route.

Le seul bémol à mon enthousiasme, concerne la police d'écriture utilisée (du Comic Sans MS en capitales à vue de nez) qui est assez désagréable à lire quand il y a beaucoup de texte dans les bulles. À part ça, j'ai trouvé la traduction plutôt correcte (même si je ne connais pas l'original) et bien dans l'esprit de la série.

À numéro exceptionnel, contenu exceptionnel, car contrairement aux mois précédents, point n'est présent notre cher thane saxon Ivanhoé, qui est remplacé par un mini dossier consacré au héros du jour, notre bon vieux Swing. Celui-ci est l'œuvre de Dominik Vallet et est donc à la fois concis, complet et très bien rédigé, comme cela est toujours le cas avec cet auteur.

En trois' de couv', on retrouve Jestopsen dans une histoire en une planche, signé Dominik Vallet et Jo Hell, qui rend hommage également à Swing. Celle-ci est plutôt sympa et permet de quitter l'aventure Cap'tain Swing sur une bonne note.

En conclusion, au-delà du caractère exceptionnelle de la chose que ce soit en ce qui concerne le dernier numéro de la série - peu de revues mensuelles de bande dessinée peuvent se targuer d'avoir duré 300 numéros et 25 ans (puisque publiée depuis 1994) ! - ou bien l'histoire inédite que l'on attendait tous avec impatience depuis des décennies, je dois dire que j'ai été très agréablement surpris par ce récit justement. Le ton un peu plus sérieux de celui-ci, qui fait intervenir des personnages et des événements historiques et bien entendu le fait d'assister à la dernière histoire tout court de Cap'tain Swing, Hibou Lugubre, Mister Bluff, Pouik, Betty, El Guincho et tous leurs amis fait un petit pincement au cœur. Mais pour une fois, je trouve que le final est à la hauteur de la série et de la revue ! Bon vent Swing !

Enfin, bon vent, bon vent, pas tout à fait. Car, au moment où cette deuxième série de Swing tire sa révérence, Super Swing (2ème du nom) pousse son premier cri et déboule sur les rayonnages des maisons de la presse et autres relais H avec une jolie couverture hachurée (qui de mémoire a déjà servi pour une compil de Swing), une cocarde jaune vif qui annonce que c'est nouveau (ou pas) et un Cap'tain qui n'a pas l'air commode (en plus de s'être fait lifté). 
La chose n'est pas inintéressante en soi, mais ça sent le vieux, voire très vieux. En plus, nous n'avons droit qu'à une moitié d'histoire de Swing, à suivre le mois prochain. J'ai vraiment l'impression de retrouver les petits formats de ma jeunesse avec de l'éditorial bien daté (Un article sur le pain ?), des jeux et une seconde série, Captain Vir de Bor qui fait... vieillotte, il n'y a pas d'autres mots, malheureusement. Il y a également tout un dossier sur les sorties bd du mois, dont je ne comprend pas la présence ici (tant qu'à faire, autant mettre une moitié d'épisode d'une autre série). Le seul dossier qui m'a paru intéressant est celui sur les... petits formats, signé Dominik Vallet !
Je ne sais pas à l'heure actuelle si je vais suivre cette publication, car si mon côté amoureux des petits formats me dit de le faire (c'est quand même le dernier survivant de ces grands anciens de la bande dessinée), mon bon sens me dit que l'histoire aurait dû s'achever en fanfare avec ce numéro 300, et mon porte monnaie me dit que 4,95€ pour 64 pages, même au format "Nova", c'est un petit peu cher... À vous de vous faire une idée du bouzin !

lundi 1 avril 2019

Et de 7 !

Nous voilà arrivés au 1er avril, le jour des blagues au journal télévisé (enfin, c'était le cas il y a longtemps quand je le regardais avec ma Mamie) et des poissons en papier dans le dos.
Mais comme vous le savez peut-être, le 1er avril c'est également l'anniversaire du Bazar de Djé, qui souffle, en cette année 2019, sa septième bougie.
Même si le rythme s'est drastiquement ralenti depuis la fin de l'année dernière pour des raisons évoquées il y a quelques jours dans un post que je vous laisse chercher si vous êtes curieux, il n'en reste pas moins qu'en sept années de haut et de bas, j'ai partagé avec vous 774 post (en comptant celui-ci) de plus ou moins grand intérêt, il est vrai. 
Quoiqu'il en soit et même si les temps sont durs, je vais continuer, autant que faire se peut de partager avec vous mes trouvailles en matière de bande dessinée, de figurines en plomb (pas en résine, j'aime pas), de bouquins, d'expositions et de tout ce qui me fera envie, car le principe même du bazar, c'est d'y trouver de tout !
À l'année prochaine si tout se passe bien d'ici là, pour fêter ensemble la huitième année !

Des bises à vous,
Djé


Ho ! Tiens ! Revoilà les Ramones !

vendredi 29 mars 2019

Proxy Squelettes HeroQuest (9)

On commence donc avec ce très beau set d'archers squelettes, accompagnés d'un musicien tenant des maracas en crânes du plus bel effet, disponible chez Bear's Head Minis. Je trouve la sculpture old school très sympathique et très dynamique. Pour les enrôler dans votre armée de vieux os, il vous en coûtera 10£ + fdp, soit environ  12€ + fdp.
Merci à l'excellent blog Pousseplomb pour l'info !


On continue avec ce set de 4 lanciers de chez CP Models, qui semblent tout droit sortis d'une aventure de Ray Harryhausen. Ils apporteront un peu de diversité grâce au travail de couleur réalisable sur les boucliers. Ils viendront piétiner du héros pour seulement 6£ + fdp, soit environ 7€ + fdp, ce qui est très raisonnable.
Encore une fois merci à Pousseplomb pour l'info.
Enfin, on termine avec ce "Bog skeleton" de chez Reaper Miniatures et sa pose dégingandée du plus bel effet. Il rejoindra votre armée de damnés en clopinant pour seulement 6,35 € + fdp. Pourquoi s'e n priver ? 


C'est tout pour aujourd'hui ! Bon weekend !

dimanche 24 mars 2019

Quelques crowdfunding intéressants (7)

Je vais essayer de renouer avec ce rendez-vous plus ou moins régulier du dimanche matin, où je partage avec vous des projets divers et variés qui n'attendent que nous pour pouvoir exister. 
Je rappelle bien sûr que je ne touche absolument rien dessus, il s'agit - comme tout ce qui se trouve dans Le Bazar - d'une volonté de sortir des sentiers battus des grosses machines (édition, jeux de rôle  / plateau etc.) en vous présentant des choses qui restent confidentielles, malgré leur intérêt certain.

On commence avec la troisième livrée de "Heroes of the Golden Age" sur Kickstarter, avec toujours une superbe couverture signée Chris Malgrain (mais d'autres versions alternatives par d'autres grands artistes sont également disponibles). J'avais parlé du premier opus de ce projet - qui s'intitulait à l'époque Heroes of the Public Domain - ici. Il s'agit donc d'un guide qui référence et qui présente les superhéros qui ont vu le jour entre les années 30 et les années 50 et qui faute d'adhésion du public, ont disparu des radars de l'édition pour finalement tomber dans le domaine public. L'intérêt de la chose étant de (re)découvrir des superhéros injustement méconnus. En plus, vu que c'est illustré par Chris Malgrain, ça ne peut être que beau. Il vous en coûtera de 8 CA$ (soit environ 5€) pour la version PDF à 400 CA$ pour le guide + la couverture originale de la version de Steven Butler. Pour la version simple de la chose, comptez 15 CA$ + 20 CA$ de fdp soit, environ 23€. 
À noter, bien entendu, tout cela est anglais.


Toujours chez Kickstarter et donc toujours en anglais, je suis tombé sous le charme de ce "Monster Atlas - Volume 2 : British Isles & Nordic Countries". Comme son titre l'indique, il s'agit d'un guide de référencement des monstres et autres créatures fantastiques dont le berceau est - pour faire court - l'Europe du Nord. Étant passionné depuis toujours par ces sympathiques créatures, je trouve ce projet vraiment très intéressant, bien illustré et bien documenté, tout en étant très concis (et donc pas trop difficile à comprendre pour ceux qui sont fâchés avec la langue de Gareth Bale - on a les références que l'ont peut). Il vous en coûtera de 5 CA$ (environ 3€) pour un merci à 300 CA$ (environ 198€) pour les guides 1 et 2 + des pages originales du guide. Pour le guide simple, il y a deux options : le pdf à 15 CA$ (soit environ 10€) ou le guide papier à 30 CA$ + 25 CA$ de fdp (soit environ 36€).
Il existe également une offre pour les deux guides en version papier à 70 CA$ (soit environ 46€), mais les fdp assassins de plus de 26€ rendent la chose beaucoup trop chère pour nos autres pauvres habitants du Vieux Continent...


Et pour finir ce septième numéro, on retourne sur nos bonnes vieilles latitudes et sur Ulule, avec  le numéro 2 de "L'Intrépide", superhéros imaginé par Marcus lorsqu'il était enfant. L'animateur avait réussi à finalement terminer son histoire débutée en 1977 et qui s'était arrêtée sur un cliffhanger de folie (sans doute le plus long et le plus insoutenable de la bande dessinée) en 2014. Il décide de remettre le couvert cette année et je pense que l'on peut lui faire confiance. 
Il vous en coûtera de 5€ pour un merci et une participation à un tirage au sort à 3000 € pour apparaître dans l'album et dans l'émission de Marcus - ce qui me paraît un peu abusé quand même. Pour ma part, je me contenterai sûrement de l'album pour 25€.


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Je vous souhaite une bonne fin de weekend.

vendredi 22 mars 2019

Allan Mac Bride - Tome 6 : Les ombres de Ta Keo de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas

De retour aux affaires après un (trop) long hiatus, pour cause  - comme d'habitude - de trop de travail qui fait chier et d'enfants qui grandissent trop vite, je vais vous parler aujourd'hui du sixième tome d'une série que j'affectionne particulièrement : Allan Mac Bride, œuvre de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas.
Après nous avoir fait voyager de l'Égypte aux îles du Pacifique, les deux artistes ont débuté un nouveau cycle dans le tome précédent, qui se conclu avec le présent album et qui se passe au Cambodge, plus précisément dans la région de Siem Reap, célèbre pour les magnifiques temples d'Angkor.

Allan Mac Bride se trouve toujours au Cambodge, sur le site d'Angkor où, bien qu'il ne soit plus mandaté par son ami Hervé, il poursuit sa quête concernant les étranges statues d'Apsaras. En effet, il reste persuadé que les mains des statues lui indiquent un endroit précis où il pourra, si ce n'est trouver, au moins en savoir plus sur la mythique épée des anciens rois du Cambodge : la légendaire Preah Khan.
Malheureusement pour lui, même si son intuition s'avère juste, il ignore qu'il est entouré de traîtres qui feront tout pour s'approprier avant lui les fruits de ses découvertes. D'autant plus que plusieurs factions de criminels tirent des ficelles dans l'ombre et n'hésitent pas à se débarrasser purement et simplement de ceux qui les entravent ou les ralentissent dans leur mission. Allan va donc devoir affronter d'énormes périls pour découvrir la vérité...

Encore une fois, Jean-Yves Brouard arrive à trouver le parfait équilibre dans cet album, entre les différents ingrédients de son intrigue, à savoir l'Histoire, la mythologie, le fantastique et l'action pure. Contrairement au tome précédent où l'auteur prenait le temps de nous présenter la légende de l'épée de Pisnokar, il n'y a ici aucune pause ou coupure dans le récit haletant de la quête d'Allan. Celui-ci est toujours en mouvement, quasiment obnubilé par la quête qui est la sienne et qui se transforme, à cause de l'arrivée de la saison des pluies, en course contre la montre. Cette sensation d'urgence est vraiment très bien retranscrite par l'auteur et son histoire sans temps mort.
Ensuite, si vous êtes comme moi, fan d'archéologie à la Indiana Jones, Jean-Yves Brouard nous gâte, avec une grosse partie de l'album qui se passe dans des souterrains antédiluviens situés en dessous des temples cambodgiens qui amènent, bien entendu, leur lot de pièges et aux mystères. Cette atmosphère confinée apporte un vrai plus à la sensation d'urgence de la mission d'Allan Mac Bride.
Enfin, le récit en général est absolument prenant car, en parallèle du côté purement action déjà évoqué, Jean-Yves Brouard a eu l'excellente idée d'y ajouter une énorme dose de suspense en mêlant à l'intrigue non pas une, mais deux factions très intéressées par les découvertes de Mac Bride. Cela met en place une sorte de ménage à trois où l'on sent que ce pauvre Allan va avoir du fil à retordre pour trouver ce qu'il cherche et surtout pour en sortir indemne.
Le seul bémol que je pourrais apporter à mon enthousiasme pour cette histoire, c'est *ATTENTION SPOILER* le revirement du tout au tout de Préah Suryah, le gourou de la secte. Je comprends pourquoi d'un point de vue scénaristique (s'il n'avait pas été totalement changé, il n'aurait pu collaborer avec Mac Bride pour sortir du souterrain et les aventures de l'aventurier se seraient arrêtées là, ce qui auraient été très dommage) et surtout cela permet de d'ajouter une nuance de gris en plus entre le blanc du gentil et brave Mac Bride et le noir de l'horrible Fergusson, mais ce changement est un peu trop brutal et total à mon goût. Mais comme cela n'altère en rien le plaisir de la lecture, on peut dire que c'est du pur chipotage de ma part ! *FIN DU SPOILER*

Pour ce qui est des dessins, Patrick A. Dumas nous régale encore une fois de son talent. Les décors sont à couper le souffle et nous permettent de nous immerger totalement dans l'atmosphère du récit. Tout y est méticuleux et peaufiné dans les moindres détails et ces magnifiques planches participent totalement à la réussite qu'est cet album (et cette série). 
Le découpage des planches bien qu'assez classique, est ici parfaitement pensé pour accompagner l'action à cent à l'heure du récit. On passe d'une case à l'autre très rapidement, sauf parfois, quand l'artiste se permet une courte pause pour une double page à couper le souffle, ou des cases un peu plus conséquentes, pour souligner l'importance de l'action. Un vrai régal pour les yeux !

À la fin de la lecture de ce tome, on se dit qu'un troisième volume n'aurait pas été de trop, tant on aurait voulu continuer à suivre Allan dans ces décors magnifiques (et surtout magnifiquement retranscrits par Patrick A. Dumas) que sont ces temples cambodgiens. Mais en y réfléchissant à tête reposée, on se rend compte qu'en faisant le choix d'un diptyque, les auteurs ont ainsi concentré l'histoire et l'action qui ne connait donc aucun temps mort et l'on se dit que c'est beaucoup mieux ainsi, puisque l'on tourne les pages à toute vitesse pour connaître les rebondissements qui attendent Allan Mac Bride. On est donc triste de quitter si rapidement notre ami archéologue, mais heureux d'en avoir pris plein les yeux dans ce cycle mené tambour battant.
Que dire de plus si ce n'est : vivement la suite des aventures !

Note 17/20


Allan Mac Bride - Tome 6 : Les ombres de Ta Keo de Jean-Yves Brouard et Patrick A. Dumas
JYB Aventures / 2019
ISBN : 9791090083202
48 p. / 12,80€

Les aventures d'Allan Mac Bride sont disponibles sur le site de Jean-Yves Brouard, JYB-Aventures. N'hésitez pas à aller y faire un tour et à découvrir les autres séries de ce talentueux auteur !

vendredi 8 février 2019

Proxy Elfe HeroQuest (2)

Comme je n'ai pas le temps de finaliser ma chronique en cours, je vais essayer de me faire pardonner en partageant avec vous, une superbe trouvaille concernant un proxy pour mon personnage favori de notre bon vieux HeroQuest, à savoir notre ami l'Elfe.
Comme souvent, ce must have vient de nos amis de chez Foundry. Ce magnifique Elfe oldschool (en fait il s'agit d'une reprise de moule de Citadel) aurait très bien pu servir de prototype pour la figurine que nous connaissons tous, tant les physionomies des deux sont proches.
Il vous en coûtera £6 + fdp (soit environ 6,80€ + fdp), pour enrôler dans votre bande ce parfait représentant des Premiers-nés.
Merci à l'excellent blog Pousseplomb pour l'information !


C'est tout pour aujourd'hui, je retourne travailler... Bon weekend !

mardi 29 janvier 2019

L'Arabe du futur - Tome 4 de Riad Sattouf

Après un tome 3 un ton en dessous, j'étais un peu partagé quand j'ai ouvert ce volume. Allais-je retrouver l'enthousiasme des deux premiers de la série, ou, au contraire, assister malgré moi à la lente dégringolade d'une histoire qui aurait normalement dû être racontée en trois parties et qui en comptera au moins le double... 

Riad, sa mère et ses frères vivent désormais en Bretagne, dans le village de sa grand-mère maternelle. De son côté, son père travaille désormais en Arabie Saoudite où il a accepté un poste à l'université de Riyad. Il espère ainsi réussir à gagner suffisamment d'argent pour pouvoir revenir s'installer en France et y vivre confortablement. Malheureusement, la distance fait que Riad et sa famille ont très peu de contacts avec lui et qu'ils semblent s'éloigner de plus en plus les uns des autres. De son côté, Riad, continue de dessiner et commence à penser de plus en plus aux filles...
Le père de Riad revient finalement vivre en France avec eux, mais il a changé. Lui qui était assez peu pratiquant semble désormais tout remettre en question à cause de sa foi, qui l'isole de plus en plus. Son épouse ne supportant absolument pas ça ce virage, ils passent leur temps à se disputer. 
Malheureusement pour elle, la grand-mère paternelle étant gravement malade, toute la famille doit retourner en Syrie, où Riad constate que rien n'a réellement changé, si ce n'est en pire pour lui, car il n'est plus un enfant. Il prend aussi conscience que le couple formé par ses parents n'en est plus un. S'en suivront plusieurs allers-retours avec la France, où Riad, sa mère et ses frères finiront par s'installer, sans leur père et mari. Ce dernier les rejoindra finalement et essaiera de se montrer moins obtus envers sa femme. Malheureusement, un événement incroyable va faire basculer la vie de la famille de Riad...

Comme indiqué dans mon introduction, j'avais été un peu déçu par le tome 3 et je n'avais donc pas réellement d'attente pour le présent volume. Je savais qu'au pire je passerai un bon moment de lecture, mais sans plus et au mieux, mon intérêt pour la série se trouverait réveillé. C'est finalement la seconde hypothèse qui se révèle ici être la bonne.
En effet, ce tome qui est un chouïa plus épais les précédents (288 pages contre 160 auparavant), est une vraie réussite. Que ce soit dans l'histoire de la famille, la sienne propre (avec la "découverte" des filles ou l'arrivée de l’acné) et la manière de les raconter, Riad Sattouf prouve qu'il est vraiment un conteur hors-pair. Il arrive toujours à trouver le juste équilibre entre les moments graves et ceux plus légers, et surtout à montrer que malgré tout, que ce soit en Bretagne ou en Syrie, il a vécu de très bons moments dans les deux pays, qui sont parties intégrantes de son identité.
Mais ce volume n'est pas que plus épais que les autres, il possède également une atmosphère beaucoup plus grave, l'auteur passant ici de l'enfance - et de l'innocence - à la puberté - et sa prise de conscience du monde. L'enfance semble d'ailleurs prendre réellement fin à la dernière page du livre, lorsque l'on apprend ce qu'a fait le père de Riad Sattouf. Ce drame que l'on sent venir tout le long de l'histoire - sans pour autant en deviner la nature - tant les parents semblent avoir atteint un point de non-retour, dû aux différences culturelles qui se font de plus en plus flagrantes et surtout à leur évolutions personnelles qui ont pris des directions diamétralement opposées.
D'ailleurs, alors que dans les autres volumes, on sentait une vraie tendresse de Riad envers son père, qui arrivait à nous montrer que malgré ses défauts et ses fanfaronnades, il était avant tout humain, dans ce tome, le ton de l'auteur a réellement changé. Comme indiqué plus haut, le fait sans doute de sortir de l'enfance et de comprendre plus de choses qui l'entourent qu'auparavant a sans doute joué dans cela. J'avais d'ailleurs eu l'impression quelque fois que sous couvert d'autobiographie, l'auteur était plutôt en train de raconter la vie de son père, Abdel Razak. Ici, nous sommes presque dans une sorte de portrait à charge qui peu - à certain moment - paraître un peu excessif, mais qui tout à fait compréhensible une fois lu la dernière page. Ce changement de ton est donc à mon avis un peu raide, car nous ne savons pas ce qu'a pu vivre Abdel Razak pour qu'il se radicalise ainsi. Peut-être aurons-nous cette réponse dans le ou les tomes suivants. Ou Pas ?

En ce qui concerne les dessins, nous avons ici affaire à un Riad Sattouf de compétition qui arrive toujours à saisir avec justesse les traits, les mimiques ou les postures, propres à amplifier soit le côté comique, soit le côté dramatique des personnages ou des situations. Il semble avoir réussi à encore plus épurer son trait, ne conservant que l'essentiel. Ceux qui le suivent depuis de début - et donc apprécie ce genre de dessins seront aux anges. Pour les autres, qui sont un peu plus réticents, ce tome-ci ne les fera pas changer d'avis, bien au contraire !
Nous retrouvons également ici les deux colorisations distinctes bleue pour la France et rose pour la Syrie qui ont fait la particularité et l'identité de la série.

En conclusion, ce tome qui est donc excellent, à vraiment relancer - et réveiller - mon intérêt pour cette série. Riad Sattouf réussissant le tour de force de ne jamais tomber dans le mélo, ce qui aurait pourtant pu être fait, au vu du coup de théâtre final. En alternant les moments comiques, les souvenirs parfois naïfs de son enfance et les moments de tension, il arrive à trouver un équilibre et un rythme qui font que ces presque 300 pages se lisent d'une traite. Ce volume se terminant - comme le précédent - sur un cliffhanger de folie, va rendre l'attente jusqu'au prochain tome très longue et très difficile !

Note : 17/20


L'Arabe du futur - Tome 4 de Riad Sattouf
Allary Éditions / 2018
ISBN : 978-2370730541
288 p. / 25,90€

mardi 22 janvier 2019

Intégrale Félix - Tome 4 de Maurice Tillieux


Les Éditions de l'Élan continuent leur magnifique travail de mémoire en l'honneur de ce maître du neuvième art qu'était Maurice Tillieux, en nous offrant deux fois l'an, des pépites que sont ces intégrales de Félix.
Ce quatrième tome ne fait pas exception à la règle et la qualité est encore une fois au rendez-vous avec un volume de toute beauté qui regroupe six histoires du journaliste à houppette, béret et lunettes, toutes parues en 1951.
Contrairement au tome précédent qui avait vu nos trois amis voyager à l'autre bout du monde, nous avons ici affaire - mise à part une histoire "flashback" - à des contrées un poil moins exotiques (Angleterre, Écosse, Marseille et Neuilly), sans que pour autant l'intérêt de celles-ci ne diminuent (c'est même le contraire à mon humble avis).
C'est donc parti pour ma chronique de ce tome 4 de l'Intégrale de Félix par Maurice Tillieux !



Au sommaire de ce quatrième tome :
- Une tête doit tomber
- "Continentale"
- La Liste n°3
- Félix enseigne le judo
- Cette sacrée publicité !
- La momie mène la danse

Dans "Une tête doit tomber", Félix et ses comparses sont à Marseille, pour se reposer de leurs aventures en Corée. Tandis qu'il lit le journal, Félix tombe sur un article concernant l’exécution prochaine du brigadier Durand, coupable d'avoir empoisonné son supérieur. Sentant qu'il y a anguille sous roche, le journaliste va rencontrer l'accusé, puis ayant besoin d'un peu de temps pour prouver l'innocence de Durand, demander à Allume-Gaz et Cabarez de retarder de quelques jours l'exécution de l'accusé. Comment ? Tout simplement en volant la guillotine !

"Continentale" : Suite aux retentissement de l'affaire Durand, Félix et ses camarades sont assaillis de demandes d'interviews de la part de journalistes. Félix étant absent, Allume-Gaz décide de leur raconter l'une de leurs anciennes aventures vécue au Mexique où ils ont aidé leur ami Tony Berto à sauver sa petite compagnie aérienne sur laquelle lorgnait avidement la "Continentale". Cette dernière, dirigée par des hommes peu recommandables n'avait en effet reculé devant aucun moyen pour mettre la main sur l'entreprise de Berto, allant jusqu'au sabotage en plein vol d'un avion. Mais cela était sans compter sur la présence de Félix et d'Allume-Gaz dans le cockpit...

Dans "La Liste n°3", Félix, Allume-Gaz et Cabarez sont à Londres. Ils ont été envoyés par leur journal dans la capitale anglaise pour couvrir des fouilles archéologiques dans le Devonshire. Tandis qu'ils s'absentent de leur appartement, celui-ci est "visité" par deux malfrats qui le mettent sens dessus dessous. Ils sont dérangés dans leur besogne par le retour impromptu de Félix. Après s'être battu avec eux, Félix s'aperçoit qu'il ne manque rien dans ses affaires... Puis il reçoit un coup de téléphone de l'inspecteur Taurus qui lui apprend que l'on a trouvé un message sur cadavre, indiquant qu'une liste se trouvait dans les affaires de Félix. Le journaliste va alors se mettre en route pour retrouver la trace de ses agresseurs, sentant que les deux événements sont forcément liés...

"Félix enseigne le judo" : Tandis qu'ils se trouvent encore à Londres, les trois amis reçoivent la visite d'un homme qui souhaite que Félix lui apprenne quelques rudiments de judo. L'homme étant très (trop) insistant, le journaliste se fait plaisir de lui montrer et de pratiquer toutes sortes de prises sur lui, en faisant beaucoup de bruit. Une fois l'élève reparti, l'inspecteur Degelbee rend visite aux trois compagnons pour leur apprendre qu'un vol de bijoux a eu lieu dans l'hôtel. Plus précisément dans la chambre voisine de celle de Félix. Le journaliste sent que "son élève" n'était pas seulement ici pour prendre une leçon de judo...

Dans "Cette sacrée publicité !", Félix, Allume-Gaz et Cabarez se rendent en Écosse, à Balmoral pour se reposer. Pourtant, dès leur arrivée dans la ville, ils apprennent que Jim Cavendish, un célèbre coureur automobile a disparu, tandis qu'il doit disputer le Grand Prix d'Écosse dans une semaine ! Afin de le retrouver rapidement, une prime de 100000£ est même proposée. Bien entendu, une telle somme va attirer l'attention de deux petites frappes qui vont tout faire pour mettre des bâtons dans les roues de Félix et Allume-Gaz, qui sentent qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette disparition.

"La momie mène la danse" se passe en France et plus précisément à Neuilly, où depuis quelque temps, les chats disparaissent les uns après les autres. En tout, c'est plus de 200 chats qui se sont évaporés en moins de trois semaines. Sentant que cela cache une affaire sordide, Félix part enquêter sur place, secondé comme il se doit par Allume-Gaz et Cabarez. Très vite, ils vont se rendre compte que tout semble tourner autour d'un drôle de personnage : le docteur Boissy, condamné il y a quinze pour trafic de drogues et envoyé au bagne de Cayenne pour y purger sa peine...

Autant le dire tout de suite, ce tome - qui a une saveur particulière pour moi, car il regroupe les histoires par lesquelles j'ai découvert Félix - est une complète réussite. Même "Félix enseigne le judo" qui démarre comme une succession de gags "slapsticks", un peu dans l'esprit de "Les chasses de Cabarez" du tome précédent, se révèle être finalement une très bonne surprise avec ce vol mystérieux commis quasiment sous le nez de nos trois amis et bourré d'humour grâce aux jeux de mots pourris d'Allume-Gaz (qui préfigurent ceux de Libellule dans Gil Jourdan) et au pauvre Cabarez. 
La case qui débute "La liste numéro 3" où l'on voit Félix filer un uppercut à un gars trois fois plus gros que lui est l'image qui reste associé à ma découverte de la série. En effet, quand mon père m'avait ramené cette bande dessinée à la maison (avec également un Timour de Sirius, mais cela est une autre histoire), j'ai tout de suite su que j'allais aimer cette histoire. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un gringalet avec des lunettes filait une rouste à un grand costaud. Pour une fois, le mec à lunettes n'était pas (que) l'intello, mais se servait aussi de ses poings ! Mais ce qui m'a vraiment fait basculer dans la série, c'est le subtil mélange d'action et de suspense que l'on retrouve dans cette histoire. En très peu de cases, nous avons l'impression qu'il se passe tellement de choses qu'il parait impossible que cette histoire ne fasse que 12 pages. Et on comprend ensuite pourquoi Maurice Tillieux réutilisera ces histoires / idées pour des albums de 48 pages.
Cette histoire était pour moi, jusqu'ici la meilleure de toute celles que j'avais lu, mais ça c'était avant que je ne découvre l'histoire qui clôture magistralement ce quatrième tome : "La momie mène la danse". Tout dans cette histoire est une réussite. Maurice Tillieux arrive à créer une atmosphère très particulière qui ressemble un peu à celle de l'histoire "N'y touchez pas, il est maudit !" présente dans le tome 5 (ce qui est un peu normal vu qu'il s'agit chronologiquement du récit venant ensuite), à savoir quelque chose de très particulier, mélange de fantastique et réalisme très terre à terre. Le fait que cela se passe en banlieue parisienne rajoute aussi à cette réussite, car l'on se rend compte qu'en 1951, Neuilly était un tout peu différent de ce qu'il est désormais.

Pour ce qui est des autres histoires, elles sont toutes de très haute volée. Que ce soit "Une tête doit tomber" et son idée de départ totalement saugrenue de vouloir voler la guillotine pour repousser l’exécution d'un innocent, "Continentale", où le côté très hard boiled de Félix ressort lorsqu'il menace le vil Moreno de le pulvériser en l'attachant à la turbine de l'avion, ou encore "Cette sacrée publicité !" et son idée de génie - qui sera d'ailleurs "empruntée" par Greg quelques années plus tard. Ce tome 4 est à mon goût le plus homogène de tous ceux qui ont été publiés jusqu'à présent. C'est très simple, il n'y a rien à redire !

Pour ce qui est du dessin, on sent ici - comme pour le tome 3 - que Maurice Tillieux est en pleine possession de ses moyens et maîtrise parfaitement tous les ingrédients de ses histoires. Que ce soient les personnages, les décors (la banlieue de "La momie mène la danse" est criante de vérité et participe complètement à cette atmosphère poisseuse, digne de "Brouillard au Pont de Tolbiac" de Tardi - à moins que ce ne soit l'inverse, vu les décennies qui séparent les deux œuvres), les véhicules... Tout concours à la lisibilité de l'histoire et ne tend que vers un seul objectif : l'action !
La mise en page est elle aussi vraiment impeccable et parfaitement maîtrisée : les angles de vues sont très travaillés, l’enchaînement de divers formats de cases pour coller au rythme du récit et surtout les premières cases de chaque histoire qui donne le tempo du récit sont magnifiques.
Pour être un peu tatillon, je dirai que le seul bémol ici concerne le lettrage des phylactères. En effet, dans certaines bulles on a l'impression que l'auteur s'est laissé aller et n'a pu faire rentrer son texte qu'au chausse-pied ("défaut" que l'on retrouve aussi chez Jacobs et ses fameux récitatifs).

Encore une fois, les copieux dossiers présents en début de volume sont tout simplement indispensables. Nous retrouvons tout d'abord une présentation détaillée de chaque histoire, avec remise en contexte, sources d'influences et indication de réutilisation dans la suite de l'œuvre de l'auteur. Ensuite, nous avons droit à un dossier "Les voitures dans la série Félix", qui montre à quel point Maurice Tillieux était un amateur d'automobiles qui se documentait beaucoup pour pouvoir ensuite les reproduire le plus fidèlement possible dans ses histoires. Passionnant.

On peut dire que j'attendais avec impatience ce tome 4, puisqu'il contient les premières histoires de Félix que j'ai lu étant plus jeune, à savoir : "Une tête doit tomber", "Continentale" et "La Liste n°3". Quel bonheur de pouvoir les relire aujourd'hui "dans leur jus" avec la reproduction à l'identique des pages d'origines et complétées par les programmes non-stop ! Ces histoires me font toujours le même effet et sont pour moi la quintessence de cette série. Sans compter une histoire dont j'avais beaucoup entendu parler sans avoir réussi à mettre la main dessus : "La momie mène la danse", qui apparait finalement comme la meilleure des histoires de Félix que j'ai lu jusqu'à maintenant. Tout y est : de l'action, du suspense, de l'humour, une mise en page et un récit totalement maîtrisés. Bref, que du bon, voire du très bon pour ce quatrième tome de cette intégrale, qui grâce au travail méticuleux des Éditions de l'Élan restera dans les annales de la bande dessinée. Vivement la suite et donc le tome 8 !

Note : 18/20


Intégrale Félix - Tome 4 de Maurice Tillieux
Les Éditions de l'Élan / 2018
ISBN : 978-2960185959
135 p. / 29,95€

mardi 15 janvier 2019

Le Garde Républicain - Annuel Spécial Noël 2018

De retour aux affaires après un long hiatus, dû - entre autres - à un travail de plus en plus prenant et de moins en moins intéressant, je vous propose, pour bien commencer cette année 2019, ma petite chronique du désormais traditionnel numéro de noël du Garde Républicain. 
D'autant plus que ce numéro spécial abrite dans ses pages une invitée de marque : Barbarella, célèbre héroïne née sous les crayons du maître Jean-Claude Forest en 1962. 
Inutile donc de dire que j'étais plus qu'impatient de me plonger dans la lecture de cette aventure plus qu'alléchante.

Niklaus Von Claus alias le Père Noël, est le propriétaire de la planète Noël. Bien que celle-ci soit située en dehors de la zone d'influence de la ZICT - et donc un refuge pour tous les êtres de sac et de cordes de la galaxie, Von Claus y fait régner l'ordre, grâce à ses robots. Aussi, quand on découvre le cadavre du président de la banque de Rigel, le Père Noël demande à Barberella d'enquêter. Celle-ci accepte même si elle ne se sent pas qualifiée pour le poste. Afin de découvrir le criminel qui menace son empire, Von Claus ne voit d'autre solution que de lui adjoindre - en le ressuscitant via une holocarte - le légendaire Garde Républicain. Le couple de superhéros va partir sans attendre à la pêche aux informations afin de démasquer le meurtrier...

Le scénario, croisement improbable entre Agatha Christie et Edmond Hamilton, signé Jean-Marc Lofficier, est vraiment passionnant et prenant. Les pages se tournent à toute vitesse, tant on a envie de savoir qui a fait le coup. La galerie de personnages secondaires - les suspects - est joussivement foutraque, puisqu'on y retrouve Terminator, Mary Poppins ou encore une femme fatale - et ceci sans parler de la présence auprès du Garde (à moins que ce ne soit plutôt l'inverse) de la légendaire Barbarella.
Le plaisir qu'a pris Jean-Marc Lofficier pour l'écriture de cette histoire se ressent lors de la lecture et est vraiment communicative. Le postulat de départ - la planète et le Père Noël pas vraiment recommandable - permet toutes les folies et l'auteur ne s'en prive absolument pas, pour notre plus grand plaisir !
Pour vous dire à quel point, j'ai pris mon pied, j'ai eu l'impression de retrouver l'ambiance d'une des aventures de Magnus Ridolph, personnage de Jack Vance - dont je ne me rappelle malheureusement plus le titre. C'est vous dire si j'ai aimé !

Pour ce qui est des dessins, José Luis Ruiz Pérez fait le travail, mais n'arrive pas à insuffler - à mon goût - le petit plus qui aurait vraiment pu faire la différence. Je pense que cela est principalement dû aux cadrages choisi par l'artiste. En effet, celui a privilégié les plans resserrés sur les visages des protagonistes au détriment de cases un peu plus grandes où nous aurions pu profiter des décors et corps en entier des personnages.
Quoi qu'il en soit, si l'histoire se dévore aussi rapidement, c'est aussi grâce à l'efficacité du travail de l'artiste.
Après, je comprends ce choix, car nous avons ici affaire à une enquête qui est plus dans la veine d'Hercule Poirot que dans celle des Experts et les pensées et la psychologie primant sur l'action. Mais cela est néanmoins un peu dommage, car l'on sent que Ruiz Pérez en a sous la godasse.

Encore une fois, avec un concept totalement différent - et cette fois-ci décalé - Jean-Marc Lofficier et José Luis Ruiz Pérez nous démontrent avec talent que le concept du Garde Républicain, en plus de pouvoir être transposé et transposable à toutes les époques de l'histoire de France, l'est également pour tous les genres. Cette aventure est vraiment une réussite et vient se classer directement dans mon top 3 des numéros du Garde Républicain. Vivement Noël prochain !

Note : 17/20

Vous pouvez vous procurer ce numéro - ainsi que tous les autres opus des séries "régulière" et "spéciale" du Garde Républicain sur le site de l'excellente maison d'édition Rivière Blanche. 

Enfin, pour que cela soit plus pratique, j'ai référencé toutes mes chroniques du Garde Républicain sur cette page. N'hésitez pas à y jeter un coup d’œil. 

mardi 1 janvier 2019

Bonne année 2019

Le Bazar de Djé vous souhaite une bonne année 2019. Qu'elle vous apporte ce que vous désirez et surtout plein de bonnes lectures et de petites figurines en plomb ou en plastique - mais pas en résine !
On se retrouve très bientôt j'espère, avec une chronique du 4ème tome des aventures de Félix par Maurice Tillieux et une autre du numéro spécial noël du Garde Républicain !


mardi 25 décembre 2018

Joyeux noël et toute cette sorte de choses - édition 2018

Tout d'abord, non, Le Bazar n'est pas mort, il est juste entré en période d'hibernation (pour cause de beaucoup de choses à faire dans la vraie vie, à la maison et au travail). J'espère que celle-ci ne sera pas trop longue, car même si je n'ai pas - en ce moment - beaucoup de temps à consacrer au blog, je continue néanmoins de lire et de préparer des chroniques qui verront le jour très bientôt.
Quoiqu'il en soit, voici la période des fêtes de fin d'année. Je vous souhaite donc un joyeux noël et espère que vous avez été gâtés et / ou passé de bons moments. Pour ma part, j'ai eu droit aux deux.
On se retrouve en 2019 pour la suite des aventures !


mardi 4 décembre 2018

Cap'tain Swing 296

Et voilà, le temps file et nous sommes déjà en décembre. Qui dit début de mois dit chronique du Swing mensuel - même si celle-ci sera la dernière des régulières - petit rituel initié il y a de cela deux ans.
À l'époque j'avais un petit peu peur que le titre ne passe pas l'hiver, mais maintenant que celui-ci semble aller bien mieux (puisqu'il se permet même le luxe de sortir de plus en plus en avance), cette chronique n'a plus de raison d'être, d'autant plus que je commençais un peu à tourner en rond quand il s'agissait de donner mon avis.
Donc, sauf exception - du type "Le mariage de Swing", sait-on jamais ? - nous ne retrouverons donc que pour le dernier numéro de cette troisième série de notre bon vieux capitaine à toque de blaireau, dans, j'espère très longtemps (si tant est que le Bazar soit encore actif à ce moment-là) !

L'épisode du mois s'intitule "Magie noire". Une nuit, le Captain Swing fait un horrible cauchemar, dans lequel un bourreau est sur le point de l’exécuter. Il se réveille juste après que celui-ci ait enlevé sa cagoule pour lui dévoiler un épouvantable faciès et lui ait tiré dessus. Peu de temps après, El Guincho arrive à Fort Ontario à bord de son navire. Il apprend à Swing que lui aussi a fait le même rêve, mais que pire, sans l'intervention de ses hommes, il aurait pu en mourir. En effet, alors qu'il était en train de vivre ce cauchemar, il s'est levé de son lit et s'est retrouvé dans une ruelle où l'attendait le fameux bourreau, avec un pistolet à la main. Captain Swing finit par comprendre que tout cela a un rapport avec la destruction d'un navire anglais il y a quelques années. Il se met donc en route pour avertir ses compagnons d'armes de l'époque qu'une étrange malédiction semble s'abattre sur eux. Malheureusement, il est déjà trop tard...

Cet épisode, clairement placé sous le signe du fantastique, est une vraie réussite. En effet, même si l'on sait qu'il ne va rien arriver de bien méchant à ce bon vieux Swing, on est pris par le rythme haletant de l'intrigue et cette course contre la montre de nos trois compères, qui semblent lutter contre un ennemi à la fois omniscient et insaisissable.
Celui-ci d'ailleurs, à la fois charismatique et mystérieux agit comme un véritable moteur dans notre envie de tourner les pages pour connaître le fin mot de l'histoire.
Même si cette histoire de vengeance n'est pas des plus originale, le traitement surnaturel de cette idée par les auteurs (une sorte de malédiction de Toutankhamon à la sauce nouveau monde), fait que l'on passe un formidable moment.
En plus, tant qu'à être dans le fantastique, autant y être jusqu'au cou, puisque la "petite histoire parallèle" habituelle nous montre un Hibou Lugubre qui semble avoir enfin pris le dessus sur Pouik, le chien de Mister Bluff, grâce à une petite statuette du canidé en terre, des aiguilles et la puissante magie ancestrale de son trisaïeul le sorcier. Cette petite touche comique, très "slapstick" dans l'esprit est un parfait pendant du ton un peu plus grave de l'intrigue principale. 

Pour ce qui est des dessins, le sempiternel "efficace" que j'utilise tous les mois - ou presque - est encore de mise ici. Tout est fait pour être terriblement lisible et servir l'histoire. Pas de détails inutiles ou esthétisants, pas de cadrage recherché non plus, mais des personnages avec de vraies tronches et fortes personnalités (on a presque l'impression de sentir l'odeur du Guincho dans sa cabine). Ce qui fait que ces histoires - qui ne sont pourtant pas toutes jeunes - n'ont pris aucune ride (à part quelques expressions employées par les personnages), ce qui n'est malheureusement pas le cas de beaucoup de séries de petits formats...
Bref, encore une vraie réussite !

L'aventure d'Ivanhoé de ce mois de décembre a pour titre "Le trésor d'Ely". L'abbaye saxonne d'Ely est connue pour renfermer en son sein, un fabuleux trésor. Le Roi Jean Sans Terre, toujours à la recherche de nouveaux fonds pour sa guerre contre les rebelles saxons, décide de s'en emparer, afin de faire d'une pierre deux coups. Il mandate pour ce faire Roger Mortimer, qui va massacrer tous les moines d'Ely sans qu'aucun de ceux-ci ne parle, ou qu'il ait pu mettre la main sur l'or. Furieux, il va alors terroriser la population saxonne alentour afin de se faire révéler l'emplacement de la cache. Ivanhoé, avertit des exactions de Mortimer et des normands par le jeune Roon, va se mettre en route avec Robin Hood afin d'aller récupérer l'or et surtout donner une bonne leçon à ses ennemis...

Moi qui reproche souvent la complexité des intrigues dans cette série, j'avoue avoir été un peu désarçonné tant celle de ce mois-ci est simple. En effet, ici, il n'y a aucune histoire parallèle pour parasiter la principale : les méchants normands veulent prendre l'argent des gentils saxons. Pour cela, ils vont être méchants (encore plus que d'habitude) et les gentils saxons (le gentil Ivanhoé en tête) vont leur mettre une fessée pour les punir. 
Je caricature bien entendu, mais pour une fois, cette histoire est - attention, je vais oser utiliser mon adjectif passe partout pour Ivanhoé, en plus de Swing -  efficace ! On va directement à l'essentiel et ça fait du bien ! Peut-être parce qu'il est un peu moins présent dans ce récit, Ivanhoé y apparaît un peu moins "être supérieur" que d'habitude et cela aussi fait du bien. Il est bien entendu toujours aussi noble dans son esprit et ses actes, mais il n'hésite pas utiliser la ruse ou les coups bas quand cela s'avère nécessaire.

Pour les dessins, je vais utiliser des hashtags au lieu de répéter ce que je dis à chaque fois - ou presque : #unpeuguindés #unpeusurannés mais #beauxvisages #magnifiquementrétro.

Après des débuts difficiles à mon goût avec des histoires soit mal calibrées, soit bancales, Ivanhoé a trouvé depuis quelques mois sa vitesse de croisière et nous livre des aventures qui - sans être inoubliables - sont vraiment très agréables à lire. Et après tout, n'est-ce pas tout ce que l'on demande à nos chers petits formats ?

Comme toujours, les deux séries sont entrecoupées par un petit peu de rédactionnel. Nous avons le droit ce mois-ci à la quatrième partie du dossier consacré aux Algonquins. Même traitement que les mois précédents.

Enfin, ce mois-ci, en trois' de couv' Mon Journal nous offre deux strips de Tom Kuss par Dominik Vallet et Jo Hell. Ceux-ci sont bien sympa (les strips ET les auteurs) et permettent de terminer cette très bonne dernière fournée de 2018 dans la bonne humeur.

En conclusion, encore une fois, j'ai passé un très bon moment avec ces deux séries, même si j'ai un gros faible pour Swing, qui est vraiment une très très bonne série, très constante et qui arrive à se renouveler à chaque histoire. Ivanhoé est désormais bien lancé et ne souffre plus du problème de rythme que j'évoquais il y a encore quelques mois. Bref, j'aime cette revue et tant que celle-ci continuera à sortir, je serai au rendez-vous, même si je ne partagerai plus celui-ci avec vous. À un des quatre ! 


mardi 27 novembre 2018

Les Losers de Jack Kirby

J'ai eu ce très bel ouvrage pour noël dernier et depuis, il reposait dans ma bibliothèque bien au chaud entre l'intégrale d'O.M.A.C et l'anthologie dédiée au grand Jack. Pourquoi ? Tout simplement parce que même si j'aime beaucoup le travail de Jack Kirby, les récits de guerre n'ont jamais été ma tasse de thé. Je l'ai donc pris et reposé deux ou trois fois cette année avant de finalement me lancer dans sa lecture...

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le pilote Johnny Cloud, les soldats Gunner et Clay et le capitaine de la Navy William Storm forment un groupe d'élite envoyé en première ligne partout dans le monde par le haut commandement, dès que l'on besoin de quelqu'un pour une mission de la dernière chance. Ils se retrouvent donc toujours malgré eux au mauvais endroit au mauvais moment, pourtant, grâce à leurs talents et leur expérience, ils s'en sortent toujours. Leurs missions quasi suicidaires, les mèneront en France, en Birmanie, en Amérique du Sud, en Russie ou  encore dans les îles du Pacifique où ils joueront de mauvais tours aux forces de l'Axe et à leurs alliés...

Cet album contient l'intégralité des épisodes de la série réalisés par Jack Kirby. Pour la petite histoire, "Les Losers" existaient bien avant leur reprise par Kirby, et continueront bon-an mal-an également après. Kirby n'avait pas l'habitude, ni de réel plaisir à travailler sur des personnages qu'il n'avait pas créé (ou aider à créer) et ce recueil est donc très intéressant sur ce point. En effet, car même s'il s'agit de récits de guerre et donc, de personnages dont il n'est pas le papa, le maître va réussir à y mettre sa patte et insuffler un petit vent de folie dans ce qui aurait pu (et dû) être sombre à souhait. On retrouve donc des thèmes qui lui sont chers, comme la mythologie, la science-fiction, le surnaturel... 
Les histoires sont dans l'ensemble très bien construites et se lisent d'une traite, grâce à la diversité des thèmes et des lieux qui y sont abordés. En nous emmenant aux quatre coins du globe (ce qui est déjà un exploit sémantiquement parlant), Jack Kirby nous rappelle que cette Seconde Guerre Mondiale - qu'il a vécu sur le terrain - se déroulait partout et impliquait tout le monde. Et bizarrement, même si certains des récits semblent un peu tirés par les cheveux, il y a toujours une trace de vérité. En plus, on se laisse facilement prendre au jeu et mener jusqu'à la conclusion avec un vrai plaisir grâce à l'art de la narration du maître.

Le seul reproche que je pourrais faire ici, concerne bizarrement les personnages principaux qui sont - à mon avis - pas assez caricaturaux pour posséder de vraies personnalités. Tout le long des récits, on se rend compte que ces "Losers" sont assez interchangeables, que ce soit au niveau du caractère et même des dessins. D'ailleurs, si le capitaine n'avait pas un bandeau sur l'œil (Nick Fury si tu nous lit...), quasiment rien ne les distinguerait les uns des autres physiquement. C'est d'autant plus surprenant que les personnages secondaires (Panama Fattie, l'athlète Jones, Ivan, ou encore Rodney Rumpkin) sont plutôt charismatiques et / ou bien campés. Après, ne connaissant pas la série originelle, je ne peux me prononcer sur ce qui est du ressort de Jack Kirby ou pas... Mais quoiqu'il en soit, je trouve cela assez inhabituel pour le signaler.

Au niveau du dessin, on est dans du Kirby pur jus. On y retrouve les krakles, le travail sur les visages et les mains habituel (qui me faisait peur quand j'étais petit), les ombres un peu étranges sur les armes, les poses à la fois pleine de dynamisme et anatomiquement parlant complètement fausses, toutes ces choses qui font que l'œuvre de Jack Kirby est immédiatement reconnaissable, que l'on adore ou que l'on déteste.
Dans l'ensemble - mis à part quelques cases un peu moches à mon goût - on a affaire ici à du grand Jack, en pleine possession de ses moyens et pas loin du firmament de sa carrière. L'énergie qui se dégage des planches est presque palpable par moment, la bestialité de l'être humain également. Donc, tout ce que l'on aime chez lui et qui marque à vie (qui ne se souvient pas de sa première rencontre avec la Chose ou Hulk signé Kirby ?).
Le seul point noir ici, est pour moi le très mauvais encrage de D. Bruce Berry, qui apparaît très basique et bourrin (le manque de précision sur les visages des personnages est vraiment criant) - surtout par rapport à celui toute en finesse et en détails de Mike Royer. Après, tout n'est pas à jeter du travail de Berry, mais je trouve qu'il ne rend pas justice au travail du maître.
En vérité, j'ai relu deux fois de suite ce recueil, car j'ai mis du temps à me mettre dans l'ambiance. Et lors de la seconde je me suis aperçu que les épisodes qui se lisaient d'une traite étaient ceux encrés par Royer... 

Je tiens également à signaler le superbe travail d'Urban Comics, qui décidément savent mettre en valeur leurs albums. La couverture, le papier et l'impression sont vraiment de très bonnes qualités et le lecteur / bibliophile que je suis en a vraiment pour son argent, ce qui est - je trouve - de plus en plus rare de nos jours.

En conclusion, même s'il ne s'agit pas pour moi de la meilleure série de Kirby, "Les Losers" n'en restent pas moins une très bonne série. Il s'agit d'une découverte (même si l'une des histoires figurait en fin de volume de l'anthologie) et d'une très bonne surprise. Je pensais vraiment que j'allais un peu m'ennuyer par moment, mais cela n'a jamais été le cas. Le talent de Jack Kirby pour raconter des histoires et leur insuffler ce petit plus qui transforme une histoire passable en bonne histoire et une bonne histoire en très bonne histoire est bel et bien là et nous oblige à tourner les pages pour connaître la suite des événements. Finalement, le seul gros bémol de cet album reste l'encrage de certains épisodes qui plombe - à mon goût - la lecture en n'étant pas assez détaillé. En tout cas, cela m'a donné envie de me (re)plonger dans les autres œuvres de Monsieur Kirby !

Note : 15/20


Les Losers de Jack Kirby
Urban Comics / DC Archives / 2017
ISBN : 9791026811725
272 p. / 22,50€

vendredi 16 novembre 2018

Divers Monstres pour HeroQuest (5)

Même si je trouve le bestiaire de base de notre bon vieux HeroQuest à la fois bien fourni et assez varié, il m'arrive des fois, lors de mes tribulations sur divers sites de manufacturiers de miniatures, de tomber sur des monstres qui n'y figurent pas (dans le bestiaire). Considérant qu'il serait dommage de passer à côté, je me les mets de côté, puis vous les propose de temps en temps, histoire de changer un peu des proxy. En plus, vu que le système de jeu est assez simple, il est très facile d'intégrer ces nouveaux monstres dans vos parties.
On commence donc avec ceux qui - pour moi - sont les grands absents d'HeroQuest, les fameux Hommes-bêtes (et je ne parle de notre ami le Barbare et de ses deux points d'esprit). Heureusement, il existe pas mal de références par-ci par-là pour combler ce vide sans avoir à aller piocher dans la boîte de Seigneurs de Guerre !
On part donc chez Warmonger Miniatures qui proposent un nouveau set de 5 Hommes-bêtes donc. La sculpture est toujours aussi réussie et complètement dans l'esprit des autres figurines de base, grâce à ce petit old school. Comptez £15 + fdp pour les voir gambader dans vos couloirs poussiéreux (soit environ 17€ + fdp), ce qui est assez raisonnable.


Toujours dans la même famille de boucs bipèdes, direction Knightmare Miniatures, un autre de mes chouchous, qui propose un Zangor Bloodhorn de toute beauté. Son sourire vicieux viendra égayer vos troupes pour seulement 6€ + fdp. 


Et maintenant quelque chose de complètement différent (comme le disait si bien John Cleese), avec deux bestioles de chez Reaper Mini. Il s'agit d'un couple de Kobolds, créature inconnue au bataillon pour moi mais qui a toute sa place dans le jeu. Ils sont très mignons et donc très dangereux, puisque leur petite taille leur donne un avantage dans les couloirs étriqués (en plus d'être poussiéreux) de notre bon vieux HeroQuest. Comptez un peu plus de 9€ + fdp pour les avoir dans vos rangs.


Enfin, chez CP Models, ce Djinn a retenu toute mon attention. D'une part parce que je le trouve très réussi esthétiquement parlant, et ensuite, parce qu'il viendra donner un petit air oriental à vos donjons pour seulement £2 + fdp (soit environ 2,60€ + fdp) ce qui est plus que raisonnable.


Et voilà c'est tout pour cette semaine. Bon weekend !

mardi 13 novembre 2018

Le Musée de l'Étrange - Le Sanctuaire des Titans de Régric

C'est en traînant dans une librairie à côté de chez moi que j'ai découvert cette bande dessinée. La couverture très "tintinesque" a immédiatement aimanté mon regard et, après avoir un peu feuilleté la chose, je me suis dépêché de l'acheter et de rentrer chez moi pour la lire (la chose, pas la couverture). Voici ma chronique (à dire en ayant en tête la dernière phrase de l'intro de New-York Unité Spéciale) :

1954. En plein hiver, les journalistes sont conviés à un énigmatique rendez-vous. Arrivés sur place, ils sont accueillis par le célèbre industriel Penaud, qui leur dévoile la raison de leur présence : l'inauguration de son nouveau "Musée de l'Étrange" dédié aux civilisations passées, qui pour certaines d'entre elles apparaissent comme légendaires. Une fois la cérémonie terminée, Elsa Blanquette et Victor Galopin, les deux archivistes du musée se mettent au travail, à savoir répertorier l'immense collection rassemblée par l'explorateur Rocas, ce qui n'est vraiment pas simple. Au cours de leurs investigations, ils vont tomber sur un étrange robot fonctionnant à la vapeur - Monsieur 220 - qui deviendra leur compagnon de route, ainsi - et surtout - que sur un tibia géant, bien que tout à fait humain. Prenant conscience que cette découverte peut à la fois changer le cours de l'histoire et lui faire beaucoup de publicité, Penaud décide de monter une expédition afin de se rendre en Amérique du Sud, sur la piste des géants. Pour cela, il va concocter un rallye automobile sensé relier Paris à Mantequilla capitale du Guacamola, qui se révélera plein de surprises...

Pour être franc, je ne connaissais l'auteur - Régric - que de nom pour l'avoir vu figurer sur les dernières couvertures de Lefranc, le héros de Jacques Martin. Je me suis donc douté que ce style plus ligne claire que la ligne claire était parfaitement assumé et était une sorte d'hommage à Hergé. Ces soupçons ont été très vite confirmés avec la présence de nombreux clins d’œil aux aventures du reporter à la houppe. 
Au niveau du scénario donc, on ne va pas se mentir, on est assez éloigné de l'atmosphère d'un Lefranc, Tintin ou Blake et Mortimer, puisque dès les premières cases on sent que cette histoire sera burlesque du début à la fin, mais sans jamais tomber dans la parodie. L'inauguration du Musée, voire le Musée en lui-même n'est d'ailleurs qu'un MacGuffin, puisque très rapidement, les protagonistes ne s'intéressent plus qu'au tibia géant et à ses origines. 
Cela permet donc de les faire partir en expédition pour certains, et pour les autres d'être confrontés au fantastique (un peu plus poussé et moins inquiétant que celui de Tintin il est vrai), deux  des ingrédients indispensables du diptyque "Les 7 boules de cristal" / "Le Temple du Soleil" dont ce "Sanctuaire des Titans" semble être le rejeton. 
Dans l'ensemble, le récit tient la route dans la mesure où l'on est clairement dans l'humoristique / grand guignolesque (les noms des protagonistes et des lieux nous l'indiquent clairement) plutôt que dans le sérieux de son aîné. On se laisse donc facilement porter par l'intrigue et ses multiples rebondissements, par les personnages haut en couleur et par l'atmosphère vintage qui se dégage du récit. La conclusion est à mon goût un peu trop rapide, mais reste néanmoins dans le ton très bon enfant de l'album.

On ne va pas se mentir, le vrai point fort de cet album, c'est sans conteste ses dessins. On sent que Régric est vraiment à l'aise avec cette ligne claire hergéenne et qu'il a vraiment pris son pied à illustrer son récit finalement un peu bancal mais ô combien sympathique, prétexte à reprendre et empiler les principaux composants d'une bonne histoire du reporter au pantalon de golf. 
Les personnages sont reconnaissables et très agréables à l’œil - pour qui n'est pas allergique à la ligne claire bien entendu - et les décors sont somptueux et mettent vraiment dans l'ambiance. Par moment, j'ai vraiment eu l'impression de regarder des cases d'Hergé que je ne connaissais pas, essayant de trouver tous les détails cachés, comme quand j'étais petit. À ce titre, je trouve que la case centrale de la page 17 aurait méritée une page pleine, pour appuyer encore plus la filiation avec les dernières aventures de Tintin.
Bizarrement, on va dire que sa grande force - à savoir l'hommage très appuyé visuellement jusque sur la couverture au Grand Ancien qu'est Tintin - est également sa plus grande faiblesse, car à trop vouloir se frotter au soleil, on finit par se brûler les ailes (hum, phrase digne d'un poète de comptoir) et alors qu'avec un autre style graphique cet ouvrage sans prétention (si ce n'est celle de divertir) serait passé crème (comme disent les vieux qui veulent paraître jeunes), nous avons ici trop tendance - même inconsciemment - à le comparer au travail d'Hergé, avec lequel il ne peut - et ne veut sûrement pas - lutter.

En conclusion, même si j'ai passé un très bon moment de détente et suis un peu retombé en enfance en compagnie de Henri Penaud, Monsieur 220, Elsa Blanquette et Victor Galopin, il n'en reste pas moins que l'intrigue reste quand même un peu légère et comporte quelques petites incohérences, même si ce n'est finalement ni bien grave ni rédhibitoire. 
En refermant le livre, on se dit que cette aventure burlesque se lit vraiment bien, mais qu'il manque quand même un petit quelque chose, un petit je ne sais quoi, qui aurait pu la rendre peut-être pas indispensable, mais à défaut remarquable. Quoi qu'il en soit, si ce "Musée de l'Étrange" est amené à devenir une série récurrente, j'en serai le premier ravi. À suivre donc !

Note : 14/20


Le Musée de l'Étrange - Le Sanctuaire des Titans de Régric
Éditions du Long Bec / 2018
ISBN : 979-10-92499-93-3
48 p. / 14,50€
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